mardi 24 mai 2016

Maubèche des champs et Bruant des plaines

La longue fin de semaine de la Journée nationale des patriotes est toujours marquante dans une année ornithologique. Trois jours de congé durant la période de l’année où un maximum d’espèces sont présentes dans nos régions au même moment… comment pourrait-il en être autrement??? De plus, les conditions extérieures s’annonçaient belles pour les trois jours, mais avec des vents de force et de direction variables. Bref, de quoi satisfaire tout le monde!
À l’image du drôle de printemps que nous connaissons, la migration des oiseaux me semble vraiment étrange cette année. Certains printemps, les conditions météorologiques sont tellement belles que les migrateurs traversent notre région en un clin d’œil, sans s’arrêter. D’autres années, au contraire, les conditions adverses (fortes précipitations, vents violents, temps froid) bloquent et concentrent les oiseaux sur notre territoire. J’aurais été porté à croire que le printemps 2016 allait se classer parmi ceux qui empêchent les oiseaux de se rendre facilement jusqu’à leurs territoires de nidification. Mais certains oiseaux n’ont pas semblé importunés et des espèces aussi différentes que les Oies des neiges ou les Bruants à couronne blanche semblent avoir déjà terminé leur transit! De leur côté, les espèces néo-tropicales (moucherolles, viréos, parulines…) n’arrivent que par petites vagues et disparaissent rapidement avant même l’arrivée de la suivante! Vraiment étrange!

Puisque nous sommes malgré tout dans le meilleur moment de l’année, j’ai pu trouver un peu de temps en milieu de semaine pour aller voir ce qui rôde dans la région pendant que nous sommes occupés ailleurs.

Voici donc un aperçu des 49 espèces que j’ai croisées à La Pocatière jeudi le 19 mai :
  • 4 Canards chipeaux
  • 2 Canards d’Amérique
  • 7 Canards noirs
  • 5 Canards colverts
  • 12 Canards souchets
  • 2 Fuligules à tête rouge
  • 2 Petits Fuligules
  • 1 Érismature rousse – Je me suis toujours demandé quels événements dans l’évolution de l’espèce ont donné aux Érismatures rousses mâles ce gros bec bleu ciel aux allures clownesques?!? Nous observons ce drôle de canard qu’une année sur trois dans la région immédiate de La Pocatière. L’espèce semble fréquenter la région depuis longtemps : Willie LaBrie dit avoir observé deux mâles et trois femelles à Kamouraska le 26 mai 1946! Cette mention peut sembler peu crédible mais en 1989, soit 43 ans plus tard, j’avais moi-même fait le suivi de trois oiseaux (deux mâles et une femelle) qui avaient passé l’été à Saint-Pascal. Pourtant, 27 autres années plus tard, l’érismature n’est toujours pas annuelle dans mon secteur.

Érismature rousse (Ruddy Duck – Oxyura jamaicensis)
La Pocatière – 19 mai 2016 © Claude Auchu
  • 1 Bihoreau gris – Maintenant, toutes mes rencontres avec le Bihoreau gris sont mémorables tellement il est devenu rare dans la région.
  • 3 Pics mineurs
  • 2 Pics flamboyants
  • 1 Viréo mélodieux – J’ai réussi à avoir un rare contact visuel avec ce viréo! Cette espèce est localisée dans la région de La Pocatière et il faut surveiller les grands saules et peupliers en bordure des rivières pour espérer l’entendre. Mais ces arbres sont justement tellement haut et densément feuillus qu’il est très difficile de mettre un œil sur le chanteur. Dans la liste des oiseaux de la région qu’il a publiée il y a 50 ans, l’abbé René Tanguay considérait l’espèce comme hypothétique. Il est maintenant un nicheur peu commun dans la région.
  • 7 Mésanges à tête noire
  • 1 Grive fauve
  • 1 Moqueur chat
  • 1 Pipit d’Amérique
  • 1 Paruline couronnée
  • 4 Parulines à joues grises
  • 5 Parulines masquées
  • 1 Paruline tigrée
  • 1 Paruline à collier
  • 1 Paruline jaune
  • 7 Parulines à croupion jaune
  • 5 Bruants des marais
  • 2 Bruants à couronne blanche
  • 2 Vachers à tête brune
  • 2 Roselins familiers – En soirée, alors que j’étais devant l’ordinateur, j’ai vu du coin de l’œil un petit oiseau perché dans le thuya visible par une fenêtre du salon. À ma grande surprise, il s’agissait d’une femelle de Roselin familier qui inspectait la cime de l’arbre, probablement à la recherche d’un site de nidification. En nous approchant de la fenêtre, nous avons également trouvé un mâle perché juste à côté. Nous étions tellement près d’eux que je me suis demandé si c’était le couple d’Humains qui observait le couple de Roselins familiers ou bien le contraire! Même s’ils ont niché à La Pocatière une première fois en 1993, le statut du Roselin familier est toujours difficile à bien cerner dans la région.
  • 1 Roselin pourpré
  • 30 Tarins des pins
  • 30 Chardonnerets jaunes

