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dimanche 21 mai 2017

Fous de Bassan, Labbes parasites et Moucherolles tchébecs

Mercredi matin, j’ai eu quelques heures libres qui se sont immédiatement transformées en une autre sortie à Rivière-Ouelle. Le temps disponible a été investi dans le quai (et la route pour y aller et en revenir), ce sont donc presque uniquement des oiseaux aquatiques qui ont été rencontrés… mais en belles quantités! Les dernières visites à Rivière-Ouelle ayant été fructueuses, je n’ai pas hésité à y retourner vendredi après-midi espérant que, contrairement à la semaine dernière, les passereaux néotropicaux soient de la partie. Ils l’ont effectivement été et je me suis retrouvé avec assez de matériel pour un nouveau message sur mon blog!

Pour une personne seule, il n’est pas toujours facile de compter minutieusement et identifier les oiseaux en même temps à Rivière-Ouelle. Pour régler le problème, Christiane et moi utilisons depuis longtemps un modus operandi bien défini : lorsque la majorité des oiseaux se dirigent vers l’ouest, comme ce fut le cas mercredi matin, Christiane compte les oiseaux en débutant le plus loin possible vers l’ouest. De mon côté, je fixe le large directement en face de nous en identifiant tout ce qui passe en vol et en signalant à Christiane les espèces moins communes. En continuant son décompte, ma compagne fait lentement pivoter son télescope pour rejoindre le point que je fixe déjà. À partir de ce moment, nous voyons donc les mêmes oiseaux au même moment, ce qui nous évite de perdre du temps à chercher l’éventuelle rareté trouvée par l’autre (et, malgré cela, il arrive régulièrement qu’un de nous deux repère un oiseau que l’autre avait raté!). Si un oiseau inhabituel traverse notre champ de vision, c’est moi qui ait la mission de le suivre et de l’identifier pendant que Christiane continue à compter.
Mercredi matin, j’ai essayé seul de tenir les deux postes, ce qui n’a pas été facile! Comme d’habitude, le décompte a été commencé loin vers l’ouest où je me suis concentré sur les Plongeons catmarins qui nageaient et volaient en bon nombre vers l’amont. Mais je voyais aussi énormément d’oiseaux passant en vol que je n’ai pas pu suivre et identifier. Ce sont surtout de gros alcidés (Guillemots marmettes ou Petits Pingouins) qui ont dû être sacrifiés au profit des catmarins! Même lorsque je me suis installé en fixant notre point habituel sur les côtes de Charlevoix, il est certain que j’ai raté des oiseaux tellement le trafic d’espèces intéressantes était parfois intense.

Voici une partie des 62 espèces rencontrées à Rivière-Ouelle mercredi le 17 mai entre 4 h 30 à 9 h 40 :
  • 15000 Oies des neiges
  • 1 Oie de Ross – La chasse printanière des Oies des neiges rend depuis longtemps la recherche de cette espèce très difficile.
  • 4 Bernaches cravants
  • 13 Eiders à duvet
  • 75 Macreuses à front blanc
  • 16 Macreuses brunes
  • 5000 Macreuses à bec jaune – Une quantité intéressante pour cette date plutôt tardive.
  • 1 Garrot à œil d’or
  • 9 Grands Harles
  • 23 Harles huppés
  • 1 Chevalier grivelé
  • 1 Chevalier solitaire
  • 1 Grand Chevalier
  • 36 Labbes parasites – Seulement deux de ces labbes (dont un adulte de forme sombre, le seul de la matinée) ne volaient pas vers l’ouest. Le décompte a donc été beaucoup plus facile à faire que samedi dernier. Un individu s’est même permis d’aller attaquer des mouettes le long du rivage tout juste à l’ouest du quai!

