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mardi 25 août 2015

Fuligules à tête rouge, Grande Aigrette et Bécasseaux de Baird

Nous venons d’entrer dans un des moments de l’année où il faut vraiment s’attendre à tout chez les oiseaux (et les raretés trouvées au Québec ces derniers jours le prouvent bien!). Les oiseaux aquatiques sont de plus en plus nombreux à se déplacer, les oiseaux de proie explorent de nouveaux territoires avant de descendre vers le sud et les jeunes passereaux ont pris assez de force pour commencer à se déplacer comme le font les oiseaux de rivage depuis déjà cinq semaines. Encore une fois, nous sommes partis à la rencontre de ces oiseaux samedi et dimanche matin. La température de cette fin de semaine a été particulièrement belle (peut-être trop?) et il y avait parfois plus d’Humains que d’oiseaux sur le terrain.

Samedi matin, nous nous sommes empressés de prendre la route vers Rivière-Ouelle, encouragés par le vent faible, la marée montante et la journée qui s’annonçait très ensoleillée. Bien sûr, et nous nous y attendions un peu, ces belles conditions n’avaient rien pour motiver les oiseaux à se déplacer; la majorité de ceux rencontrés étaient donc visiblement en pause. La grande variété d’espèces en cette période de l’année a quelque peu compensé en nous fournissant un beau total pour la journée malgré un nombre plutôt faible d’individus.

Ainsi, samedi le 22 août, nous avons rencontré 67 espèces sur le territoire de Rivière-Ouelle entre 5 h 15 et 12 h 10, telles :
  • 5 Oies des neiges
  • 33 Canards noirs
  • 5 Canards colverts
  • 5 Fuligules à tête rouge – Une femelle a d’abord été observée au quai, puis plus tard, trois mâles et une autre femelle ont été trouvés sur un étang un peu plus loin. Il s’agit d’une rare présence dans la région en début d’automne qui s’incrit dans un mouvement noté dans la province depuis quelques jours. Un déplacement de ce genre avait aussi été observé dans tout le sud du Québec à l’automne 2005. Se pourrait-il que ces oiseaux proviennent de l’ouest du continent qui vient de connaître un été particulièrement sec?

Fuligules à tête rouge (Redheads – Aythya americana)
Rivière-Ouelle – 22 août 2015 © Claude Auchu
  • 1 Harle couronné
  • 20 Plongeons catmarins – Tous ces oiseaux dérivaient doucement au large du quai, poussés par la marée montante. Aucun oiseau n’a été vu en vol!
  • 2 Plongeons huards
  • 5 Grèbes jougris – Contrairement aux catmarins, les grèbes filaient vers l’est.
  • 12 Fous de Bassan
  • 195 Cormorans à aigrettes

Cormoran à aigrettes (Double-crested Cormorant – Phalacrocorax auritus)
Rivière-Ouelle – 22 août 2015 © Claude Auchu 
  • 28 Grands Hérons
  • 2 Urubus à tête rouge
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Épervier brun
  • 1 Petite Buse

Petite Buse (Broad-winged Hawk – Buteo platypterus)
Rivière-Ouelle – 22 août 2015 © Claude Auchu
  • 65 Pluviers semipalmés
  • 1 Courlis corlieu
  • 2 Bécasseaux de Baird – Deux juvéniles se tenaient un peu à l’écart d’un petit groupe de Pluviers semipalmés. Effrayés par le passage à très basse altitude de la Petite Buse, les oiseaux ont disparu avant que je ne puisse les photographier.
  • 1 Guillemot à miroir
  • 10 Mouettes de Bonaparte
  • 1000 Goélands à bec cerclé
  • 8 Sternes pierregarins
  • 3 Colibris à gorge rubis
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 2 Faucons émerillons
  • 1 Faucon pèlerin
  • 2 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 3 Hirondelles rustiques
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 5 Grives fauves
  • 2 Grives à dos olive
  • 1 Moqueur chat
  • 120 Étourneaux sansonnets
  • 4 Parulines obscures
  • 2 Parulines à joues grises
  • 5 Parulines masquées
  • 1 Paruline flamboyante
  • 1 Paruline tigrée
  • 1 Paruline jaune
  • 1 Paruline à croupion jaune
  • 1 Junco ardoisé – Un junco déjà en bordure du fleuve à Rivière-Ouelle? Le « vrai » automne n’est peut-être plus très loin!
  • 3 Goglus des prés – Encore une fois, ces goglus ont été entendus depuis le bout du quai. Ces oiseaux se déplacent souvent très haut, il est même rare que nous réussissions à les voir!

Samedi, tôt en matinée, une petite mouette circulant très loin au large du quai, dans la partie où la visibilité était malheureusement la moins nette, ressemblait fortement à une jeune Mouette de Sabine! Durant les premières secondes d’observation, je suis certain d’avoir distingué les triangles bruns, blancs et noirs caractéristiques des ailes de cette mouette bien particulière. Lorsque Christiane a repéré l’oiseau à son tour, il était déjà trop loin et son vol était plus direct, sans les vacillements qui m’avaient d’abord permis de voir ses parties supérieures. Nous avons suivi la mouette le plus longtemps possible, en espérant qu’elle fasse demi-tour mais, hélas, elle a continué sa route vers l’ouest. Je suis absolument certain qu’il ne s’agissait pas d’une jeune Mouette tridactyle, l’oiseau avec lequel la Mouette de Sabine est le plus souvent confondue. Le vol de notre mouette ne correspondait pas du tout au vol « roulé » de la Mouette tridactyle avec laquelle je suis très familier. Si j’étais vraiment obligé de mettre un nom sur la mouette, je choisirais sans hésitation la Mouette de Sabine juvénile mais, voilà, je ne suis pas obligé de le faire. Notre mouette restera donc non-identifiée… tant pis!

