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mardi 12 avril 2016

Cache-cache avec l'Urubu noir

La dernière semaine n’aura pas été facile pour nos oiseaux. La succession de longues périodes de froid et les chutes de neige des derniers jours ont rendu la vie difficile autant pour les espèces habituées à nos hivers qu’aux nouveaux arrivants. Au début du printemps, l’arrivée des migrateurs avant que de nouvelles sources de nourriture ne deviennent disponibles crée parfois une vive compétition entre les différentes espèces. C’est très évident cette année et, depuis le début du printemps, il nous arrive régulièrement de voir des oiseaux consommer des aliments de dernier recours. Pour l’instant, seuls les Bruants chanteurs semblent garder le moral, chantant à pleins poumons même durant les matinées à -13°C!
Nos excursions de samedi et de dimanche ont ressemblé énormément à celles de la fin de semaine dernière. Samedi, nous nous sommes rendus à Rivière-Ouelle en espérant que la température saisonnière de vendredi ait poussé de nouveaux migrateurs jusqu’ici. Les faibles risques de neige prévus ne devaient pas nuire à nos plans. Dimanche, avec le retour d’une température presque hivernale, nous avons jugé qu’il valait mieux nous concentrer sur les oiseaux forestiers…

Samedi matin, à 5 h 00, les météorologues prévoyaient toujours des probabilités de 30 à 40% de chute de neige, suivi d’un dégagement partiel vers 10 h 00. Pour nous, c’était déjà nettement mieux que les -10° prévus pour dimanche matin. Nous avons donc déjeuné en vitesse, enfilé nos vêtements d’hiver, mis notre dîner dans le sac-à-dos et, voilà, nous étions en route pour Rivière-Ouelle.
Mais, une fois rendus sur place, les conditions étaient loin d’être idéales, autant pour nous que pour les oiseaux! En plus d’un vent fort soufflant du nord, une petite neige agaçante est tombée durant pratiquement toute l’excursion (donc, sûrement plus que 30 ou 40%!). Au quai, nous avons résisté aux éléments durant 90 minutes, dont seulement la moitié avec une visibilité relativement claire. Les sections champêtre et forestière de notre promenade n’ont pas fait meilleure figure. Tout ça fait partie du jeu, mais on espère toujours mieux pour une fin de semaine!

Samedi le 9 avril, notre excursion de 6 h 00 à 11 h 00 sur le territoire de Rivière-Ouelle nous aura fourni les 40 espèces suivantes :
  • 6 Bernaches cravants
  • 220 Bernaches du Canada
  • 45 Canards noirs
  • 10 Canards colverts
  • 2 Fuligules milouinans
  • 28 Eiders à duvet
  • 1 Macreuse à front blanc – Notre première ce printemps s’est présentée à une seule journée de ma date la plus hâtive dans la région (le 8 avril 1985, il y a déjà 31 ans!).
  • 20 Macreuses à bec jaune
  • 16 Hareldes kakawis
  • 27 Garrots à œil d’or
  • 22 Grands Harles
  • 9 Harles huppés
  • 6 Perdrix grises
  • 5 Plongeons catmarins – Mais où se cachent donc les catmarins durant de telles matinées???
  • 1 Cormoran à aigrettes
  • 2 Grands Hérons
  • 75 Goélands à bec cerclé
  • 15 Goélands argentés
  • 1 Goéland arctique
  • 8 Goélands marins
  • 1 Pigeon biset
  • 8 Tourterelles tristes
  • 2 Harfangs des neiges – Peut-être se croyaient-ils de retour en hiver, mais les deux harfangs vus samedi étaient perchés bien en vue et non cachés au sol.

Harfang des neiges (Snowy Owl – Bubo scandiacus)
La Pocatière – 10 avril 2016 © Claude Auchu
  • 1 Pic mineur
  • 38 Corneilles d’Amérique
  • 4 Grands Corbeaux
  • 4 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 2 Merles d’Amérique
  • 30 Étourneaux sansonnets
  • 9 Plectrophanes des neiges – Comme la semaine dernière, des milliers d’individus étaient sans aucun doute cachés dans les champs sauf que les conditions de samedi n’aidaient en rien à les trouver!
  • 2 Bruants hudsoniens
  • 11 Bruants chanteurs – Samedi, même les Bruants chanteurs faisaient pitié. Aucun des oiseaux n’a été entendu, ils cherchaient plutôt leur nourriture autour des bâtiments, à l’abri du vent. Par leur comportement, ils semblaient même dire : « C… de temps!!! ».
  • 1 Junco ardoisé
  • 2 Carouges à épaulettes
  • 8 Quiscales bronzés – Il y a une semaine, en passant devant l’endroit où j’avais photographié des Quiscales bronzés dans une flaque d’eau l’an dernier, Christiane m’avait pointé quelques oiseaux noirs perchés tout près en me disant qu’ils attendaient sans doute que la glace des fossés fonde. Samedi matin, au même endroit, tout était recouvert de neige fraîche et les oiseaux avaient quitté le site, sans doute las d’attendre.
  • 10 Roselins pourprés
  • 15 Sizerins flammés
  • 10 Chardonnerets jaunes

À la fois frustrés d’avoir connu une excursion matinale aussi pauvre mais encouragés de voir enfin le soleil percer les nuages en milieu d’après-midi, nous avons décidé d’aller voir si l’Urubu noir de la semaine dernière allait oser se pointer au dortoir d’urubus. Puisqu’il avait été revu en compagnie des Urubus à tête rouge deux jours plus tôt, nous considérions que nos chances de le retrouver étaient réelles. Effectivement, l’oiseau s’est montré!
Voici la liste des oiseaux vus à La Pocatière samedi le 9 avril entre 14 h 30 et 16 h 00 :
  • 1 Urubu noir – Il est entré au dortoir à 15 h 40, après avoir fait quelques passages au-dessus de nos têtes. Son plumage était encore en plus mauvais état que la semaine dernière, les temps sont difficiles pour lui aussi!

Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus)
La Pocatière – 9 avril 2016 © Claude Auchu
L'entrée au dortoir, sous le regard de deux Urubus à tête rouge
Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus) et Urubus à tête rouge (Turkey Vultures – Cathartes aura)
La Pocatière – 9 avril 2016 © Claude Auchu
  • 17 Urubus à tête rouge
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Épervier brun
  • 1 Buse à queue rousse
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 135 Carouges à épaulettes
  • 65 Quiscales bronzés
  • 17 Roselins pourprés
  • 20 Sizerins flammés
  • 5 Tarins des pins
  • 5 Chardonnerets jaunes
  • 3 Gros-becs errants

Bien entendu, dimanche matin, nous étions de retour au dortoir à attendre que l’Urubu noir sorte de son lit! D’autant plus que, cette fois-ci, nous avons vu exactement où il avait couché. En arrivant sur le site du dortoir vers 6 h 50, trois Urubus à tête rouge étaient déjà en vol, malgré le petit -7°C. Nous sommes demeurés sur place durant plus de deux heures, permettant à Christiane de compter un à un les urubus qui quittaient le dortoir en petits groupes. Nous ne savons pas vraiment comment il a pu faire, mais l’Urubu noir a réussi à nous déjouer! A-t-il changé de dortoir après que nous ayons quitté samedi? S’est-il levé à l’aube comme les trois Urubus à tête rouge qui volaient déjà à notre arrivée dimanche matin? À moins qu’il ait fait la grasse matinée et quitté le dortoir après notre départ?
Après nous être remplis les yeux d’Urubus à tête rouge en gros plan, nous avons visité un boisé habituellement riche en passereaux qui nous a laissé sur notre faim. Un détour rapide par les battures du fleuve Saint-Laurent n’a pas vraiment été plus riche; les grandes marées des derniers jours associées aux températures sous le point de congélation et au vent du nord-ouest ont recouvert toutes les battures d’une bonne couche de petits glaçons (que Christiane appelle de la « barbotine »). Les canards barboteurs, les Grands Hérons et les Pluviers kildirs n’ont pas dû apprécier!!!

Ces inconvénients n’ont qu’à peine réussi à diminuer notre plaisir de chercher des oiseaux et nous avons réussi à dénicher ces 33 espèces à La Pocatière dimanche le 10 avril entre 6 h 40 et 12 h 00 :
  • 2 Canards noirs
  • 12 Canards colverts
  • 44 Urubus à tête rouge – Puisque trois urubus volaient déjà au moment de notre arrivée au dortoir, ce sont 41 individus que nous avons vus sortir du lit! Il est tout de même étrange de penser que plus d’une quarantaine d’urubus dorment dans ce petit boisé adossé à des résidences!

Urubu à tête rouge (Turkey Vulture – Cathartes aura)
La Pocatière – 10 avril 2016 © Claude Auchu
Urubu à tête rouge (Turkey Vulture – Cathartes aura)
La Pocatière – 10 avril 2016 © Claude Auchu
  • 2 Busards Saint-Martin
  • 2 Buses pattues
  • 12 Goélands à bec cerclé
  • 2 Goélands argentés
  • 1 Goéland marin
  • 3 Pigeons bisets
  • 3 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 3 Grands Pics – Ces trois oiseaux étaient particulièrement exubérants dimanche matin!

Grand Pic (Pileated Woodpecker – Dryocopus pileatus)
La Pocatière – 10 avril 2016 © Claude Auchu
  • 2 Crécerelles d’Amérique

Crécerelle d'Amérique (American Kestrel – Falco sparverius)
La Pocatière – 10 avril 2016 © Claude Auchu
  • 3 Faucons émerillons
  • 1 Moucherolle phébi – Les phébis doivent travailler fort pour réussir à survivre depuis une semaine. L’oiseau vu dimanche cherchait les rares insectes devant la façade sud du Collège de Sainte-Anne.
  • 2 Geais bleus
  • 48 Corneilles d’Amérique
  • 4 Grands Corbeaux
  • 9 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 145 Merles d’Amérique
  • 65 Étourneaux sansonnets
  • 11 Bruants chanteurs
  • 1 Junco ardoisé – Les juncos sont encore rares dans les environs immédiats de La Pocatière. Si le froid réussit à ralentir des oiseaux aussi résistants que les juncos, on comprend les autres espèces de prendre leur temps!!!
  • 8 Carouges à épaulettes
  • 17 Quiscales bronzés
  • 18 Roselins pourprés
  • 115 Sizerins flammés
  • 6 Tarins des pins
  • 3 Chardonnerets jaunes
  • 50 Gros-becs errants
  • 2 Moineaux domestiques

Le plus drôle dans notre rendez-vous manqué avec l’Urubu noir est que des observateurs venus de Québec ont réussi à le voir en mi-journée! D’où sortait-il? Si un oiseau aussi facile à voir et à identifier qu’un Urubu noir réussit à nous échapper même lorsque l’on pense connaître l’endroit où il dort, combien d’autres plus petits et discrets nous glissent entre les doigts??? 

