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mardi 27 septembre 2016

Phalaropes à bec large, Macareux moine et Mouette de Sabine!

La semaine dernière, je vous parlais de l’impact important qu’ont les fronts froids sur la migration automnale des oiseaux. Cette dernière fin de semaine nous aura permis de profiter du passage de multiples petits fronts faisant alterner de faibles averses, de fréquentes percées de soleil et des vents faibles à modérés soufflant du nord-ouest. Par expérience, nous savions que ces conditions étaient idéales pour permettre à de nombreux oiseaux de traverser la région.
Au départ, notre intention était de profiter de la journée de samedi pour partir à la recherche des oiseaux aquatiques à Rivière-Ouelle et de réserver celle de dimanche pour les oiseaux forestiers à La Pocatière. Bien entendu, nous étions prêts à modifier nos plans si les oiseaux présents le justifiaient. C’est ce qui est arrivé et nous avons connu une de nos plus belles fins de semaine ornithologiques de l’année!

Samedi matin, nous avons quitté la maison en pleine obscurité pour nous rendre à Rivière-Ouelle. Fidèles à notre habitude, nous avons fait quelques arrêts entre le village et le quai mais, cette fois, c’était peut-être plus pour attendre l’arrivée de la clarté que pour écouter les oiseaux! Chemin faisant, la lumière des phares de la voiture nous a permis de constater que de nombreux bruants avaient profité de la nuit pour envahir la région. En nous installant au bout du quai, nous étions vraiment prêts à tout!

Samedi le 24 septembre, nous avons exploré Rivière-Ouelle de 6 h 00 à 13 h 30 (une belle et longue sortie!), dont plus de 3 h 30 bien installés au bout du quai, à profiter de la marée montante et de l’excellente visibilité. Nous avons terminé l’excursion avec 69 espèces, parmi lesquelles :
  • 320 Bernaches du Canada
  • 2 Canards d’Amérique
  • 57 Canards noirs
  • 15 Canards colverts
  • 1 Sarcelle à ailes bleues – Maintenant une rareté dans la région, elle accompagnait le groupe de Canards souchets.
  • 26 Canards souchets – Un groupe de 26 Canards souchets en bordure du fleuve à la fin de septembre? J’ai nettement l’impression que ces oiseaux ont été « chassés » d’un étang de décantation, l’habitat classique de l’espèce dans la région.
  • 4 Sarcelles d’hiver
  • 37 Fuligules milouinans
  • 4 Petits Fuligules
  • 8 Eiders à duvet
  • 52 Macreuses à front blanc
  • 216 Macreuses brunes – Les trois espèces de macreuses se déplaçaient en multiples petits groupes dépassant rarement la dizaine d’individus.
  • 22 Macreuses à bec jaune
  • 1 Garrot à œil d’or
  • 1 Harle couronné
  • 33 Harles huppés
  • 148 Plongeons catmarins – Plusieurs immatures ont maintenant fait leur apparition dans la région. Fait intéressant, depuis deux semaines, nous avons remarqué que plusieurs catmarins s’ébrouant devant le quai n’avaient plus de rémiges aux ailes! Comme les canards et les oies, les plongeons perdent toutes leurs plumes de vol simultanément lors de leur mue et ne sont donc plus en mesure de voler durant quelques semaines. Il serait intéressant de savoir si les oiseaux qui muent au large de Rivière-Ouelle sont ceux qui y passent l’été.
  • 9 Plongeons huards
  • 2 Grèbes esclavons
  • 4 Grèbes jougris
  • 2 Fous de Bassan
  • 251 Cormorans à aigrettes
  • 22 Grands Hérons
  • 3 Busards Saint-Martin – Trois oiseaux en vol au-dessus du fleuve, dont deux ensemble se dirigeant vers le sud-ouest à trois ou quatre kilomètres du quai.
  • 75 Bécasseaux semipalmés
  • 2 Phalaropes à bec large – Avant de quitter le quai, nous avons jeté un dernier coup d’œil vers le nord-est d’où provenait la majorité des oiseaux vus durant la matinée. C’est alors que nous avons remarqué deux limicoles plutôt costauds ressemblant à des Bécasseaux sanderlings qui volaient le long d’une ligne de débris marins. Nous les avons suivis en espérant que… oui!, ils se sont finalement posés à l’eau! Trouver des Phalaropes à bec large, c’est souvent comme ça : de gros « sanderlings » nageant dans une ligne de débris…
  • 1 Labbe parasite – Un bel adulte de forme claire est passé relativement près du quai.
  • 14 Petits Pingouins – Après avoir été communs au large de Rivière-Ouelle durant l’été, les Petits Pingouins disparaissent après la nidification. Depuis quelques années, cependant, les pingouins réapparaissent dans la région à la fin de septembre. Qu’est-ce qui a bien pu provoquer un tel changement de comportement?
  • 1 Guillemot à miroir
  • 1 Mouette de Sabine – Cette mouette juvénile arrivait du nord-est en remontant rapidement le fleuve. Pendant que nous la suivions aux télescopes, elle a fait demi-tour pour retourner plus lentement vers le nord-est, en allant régulièrement cueillir de la nourriture à la surface de l’eau. Elle a finalement fait demi-tour une seconde fois pour continuer sa route vers l’amont. Ce va-et-vient qui a duré près de 10 minutes nous a donné l’occasion de la voir sous tous les angles; nous en avons tiré cette conclusion : « On peut confondre une jeune Mouette tridactyle avec une jeune Mouette de Sabine, mais on ne peut pas confondre une jeune Mouette de Sabine avec une jeune Mouette tridactyle! ». Il ne s’agit que de la septième mention pour la région.
  • 2 Mouettes de Bonaparte
  • 900 Goélands à bec cerclé
  • 10 Goélands argentés
  • 8 Goélands marins
  • 2 Pics flamboyants
  • 2 Faucons émerillons
  • 1 Viréo à tête bleue
  • 200 Corneilles d’Amérique – Plus de 150 corneilles étaient ensemble dans un champ.
  • 160 Alouettes hausse-col
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 5 Roitelets à couronne dorée
  • 2 Roitelets à couronne rubis
  • 1 Grive solitaire
  • 1 Moqueur chat
  • 3 Parulines obscures
  • 1 Paruline à joues grises
  • 4 Parulines masquées