La matinée de dimanche s’annonçait aussi belle que celle de samedi. Nous avons décidé d’aller faire une petite tournée dans l’est de la région, avec un arrêt à Kamouraska en milieu d’avant-midi. L’observation des pluviers, bécasseaux et chevaliers faisaient bien sûr partie de nos plans, mais il était certain que nous n’allions pas laisser les autres espèces de côté pour autant. Comme toujours, nous avons compté et noté tous les oiseaux rencontrés durant l’excursion dans chacune des municipalités visitées. Nous serions vraiment mal à l’aise de ne noter que les espèces ciblées pour la journée; tous les oiseaux présents méritent d’apparaître sur les listes que nous complétons!
Notre journée ornithologique a débuté directement dans notre cour. Alors que j’entassais télescopes, trépieds et sacs à dos dans la voiture, j’ai repéré un Goéland à bec cerclé bagué qui fouillait dans le stationnement de l’autre côté de la rue à la recherche de fourmis! Le numéro de sa grosse bague bleue a été très facile à noter. La réponse de l’équipe de baguage a été encore une fois très rapide : ce Goéland à bec cerclé avait été bagué près de Varennes en 2010 alors qu’il était déjà adulte.
C’est à Saint-Pascal que s’est fait notre premier arrêt. Nous voulions entre autre jeter un coup d’œil au quartier où un couple de Cardinaux rouges a passé l’été. Il semble bien qu’aucun juvénile n’ait été observé mais, au cas où, nous avons tenté notre chance, sans succès. Nous avons par la suite filé jusqu’à Kamouraska où les limicoles n’ont pas été aussi abondants que nous l’aurions espéré. Nous avons tout de même réussi à dénicher une Grande Aigrette. En quittant Kamouraska, il est toujours difficile de ne pas faire un arrêt à Saint-Denis. Les oiseaux de rivage semblent souvent faire la navette entre ces deux villages. Cette fois, c’est Saint-Denis qui a gagné en abondance!

Dimanche le 23 août, nous avons terminé notre journée avec 62 espèces.

Voici en partie ce que Saint-Pascal avait à nous offrir :
  • 4 Canards d’Amérique
  • 8 Canards noirs
  • 20 Canards colverts
  • 4 Canards souchets
  • 10 Sarcelles d’hiver
  • 45 Urubus à tête rouge – Tous ces oiseaux avaient choisi de débuter leur journée perchés côte-à-côte sur des voitures à foin!

Urubus à tête rouge (Turkey Vultures – Cathartes aura)
Saint-Pascal – 23 août 2015 © Claude Auchu
  • 12 Chevaliers grivelés
  • 1 Colibri à gorge rubis
  • 3 Pics flamboyants
  • 2 Faucons émerillons
  • 6 Tyrans tritris – Six oiseaux étaient posés ensemble sur les fils électriques en bordure d’une route. Il y a quelques années à peine, il était encore courant de rencontrer des groupes de cinq à dix tyrans en août et au début de septembre. Maintenant, nous devons nous contenter de voir un seul individu à l’occasion.
  • 5 Viréos aux yeux rouges
  • 6 Geais bleus
  • 3 Hirondelles rustiques
  • 1 Merlebleu de l’Est
  • 10 Merles d’Amérique
  • 32 Jaseurs d’Amérique
  • 3 Parulines obscures
  • 1 Paruline flamboyante
  • 4 Parulines à croupion jaune
  • 18 Bruants familiers
  • 22 Bruants chanteurs
  • 1 Cardinal à poitrine rose
  • 1 Goglu des prés
  • 2 Orioles de Baltimore – À notre grande surprise, nous avons observé un mâle adulte qui émettait régulièrement des bribes de chant! Il est ensuite descendu dans le cœur de l’arbre où, la queue relevée à la verticale, il levait et baissait la tête continuellement dans ce qui nous a semblé être une parade nuptiale. Nous n’avons pas réussi à voir si une femelle était présente, bien que nous ayons aperçu un juvénile se poser un moment tout près de lui. Je ne connais pas très bien le comportement post-nuptial de cette espèce relativement rare dans la région. Est-ce normal qu’un oriole chante et parade à cette date plutôt tardive???

Oriole de Baltimore (Baltimore Oriole – Icterus galbula)
Saint-Pascal – 23 août 2015 © Claude Auchu
  • 8 Roselins pourprés
  • 23 Chardonnerets jaunes

Par la suite, à Kamouraska :
  • 240 Canards noirs
  • 5 Canards colverts
  • 90 Cormorans à aigrettes
  • 8 Grands Hérons
  • 1 Grande Aigrette – Cette grande dame blanche est maintenant annuelle dans la région, mais jamais gagnée d’avance. Elle se tenait immobile au fond d’un marais côtier.
  • 1 Épervier brun
  • 100 Pluviers argentés
  • 16 Pluviers semipalmés
  • 5 Bécasseaux minuscules