mardi 5 avril 2016

Un Urubu noir en visite

La température des derniers jours de mars a été saisonnière avec un mercure plongeant sous le point de congélation la nuit, mais remontant rapidement dès le lever du jour. Les migrateurs printaniers ont donc bénéficié de conditions tout à fait normales pour continuer leur route vers les territoires de nidification. La première journée d’avril a été particulièrement douce, nous laissant entrevoir une journée magique pour samedi.
Il arrive parfois que la visite d’un seul oiseau vienne voler la vedette à tous les autres. C’est exactement ce qui est arrivé cette dernière fin de semaine lorsqu’un Urubu noir de passage s’est arrangé pour attirer l’attention sur lui! L’histoire a débuté vendredi lorsque j’ai reçu un appel de Denis Faucher m’annonçant qu’il avait photographié, vers 8 h 50 ce matin-là, un Urubu noir posé sur le toit d’un chalet près du quai de Rivière-Ouelle. Peut-être encore plus étrange que la découverte elle-même est le fait que l’urubu avait l’œil gauche en mauvais état. Nous avions tout deux en tête l’Urubu noir que notre copain Bernard Desmeules avait accueilli devant chez lui en décembre 2011 et qui avait, lui aussi, l’œil gauche amoché! Est-ce que l’urubu de Bernard aurait pu, quatre ans plus tard, décider de revenir dans la région?!? Une comparaison des détails de la tête des deux oiseaux ne correspondent cependant pas, à moins que les replis de la peau se soient modifiés au cours de ces quatre années…? Voyez vous-mêmes :

Comparez les traits de la face de l’Urubu noir de 2016…
Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus)
Rivière-Ouelle – 1er avril 2016 © Denis Faucher
… avec ceux de celui de 2011.
Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus)
La Pocatière – 25 décembre 2011 © Claude Auchu

Samedi matin, Christiane et moi avons pris la route vers Rivière-Ouelle. Comme à chacune de nos sorties, notre objectif premier était d’avoir une idée représentative des oiseaux présents sur le territoire de la municipalité. Si l’Urubu noir se présentait sur notre route, nous l’ajouterions avec plaisir à notre liste, mais nous n’avions pas vraiment l’intention de faire de détour particulier pour tenter de le retrouver. De toute façon, j’avais vraiment l’impression que l’urubu, comme plusieurs des gros oiseaux de proie que nous voyons près du quai de Rivière-Ouelle en avril et en mai, avait simplement franchi le fleuve en direction de Charlevoix!
Les conditions en ce 2 avril étaient vraiment optimales pour l’observation des oiseaux à Rivière-Ouelle. La température était de 0°C, le vent soufflait légèrement du nord-est, la marée commençait tout juste à monter et la visibilité au large frisait la perfection. Avec le temps très doux de la veille, tous les éléments nous semblaient en place pour assister au passage de centaines de canards migrateurs. Mais les canards n’ont pas vu les choses de la même façon que nous! La grande majorité des canards observés semblait plutôt être des oiseaux locaux qui ne se déplaçaient que pour se nourrir ou en réaction à la marée montante. Heureusement, le territoire de Rivière-Ouelle est assez vaste pour compenser de telles situations. Nous avons donc parcouru la municipalité en tous sens, à l’affût des oiseaux en vol, posés dans les champs, se nourrissant en forêt ou à des mangeoires.
Finalement, alors que nous étions sur le point de terminer notre excursion, nous sommes tombés par hasard sur l’Urubu noir qui s’envolait de la cour d’une ferme! Pendant que je me dépêchais de prendre quelques mauvaises photos, l’oiseau s’est dirigé vers le village de Saint-Pacôme situé juste à côté. Nous avons rapidement pris la même route, mais sans réussir à retrouver l’urubu. Nous avons inspecté sans succès les alentours de quelques fermes. En revenant à La Pocatière, je regardais au loin la montagne Thiboutot qui est souvent le point de rassemblement des Urubus à tête rouge dans la région. De toute façon, ce secteur était déjà à notre agenda pour le lendemain… alors, on verra bien!

En attendant, Rivière-Ouelle nous avait tout de même fourni un beau total de 49 espèces en ce samedi 2 avril entre 6 h 10 et 12 h 15 :
  • 1 Oie des neiges
  • 4 Bernaches cravants
  • 177 Bernaches du Canada
  • 112 Canards noirs
  • 13 Canards colverts
  • 13 Canards pilets
  • 2 Sarcelles d’hiver
  • 1 Fuligule milouinan
  • 2 Eiders à duvet
  • 8 Macreuses à bec jaune
  • 27 Garrots à œil d’or
  • 8 Harles couronnés
  • 58 Grands Harles
  • 28 Harles huppés
  • 6 Perdrix grises – Les couples sont maintenant formés chez les Perdrix grises. Samedi matin, nous avons croisé trois couples à l’intérieur d’un seul hectare! Habituellement, la femelle est trouvée couchée ventre au sol tandis que le mâle monte la garde à côté d’elle, se redressant parfois presque à la verticale.
  • 63 Plongeons catmarins – Un excellent total si tôt en saison pour cet oiseau pourtant considéré rare un peu partout dans la province!
  • 16 Cormorans à aigrettes
  • 3 Grands Hérons

Grand Héron (Great Blue Heron – Ardea herodias)
Rivière-Ouelle – 2 avril 2016 © Claude Auchu
  • 1 Urubu noir – L’endroit où nous avons vu l’urubu se trouve à 6,3 kilomètres du lieu de sa découverte vendredi.

Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus)
Rivière-Ouelle – 2 avril 2016 © Claude Auchu
  • 2 Urubus à tête rouge
  • 6 Pluviers kildirs
  • 200 Goélands à bec cerclé
  • 20 Goélands argentés
  • 2 Goélands arctiques
  • 12 Goélands marins
  • 13 Pigeons bisets
  • 15 Tourterelles tristes
  • 1 Harfang des neiges – Un des oiseaux vus régulièrement durant l’hiver se trouvait encore sur son perchoir favori au petit matin.
  • 3 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 1 Grand Pic
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 175 Corneilles d’Amérique
  • 22 Grands Corbeaux – Au lever du soleil, un groupe de 12 corbeaux tournoyaient très haut dans le ciel au quai de Rivière-Ouelle. Avaient-ils l’intention de traverser le fleuve? En tous cas, ils avaient exactement le comportement des oiseaux terrestres sur le point de s’élancer vers Charlevoix!
  • 13 Mésanges à tête noire
  • 6 Sittelles à poitrine rousse
  • 14 Merles d’Amérique
  • 95 Étourneaux sansonnets
  • 20000 Plectrophanes des neiges – Oui, c’est bel et bien 20000 plectrophanes! Lorsque Christiane a repéré le groupe en vol au-dessus d’immenses champs, elle a lancé avec son exubérance légendaire : « Ils sont au moins 10000! Non, 15000! Non, 20000… peut-être même plus! ». Effectivement, c’est un long ruban de milliers d’oiseaux qui volaient en tous sens et cette évaluation de 20000 individus est encore conservatrice!!! Auparavant, le maximum que nous avions observé au cours d’une même journée était de 15000 oiseaux, vus le 2 avril 2010, exactement six ans auparavant.
  • 15 Bruants chanteurs
  • 58 Carouges à épaulettes
  • 60 Quiscales bronzés
  • 8 Vachers à tête brune – Tous ensemble à la même mangeoire.
  • 1 Roselin pourpré
  • 100 Sizerins flammés
  • 1 Sizerin blanchâtre – Un seul individu a pu être repéré dans les petits groupes de Sizerins flammés rencontrés au cours de l’avant-midi. Très peu de sizerins étaient présents aux mangeoires et il était donc difficile de bien les inspecter.
  • 3 Tarins des pins
  • 4 Gros-becs errants
  • 2 Moineaux domestiques

Plus tard, en début de soirée, j’ai reçu un courriel de Thomas Biteau qui avait observé, vers 17 h 20, un Urubu noir tout près de la montagne Thiboutot à La Pocatière!!! Thomas n’avait pas encore été informé de la présence de l’oiseau de Rivière-Ouelle. À l’heure de cette observation, tout semblait indiquer que l’Urubu noir allait passer la nuit dans ce secteur en compagnie des Urubus à tête rouge…

Dimanche matin, malgré le retour du froid durant la nuit, nous étions près de la montagne Thiboutot dès 7 h 00 à espérer que l’Urubu noir se montre. Durant l’été, les urubus utilisent régulièrement les pylônes situés face au cimetière (comme pas hasard…) pour se chauffer au soleil en début de matinée. Le lieu exact de leur dortoir, qui change possiblement d’endroit selon la saison et les conditions météorologiques, reste encore inconnu.
Nous avons dû attendre jusqu’à 7 h 50 pour voir les premiers Urubus à tête rouge sortir d’un petit boisé situé tout près de notre position. Quinze minutes plus tard, à 8 h 05, l’Urubu noir a fait son apparition et, après avoir tourné lentement au-dessus de nos têtes, il s’est laissé glisser vers la montagne en suivant les autres urubus. Plusieurs des oiseaux, dont l’Urubu noir, sont posés au sommet d’un éboulis rocheux. Nous sommes allés nous stationner au pied de la montagne, à un endroit où le groupe d’urubus était bien visible. Durant plus d’une heure, nous avons pu regarder l’Urubu noir  posé sur son rocher (avec son œil gauche en mauvais état bien visible au télescope) pendant que les Urubus à tête rouge jouaient du coude autour de lui et changeaient souvent de position. À 9 h 20, tout le groupe s’est envolé pour disparaître vers l’est, en direction de Saint-Pacôme. Quelques urubus ont par la suite été vus posés sur un grand arbre sec au loin sans que nous ne réussissions à confirmer la présence de l’Urubu noir.
Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus)
La Pocatière – 3 avril 2016 © Claude Auchu
Urubus à tête rouge (Turkey Vultures – Cathartes aura) et Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus)
La Pocatière – 3 avril 2016 © Claude Auchu
Urubu noir (Black Vulture – Coragyps stratus)
La Pocatière – 3 avril 2016 © Claude Auchu
Le fait de concentrer nos recherches sur un seul oiseau a bien sûr eu un impact sur notre récolte d’espèces. Voici donc les oiseaux observés à La Pocatière dimanche le 3 avril entre 7 h 00 à 10 h 00 :
  • 1 Urubu noir – Il s’agit de la cinquième mention d’Urubu noir pour notre région, les précédentes provenant de Saint-André (juillet 1998), La Pocatière (avril 2006 et décembre 2011-janvier 2012) et Saint-Germain/Kamouraska (juillet-octobre 2012). Quatre ou cinq Urubus noirs sont maintenant trouvés au Québec à chaque année. Rappelons que l’Urubu à tête rouge, qui est maintenant commun partout dans le Québec habité, n’avait été observé qu’à cinq reprises dans la province durant le printemps 1976!!! L’Urubu noir sera-t-il commun ici dans 50 ans???
  • 17 Urubus à tête rouge
  • 4 Pigeons bisets
  • 5 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 1 Grand Pic
  • 2 Faucons pèlerins – Deux oiseaux voltigeaient ensemble sur la façade nord de la montagne Thiboutot. J’avais vu un individu à cet endroit le 19 juin 2010. Je ne connais pas de site de nidification de cette espèce à La Pocatière.
  • 1 Moucherolle phébi – Une présence relativement hâtive pour cette espèce dans la région.
  • 2 Geais bleus
  • 115 Corneilles d’Amérique
  • 4 Grands Corbeaux
  • 3 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 200 Merles d’Amérique
  • 140 Étourneaux sansonnets
  • 100 Plectrophanes des neiges
  • 7 Bruants chanteurs
  • 2 Juncos ardoisés
  • 6 Carouges à épaulettes
  • 34 Quiscales bronzés
  • 17 Roselins pourprés
  • 330 Sizerins flammés
  • 7 Tarins des pins
  • 2 Chardonnerets jaunes
  • 52 Gros-becs errants
  • 2 Moineaux domestiques