Ce Labbe parasite fonçant sur une Mouette de Bonaparte semble particulièrement élancé, 
ce qui pourrait facilement laisser croire à un Labbe à longue queue…
Mouette de Bonaparte (Bonaparte’s Gull – Chroicocephalus philadelphia
et Labbe parasite (Parasitic Jaeger – Stercorarius parasiticus)
Rivière-Ouelle – 17 mai 2017 © Claude Auchu
…mais, sur cette autre photo du même labbe prise quelques secondes après l’attaque, l’oiseau a pourtant
 repris sa silhouette classique. La morale de l'histoire : ne pas conclure après un seul coup d’œil!
Mouette de Bonaparte (Bonaparte’s Gull – Chroicocephalus philadelphia
et Labbe parasite (Parasitic Jaeger – Stercorarius parasiticus)
Rivière-Ouelle – 17 mai 2017 © Claude Auchu
  • 26 Guillemots marmettes
  • 47 Petits Pingouins
  • 1 Guillemot à miroir
  • 1 Mouette tridactyle – À Rivière-Ouelle, les Mouettes tridactyles sont habituellement vues volant loin au large. Celle de mercredi, une immature, nageait simplement devant le quai en compagnie de Mouettes de Bonaparte et de quelques goélands.
  • 65 Mouettes de Bonaparte

Les petites taches sombres au bout de couvertures primaires (près du poignet) permettent de conclure 
que cet oiseau est né en 2015; ce critère est rarement observé sur le terrain.
Mouette de Bonaparte (Bonaparte’s Gull – Chroicocephalus philadelphia)
Rivière-Ouelle – 17 mai 2017 © Claude Auchu
  • 300 Goélands à bec cerclé
  • 3000 Goélands argentés – De bonnes conditions d’observation et beaucoup de nourriture sous l’eau durant la deuxième moitié du mois de mai donnent toujours un grand nombre de Goélands argentés!
  • 7 Goélands arctiques
  • 16 Goélands bruns – Parmi les tonnes de Goélands argentés volant au large, j’ai réussi à repérer plusieurs Goélands bruns, certains posés à l’eau mais la majorité en vol vers l’est. J’ai inscrit dans mes notes sept adultes, trois oiseaux de troisième année, trois de deuxième année et trois autres de première année. Depuis la première mention dans la région, le 17 mai 1983, le statut de cette espèce est rapidement passé d’exceptionnel à rare. Mais, depuis deux ans, je crois même qu’il est devenu peu commun!
  • 1 Goéland bourgmestre – Beaucoup plus rare que les Goélands bruns!!!
  • 15 Goélands marins
  • 1317 Plongeons catmarins – Un total tout de même excellent pour un homme seul…!
  • 3 Plongeons huards
  • 106 Fous de Bassan – Comme les goélands et mouettes, leur abondance dans la région au printemps est en relation directe avec les bancs de poissons.

Cette photo et les deux suivantes n’ont pas été prises en Gaspésie, mais bien au quai de Rivière-Ouelle, 
à seulement 115 kilomètres de la ville de Québec!
Fou de Bassan (Northern Gannet – Morus bassanus)
Rivière-Ouelle – 17 mai © Claude Auchu
Fou de Bassan (Northern Gannet – Morus bassanus)
Rivière-Ouelle – 17 mai © Claude Auchu
Fou de Bassan (Northern Gannet – Morus bassanus)
Rivière-Ouelle – 17 mai © Claude Auchu
  • 30 Cormorans à aigrettes
  • 2 Grands Hérons
  • 1 Grande Aigrette – L’individu trouvé le 7 mai dernier était encore présent au même endroit.
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Faucon émerillon
  • 1 Moqueur chat
  • 1 Paruline des ruisseaux
  • 2 Parulines masquées
  • 3 Parulines à croupion jaune
  • 15 Bruants à gorge blanche
  • 22 Bruants à couronne blanche
  • 1 Junco ardoisé
  • 3 Goglus des prés

Je pourrais presque dire que la deuxième partie de cette excursion s’est déroulée deux jours plus tard. En effet, vendredi après-midi, je me suis retrouvé à Rivière-Ouelle pour faire en solo une partie du trajet que Christiane et moi faisons habituellement en quittant le quai.
Sauf qu’il s’est tout de même passé plus de 48 heures entre ces deux demi-excursions et, à l’époque des migrations, il s’agit d’une éternité. Jeudi soir, par exemple, nous avons eu droit à un long et superbe orage électrique tout juste après le couché du soleil, ce qui a changé bien des choses pour les petits migrateurs. Les conditions de migration étaient idéales à 17 h 00 avec 29°C et des vents forts du sud‑ouest, mais les orages ont fait chuter la température à seulement 14°C deux heures plus tard et les vents ont immédiatement tourné au nord! Vendredi midi, plusieurs parulines et moucherolles fraîchement arrivés ont été obligés de chercher au sol les insectes qu’ils trouvent habituellement dans les arbres. Peu spectaculaire dans la région de La Pocatière, ce phénomène que l’on nomme « fallout » peut parfois impliqué des milliers de passereaux. S’il peut être tragique pour les oiseaux, il fourni néanmoins de beaux sujets à photographier!