Bécasseau minuscule (Least Sandpiper – Calidris minutilla)
Kamouraska – 23 août 2015 © Claude Auchu
  • 1 Bécassin roux
  • 500 Goélands à bec cerclé
  • 2 Colibris à gorge rubis
  • 2 Pics mineurs
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Goglu des prés

Et, finalement, à Saint-Denis où les Pluviers argentés étaient abondants, mais difficiles à compter :
  • 9 Oies des neiges
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 471 Pluviers argentés – Au moment de notre arrivée, avec la marée baissante, les pluviers et les bécasseaux avaient commencé à se nourrir dans les herbes où seules leurs têtes dépassaient.
  • 8 Pluviers semipalmés
  • 6 Grands Chevaliers
  • 5 Petits Chevaliers
  • 1 Tournepierre à collier
  • 26 Bécasseaux maubèches
  • 1 Bécassin roux
  • 2 Hirondelles de rivage
  • 3 Hirondelles rustiques

Ce fut une autre belle fin de semaine qui nous a fourni de nouvelles informations sur les oiseaux de la région. L’excursion de dimanche m’a cependant rappelé que je préfère grandement observer à un seul et même endroit plutôt que de faire plusieurs municipalités à l’intérieur d’une même journée. Nous planifierons mes prochaines fins de semaine en conséquence… moins de kilomètres, mais plus d’oiseaux!

mardi 30 septembre 2014

Un fulmar? Peut-être...

C’est presqu’en pleine canicule que nous avons traversé la dernière fin de semaine de septembre. Le mercure a grimpé jusqu’à 26°C dimanche après-midi, aidé par des vents du sud-ouest soufflant jusqu’à 60 km/h. Si de telles périodes permettent aux oiseaux en migration de faire une pause (à cause des vents contraires) et de se nourrir facilement, elles n’aident pas vraiment les observateurs qui, eux, recherchent justement les oiseaux en mouvement. D’un autre côté, personne ne peut se plaindre que le froid aura nuit à ses excursions! C’est donc ce que nous avons fait : profiter du temps doux pour chercher les oiseaux qui étaient en pause dans notre région, en essayant d’oublier que ces belles conditions nuisaient peut-être à nos recherches.

La matinée de samedi, passée à explorer Rivière-Ouelle, aura tout de même été très profitable. À ce moment, une très légère brise soufflait en prédominance du nord-ouest et encourageait les oies et les cormorans à migrer en grande quantité. En commençant la journée au bout du quai en compagnie de Jean-François Rousseau, nous avons trouvé vraiment étrange de sentir un vent du nord-ouest aussi chaud à la fin de septembre. La visibilité au large en a cependant souffert et nous aurions souhaité avoir une netteté aussi parfaite qu’il y a deux semaines. Heureusement, la majorité des migrateurs passaient tout près… et même derrière nous.