Lundi matin, Bernard, Thomas et moi avons monté la garde près du dortoir d’urubus en espérant revoir l’Urubu noir. Le froid de cette matinée (-13°C!) a eu pour effet de retarder la sortie du lit des urubus. Il a fallu attendre le passage à basse altitude d’un Pygargue à tête blanche pour qu’une dizaine d’individus quitte finalement le boisé de façon précipitée. Mais aucune trace de l’Urubu noir. Peut-être la veille a-t-il suivi un autre groupe d’urubus vers un dortoir situé ailleurs dans la région. À vous de le retrouver! 

jeudi 2 février 2012

Trente ans de données… et ça continue!

Il y a une dizaine de jours, j’ai terminé la compilation de mes observations pour l’année 2011. Je note quotidiennement tous les oiseaux que je vois ou entends depuis le 1er janvier 1982 et, au début de chaque nouvelle année, je m’amuse à remonter le temps en compilant mes résultats pour chaque espèce. Maintenant, avec trente ans de données, le plaisir pour moi est aussi de comparer le bilan des différentes années! Parce que, hé oui!, je fais partie des nombreux ornithologues qui aiment bien les statistiques et, justement, ces statistiques indiquent clairement des tendances chez nos oiseaux, certaines à la hausse, d’autres à la baisse.
Les longues listes de noms et de chiffres que constituent mes feuilles mensuelles ont été voulues simples! Elles le sont d’ailleurs tellement que la seule différence entre celles de 1982 et celles de 2011, c’est que les premières ont été faites à la main (ce qui demandait  beaucoup de travail!) alors que celles des dernières années sont sur fichier Excel! Excel me permet aussi de garder facilement accessibles mes nombreuses notes sur les oiseaux les plus rares, les comportements, etc.
Ma façon de compiler annuellement mes données est aussi très simple : une ligne pour chaque espèce suivie du nombre de journées où j’ai observé l’espèce pour chaque mois, le nombre total de journées pour l’année, les dates printanières et automnales (d’arrivée, de départ ou de passage) et le nombre maximal d’individus observés à l’intérieur d’une même journée. Pour ces chiffres, qu’une espèce soit vue dans une seule municipalité ou encore dans plusieurs, elle ne compte que pour une mention. Pour les données plus précises, je me fie sur les célèbres feuillets d’observations quotidiennes que je me fais un devoir de remplir aussitôt qu’une de mes excursions présente une importance quelconque!

Voici les grandes lignes de mes résultats pour 2011 et, surtout, les faits marquants des 30 dernières années :
  • J’ai terminé l’année 2011 avec un total de 8108 mentions, tout juste dans la moyenne annuelle depuis que je suis revenu m’installer à La Pocatière.
  • Ma meilleure année à vie fut 2001 avec 13390 mentions, un total que je ne pense pas approcher un jour. À l’époque, j’habitais Les Escoumins, sur la Haute-Côte-Nord, où 4 espèces de laridés et 6 espèces de canards faciles à observer à tous les jours durant l’hiver aident grandement à augmenter le nombre de mentions! Ce n’est pas la même chose à La Pocatière!!!
  • Depuis le 1er janvier 1982, j’ai accumulé 282866 mentions en 10957 jours.
  • L’espèce notée avec le plus de régularité depuis 1982 est la Corneille d’Amérique que j’ai observée 9252 journées.
  • Les espèces suivantes sont, dans l’ordre, l’Étourneau sansonnet (8792 journées), la Mésange à tête noire (8592) et le Moineau domestique (7397). Pour l’étourneau et le moineau, les totaux auraient été nettement plus élevés si je n’avais pas habité la Côte-Nord durant 7 ans. Ces deux espèces sont parfois aussi difficiles à trouver là-bas en hiver qu’un goéland ou un canard peut l’être à La Pocatière! Même si la population de moineaux a diminué énormément dans ma région depuis plusieurs années, il reste tout de même facile à observer (mais en quantité plus faible).
  • En 1983 et en 2009, j’avais réussi à observer le Moineau domestique au cours de 364 journées sur les 365 de l’année! La seule journée où je n’avais pas vu l’espèce en 1983, j’avais pourtant fait une grosse journée de birding avec 3 « lifers »! Ce n’est qu’en notant mes oiseaux avant de me coucher que je me suis aperçu que je n’avais pas remarqué le moineau de la journée… oups!
Il est amusant de comparer les résultats au fil des années pour une même espèce. Si ces résultats indiquent souvent une tendance, il apparaît aussi évident que le biais humain joue pour beaucoup. Le temps disponible pour observer durant une année ou l’attirance passagère pour un groupe d’espèces au détriment d’un autre influence grandement les résultats. Heureusement, les feuillets d’observations quotidiennes, en mélangeant ensemble les données d’ornithologues aux goûts divers, annulent sûrement beaucoup ces biais!