Vendredi le 19 mai, j’ai rencontré 59 espèces à Rivière-Ouelle entre 12 h 25 et 14 h 30, dont les suivantes :
  • 3 Bécassins roux
  • 25 Mouettes de Bonaparte
  • 300 Goélands à bec cerclé
  • 700 Goélands argentés
  • 1 Goéland arctique
  • 3 Goélands bruns – Un adulte et deux immatures en plumage de troisième année.

Goéland brun (Lesser Black-backed Gull – Larus fuscus
et Goélands argentés (Herring Gulls – Larus argentatus)
Rivière-Ouelle – 19 mai 2017 © Claude Auchu
  • 3 Goélands marins
  • 95 Cormorans à aigrettes
  • 1 Épervier brun
  • 1 Faucon émerillon
  • 1 Moucherolle des aulnes
  • 20 Moucherolles tchébecs

Moucherolle tchébec (Least Flycatcher – Empidonax minimus)
Rivière-Ouelle – 19 mai 2017 © Claude Auchu
Moucherolle tchébec (Least Flycatcher – Empidonax minimus)
Rivière-Ouelle – 19 mai 2017 © Claude Auchu
  • 2 Viréos à tête bleue
  • 2 Roitelets à couronne dorée
  • 7 Roitelets à couronne rubis
  • 1 Grive fauve
  • 2 Grives à dos olive
  • 1 Paruline couronnée
  • 1 Paruline des ruisseaux
  • 8 Parulines à joues grises

Paruline à joues grises (Nashville Warbler – Oreothlypis ruficapilla)
Rivière-Ouelle – 19 mai 2017 © Claude Auchu
  • 3 Parulines masquées
  • 1 Paruline flamboyante
  • 3 Parulines tigrées
  • 2 Parulines à collier
  • 7 Parulines à tête cendrée

Paruline à tête cendrée (Magnolia Warbler – Setophaga magnolia)
Rivière-Ouelle – 19 mai 2017 © Claude Auchu

  • 1 Paruline à poitrine baie
  • 10 Parulines à croupion jaune
  • 2 Bruants de Lincoln
  • 1 Bruant des marais
  • 8 Bruants à gorge blanche
  • 12 Bruants à couronne blanche
  • 1 Junco ardoisé

Voilà, la table était mise pour la fin de semaine de trois jours! À suivre… 

jeudi 23 mai 2013

Labbes parasites en mouvement

La pluie prévue pour lundi le 20 mai, Journée nationale des patriotes, devait cesser en avant-midi. Par chance, les 30 à 50 mm annoncés se sont finalement transformés en quelques averses et, déjà en début d’avant-midi, le sol commençait à s’assécher. Lors de pluie subite, il arrive régulièrement que les migrations nocturnes soient interrompues et que les oiseaux doivent se poser d’urgence n’importe où. La marée étant haute lundi midi, Christiane et moi avions prévu visiter certains sites qui ont historiquement accueilli des oiseaux de rivage égarés. Peut-être que les averses n’étaient pas assez fortes ou bien que les oiseaux ne survolaient tout simplement pas la région à ce moment…? À moins que ce soit simplement une semaine trop tôt dans la saison, mais les limicoles observés étaient tout à fait dans les normes. Ce sera pour une autre fois…
Mais, auparavant, et en attendant que la marée soit haute, pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil aux oiseaux qui circulent au quai de Rivière-Ouelle? La bruine finissait tout juste de tomber à notre arrivée au site et, même si un petit brouillard cachait encore les côtes de Charlevoix, la visibilité au large était tout simplement limpide! Même si une excursion débutant en milieu d’avant-midi est rarement aussi payante qu’elle l’aurait été au lever du jour, les conditions sur place étaient assez agréables pour nous donner le goût d’étirer un peu notre plaisir.
En scrutant le large, nous avons été témoins d’une présence marquée de Labbes parasites. Nous avons trouvé particulièrement étrange de voir plusieurs labbes voler en hauteur, souvent à plus de 50 mètres au-dessus du fleuve. Ces oiseaux sont le plus souvent vus rasant les flots et, lorsqu’on les voit prendre de l’altitude, c’est habituellement parce qu’ils ont repéré un goéland ou une mouette qu’ils prennent en chasse (et leur manière de voler est, à ce moment, bien diagnostique!). Il y en avait bien quelques-uns posés à l’eau, mais les oiseaux en vol n’agissaient absolument pas de façon coutumière. Ces oiseaux venaient-ils d’arriver dans l’estuaire et cherchaient ainsi à s’orienter? Ou encore étaient-ils sur le point de nous quitter pour l’Arctique? Chose certaine, c’est la première fois que nous sommes témoins d’un tel comportement généralisé chez les labbes!