C’est un total plus que satisfaisant de 65 espèces que nous avons rencontrées à Rivière-Ouelle samedi le 27 septembre entre 5 h 55 à 13 h 15. En voici une liste partielle :
  • 6300 Oies des neiges
  • 1 Oie de Ross – Un bel adulte accompagnait un groupe de 1800 Oies des neiges en pause dans une petite baie tranquille. Cet oiseau avait un bec vraiment minuscule. Depuis quelques années, je vois souvent des photos d’Oies de Ross ayant un bec d’une taille qui me laisse fort perplexe. Est-ce que les gènes d’Oie des neiges résultant des nombreux cas d’hybridation sont en train de faire « pousser » le bec des Oies de Ross? D’ailleurs, après combien de générations une Oie de Ross ayant une Oie des neiges parmi ses ancêtres peut être considérée comme une vraie Oie de Ross???
  • 630 Bernaches du Canada
  • 59 Fuligules milouinans – Dans la région, les milouinans migrateurs atteignent toujours un pic d’abondance durant les derniers jours de septembre.
  • 12 Eiders à duvet
  • 11 Macreuses à front blanc
  • 35 Macreuses brunes
  • 17 Macreuses à bec jaune
  • 2 Garrots à œil d’or
  • 1 Harle couronné
  • 98 Plongeons catmarins – Ce total nous a un peu surpris. Les oiseaux se déplaçaient vers le sud-ouest seuls ou en petits groupes comptant jusqu’à une dizaine d’individus, mais nous n’avions pas réalisé que nous en avions vu autant.
  • 5 Plongeons huards
  • 5 Grèbes jougris
Grèbes jougris (Red-necked Grebes – Podiceps grisegena)
Rivière-Ouelle – 27 septembre 2014 © Claude Auchu
  • 1820 Cormorans à aigrettes – Les cormorans sont des migrateurs abondants dans la région de la mi-septembre à la mi-octobre. Fait intéressant, les plus grosses bandes passent souvent au-dessus des terres derrière nous. Ils volent de l’anse Saint-Denis, à l’est, à la Petite Anse, à l’ouest, plutôt que de contourner la pointe Saint-Denis, la pointe aux Orignaux (où se trouve le quai) et la pointe aux Iroquois. Installés au quai, il faut jeter de fréquents coups d’œil à l’arrière pour ne pas les manquer!
Cormorans à aigrettes (Double-crested Cormorants – Phalacrocorax auritus)
Rivière-Ouelle – 27 septembre 2014 © Claude Auchu
  • 40 Grands Hérons – Un excellent total pour la date!
  • 1 Uurubu à tête rouge
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 4 Éperviers bruns – Ces quatre éperviers volaient ensemble, un rassemblement plutôt rare pour cette espèce peu commune dans la région en automne.
  • 1 Grue du Canada – Alertés par ses cris retentissants, nous avons pu voir la grue quitter la rive sud et s’aventurer au-dessus du fleuve vers Charlevoix. Cette espèce en expansion est encore tout juste annuelle dans la région. Il y a deux ans presque jour pour jour, nous avions vu une autre grue pratiquement au même endroit.
  • 6 Pluviers bronzés
  • 2 Petits Pingouins – Une douzaine d’autres gros alcidés circulant trop loin devant le quai n’ont pu être identifier en raison de la convection, mais appartenaient probablement à cette espèce.
  • 1 Guillemot à miroir
  • 4 Pics mineurs
  • 4 Crécerelles d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 4 Faucons pèlerins – Il est toujours agréable de voir ces gros faucons, même si leur présence ne provoque plus de commotion comme à mes débuts en ornithologie.
  • 128 Alouettes hausse-col
  • 20 Mésanges à tête noire
  • 9 Sittelles à poitrine rousse
  • 2 Grimpereaux bruns
  • 8 Roitelets à couronne dorée
  • 12 Roitelets à couronne rubis
  • 170 Étourneaux sansonnets
  • 8 Pipits d’Amérique
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 1 Paruline masquée
  • 1 Paruline à collier
  • 1 Paruline à tête cendrée
  • 1 Paruline à couronne rousse
Paruline à couronne rousse (Palm Warbler – Setophaga palmarum)
Rivière-Ouelle – 27 septembre 2014 © Claude Auchu
  • 28 Parulines à croupion jaune
  • 10 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 17 Bruants à gorge blanche
  • 6 Bruants à couronne blanche
  • 2 Juncos ardoisés
  • 7 Quiscales rouilleux
  • 2 Roselins pourprés
  • 1 Tarin des pins
  • 5 Chardonnerets jaunes
Vers 8 h 15 samedi matin, Christiane et moi avons repéré au même moment un oiseau se déplaçant très loin au large du quai avec un « jizz » particulier qui a attiré notre attention. Au premier coup d’œil et à cause de la convection qui nuisait à la visibilité, nous avons pensé tous deux à un simple goéland, mais il volait en ligne droite avec des battements d’ailes peu amples en prenant un peu d’altitude avant de redescendre au raz de l’eau, toujours avec les mêmes coups d’ailes. À aucun moment nous l’avons vu glisser avec les ailes coudées comme le font couramment les goélands. Intriguée, Christiane m’a demandé : « C’est un goéland, ça? ». Lorsque je lui ai répondu : « Ça me fait plutôt penser à un fulmar! », nous avons ressenti une forte poussée d’adrénaline comme seuls les oiseaux semblent capables de provoquer! Nous avons rapidement pointé l’oiseau à Jean-François qui a pu suivre, comme nous, les déplacements de l’oiseau vers le sud-ouest. Lorsque l’oiseau se mettait à planer, il se tournait face au léger vent du nord-ouest (et, donc, dos à nous) et devenait alors complètement invisible jusqu’à ce qu’il retourne de profil en recommençant à battre des ailes. Même de loin, il était possible de voir que notre oiseau avait les dessous blancs et le dessus gris pâle comme la majorité de nos laridés. À notre avis, s’il s’agissait d’un goéland, sa queue blanche brillant au soleil aurait normalement dû être facile à voir lorsque l’oiseau nous faisait dos. Si, par contre, nous avions affaire à un fulmar, il est bien possible que sa queue du même ton de gris que le dessus des ailes reste invisible. Nous n’aurons malheureusement jamais de confirmation de son identité, mais la possibilité d’un Fulmar boréal n’est pas farfelue. Il existe cinq mentions de l’espèce dans la région (dont quatre faites à partir du quai!) : une en août, une en septembre, deux en octobre et une en novembre.

Le vent du sud-ouest qui balayait la région dimanche n’annonçait rien de bon pour notre sortie à vélo. Nous avons malgré tout pris la route avant même le lever du soleil et, à notre grande surprise, le ciel était rempli de petits passereaux qui descendaient en vitesse vers le sol. Les retrouver par la suite était cependant très difficile et, malgré tous nos efforts, les oiseaux inscrits sur notre liste ne représentent qu’une infime portion de ce que nous avons entrevus. La majorité de ces oiseaux nous ont semblé être des Parulines à croupion jaune, mais comment en être certains? Avec le vent qui agitait les feuilles encore accrochées aux arbres, il était bien sûr impossible de les entendre crier. Notre promenade fut donc plus courte que prévue, mais voir tous ces passereaux automnaux sous une température estivale aura été une belle consolation.