Pour terminer ce résumé, quels sont les événements qui m’ont le plus marqué durant l’année 2011 :

L’Urubu noir à La Pocatière ne peut faire autrement que de trôner comme « espèce de l’année », autant pour sa rareté que pour les circonstances de sa présence chez mon copain Bernard!
Les déplacements monstres de Plongeons catmarins et d’Eiders à duvet dont nous avons été témoins à Rivière-Ouelle, un endroit que je visite depuis mon enfance, m’ont aussi impressionné. Pour ces deux espèces, je croyais pourtant avoir déjà été témoin de tout ce que le site pouvait offrir. Il faut croire que non…!
L’Urubu noir de La Pocatière, montrant son œil gauche en mauvais état – La Pocatière – 25 décembre 2011
© Claude Auchu
Ma 31e année de données est déjà bien entamée. Dans vingt ans, pour souligner le demi-siècle de données, je ferai un autre message sur ce sujet!

lundi 2 janvier 2012

Épervier, fringillidés et eiders

C’est sous une neige épaisse que nous avons terminé l’année ornithologique 2011. Samedi le 31 décembre, en sortant de la maison, Christiane a dit : « C’est une belle journée pour voir un épervier et ne pas réussir à l’identifier! ». Et c’est exactement ce qui est arrivé 90 minutes plus tard, un épervier trouvé par Christiane est passé trop rapidement pour nous laisser le temps de l’identifier, surtout avec une visibilité limitée par la neige. Nous n’aurions pas eu ce dilemme il y a quelques années, mais maintenant, l’Épervier de Cooper est à peine plus rare que l’Épervier brun en hiver!
En cette belle journée blanche (mais sans vent, il faut le signaler!), nous avons encore fait notre longue tournée des mangeoires en parcourant à pied la ville de La Pocatière d’un bout à l’autre.
Voici en partie ce que nous avons observé :
  • 1 Gélinotte huppée
  • 95 Pigeons bisets
  • 27 Tourterelles tristes
  • 2 Pics chevelus
  • 10 Corneilles d’Amérique
  • 3 Grands Corbeaux
  • 16 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 32 Étourneaux sansonnets
  • 90 Jaseurs boréaux
  • 7 Jaseurs d’Amérique – Il arrive rarement que les deux espèces de jaseurs soient régulières à ce point le même hiver. À noter qu’elles ne se mélangent que rarement.
  • 2 Juncos ardoisés
  • 8 Chardonnerets jaunes
Dimanche le 1er janvier a été pour nous une journée bien remplie comme nous les aimons. C’est bien sûr en allant voir la vedette du moment dans la région, l’Urubu noir de Bernard, que nous avons commencé l’année 2012. À notre arrivée vers 8 h 00, l’oiseau était déjà sur place, admiré par des observateurs qui avaient fait le déplacement expressément pour lui. D’ailleurs, depuis une semaine, entre 30 et 35 personnes ont profité de leurs congés des Fêtes pour venir voir ce gros oiseau qui pique tant la curiosité des habitants du 3e rang ouest (la plupart prennent la peine de ralentir en regardant avec curiosité ce qui peut bien attirer tant de visiteurs dans un secteur habituellement si tranquille). Une fois son long repas terminé, l’urubu est allé se poser en bordure de la route comme il le fait pratiquement à tous les jours. Il y était encore lorsque nous avons quitté le site vers 9 h 00.
En plus de l’urubu, voici une partie des espèces observées à La Pocatière durant la journée :
  • 1 Épervier brun – Peut-être l’oiseau entrevu la veille. Il poursuivait un groupe de Jaseurs boréaux.
  • 35 Tourterelles tristes
  • 5 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 115 Étourneaux sansonnets – ils sont présents en bon nombre à La Pocatière cet hiver.
  • 8 Becs-croisés bifasciés
Nous nous sommes ensuite rendus à Saint-Onésime, le minuscule village situé au sud de La Pocatière. Depuis plusieurs années, c’est dans les forêts à dominance coniférienne situées derrière ce village que nous débutons nos années ornithologiques. Cet hiver, la curiosité nous y poussait plus qu’à l’habitude puisque nous avions bien hâte de vérifier une chose : est-ce vrai, comme je le supposais, que les fringillidés (durbecs, roselins, tarins et becs-croisés) s’y cachent pour profiter de l’abondance des graines de conifères??? Depuis l’été dernier, nous attendons leur arrivée dans les boisés entourant La Pocatière. Cependant, hormis un petit passage en octobre dernier, ces oiseaux semblent avoir décidé d’éviter à tout prix les forêts situées le long du fleuve. Habituellement, on les note facilement partout autour de La Pocatière durant les années d’abondance de nourriture, mais pas cet hiver… Ils ne peuvent donc se cacher que dans les forêts conifériennes à attendre, j’ignore pourquoi, un signal quelconque pour descendre vers le fleuve.
Une fois rendus sur place, hourra!, les fringillidés sont là! Pas en grande quantité, mais après les avoir cherchés depuis deux mois, nous étions prêts à nous contenter de peu. En fait, il était plutôt difficile de compter précisément les oiseaux qui volaient en tous sens en criant. Les quantités qui suivent pour les fringillidés sont donc des minimums très conservateurs :
  • 2 Gélinottes huppées
  • 1 Pic chevelu
  • 3 Mésangeais du Canada
Mésangeai du Canada – Saint-Onésime – 1er janvier 2012 © Claude Auchu
  • 12 Geais bleus
  • 6 Mésanges à tête noire
  • 3 Sittelles à poitrine rousse
  • 50 Plectrophanes des neiges
  • 13 Durbecs des sapins
  • 10 Roselins pourprés – Au niveau du fleuve, où nous faisons la presque totalité de nos excursions, nous n’en avions pas vus depuis le 13 novembre.