Avec sa gorge présentant si peu de jaune, cet oiseau est probablement une femelle immature.
Paruline masquée (Common Yellowthroat – Geothlypis trichas)
Rivière-Ouelle – 24 septembre 2016 © Claude Auchu
  • 4 Parulines à tête cendrée
  • 32 Parulines à croupion jaune
  • 27 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants de Lincoln – Même ce bruant timide et discret s’est montré en bordure du fleuve.
  • 21 Bruants à gorge blanche
  • 40 Bruants à couronne blanche
  • 40 Juncos ardoisés
  • 1 Sizerin flammé – Un oiseau a encore été entendu alors qu’il survolait le quai.
  • 1 Tarin des pins

Même après cette matinée exceptionnelle, nous avions l’impression que le quai de Rivière-Ouelle avait encore des surprises à nous offrir. De plus, notre sortie de samedi à Rivière-Ouelle avait été tellement profitable pour les passereaux que nous étions certains de ne pas réussir à faire mieux à La Pocatière dimanche matin! La variété et la qualité des oiseaux aquatiques vus samedi, en plus des bons vents et de la marée montante, nous ont donné une envie irrésistible de retourner à Rivière-Ouelle, surtout que les conditions de dimanche devaient être similaires. La décision a été bien facile à prendre!

Ainsi, dimanche matin, nous étions de retour à Rivière-Ouelle avec l’intention de nous concentrer uniquement sur le quai. Nous sommes demeurés sur place de 6 h 15 à 11 h 30 sans jamais nous ennuyer une seule seconde!

Voici les espèces que nous avons observées à partir du quai de Rivière-Ouelle dimanche le 25 septembre :
  • 1 Canard d’Amérique
  • 58 Canards noirs
  • 20 Canards pilets
  • 7 Sarcelles d’hiver
  • 40 Fuligules milouinans
  • 37 Eiders à duvet
  • 44 Macreuses à front blanc
  • 132 Macreuses brunes
  • 27 Macreuses à bec jaune
  • 2 Garrots à œil d’or
  • 22 Harles huppés
  • 174 Plongeons catmarins
  • 19 Plongeons huards – Une bonne quantité de huards pour le quai!
  • 11 Grèbes jougris
  • 19 Fous de Bassan
  • 460 Cormorans à aigrettes
  • 33 Pluviers semipalmés
  • 80 Bécasseaux variables
  • 6 Labbes parasites – Jusqu’à maintenant, les Labbes parasites me semblaient particulièrement rares cet automne. En une matinée, ils ont repris leur place! J’ai depuis longtemps un faible pour cette espèce, autant pour son physique athlétique que pour son caractère frondeur et acharné. Il est parfois difficile de ne pas tomber dans l’anthropomorphisme…!
  • 45 Petits Pingouins
  • 1 Guillemot à miroir
  • 1 Macareux moine – Il faisait partie de nos prévisions celui-là! Ces dernières années, nous avons remarqué que le macareux visite la région avec une certaine régularité au début du mois d’octobre. Depuis 2008, nous avons observé cet alcidé à 12 reprises entre le 21 septembre et le 7 novembre, dont sept fois entre le 2 et le 12 octobre. Bien entendu, il faut d’abord le repérer et l’identifier, ce qui n’est pas toujours facile… mais pas impossible!
  • 71 Mouettes tridactyles – Samedi, nous avions été bien surpris (et presque déçus) de ne pas voir une seule Mouette tridactyle. Dimanche matin, cette espèce était bien présente avec plusieurs petits groupes de juvéniles se dirigeant vers le sud-ouest et, bien sûr, certaines ressemblaient à des Mouettes de Sabine!
  • 7 Mouettes de Bonaparte
  • 11 Alouettes hausse-col
  • 1 Plectrophane lapon – Un oiseau accompagnait quelques alouettes volant au-dessus du quai. Il s’agit d’une date normale d’arrivée ici pour ce nicheur de la toundra; son cousin, le Plectrophane des neiges, ne devrait pas le rejoindre avant trois semaines.

Ce fut une autre bien belle matinée pour nous deux mais, puisque la marée était haute vers midi, pourquoi ne pas continuer jusqu’à Kamouraska? Sur place se trouvait encore une belle variété d’oiseaux de rivage, mais avec une prédominance de plus en plus évidente des espèces typiques du mois d’octobre.
Voici un aperçu des oiseaux rencontrés à Kamouraska :
  • 105 Canards noirs
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 121 Pluviers argentés
  • 29 Pluviers bronzés – Plusieurs oiseaux étaient disséminés parmi les Pluviers argentés, plus gros et plus gris.

Un adulte en mue.
Pluvier bronzé (American Golden-Plover – Pluvialis dominica)
Kamouraska – 25 septembre 2016 © Claude Auchu
Des juvéniles.
Pluviers bronzés (American Golden-Plovers – Pluvialis dominica)
Kamouraska – 25 septembre 2016 © Claude Auchu
  • 28 Pluviers semipalmés
  • 1 Tournepierre à collier

Tournepierre à collier (Ruddy Turnstone – Arenaria interpres)
Kamouraska – 25 septembre 2016 © Claude Auchu
  • 13 Bécasseaux maubèches
  • 35 Bécasseaux sanderlings
  • 55 Bécasseaux variables
  • 20 Bécasseaux semipalmés
  • 55 Alouettes hausse-col
  • 2 Roitelets à couronne rubis
  • 9 Jaseurs d’Amérique
  • 8 Parulines à croupion jaune

Encore une fois, ce sont les conditions d’observation qui nous ont permis de profiter d’une fin de semaine exceptionnelle. Souvenons-nous en : en automne, le passage d’un front froid fait tourner le vent au nord-ouest et les oiseaux en profitent pour migrer vers le sud. Le front éclairci également le temps, ce qui nous fourni une bonne visibilité au large. Si, en plus, la marée monte durant l’avant-midi, nous partons gagnants. Gardons ce principe en tête! 

mardi 9 août 2016

Au large du quai : onze Grèbes jougris, deux Océanites cul-blanc et un Orignal!

Notre court séjour aux Escoumins a été bien agréable avec des oiseaux inhabituels observés pratiquement à tous les jours. Nous avons tout de même été très heureux de revenir à la maison et de retrouver nos sites qui, eux aussi, nous fournissent régulièrement leur part de surprises.

Samedi matin, avec une température chaude et humide en plus d’un vent fort du sud-ouest, nous avons décidé de prendre les choses bien calmement. Les oiseaux semblaient d’ailleurs avoir fait le même choix. Une petite tournée rapide d’habitats buissonneux de La Pocatière ne nous a pas procuré  beaucoup d’oiseaux, mais les framboises étaient excellentes!