Voici une partie des 40 espèces que nous avons croisées à La Pocatière entre 6 h 15 et 11 h 30 dimanche le 28 septembre :
  • 1 Canard branchu
  • 100 Sarcelles d’hiver – Une centaine de ces petits canards étaient rassemblés dans un étang en bordure d’un boisé.
  • 10 Urubus à tête rouge
  • 1 Grand Pic
  • 2 Moucherolles phébis
  • 9 Geais bleus
  • 80 Corneilles d’Amérique
  • 31 Mésanges à tête noire
  • 12 Sittelles à poitrine rousse – Cet automne, les conifères sont bien garnis de cônes et les sittelles sont là pour en profiter!
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 10 Roitelets à couronne dorée
  • 1 Grive solitaire
  • 2 Parulines masquées
  • 1 Paruline à tête cendrée
  • 41 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 5 Bruants familiers
  • 6 Bruants des prés
  • 46 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants de Lincoln
  • 41 Bruants à gorge blanche
  • 9 Bruants à couronne blanche
  • 3 Quiscales rouilleux
Après cette intermède estivale, l’automne est revenu en force dès lundi matin. Nous n’étions pas en mesure d’en profiter, mais les populations d’oiseaux de la région auront sûrement bien changé avant samedi prochain. J’ai déjà hâte de voir à quel point!

mardi 10 septembre 2013

Viréos, barges et premières oies migratrices

Cette fois encore, nos plans étaient déjà établis lorsque la fin de semaine est arrivée. Puisque je pouvais encore profiter d’un long congé de trois jours, j’avais choisi de réserver la matinée de vendredi pour voir ce qui se cachait encore en forêt. Samedi, sachant que la marée était haute au lever du soleil, nous avons décidé de retourner à Kamouraska pour scruter les limicoles comme nous avons fait il y a deux semaines. Pour dimanche, le passage du front froid annoncé devrait peut-être apporter un peu de nouveauté à Rivière-Ouelle. La fin de semaine était déjà bien remplie avant même d’arriver!

Vendredi matin, il était bien évident que nous avions les deux pieds dans l’automne avec un petit 8°C au lever du soleil et, surtout, un bon vent de l’ouest qui dépassait déjà les 20 km/h (mais ce n’était rien, il allait dépasser les 40 km en après-midi!). Malgré les limites que ce vent allait m’imposer, j’ai enfourché mon vélo pour faire une tournée de cinq heures à travers les routes de La Pocatière. Le parcours choisi m’a permis de visiter les érablières et les cédrières mais aussi les milieux agricoles avant de terminer mon circuit par les battures du Saint-Laurent.
Le nombre d’espèces rencontrées en chemin s’est avéré plutôt faible, ce qui n’est pas vraiment surprenant avec un tel vent, et la grande majorité des petits passereaux étaient rassemblés à un même endroit bien abrité. Il semble y avoir eu un mouvement de Viréos aux yeux rouges et le nombre d’oiseaux que j’ai inscrit dans mon carnet de notes était sûrement sous-estimé. En fait, à chaque fois que je levais les jumelles après avoir vu un mouvement dans le feuillage, je voyais deux ou trois viréos! J’aurais peut-être dû tripler mon estimation!

À La Pocatière, vendredi le 6 septembre, j’ai rencontré un petit 38 espèces entre 6 h 00 et 11 h 00. En voici un vaste échantillon :
  • 1 Oie des neiges
  • 160 Canards noirs – Le nombre de canards a augmenté rapidement sur les battures depuis quelques temps. En plus de l’arrivée des premiers migrateurs, les oiseaux locaux ont fini de muer et ils ont retrouvé la capacité de voler, ce qui a sûrement aidé à augmenter les troupes.
  • 3 Canards colverts
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 400 Goélands à bec cerclé
  • 20 Pigeons bisets
  • 8 Tourterelles tristes
  • 2 Pics chevelus
  • 1 Faucon émerillon
  • 1 Viréo à tête bleue
  • 12 Viréos aux yeux rouges – Plus j’y pense et plus je suis certain d’avoir vu plus qu’une douzaine de viréos…
  • 3 Geais bleus
  • 35 Corneilles d’Amérique
  • 4 Grands Corbeaux
  • 11 Mésanges à tête noire
  • 3 Roitelets à couronne dorée
  • 4 Roitelets à couronne rubis
  • 1 Grive fauve – Elle se nourrissait discrètement de fruits de Cornouiller stolonifère.
  • 250 Étourneaux sansonnets
  • 5 Jaseurs d’Amérique
  • 2 Parulines obscures
  • 11 Parulines masquées
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 1 Paruline à flancs marron
  • 9 Parulines à croupion jaune
  • 3 Parulines à gorge noire
Paruline à gorge noire – La Pocatière – 6 septembre 2013 © Claude Auchu
  • 12 Bruants familiers
  • 13 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 17 Bruants à gorge blanche
  • 1 Junco ardoisé
Les passereaux en général étaient très mobiles vendredi matin et, de toute évidence, la fraîcheur de la nuit en avait forcé plusieurs à se déplacer!

Après la matinée fructueuse que nous avons connue à Kamouraska le 25 août dernier, nous n’avons pu résister à la tentation de répéter l’expérience. La météo n’était pas aussi agréable qu’il y a deux semaines et, à cause des épais nuages, le temps était même très sombre. De plus, durant notre visite, le vent atteignait les 35 km/h en provenance du sud-ouest! Mais, qu’importe, les oiseaux étaient là et, pour nous, c’est assez pour connaître une belle journée! Les limicoles étaient cependant extrêmement nerveux et il a été impossible de compter les oiseaux un à un comme Christiane aime tant le faire. Nous avons donc dû évaluer de notre mieux les groupes parfois importants de bécasseaux et pluviers qui se posaient quelques secondes avant de repartir se mélanger à un autre groupe. Il est bien dommage que le vent et les visites répétées d’un Faucon émerillon et d’un Faucon pèlerin aient stressés les limicoles à ce point parce que nous aurions bien aimé scruter plus attentivement les 700 Bécasseaux semipalmés présents sur place…!
Bien sûr, après notre promenade de deux heures sur la rue LeBlanc à tenter de compter les limicoles, il est certain que nous sommes allés voir la Barge marbrée présente sur place depuis au moins le 29 août. Elle a été très facile à trouver et se nourrissait à découvert à la limite de la marée baissante. Mais, il faut bien le dire, elle n’était tout de même qu’un limicole parmi les 1500 autres présents sur le site!