  • 30 Becs-croisés bifasciés
  • 30 Sizerins flammés
  • 9 Tarins des pins
Comme vous pouvez le voir, il n’y avait tout de même rien pour se rouler par terre. Mais, maintenant, j’aurai moins de difficulté à attendre en février que les provisions de graines de conifères aient diminué et que ces chers fringillidés descendent enfin au niveau du fleuve!
De retour sur le territoire de La Pocatière en début d’après-midi, nous avons fait un autre arrêt chez notre vieux copain Bernard, afin de vérifier si l’Urubu noir avait quitté son perchoir. Effectivement, Bernard l’avait vu s’envoler plus tôt et se diriger vers la forêt située au nord de chez lui, où l’oiseau semble se réfugier entre ses visites à la « mangeoire ». Christiane et moi avons donc décidé d’aller patrouiller cette forêt que nous connaissons d’ailleurs très bien, simplement pour voir s’il était possible de voir où l’urubu se perchait. Les perchoirs dignes d’un urubu y étaient très nombreux, mais un coup de chance inouï m’a fait lever la tête juste au bon moment et au bon endroit où l’oiseau-vedette était visible, haut perché dans un Pin blanc (vous connaissez sans doute ces moments où votre tête et vos yeux s’alignent sans raison avec un oiseau que vous auriez normalement dû rater)! Et voilà, nous étions presque sous un Urubu noir perché dans une pinède à La Pocatière un 1er janvier! Drôle de situation! L’oiseau nous regardait distraitement (du seul œil qui lui reste), aucunement dérangé par notre présence… et, de toute façon, nous n’aurions pour rien au monde fait quoi que ce soit pour le déranger! Après quelques photos, nous nous sommes retirés discrètement… Bernard nous a appris par la suite que son oiseau était retourné se nourrir après notre départ, une sorte de fringale de fin de journée!
Urubu noir au repos dans un pin – La Pocatière – 1er janvier 2012 © Claude Auchu
Urubu noir, en gros plan – La Pocatière – 1er janvier 2012 © Claude Auchu
Ce même soir, après avoir complété les feuillets d’observations quotidiennes, j’ai rempli ma liste quotidienne comme j’ai commencé à le faire il y a exactement 30 ans. C’est en effet le 1er janvier 1982 que j’ai commencé à noter tous mes oiseaux à tous les jours. Je me souviens qu’en complétant la première colonne de ma première feuille ce soir-là, je m’étais dit : « Maintenant, je vais faire ça à tous les soirs jusqu’à ma mort! ». Drôle de pensée mais, 30 ans plus tard, je dois dire que c’est encore ce que je vise. Elles ne sont pas compliquées mes listes quotidiennes : une simple feuille quadrillée avec les espèces inscrites à l’horizontale et les dates à la verticale. Je fais une petite compilation à la fin de chaque année, m’indiquant le nombre d’espèces, les dates d’arrivée et de départ des migrateurs et le maximum d’individus vus à l’intérieur d’une journée. D’ici deux semaines, je devrais avoir complété cette compilation…
En attendant, il nous reste encore la journée de lundi le 2 janvier à passer sur le terrain. La température devant frôler le point de congélation nous a décidé à tenter notre chance au quai de Rivière-Ouelle. Nous effectuons de courtes visites à cet endroit durant l’hiver, mais la présence des glaces diminue les chances de voir régulièrement des canards et même les goélands y sont rares! Depuis quelques années, le réchauffement climatique faisant son œuvre, les glaces sont de moins en moins présentes et de rares Grands Harles tentent maintenant d’hiverner sur place.
Nous sommes restés au quai durant une heure, pour y noter :
  • 2 Eiders à duvet – Mes premiers à vie dans la région en janvier! Leur présence était tout de même attendue puisque nous avions déjà vu 500 individus le 28 décembre 2007 et 300 individus le 24 décembre 2010 à La Pocatière (ces derniers volant en direction sud au-dessus de la ville!).
  • 5 Grands Harles
  • 1 Buse pattue
  • 4 Goélands argentés
  • 55 Goélands arctiques
  • 2 Goélands bourgmestres
  • 8 Goélands marins
  • 1 Guillemot à miroir – Une autre espèce que je n’avais jamais vue ici en janvier (même si elle est commune juste en face, sur les côtes de Charlevoix).
De retour à La Pocatière, il aurait été impensable de ne pas aller rendre visite à l’Urubu noir et à Bernard. Nous sommes arrivés, semble-t-il, tout juste après son départ (et de celui d’autres observateurs en visite). Mais, en parlant de choses et d’autres avec Bernard, nous avons fini par repérer l’urubu en vol au-dessus de son boisé-dortoir. Poussé par de forts vents du sud-ouest, il a pris rapidement de l’altitude et s’est éloigné plus que nous l’avions vu le faire jusqu’à maintenant! Christiane en a profité pour nous rappeler, avec justesse, que c’est souvent durant les redoux que nous perdons des oiseaux qui semblaient pourtant prêts à hiverner… Je ne sais pas si l’urubu de Bernard a été revu durant la journée mais, en le regardant s’élever et s’éloigner, nous nous sommes vraiment posés la question : « A-t-il senti que l’heure du départ est arrivée? ». Chose certaine, pour nous, c’est le moment de retourner au travail. Il sera impossible pour Bernard, Christiane ou moi de suivre l’urubu durant la semaine ou de s’assurer que le bloc de gras qui lui sert de mangeoire reste disponible. Pour nous tous, c’est le vrai hiver qui commence…