Voici quelques-unes des 39 espèces trouvées à La Pocatière samedi le 6 août :
  • 1 Butor d’Amérique – Les butors sont toujours difficiles à trouver à La Pocatière, faute de vrais marais à quenouilles.
  • 1 Chevalier solitaire
  • 3 Colibris à gorge rubis – Très batailleur, un colibri s’est en pris à plusieurs reprises à une mésange qui ne savait plus où se cacher.
  • 2 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 2 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Moucherolle à ventre jaune – Il n’est jamais facile à voir celui-là, préférant se cacher au cœur des bosquets de conifères les plus denses. Samedi, un oiseau s’est enfin montré à découvert. J’ai toujours eu un faible pour le Moucherolle à ventre jaune, peut-être simplement parce qu’il ose être différent de nos autres empidonax!

Moucherolle à ventre jaune (Yellow-bellied Flycatcher – Empidonax flaviventris)
La Pocatière – 6 août 2016 © Claude Auchu
  • 2 Moucherolles des aulnes
  • 1 Tyran tritri
  • 30 Hirondelles rustiques – Un groupe d’hirondelles constitué surtout de juvéniles patrouillait un champ et se perchait même dans de petits buissons.

Hirondelles rustiques (Barn Swallows – Hirundo rustica)
La Pocatière – 6 août 2016 © Claude Auchu
  • 13 Mésanges à tête noire
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 4 Merlebleus de l’Est
  • 12 Jaseurs d’Amérique
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 1 Paruline obscure
  • 10 Parulines masquées
  • 1 Paruline flamboyante
  • 13 Bruants familiers
  • 15 Bruants chanteurs
  • 5 Bruants à gorge blanche
  • 40 Carouges à épaulettes
  • 37 Chardonnerets jaunes

Dimanche matin, le temps s’était éclairci et le vent était enfin tombé. J’étais bien heureux de me retrouver à Rivière-Ouelle même en sachant que le nombre d’oiseaux allait être beaucoup plus faible que ce que nous avions vu aux Escoumins quelques jours plus tôt.
Le quai de Rivière-Ouelle a des qualités avec lesquelles il est difficile de rivaliser. Il y a tout d’abord sa position sur la rive sud du Saint-Laurent qui nous fourni l’avantage non-négligeable d’avoir le soleil derrière nous tôt le matin, au moment où les oiseaux sont les plus actifs. Il y a aussi (et surtout!) sa position géographique à une limite de l’eau salée que certaines espèces marines sont encore capables de supporter. Un autre avantage : il n’est situé qu’à 15 minutes de chez moi!!!
Nous avons encore pu faire des observations surprenantes lors de notre court arrêt au quai dimanche matin. Tout y était très tranquille, mais il suffit parfois d’un événement isolé pour changer les souvenirs que l’on gardera d’une excursion. Dimanche, par exemple, nous avons entendu à quelques reprises les cris d’oiseaux de rivage qui volaient au-dessus du quai sans se laisser voir. Juste au moment où j’avais cru entendre un Petit Chevalier, j’ai vu un petit oiseau aux longues ailes pointues traverser rapidement le champ de vision de mon télescope pointé vers le large. Ayant le chevalier en tête, je me suis dépêché de retrouver l’oiseau qui descendait le fleuve et, oh surprise!, il s’agissait en fait d’un Océanite cul-blanc!!! Je l’ai rapidement pointé à Christiane et nous avons pu suivre ce petit oiseau de mer alors qu’il retournait chez lui, dans le golfe Saint-Laurent! Il s’agit sûrement de l’océanite que j’ai le mieux vu jusqu’à maintenant! Son plumage brunâtre, ses couvertures sus-alaires plus pâles, son petit croupion blanc, tout était bien visible par cette matinée au ciel partiellement voilé. Mais, plus surprenant encore, j’ai repéré un autre océanite qui, lui aussi, se dirigeait vers l’est à peine 10 minutes plus tard!!! Celui-là est passé plus loin au large, comme les océanites le font habituellement. Nous sommes souvent portés à associer la présence de ces oiseaux pélagiques dans le moyen estuaire aux tempêtes de vents du nord-est soufflant en octobre. Pourtant, nous ne sommes qu’au début du mois d’août et, au cours des trois derniers jours, des vents jusqu’à 30 km/h soufflaient du sud-ouest! Ce n’est pas la première fois que nous observons des océanites le lendemain de vents que l’on qualifierait de contraires. De toute évidence, des océanites sont présents au large de Rivière-Ouelle bien avant l’arrivée du « vrai » automne! Remarquez en passant que nous n’avons jamais vu d’océanite à partir du quai des Escoumins. Il est certain qu’à l’époque, nous n’avions pas beaucoup de temps disponible pour les chercher au milieu de l’automne. Nous en avons cependant vu à plusieurs reprises lors de nos nombreuses traversées entre Les Escoumins et Trois-Pistoles entre la mi-juillet et la mi-août sans que nous ne réussissions à en repérer un seul à partir du quai. Le quai de Rivière-Ouelle est vraiment bien situé!

Dimanche le 7 août, nous avons observé 57 espèces à Rivière-Ouelle entre 5 h 10 et 11 h 15, dont :

  • 28 Oies des neiges – Malgré les quelques pygargues qui ont séjourné à Rivière-Ouelle durant l’été, le nombre d’Oies des neiges estivantes, dont certaines sont blessées, est demeuré étonnamment stable! J’aurais pourtant cru…
  • 3 Bernaches du Canada
  • 32 Canards noirs
  • 3 Sarcelles d’hiver
  • 110 Eiders à duvet
  • 16 Plongeons catmarins
  • 1 Plongeon huard
  • 11 Grèbes jougris – Des groupes de trois et de huit oiseaux sont passés au large du quai en direction est, une quantité intéressante pour le début d’août.
  • 2 Océanites cul-blanc – L’automne commence bien, mais ces oiseaux devraient normalement être en train de nicher. Ces oiseaux, nocturnes durant la saison de reproduction, nichent sur les îles isolées de l’hémisphère nord. La plus importante colonie au monde se trouve sur l’île Baccalieu, à Terre-Neuve, et accueille plus de 3 000 000 de couples!
  • 58 Cormorans à aigrettes
  • 19 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin – Un oiseau s’est élancé vers le large non loin du quai. Il migrait vers le nord?!?
  • 1 Marouette de Caroline
  • 13 Pluviers semipalmés
  • 1 Pluvier kildir
  • 4 Chevaliers grivelés
  • 1 Bécasseau minuscule
  • 40 Mouettes de Bonaparte
  • 3000 Goélands à bec cerclé – Dans un groupe de 400 goélands posés le long du rivage, nous avons repéré quatre individus bagués près de Varennes, dont un que nous avions déjà observé à Rivière-Ouelle il y a deux ans.
  • 20 Goélands argentés
  • 15 Goélands marins
  • 2 Colibris à gorge rubis
  • 5 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle phébi
  • 8 Viréos aux yeux rouges
  • 2 Hirondelles rustiques
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 2 Merlebleus de l’Est
  • 2 Moqueurs chats
  • 170 Étourneaux sansonnets
  • 13 Jaseurs d’Amérique
  • 2 Parulines à joues grises
  • 6 Parulines masquées