Ainsi, à Kamouraska samedi le 7 septembre, nous avons observé ces limicoles entre 6 h 35 et 10 h 00 :
  • 300 Pluviers argentés – Quelques juvéniles viennent de faire leur apparition dans la région.
  • 400 Pluviers semipalmés
  • 4 Grands Chevaliers
  • 70 Petits Chevaliers – Les Petits Chevaliers étaient presque tous rassemblés dans une petite section du rivage située tout juste à l’est du quai. Pourquoi là en particulier???
  • 1 Barge hudsonienne – Un oiseau en plumage juvénile se nourrissait tout près de la Barge marbrée.
  • 1 Barge marbrée – Cette espèce longiligne est rarement observée en migration au Québec. Dans la région de La Pocatière, il existe tout de même une dizaine de mentions (dont une de deux oiseaux accompagnant une Barge hudsonienne que j’avais observés à Rivière-Ouelle le 30 mai 1996) bien réparties entre la deuxième moitié de mai et août-septembre. Notons particulièrement les deux plus vieilles mentions : un oiseau observé à Saint-Roch-des-Aulnaies le 18 août 1952 et un spécimen récolté à Rivière-Ouelle le 31 août 1933.
  • 1 Tournepierre à collier
  • 65 Bécasseaux maubèches
  • 5 Bécasseaux sanderlings
  • 700 Bécasseaux semipalmés
  • 2 Bécasseaux minuscules
  • 1 Bécasseau à croupion blanc
  • 8 Bécasseaux variables
  • 7 Bécassins roux
Le passage d’un front froid en soirée samedi était prévu depuis quelques jours. S’il n’a pas été aussi « puissant » que nous l’aurions souhaité, il a tout de même fait tourner les vents au nord-ouest. Il ne nous restait plus qu’à tenter de trouver les oiseaux associés à ce front. C’est souvent en bordure du fleuve que les migrateurs sont les plus perceptibles, même pour les oiseaux terrestres. Rivière-Ouelle était donc encore une fois l’endroit tout désigné pour la matinée de dimanche.

Voici une partie des 59 espèces que nous avons rencontrées à Rivière-Ouelle dimanche le 8 septembre entre 6 h 00 et 12 h 05, dont trois heures passées sur le quai :
  • 115 Oies des neiges – Les premières migratrices sont déjà arrivées! Il y a 25 ans, je les aurais trouvées hâtives mais, avec la multiplication accélérée de la population d’Oies des neiges, il est normal que les dates extrêmes de présences se trouvent elles-mêmes modifiées. Les oiseaux vus dimanche matin se déplaçaient tous vers le sud-ouest. À noter que nous n’avons pas vu une seule des oies estivantes habituellement présentes un peu partout sur les battures! Ont-elles senti elles aussi le besoin de se déplacer? Si oui, qu’est-il advenu des oiseaux blessés qui les accompagnaient?
  • 25 Bernaches du Canada
  • 230 Canards noirs
  • 29 Canards colverts
  • 39 Canards pilets
  • 22 Sarcelles d’hiver
  • 5 Fuligules milouinans
  • 16 Eiders à duvet
  • 6 Macreuses à front blanc
  • 4 Macreuses brunes
  • 4 Macreuses à bec jaune
  • 5 Garrots à œil d’or
  • 1 Gélinotte huppée – Comme il arrive parfois l’automne, nous avons entendu une gélinotte tambouriner.
  • 7 Plongeons catmarins
  • 11 Plongeons huards
  • 7 Fous de Bassan
  • 190 Cormorans à aigrettes
Cormorans à aigrettes – Rivière-Ouelle – 8 septembre 2013 © Claude Auchu
  • 13 Grands Hérons
  • 3 Urubus à tête rouge
  • 1 Épervier brun
  • 1 Marouette de Caroline – Une rare mention automnale dans la région, non pas que l’espèce soit si rare mais plutôt parce qu’elle est toujours d’une discrétion proverbiale.
  • 1 Pluvier argenté
  • 60 Pluviers semipalmés
  • 2 Chevaliers grivelés
  • 1 Grand Chevalier
  • 2 Petits Chevaliers
  • 4 Bécasseaux sanderlings
  • 50 Bécasseaux semipalmés
  • 500 Goélands à bec cerclé
  • 5 Sternes pierregarins
  • 1 Labbe parasite – Un juvénile remontait rapidement le fleuve devant le quai avant de prendre de l’altitude pour aller harceler une Sterne pierregarin. Avec un peu d’expérience, on reconnaît vite un labbe en chasse, longtemps même avant de voir sa cible!
  • 2 Faucons émerillons
  • 1 Faucon pèlerin
  • 5 Roitelets à couronne dorée
  • 2 Roitelets à couronne rubis
  • 3 Parulines obscures
  • 3 Parulines masquées
  • 1 Paruline tigrée
  • 1 Paruline à tête cendrée
  • 2 Parulines jaunes
  • 1 Paruline bleue
  • 48 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 1 Bruant des prés
  • 10 Bruants chanteurs
  • 9 Bruants à gorge blanche
  • 13 Chardonnerets jaunes
Cet automne, jusqu’à maintenant, le passage des oiseaux forestiers dans la région semble plutôt timide. Les fringillidés (roselins, becs-croisés et tarins) sont même pratiquement absents des forêts bordant le fleuve. De leur côté, les oiseaux aquatiques ne font que commencer à se montrer et, comme peu d’individus des espèces les plus nordiques (macreuses et catmarins) se sont attardés sur le fleuve cet été, il faudra sûrement attendre le mois d’octobre avant d’atteindre les quantités qui nous font déjà rêver. En attendant, on peut toujours se distraire avec les limicoles!

mardi 2 juillet 2013

Des oiseaux de proie encore en migration!?!