Nous avons finalement patrouillé les différents sites de Rivière-Ouelle durant 5 h 15 lundi le 20 mai, ce qui nous a permis de voir 78 espèces. En voici quelques-unes :
  • 1500 Oies des neiges
  • 7 Canards chipeaux – À chaque année, à la fin de mai, les chipeaux autant mâles que femelles deviennent plus communs sur les rives du fleuve. L’espèce arrive pourtant dès le début d’avril et elle est ensuite commune sur les étangs d’épuration des différentes municipalités. Pourquoi attendent-ils la fin de mai pour visiter les battures???
  • 20 Canards noirs
  • 14 Canards colverts
  • 100 Macreuses à bec jaune
  • 5 Harles couronnés
  • 3 Gélinottes huppées
  • 204 Plongeons catmarins
  • 2 Fous de Bassan
  • 7 Grands Hérons
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 1 Pluvier argenté
  • 94 Pluviers semipalmés – Une belle quantité, mais qui est tout à fait normale à Rivière-Ouelle durant la deuxième moitié de mai.
  • 1 Pluvier kildir
  • 4 Chevaliers grivelés
  • 1 Grand Chevalier
  • 28 Bécasseaux minuscules
  • 3 Bécasseaux variables
  • 3 Mouettes tridactyles
  • 2 Mouettes de Bonaparte
  • 300 Goélands à bec cerclé
  • 30 Goélands argentés
  • 2 Goélands arctiques – D’ici 10 jours, l’espèce aura totalement déserté la région.
  • 10 Goélands marins
  • 10 Sternes pierregarins – Vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’en mai, cette sterne est plus rarement observée au quai de Rivière-Ouelle que le Labbe parasite!
  • 20 Labbes parasites – Il s’agit d’une évaluation conservatrice du nombre observé.        La majorité des oiseaux se déplaçaient en tous sens à bonne altitude, comme s’ils cherchaient quelque chose. Vraiment étrange!
  • 2 Guillemots marmettes
  • 14 Petits Pingouins
  • 8 Tourterelles tristes
  • 2 Moucherolles tchébecs
Moucherolle tchébec – Rivière-Ouelle – 20 mai 2013 © Claude Auchu
  • 60 Corneilles d’Amérique
  • 4 Grands Corbeaux – Depuis plus d’un mois, un oiseau semble toujours nous attendre perché sur un lampadaire à la sortie 444 de l’autoroute 20, à l’entrée de Rivière-Ouelle. Il niche probablement dans les épinettes bordant le viaduc mais, pour nous, il est toujours le premier oiseau à s’inscrire sur notre liste!
  • 13 Hirondelles bicolores
  • 13 Hirondelles rustiques
  • 3 Sittelles à poitrine rousse
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 1 Grive fauve
  • 3 Grives à dos olive – Il s’agit d’un date d’arrivée presque hâtive dans la région, ce qui est plutôt surprenant par un printemps aussi frisquet où même les Grives fauves tardent à arriver.
  • 1 Grive solitaire
  • 1 Moqueur chat
  • 1 Pipit d’Amérique
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 2 Parulines masquées
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 2 Parulines à collier
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 1 Paruline jaune
  • 1 Paruline à flancs marron
  • 16 Parulines à croupion jaune
  • 2 Parulines à gorge noire
  • 10 Bruants à gorge blanche
  • 9 Bruants à couronne blanche
  • 1 Junco ardoisé
  • 1 Goglu des prés
  • 48 Carouges à épaulettes
  • 29 Quiscales bronzés
  • 9 Tarins des pins
  • 10 Chardonnerets jaunes
Cette sortie ne nous a pas donné les espèces souhaitées mais, à la fin de mai et par une journée qui devait être pluvieuse, qui s’en plaindra? De samedi à lundi, nous avons tout de même accumulé 127 espèces!