L’époque de la mue doit être difficile pour les oiseaux!
Paruline masquée (Common Yellowthroat – Geothlypis trichas)
Rivière-Ouelle – 7 août 2016 © Claude Auchu
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 4 Parulines tigrées
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à croupion jaune
  • 5 Bruants des prés
  • 30 Bruants chanteurs
  • 19 Carouges à épaulettes
  • 7 Quiscales bronzés
  • 5 Roselins pourprés
  • 1 Bec-croisé bifascié
  • 18 Chardonnerets jaunes
  • 1 Gros-bec errant

À partir du quai de Rivière-Ouelle, il est aussi possible d’observer quelques mammifères marins. Les Bélugas sont les plus faciles à remarquer, mais les Phoques communs, les Phoques gris et les Phoques du Groenland (en décembre depuis quelques années) sont aussi réguliers. En août 2014, j’avais même réussi à voir un Marsouin commun. Dimanche matin, c’est plutôt un Orignal qui se déplaçait au large du quai! Peu de temps après notre arrivée au quai au lever du soleil, Christiane a repéré un Orignal femelle nageant vers le large à l’est du quai. Poussé par la marée montante et l’absence de vent, il a lentement dérivé vers nous, mais tout en gardant le cap vers le large. 
Orignal (Moose – Alces alces)
Rivière-Ouelle – 7 août 2016 © Claude Auchu
L’Orignal avec, à l’arrière-plan, la falaise située sur la côte de Charlevoix vers laquelle nos télescopes sont toujours pointés.
Orignal (Moose – Alces alcesRivière-Ouelle – 7 août 2016 © Claude Auchu
Malgré que nous le suivions régulièrement aux télescopes, nous avons fini par le perdre de vue tellement il était loin de nous et de la rive sud! A-t-il réussi à atteindre la côte de Charlevoix, tout de même distante de 14 kilomètres à son point le plus près? Nous l’espérons pour lui. Le quai de Rivière-Ouelle, situé à la pointe aux Orignaux (!), a encore réussi à nous surprendre!!! 

mardi 14 juin 2016

Des oiseaux photogéniques

À tous les matins, au lever, je sors quelques instants sur le perron pour écouter quels oiseaux ont passé la nuit dans notre voisinage. Vendredi le 10 juin, en ouvrant la porte, j’ai entendu une Mésange à tête noire. Oui… et alors? Eh bien, il s’agissait de la 10000e journée où j’observais cette espèce depuis le 1er janvier 1982, soit le moment où j’ai commencé à noter tous mes oiseaux quotidiennement! J’ai donc eu besoin d’un peu plus de 34 ans et 5 mois (exactement 12578 jours) pour atteindre ce total. Je n’ai pas vraiment fait d’effort particulier pour atteindre ce total, je note simplement les oiseaux que je croise sur mon chemin… mais disons que mon chemin est tracé pour rencontrer des oiseaux! Depuis 1982, ma meilleure année pour la mésange aura été 2012 avec 337 journées et la pire remonte à 1987 avec seulement 164 journées durant l’année. Bien sûr, en consultant les données d’une seule personne, on s’aperçoit vite qu’elles racontent en partie ce que l’observateur a fait durant sa vie! Heureusement, des réseaux comme eBird (et ÉPOQ bien avant lui) permettent aux observateurs de mettre leurs données en commun et d’atténuer ces imperfections.
C’est en effectuant la compilation de mes observations de 2015 en janvier dernier que je me suis rendu compte que notre chère Mésange à tête noire approchait le cap des 10000 journées. Avant elle, seules deux espèces avaient franchi ce cap, soit la Corneille d’Amérique et l’Étourneau sansonnet (ce dernier a atteint les 10000 journées quelque part à la mi-décembre 2015). Le Moineau domestique sera la prochaine, probablement d’ici un mois. Deux des quatre espèces que j’ai observées avec le plus de régularité depuis 1982 sont donc des oiseaux introduits en Amérique par l’Homme…

Même si la pluie de dimanche a coupé de moitié ma fin de semaine ornithologique (dommage, nous avions de si beaux projets…), j’ai tout de même connu une très bonne matinée samedi. Christiane ne pouvant m’accompagner, j’ai fait en solo une sortie à Rivière-Ouelle en espérant reprendre ce que le brouillard de la semaine précédente nous avait fait perdre. Ce fut en partie une réussite avec quelques surprises et de nombreux oiseaux acceptant enfin de se laisser photographier!

J’ai réussi à trouver 69 espèces à Rivière-Ouelle entre 4 h 35 et 11 h 10 samedi le 11 juin. En voici une partie :
  • 28 Oies des neiges – Plusieurs de ces oiseaux passeront l’été dans le secteur.
  • 100 Bernaches du Canada – En quatre petits groupes d’individus comptés un à un…
  • 2 Canards souchets
  • 1 Canard pilet – Un mâle portant encore un plumage nuptial aussi propre qu’en avril accompagnait un petit groupe d’Eiders à duvet.
  • 61 Eiders à duvet – Sur la rive sud du Saint-Laurent, l’Eider à duvet ne niche pas à l’ouest de Rivière-Ouelle, mais il devient un nicheur commun à peine quelques kilomètres plus à l’est.