Il y a déjà près d’un mois que nous n’avons pas fait de vraie excursion ornithologique à La Pocatière! Les fins de semaine avec une météo douteuse qui se sont succédées et les sorties déjà prévues dans les villages environnants nous ont obligé à délaisser les sites pocatois que nous visitons traditionnellement depuis des années. Pour remédier à cette situation particulière, j’avais décidé de réserver, cette fin de semaine, une journée pour une visite à un endroit qui est habituellement notre site #1 à La Pocatière, celui que nous visitons à vélo lorsque nous n’avons que quelques heures disponibles. Avec son mélange bien dosé d’arbres décidus et de conifères, de petits champs et même de quelques étangs, le boisé Beaupré peut offrir en quelques minutes un bel aperçu des oiseaux forestiers présents dans la région. La journée de samedi étant encore une fois composée d’averses et de brouillard, c’est donc dimanche que j’allais enfin explorer un peu La Pocatière.

Christiane ayant décidé de consacrer sa journée au jardinage, j’allais donc être seul à vérifier quelles espèces se cachent dans le boisé Beaupré cet été. Comparativement aux dernières journées, l’avant-midi de dimanche fut presque agréable côté température, même si le brouillard encore présent à 150 mètres au-dessus de la ville m’a sûrement empêché de voir quelques oiseaux de proie. Une fois en forêt, en plus des immanquables maringouins, plusieurs passereaux ont fait belle figure. Les grives en particulier étaient bien en voix et difficiles à manquer. Après être sorti sans trop de dommage de cette rencontre avec les moustiques, j’ai effectué un long détour pour revenir à la maison en passant par les battures du Saint-Laurent, un autre site que nous avons malheureusement négligé cette année.

Entre 6 h 45 et 10 h 45, dimanche le 30 juin, j’ai réussi à dénicher 60 espèces sur le territoire de La Pocatière. En voici un échantillon :
  • 15 Cormorans à aigrettes
  • 3 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 100 Goélands à bec cerclé
  • 16 Tourterelles tristes
  • 2 Pics maculés
  • 2 Pics mineurs
  • 2 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 4 Moucherolles des aulnes
  • 6 Moucherolles phébis – Les phébis étaient bien en évidence dimanche matin, eux qui se sont fait plutôt discrets depuis leur arrivée en avril. Un oiseau chantait même continuellement à un endroit où nous passons quotidiennement sans avoir remarqué l’espèce depuis plusieurs semaines.
  • 2 Tyrans huppés – Un oiseau occupait un vieux trou de pic creusé dans un poteau. L'espèce a niché dans cette même cavité il y a deux ans et des Pics flamboyants l'ont utilisée à leur tour l'an dernier.
  • 2 Tyrans tritris
  • 19 Viréos aux yeux rouges
  • 4 Geais bleus
  • 40 Corneilles d’Amérique
  • 2 Grands Corbeaux
  • 10 Mésanges à tête noire
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 1 Roitelet à couronne rubis
  • 11 Grives fauves
  • 1 Grive à dos olive
  • 10 Grives solitaires
  • 34 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 60 Étourneaux sansonnets
  • 6 Jaseurs d’Amérique
  • 11 Parulines couronnées
  • 2 Parulines noir et blanc
  • 24 Parulines masquées
  • 6 Parulines flamboyantes
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 2 Parulines à gorge orangée
  • 18 Parulines jaunes
  • 2 Parulines à flancs marron
  • 3 Parulines bleues
  • 2 Parulines à croupion jaune
  • 3 Parulines à gorge noire
  • 8 Bruants familiers
  • 14 Bruants des prés
  • 3 Bruants de Nelson
  • 37 Bruants chanteurs
  • 3 Bruants des marais
  • 7 Bruants à gorge blanche
  • 1 Goglu des prés
  • 25 Carouges à épaulettes
  • 25 Quiscales bronzés
  • 3 Roselins pourprés
  • 45 Chardonnerets jaunes
  • 1 Gros-bec errant
Ce n’est que dimanche après-midi que le brouillard présent sur la région depuis mercredi dernier s’est finalement dissipé. Un temps clair s’annonçait enfin pour lundi, la journée que nous réservions pour notre sortie à Rivière-Ouelle. Cette excursion s’est cependant déroulée dans une drôle d’ambiance, la convection déjà bien présente au large du quai dès notre arrivée fut plus tard remplacée par la fumée d’un feu de forêt qui brûle, semble-t-il, très loin sur la Côte-Nord! À partir du quai, je vous assure que c’était assez particulier de voir ce mur de fumée arriver du nord! Nous avons donc eu à composer avec une visibilité limitée durant toute l’excursion.
Le début du mois de juillet offre habituellement bien peu de surprises aux observateurs d’oiseaux. Sauf pour les premiers limicoles qui commencent souvent très tôt leur migration automnale en entraînant parfois avec eux des espèces égarées (comme le Pluvier grand-gravelot que nous avons trouvé le 7 juillet 2000!!!), bien peu de mouvements sont notés durant ce mois. Il sert surtout aux juvéniles à accumuler force et expérience en vue de la migration automnale.
Nous avons donc été très surpris d’être témoins, lundi matin, d’un petit déplacement migratoire d’oiseaux de proie! Un 1er juillet!!! Nous avons d’abord croisé une première Petite Buse qui tournoyait près du fleuve. Ce n’est pas vraiment surprenant qu’une Petite Buse non-nicheuse puisse ainsi rôder à Rivière-Ouelle à cette date, comme ce fut d’ailleurs le cas au cours des deux fins de semaine précédentes (la Petite Buse ne niche assurément pas à Rivière-Ouelle, faute d’habitat propice). Plus tard, cependant, installés au bout d’une pointe de terre orientée vers le sud-ouest, nous avons été stupéfaits de voir une autre Petite Buse arriver du nord-est et, après une brève hésitation, foncer vers le sud-ouest au-dessus des flôts. C’est ensuite une Crécerelle d’Amérique qui a suivi le même trajet! Encore plus tard, deux autres Petites Buses accompagnées d’une Buse à queue rousse glissants vers le sud-ouest n’ont pu échapper à l’œil de lynx de Christiane. Des rapaces encore en migration sont observés régulièrement dans la région jusqu'à la mi-juin, mais je dois avouer mon étonnement de voir un tel mouvement en juillet!!!