vendredi 30 décembre 2011

Goélands migrateurs et urubu sédentaire

À peine étions-nous remis des émotions fournies par l’urubu de Bernard que nous avions encore une fois le fleuve Saint-Laurent en tête. La température variant énormément depuis quelques jours, le fleuve n’était pas encore gelé lorsque nous sommes allés faire une tournée à Rivière-Ouelle lundi le 26 décembre. Un bon vent soufflait cependant du nord-ouest; ça signifie qu’au quai, nous avions le vent directement en plein visage. Si l’on cherche à s’abriter du vent, il nous est impossible de voir au large… Que faire? La décision fut plutôt facile à prendre : nous avons donc décidé de caler la tête entre les épaules et d’endurer le vent! Mais, au moins, il y avait des oiseaux!
Ce matin-là, en effet, de nombreux goélands se déplaçaient devant le quai en provenance de l’estuaire. Il arrive régulièrement que de tels mouvements de laridés soient notés certaines journées en décembre, mais il me reste encore à trouver ce qui peut bien les provoquer… Les mouvements des glaces? Les changements de température? Une marée montante ou descendante?…

Probablement encore attirés par la rareté présente à La Pocatière (…), nous avons écourté notre promenade à Rivière-Ouelle à près de deux heures, ce qui nous a tout de même permis de voir :
  • 10 Grands Harles
  • 1 Autour des palombes – Un adulte
  • 5 Goélands à bec cerclé – Ma mention la plus tardive dans la région, battant le 25 décembre de l’an dernier et le 24 décembre de 2006!
  • 4 Goélands argentés
  • 350 Goélands arctiques
  • 6 Goélands bourgmestres
  • 37 Goélands marins
  • 1 Guillemot à miroir
  • 25 Pigeons bisets
  • 2 Harfangs des neiges
  • 1 Pie-grièche grise
  • 1 Geai bleu
  • 24 Corneilles d’Amérique
  • 17 Grands Corbeaux
  • 70 Étourneaux sansonnets
  • 60 Plectrophanes des neiges
À noter aussi plusieurs Phoques du Groenland, une autre espèce de l’estuaire présente dans la région depuis peu.
Nous n’avons pas résisté à la tentation de retourner chez notre copain Bernard afin de revoir son Urubu noir. Le célèbre oiseau s’est présenté à sa mangeoire quelques minutes après notre arrivée et a commencé à s’empiffrer joyeusement sous nos yeux.

L’Urubu noir à sa mangeoire, tel que vu de la route – La Pocatière – 26 décembre 2011 © Claude Auchu
Les jours suivants n’ont pas permis d’effectuer les belles sorties prévues. La température pouvait monter jusqu’à 4°C une journée pour redescendre jusqu’à –20 le lendemain! Et les vents (parlons-en des vents!), ils ont été presque constants et ont soufflé jusqu’à 70 km/h mercredi et jeudi! Bref, pas le genre de journées que l’on espérait pour nos vacances.

Heureusement, vendredi le 30 décembre fut une très belle journée froide mais sans vent. Nous étions bien curieux de voir si l’Urubu noir, qui n’avait pu visiter sa mangeoire la veille à cause des vents, avait pu survivre aux –17°C de la nuit précédente. Bernard était fidèle à son poste à notre arrivée vers 8 h 00 et c’est ensemble que nous avons monté la garde. Le temps passait et on s’encourageait en parlant de la capacité qu’ont les urubus à se gaver lorsque la nourriture est abondante en prévision des journées de vache maigre. Il n’y a donc pas de raison pour que l’urubu de Bernard ait rendu l’âme après deux petites journées à –20°C, surtout après avoir mangé comme il l’a fait certaines journées… du moins, c’est ce que l’on espérait.
Le temps passait et, plus d’une heure après notre arrivée, le voilà enfin qui apparaît, venant du boisé qui semble être son dortoir! Il s’est approché doucement de nous pour se poser dans un grand peuplier en bordure de la route. Il semblait en grande forme et s’est même permis un brin de toilette. Ses grandes pattes étaient à découvert et, même s’il a jeté un vague coup d’œil à sa mangeoire en passant, il ne semblait pas vraiment pressé d’aller se nourrir. Finalement, après 20 minutes de nettoyage à regarder passer les voitures sous lui, l’urubu s’est élancé vers son bloc de gras attaché à une branche dans un champ. Il s’y est alimenté goulûment jusqu’à notre départ, sans être dérangé. Deux Étourneaux sansonnets se sont perchés sur la branche retenant le lunch, mais l’urubu n’a pas bronché!

Nous avons par la suite visité certains sites situés à proximité où nous avons pu ajouter :
  • 1 Buse pattue
  • 9 Geais bleus
  • 2 Sittelles à poitrine blanche – Elles sont beaucoup plus rares cet hiver qu’au cours des dernières années.
  • 9 Jaseurs boréaux
  • 17 Jaseurs d’Amérique
Jusqu’à maintenant, tout semble indiquer que nous ne commencerons pas notre année 2012 en visitant les forêts de conifères de l’arrière-pays comme nous le faisons depuis des années. Vous vous doutez bien que le 1er janvier 2012, nous débuterons notre année ornithologique en essayant d’ajouter une première rareté à notre liste annuelle : l’Urubu noir!