Eiders à duvet (Common Eiders – Somateria mollissima)
Rivière-Ouelle – 11 juin 2016 © Claude Auchu
  • 1 Macreuse à front blanc
  • 10 Harles huppés – Les Harles huppés quittent toujours le fleuve plus tardivement que les Grands Harles pour aller nicher. Plusieurs attendent carrément la fin de la période de frai des Capelans, alors que les Grands Harles rejoignent les rivières aussitôt que la crue printanière est terminée.
  • 14 Plongeons catmarins
  • 10 Plongeons huards
  • 9 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 3 Pluviers kildirs – Un adulte et deux juvéniles en duvet (assez gros pour préférer courir plutôt que de se tapir au sol en cas de danger) ont rencontré un chat dans la cour d’une ferme. L’adulte a fait à plusieurs reprises le coup de l’aile cassée, mais le chat a continué son chemin sans se préoccuper des pluviers. Mais j’étais prêt à intervenir, au cas où…
  • 1 Labbe parasite – J’ai été presque surpris de voir un Labbe parasite à Rivière-Ouelle à une date aussi tardive en juin. Dans l’estuaire maritime, des non-nicheurs sont présents en nombre variable durant tout l’été, mais je n’en ai jamais vu ici en plein cœur de l’été ornithologique. Les premiers migrateurs automnaux pourraient faire leur apparition dans ma région dès la fin de juillet.
  • 1 Guillemot marmette
  • 147 Petits Pingouins
  • 4 Guillemots à miroir
  • 2 Mouettes tridactyles
  • 24 Mouettes de Bonaparte

Mouette de Bonaparte (Bonaparte’s Gull – Chroicocephalus philadelphia)
Rivière-Ouelle – 11 juin 2016 © Claude Auchu
  • 300 Goélands à bec cerclé
  • 150 Goélands argentés
  • 2 Goélands bruns – Encore deux immatures, un en plumage de première année posé sur une plage en compagnie de Goélands à bec cerclé et un de troisième année en vol seul au large du quai.
  • 1 Sterne caspienne – Un oiseau étire encore son séjour dans notre secteur. Un premier oiseau fut découvert le 27 mai et deux étaient encore sur place le 8 juin. C’est la première fois que cette espèce est présente aussi longtemps dans la région.
  • 4 Pics flamboyants – À mon arrivée au quai vers 4 h 45, deux Pics flamboyants étaient posés sur les rochers bordant son extrémité. Qu’espéraient-ils trouver à cet endroit à une telle heure???
  • 1 Pioui de l’Est – Un mâle chantait dans un petit bosquet de grands saules et frênes, côtoyant un couple d’orioles et des Viréos mélodieux nicheurs. S’agirait-il encore d’un migrateur?
  • 15 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 1 Tyran tritri
  • 1 Viréo mélodieux – Une rare rencontre visuelle avec un mâle chanteur qui s’est même laissé photographier. Il faut préciser que je me trouvais sur un pont, à quatre mètres au-dessus du sol et donc à la hauteur de l’oiseau.

Viréo mélodieux (Warbling Vireo – Vireo gilvus)
Rivière-Ouelle – 11 juin 2016 © Claude Auchu
  • 5 Grands Corbeaux – Quatre juvéniles sortis du nid depuis peu étaient posés dans un champ et semblaient se demander pourquoi personne ne venait les nourrir.

Grands Corbeaux (Common Ravens – Corvus corax)
Rivière-Ouelle – 11 juin 2016 © Claude Auchu
  • 4 Mésanges à tête noire – Ma 10001e journée avec l’espèce!
  • 3 Grives fauves
  • 1 Grive à dos olive
  • 30 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 1 Moqueur polyglotte – Cet oiseau n’a pas émis une seule note durant la dizaine de minutes que j’ai passée en sa compagnie.

Moqueur polyglotte (Northern Mockingbird – Mimus polyglottos)
Rivière-Ouelle – 11 juin 2016 © Claude Auchu
  • 23 Jaseurs d’Amérique
  • 13 Parulines masquées

Paruline masquée (Common Yellowthroat – Geothlypis trichas)
Rivière-Ouelle – 11 juin 2016 © Claude Auchu
  • 4 Parulines flamboyantes
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 5 Parulines jaunes

Paruline jaune (Yellow Warbler – Setophaga petechia)
Rivière-Ouelle – 11 juin 2016 © Claude Auchu
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 7 Bruants des prés
  • 1 Bruant de Nelson
  • 30 Bruants chanteurs
  • 1 Goglu des prés
  • 1 Oriole de Baltimore – Pendant que la femelle couve dans son nid fait de bouts de corde, le mâle patrouille son territoire en lançant toutes sortes de cris.
  • 6 Tarins des pins
  • 30 Chardonnerets jaunes

Connaissez-vous beaucoup de régions pouvant se vanter d’accueillir des espèces nicheuses aussi différentes que l’Eider à duvet et l’Oriole de Baltimore à quelques kilomètres l’une de l’autre? Je n’en connais qu’une : la mienne!!! 

mardi 15 septembre 2015

Deux phalaropes...!

C’est l’automne, avec sa température changeante et ses bourrasques de vent! La saison où de nombreux oiseaux se perdent et où nous, les observateurs, réussissons à nous réjouir de ces infortunes. C’est donc vrai, le malheur des uns fait le bonheur des autres!?!

Samedi matin, notre but premier était de nous rendre à Rivière-Ouelle afin de profiter du beau vent du nord-est qui, enfin, soufflait durant une fin de semaine. Cependant, l’arrivée rapide d’un épais banc de brouillard, repéré avant même de quitter La Pocatière, nous a encouragé à plutôt mettre en branle notre plan B. Cette alternative, qui était de toute façon prévue pour dimanche, consistait en une randonnée de 30 kilomètres à vélo à travers La Pocatière dans ce que nous appelons « le grand tour ».
Cette tournée, qui débute par l’intérieur des terres, nous amènent à travers toutes sortes d’habitats où une belle variété d’espèces est habituellement facile à récolter. Mais, dès le départ, nous avons été quelque peu déçus par le manque chronique d’oiseaux, nos sites préférés semblant souvent désertés. Finalement, après plusieurs arrêts trop tranquilles, c’est en arrivant à notre « spot à bruants » que tout a débloqué avec la rencontre d’un bon groupe d’oiseaux composé d’insectivores autant que de granivores.
Comme c’est toujours le cas à la mi-septembre, nous avons noté une arrivée marquée de bruants dans la région. Le Bruant des prés, en particulier, a beau être un nicheur commun dans la région, c’est lors de la migration automnale que sa population apparaît dans toute son ampleur. Il est même souvent possible de reconnaître certains oiseaux de la sous-espèce labradorius, qui niche dans le nord du Québec, à son plumage plus foncé.