Lundi le 1er juillet, ce sont 69 espèces que nous avons croisées à Rivière-Ouelle entre 5 h 00 et 12 h 05 comme, par exemple :
  • 70 Oies des neiges
  • 1 Canard branchu – En déplacement devant le quai…
  • 2 Canards chipeaux
  • 22 Canards noirs
  • 38 Canards colverts
  • 1 Canard pilet
  • 19 Sarcelles d’hiver
  • 74 Eiders à duvet
  • 118 Macreuses à front blanc
  • 1 Macreuse à bec jaune – Même s’il s’agit de la macreuse la plus commune à Rivière-Ouelle le printemps, la « bec jaune » est la plus rarement observée ici en plein cœur de l’été.
  • 2 Garrots à œil d’or
  • 6 Plongeons catmarins – Bien peu de catmarins semblent estiver dans la région cette année. Parfois, on peut les compter par dizaines.
  • 1 Plongeon huard
  • 151 Cormorans à aigrettes
Cormorans à aigrettes – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
  • 16 Grands Hérons
  • 3 Urubus à tête rouge
  • 1 Pygargue à tête blanche – Un immature en plumage de deuxième année planait paresseusement au-dessus des champs. Dans son cas, il s’agit sûrement d’un pygargue errant parmi tant d’autres et non d’un migrateur comme les buses.
  • 5 Petites Buses – Une des Petites Buses observées de près nous a montré un bel exemple de mue entre le plumage immature et celui d’adulte. Sur cette photo, remarquez sur les ailes les quatre vieilles rémiges primaires les plus externes (P7 à P10), les quatre nouvelles primaires d’adulte (celles se terminant par une grosse tache brune, P1 à P4) et la primaire en train de se développer (probablement P5, la vieille P6 étant probablement tombée). Sur la queue, les deux rectrices centrales noir et blanc et les deux plus externes à peine visibles sont celles du plumage adulte, celles finement rayées étant les vieilles rectrices du plumage immature.
Petite Buse en mue – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
  • 1 Buse à queue rousse
  • 3 Pluviers kildirs
  • 1 Bécasseau semipalmé – Probablement un oiseau qui ne s’est pas rendu jusqu’à ses territoires de nidification.
  • 700 Goélands à bec cerclé – Le premier juvénile de l’année a déjà fait son appartion à Rivière-Ouelle!
  • 20 Goélands argentés
  • 15 Goélands marins
  • 54 Petits Pingouins
  • 2 Colibris à gorge rubis
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 3 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique – En migration!                       
  • 4 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 12 Viréos aux yeux rouges
  • 5 Hirondelles rustiques
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 1 Merlebleu de l’Est – Un merlebleu arrivant de je ne sais où a fait un bref arrêt près du quai avant de repartir vers le sud-ouest. Était-il lui aussi encore en migration?
  • 3 Grives fauves
  • 7 Grives à dos olive
  • 25 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 11 Parulines masquées
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 1 Paruline à collier – Une rare mention estivale à Rivière-Ouelle, mais ce mâle chanteur était dans son habitat.
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 8 Parulines jaunes
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 4 Bruants des prés
  • 36 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 11 Bruants à gorge blanche
  • 2 Goglus des prés
  • 24 Chardonnerets jaunes
Ça glisse!!!
Cerfs de Virginie – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
Sept espèces de mammifères aussi ont été observées dimanche matin. En plus de sept Cerfs de Virginie qui se déplaçaient maladroitement sur les rochers glissants du rivage (dont deux tout juste à côté du quai!), nous avons croisé un jeune Raton laveur qui a réussi à se faufiler entre les roues d’une voiture en mouvement, quelques Phoques communs et deux Bélugas.