Notre randonnée à vélo de samedi le 12 septembre, entre 5 h 45 et 12 h 00, nous aura fourni 63 espèces sur le territoire de La Pocatière comme, par exemple, :
  • 9 Bernaches du Canada
  • 2 Canards branchus
  • 1 Canard d’Amérique
  • 70 Canards noirs
  • 1 Chevalier solitaire
  • 8 Petits Chevaliers
  • 2 Bécasseaux à poitrine cendrée

Bécasseau à poitrine cendrée (Pectoral Sandpiper – Calidris melanotos)
La Pocatière – 12 septembre 2015 © Claude Auchu 
  • 1 Martin-pêcheur d’Amérique
  • 1 Pic maculé
  • 2 Pics mineurs
  • 2 Pics chevelus
  • 1 Pic flamboyant
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 2 Faucons émerillons – Un émerillon a effectué un passage très remarqué par les petits passereaux, mais n’a toutefois pas semblé impressionner un Geai bleu outre mesure.
  • 7 Moucherolles phébis – Cette belle récolte pour la mi-septembre a été grandement aidée par un petit groupe de quatre oiseaux qui allaient cueillir des insectes directement sur la surface d’un étang.
  • 2 Viréos à tête bleue
  • 2 Viréos de Philadelphie
  • 4 Viréos aux yeux rouges
  • 36 Geais bleus
  • 105 Corneilles d’Amérique
  • 24 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Grive fauve – Cette fois, nous avons eu un contact visuel avec cette espèce plus facile à repérer au son en automne. La grive a été surprise dans une zone buissonneuse dans la pénombre du petit matin.
  • 18 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 3 Pipits d’Amérique
  • 11 Jaseurs d’Amérique
  • 3 Parulines obscures
  • 2 Parulines à joues grises
  • 17 Parulines masquées

Paruline masquée, mâle immature (Common Yellowthroat – Geothlypis trichas)
La Pocatière – 12 septembre 2015 © Claude Auchu
  • 1 Paruline flamboyante
  • 1 Paruline à collier
  • 1 Paruline à tête cendrée
  • 1 Paruline à flancs marron
  • 4 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à calotte noire
  • 7 Bruants familiers
  • 38 Bruants des prés
  • 62 Bruants chanteurs
  • 3 Bruants des marais

Bruant des marais (Swamp Sparrow – Melospiza georgiana)
La Pocatière – 12 septembre 2015 © Claude Auchu
  • 19 Bruants à gorge blanche
  • 60 Carouges à épaulettes
  • 34 Chardonnerets jaunes

Après le brouillard de samedi, ce sont les averses matinales qui ont mis notre sortie à Rivière-Ouelle en veilleuse dimanche matin! Nous avons même ressenti une étrange culpabilité d’être à l’intérieur de la maison un dimanche à 8 h 00, ce qui nous arrive pratiquement jamais!!! Nous avons décidé d’effectuer les tâches prévues pour l’après-midi en espérant que les averses s’arrêtent le plus tôt possible. Lorsque la pluie a cessé en milieu d’avant-midi, nous avons bâclé nos autres obligations en moins de deux et, à 11 h 00, nous faisions déjà notre entrée à Rivière-Ouelle!
Rendus au quai, nous avons été plus que satisfaits de noter l’excellente visibilité au large et les vents du nord-est tant attendus. Encore une fois bien installés sur nos petits bancs, nous avons porté attention durant plus de trois heures aux moindres mouvements des oiseaux circulant loin au large. Les déplacements de canards près de la rive étaient assez limités, ce qui est bien compréhensible en mi-journée, mais en travaillant fort, nous avons réussi à trouver notre part de visiteurs de l’estuaire. Il m’est arrivé plus d’une fois d’assister à de beaux passages d’oiseaux en plein après-midi lors des journées de vents du nord-est. Je me rappelle en particulier du 6 novembre 1988 où j’avais compté pas moins de 145 Mouettes tridactyles descendant le fleuve face au vent du nord-est.
Paradoxalement, les vedettes de la journée ont été trouvées tout près du bout du quai. En effet, Christiane a remarqué deux gros limicoles passant rapidement devant nous en direction ouest. Quelques secondes plus tard, ces mêmes oiseaux sont revenus sur leurs pas et, pour notre plus grand bonheur, ils se sont posés dans une ligne de débris flottant devant le quai : deux phalaropes… et pas n’importe lesquels!!!
En débutant l’excursion aussi tard en avant-midi, nous avons dû laisser tomber la partie forestière du trajet et les passereaux sont donc sous-représentés sur notre liste finale. C’est dommage parce que les vents du nord-est ont souvent autant d’impact sur les oiseaux terrestres qu’aquatiques. Mais, bof!, une fois n’est pas coutume!

Durant la journée du dimanche 13 septembre, nous sommes demeurés à Rivière-Ouelle de 11 h 00 à 15 h 30. Voici un aperçu de ce que nous avons vu :
  • 45 Oies des neiges – Cette fois, il ne s’agit pas que d’estivantes. Les migratrices ont enfin fait leur apparition!
  • 7 Bernaches du Canada
  • 1 Canard chipeau
  • 12 Macreuses à front blanc
  • 27 Macreuses brunes
  • 1 Harle couronné
  • 53 Plongeons catmarins
  • 19 Fous de Bassan – Une belle quantité pour ces oiseaux qui semblent toujours être en mouvement dans la région. Il est en effet très rare de voir un individu posé à l’eau.
  • 81 Cormorans à aigrettes
  • 100 Pluviers semipalmés
  • 5 Bécasseaux variables
  • 22 Bécasseaux semipalmés
  • 2 Phalaropes à bec large – Après quelques hésitations, il a bien fallu se rendre compte que les deux gros phalaropes se nourrissant devant le quai étaient des Phalaropes à bec large! Il s’agissait de deux juvéniles en mue vers le plumage d’hiver, un des oiseaux étant nettement plus avancé que l’autre. Les vents du nord-est sont sûrement responsables de la présence de ces oiseaux aussi près du rivage. Il n’existe que sept autres mentions connues du Phalarope à bec large dans Kamouraska-L’Islet. La première mention, un oiseau capturé par Willie Labrie, remonte au 6 mai 1932.
  • 6 Labbes parasites – Il n’y avait qu’un seul juvénile parmi les six oiseaux vus dimanche. Nous n’avions vu aucun labbe durant le mois d’août, peut-être en lien avec le temps très doux et le manque de vent favorable.
  • 1 Petit Pingouin – Ce gros alcidé est irrégulier à Rivière-Ouelle à partir du mois d’août, pouvant être carrément absent un automne, mais commun l’année suivante.
  • 4 Mouettes tridactyles – Nous sommes loin de la quantité de novembre 1988, mais chaque oiseau a été grandement apprécié.
  • 1 Faucon émerillon
  • 3 Pipits d’Amérique

Il est souvent mentionné que les vents du nord-est sont un pré-requis pour récolter beaucoup d’oiseaux à Rivière-Ouelle. Si, à la base, ce principe est vrai, j’ai été souvent témoin de journées de vent du nord-est carrément nulles! À l’opposé, je me souviens aussi de journées avec des vents du sud-ouest qui ont réussi à nous fournir des océanites! Je me demande donc souvent si je ne devrais pas plutôt me renseigner sur les conditions qui prévalent en dehors de ma région. Après tout, par définition, les oiseaux égarés ne viennent pas d’ici!!! 

mardi 8 septembre 2015

Des canards pour samedi, des parulines pour dimanche et des bécasseaux pour lundi

La longue fin de semaine de la Fête du travail se trouve dans l’une des périodes de l’année où la diversité d’espèces aviaires est la plus élevée. Pour moi, elle est à l’automne ce que la fin de semaine de la Fête des Patriotes est au printemps. Les personnes possédant suffisamment de temps libre ou encore le don d’ubiquité peuvent réussir à cumuler une très grande diversité d’espèces au début de septembre. Comme nous ne disposons ni de l’un ni de l’autre, nous nous débattons comme nous le pouvons pour réussir à profiter à plein de nos fins de semaine. Il n’est pas toujours facile de réussir à faire fusionner la température, la direction des vents, le taux d’humidité, la marée, etc. avec nos autres obligations pour rendre nos excursions les plus profitables possible. En fait, les seules choses qui ne nous font jamais défaut sur le terrain sont notre enthousiasme et notre fébrilité.

Samedi matin, nous avons débuté les trois jours de congé par notre sortie hebdomadaire à Rivière-Ouelle, en espérant que les vents du nord-est des deux jours précédents aient encore un impact. Ce ne fut peut-être pas le cas, mais le vent faible du sud-ouest n’était pas du tout gênant et la visibilité au large était excellente. En plus des canards, les limicoles et les passereaux aussi étaient présents, mais en petit nombre.

Voici une partie des 55 espèces que nous avons trouvées à Rivière-Ouelle, samedi le 5 septembre entre 5 h 20 et 11 h 20 :
  • 35 Bernaches du Canada – Nos premières migratrices de l’automne. Les bernaches sont encore assez rares dans ma région durant l’été pour nous permettre de faire facilement la différence entre les estivantes et les migratrices.
  • 22 Canards noirs
  • 12 Canards pilets
  • 6 Fuligules milouinans
  • 41 Eiders à duvet
  • 14 Macreuses à front blanc
  • 1 Macreuse brune
  • 1 Harle couronné
  • 103 Plongeons catmarins – Nous avons été plutôt surpris d’avoir réussi à faire grimper notre total de catmarins jusqu’à la centaine d’individus. Comme c’est souvent le cas lors des matinées de vents faibles, la majorité des oiseaux dérivaient posés à l’eau au large du quai. Ils passaient donc tout doucement et discrètement devant nous, en petits groupes allant jusqu’à cinq oiseaux. À ce rythme, le total ne grimpe que lentement!
  • 3 Plongeons huards
  • 1 Grèbe jougris
  • 1 Fou de Bassan
  • 192 Cormorans à aigrettes
  • 37 Grands Hérons
  • 2 Urubus à tête rouge
  • 23 Pluviers semipalmés

Pluvier semipalmé (Semipalmated Plover – Charadrius semipalmatus)
Rivière-Ouelle – 5 septembre 2015 © Claude Auchu
  • 2 Chevaliers grivelés
  • 3 Grands Chevaliers
  • 1 Courlis corlieu – À Rivière-Ouelle, les courlis ne sont que rarement vus au sol. Ils sont habituellement repérés à leurs cris et (parfois) vus en vol.
  • 19 Bécasseaux semipalmés – Ils me semblent particulièrement peu communs cet automne, à moins qu’ils ne fassent halte dans la région que durant la semaine?!?
  • 4 Mouettes de Bonaparte
  • 500 Goélands à bec cerclé – Nous avons encore trouvé un autre oiseau bagué provenant de la région de Varennes. L’an dernier, cet individu avait également été trouvé à Rivière-Ouelle, pratiquement au même endroit, par un ami.
  • 2 Sternes pierregarins
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic flamboyant
  • 2 Faucons émerillons
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 6 Geais bleus
  • 6 Grives fauves – Elles ont encore une fois été entendues avant le lever du soleil, au cours d’un arrêt près d’une zone buissonneuse.
  • 1 Grive à dos olive
  • 1 Pipit d’Amérique – Nous l’avions presque oublié celui-là! Pourtant, l’arrivée du premier pipit migrateur au début de septembre est tout à fait dans les normes.
  • 2 Parulines à joues grises
  • 5 Parulines masquées
  • 1 Paruline flamboyante
  • 1 Paruline à tête cendrée
  • 1 Paruline à poitrine baie
  • 1 Bruant de Lincoln
  • 8 Carouges à épaulettes
  • 9 Chardonnerets jaunes

C’est finalement dimanche matin que nous avons fait notre randonnée dédiée aux oiseaux forestiers que nous remettions depuis quelques fins de semaine. La température chaude a rendu cette promenade très agréable et l’absence presque totale de vent a grandement aidé au repérage des oiseaux. Notre circuit à vélo n’aura été que de 12 kilomètres que nous avons parcourus en cinq heures, à un rythme très lent. En fait, nous avons marché à côté du vélo durant le tiers du trajet.
Nous faisons ce même trajet à bicyclette au moins une fois par année (ce serait bien plus si nous en avions le temps!) depuis plusieurs années. Les habitats traversés sont surtout composés de jeunes forêts et de milieux champêtres, seulement de très petites parcelles de boisés matures sont visitées. Mais, justement, dans un secteur composé de grands mélèzes, nous avons décidé de prendre un petit chemin privé pour aller voir où il conduisait. À notre grand étonnement, nous nous sommes retrouvés en quelques tours de roue dans un petit bûché, un format réduit de ceux que nous visitons durant l’été à la recherche de Parulines à couronne rousse, de Mésangeais du Canada et d’autres espèces typiques des forêts de conifères ouvertes. Nous n’avons donc été qu’à moitié surpris d’y trouver, vous l’aurez deviné, deux mésangeais et quatre Parulines à couronne rousse! La présence simultanée de quatre Moucherolles phébis et d’une Tourterelle triste chanteuse nous rappelait que des milieux agricoles se trouvaient juste à côté.

Dimanche le 6 septembre, entre 5 h 55 et 11 h 00, nous avons trouvé 50 espèces lors de notre excursion aux passereaux à Saint-Onésime. En voici un échantillon :
  • 1 Plongeon huard – À notre arrivée, il survolait le village en criant.
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Martin-pêcheur d’Amérique
  • 4 Pics maculés – Un juvénile, bien installé au sommet d’un poteau électrique, a quitté son perchoir à plusieurs reprises pour aller capturer des insectes en vol! Les Sphyrapicus ont vraiment des comportements étranges!!!
  • 2 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 8 Pics flamboyants
  • 3 Moucherolles tchébecs
  • 6 Moucherolles phébis
  • 5 Viréos à tête bleue
  • 4 Viréos aux yeux rouges
  • 2 Mésangeais du Canada
  • 59 Geais bleus – Ils étaient omniprésents; il aurait vraiment fallu être aveugles et sourds pour les rater! Christiane s’est fait un plaisir de les noter l’un après l’autre dans son petit calepin.
  • 35 Mésanges à tête noire
  • 12 Sittelles à poitrine rousse
  • 5 Roitelets à couronne dorée
  • 4 Roitelets à couronne rubis
  • 6 Merlebleus de l’Est – Quatre immatures se nourrissaient ensemble près d’une grange. Deux oiseaux avaient presque entièrement acquis leur plumage adulte, alors que les deux autres étaient en plumage juvénile encore frais. Ces derniers étaient donc sortis du nid depuis très peu de temps. Il est connu que les oisillons de la première nichée aident parfois au nourrissage de ceux de la deuxième; il aurait été intéressant de savoir si ce fut le cas avec ces deux nichées!

Merlebleu de l’Est, juvénile (Eastern Bluebird – Sialia sialis)
Saint-Onésime – 6 septembre 2015 © Claude Auchu

Merlebleu de l’Est, juvénile en mue (Eastern Bluebird – Sialia sialis)
Saint-Onésime – 6 septembre 2015 © Claude Auchu
  • 1 Grive fauve
  • 1 Grive à dos olive
  • 1 Grive solitaire
  • 53 Merles d’Amérique
  • 7 Moqueurs chats
  • 74 Jaseurs d’Amérique – Les jaseurs également étaient présents en bon nombre, gobant autant les insectes en vol que les fruits des Cerisiers à grappes.
  • 3 Parulines obscures
  • 8 Parulines à joues grises
  • 23 Parulines masquées

Paruline masquée (Common Yellowthroat – Geothlypis trichas)
Saint-Onésime – 6 septembre 2015 © Claude Auchu
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 1 Paruline tigrée
  • 2 Parulines à collier
  • 7 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 5 Parulines à flancs marron
  • 2 Parulines bleues – Ces deux mâles chantaient encore.
  • 4 Parulines à couronne rousse

Paruline à couronne rousse (Palm Warbler – Setophaga palmarum)
Saint-Onésime – 6 septembre 2015 © Claude Auchu
  • 12 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 1 Cardinal à poitrine rose
  • 1 Goglu des prés
  • 8 Roselins pourprés
  • 16 Chardonnerets jaunes

Encore une fois, cette belle promenade nous a fourni un nombre relativement peu élevé de parulines. Mais c’est dans l’air du temps, les insectivores néo-tropicaux sont de moins en moins nombreux. Au début des années 1980, lorsque j’ai commencé à vraiment m’intéresser aux parulines automnales, n’importe quel boisé en bordure de la ville de La Pocatière abritait assez de parulines pour me tenir occupé durant une demi-journée. Maintenant, ces boisés sont pratiquement désertés par les parulines et il est plus prudent d’aller les chercher à l’intérieur des terres si l’on ne veut pas être déçu!
Autre fait notable, le petit nombre de fringillidés s’est limité à quelques Chardonnerets jaunes et Roselins pourprés. L’hiver dernier ayant été très riche en granivores, il est tout à fait normal de s’attendre à ce que la prochaine saison froide soit beaucoup plus tranquille. Cependant, certaines épinettes ont produit beaucoup de cônes; des oiseaux finiront bien par les trouver!

Avec l’arrivée de l’humidité et des vents dimanche en fin de journée, le projet que nous avions pour lundi semblait de toute façon le seul réalisable. Nous nous sommes rendus à Kamouraska en fin d’avant-midi afin de profiter de la marée haute pour inspecter les oiseaux de rivage présents. En bordure du fleuve, la fraîcheur faisait du bien, mais les vents de 45 km/h et les rafales à 60 rendaient les conditions plutôt instables! Heureusement, les oiseaux, bien que très nerveux, ont pu être vus de près.

Voici la liste des oiseaux de rivage notés à Kamouraska lundi le 7 septembre entre 10 h 30 et 12 h 30 :
  • 100 Pluviers argentés
  • 1 Pluvier bronzé – Un adulte essayait de passer inaperçu parmi les Pluviers argentés.
  • 10 Tournepierres à collier

Un adulte à gauche et un juvénile à droite
Tournepierres à collier (Ruddy Turnstone – Arenaria interpres)
Kamouraska – 7 septembre 2015 © Claude Auchu
Tournepierre à collier (Ruddy Turnstone – Arenaria interpres)
Kamouraska – 7 septembre 2015 © Claude Auchu
  • 58 Bécasseaux maubèches – Au moins deux adultes ont été repérés parmi les Bécasseaux maubèches.
  • 4 Bécasseaux sanderlings
  • 2 Bécasseaux variables
  • 10 Bécasseaux semipalmés

Une matinée dédiée aux oiseaux aquatiques, une autre aux passereaux et une autre pour les limicoles. Oui, ce fut une fin de semaine réussie! Nous aurions préféré réunir ces trois groupes d’oiseaux en une même excursion, ce qui est parfois possible lors des rares journées où toutes les conditions gagnantes sont réunies. Autrement, puisque ce sont durant les deux ou trois premières heures après le lever du soleil que les oiseaux sont les plus actifs, il nous faut plusieurs sorties pour avoir une idée réelle des espèces présentes dans la région à un moment précis. Et, puisque c’est toujours ce que j’essaie de réussir, j’aurais bien besoin du don d’ubiquité!