C’était peut-être encore l’hiver à La Pocatière lundi le 16 mai (il neigeait et le mercure indiquait 1°C à 6 h 00) mais, vendredi le 20 mai, l’été était déjà arrivé (avec un beau 25°C à 16 h 00). Autrement dit, le printemps n’aura duré que trois jours???

Samedi matin, après une nuit où le mercure n’est pas descendu sous les 12°C, nous avons pris la route pour une longue promenade à vélo dans les routes de campagne de La Pocatière. Jusqu’à maintenant, les conditions variables de ce printemps ne nous avaient pas vraiment permis d’enfourcher nos vélos, de loin le meilleur moyen de transport pour l’observation des oiseaux. C’est justement en nous déplaçant silencieusement d’un site à l’autre que nous avons trouvé les deux vedettes de la journée. Lors de nos déplacements en voiture, combien d’oiseaux rares frôlons-nous sans les voir ou les entendre?

Samedi le 21 mai, notre tournée à travers La Pocatière nous aura fourni 71 espèces entre 5 h 00 à 13 h 30, parmi lesquelles :
  • 1 Butor d’Amérique
  • 1 Petite Buse
  • 1 Maubèche des champs – Un oiseau a été entendu longuement dans un site où l’espèce n’a probablement jamais niché, même durant les plus belles années de cet élégant limicole dans la région. Malgré nos recherches, nous n’avons pas réussi à voir la maubèche qui vocalisait probablement en vol plutôt que perchée. Il s’agit de notre première mention printanière depuis quatre ans!!! Comme bien d’autres oiseaux champêtres, la Maubèche des champs semble souffrir énormément de la transformation des pratiques agricoles. Dans ma région, c’est probablement la disparition des pâturages qui a privé les Maubèches des champs, les Sturnelles des prés et les Goglus des prés (leurs noms le disent!) de sites de nidification sécuritaires.
  • 5 Pics maculés
  • 4 Pics mineurs

Pic mineur (Downy Woodpecker – Picoides pubescens)
La Pocatière – 21 mai 2016 © Claude Auchu
  • 3 Pics chevelus
  • 2 Pics flamboyants
  • 1 Grand Pic
  • 1 Moucherolle des aulnes
  • 10 Moucherolles tchébecs
  • 5 Moucherolles phébis
  • 3 Viréos à tête bleue
  • 27 Geais bleus – Au lever du soleil, 12 oiseaux encore en migration volaient au-dessus de grands champs. Ils ne nicheront sûrement pas cette année!
  • 3 Hirondelles de rivage
  • 9 Grives fauves
  • 1 Grive solitaire
  • 3 Grives des bois – La plus rare de nos grives nicheuses était bien en évidence samedi matin.
  • 31 Merles d’Amérique
  • 2 Moqueurs chats
  • 1 Moqueur roux
  • 1 Pipit d’Amérique
  • 17 Parulines couronnées – Je ne sais pas si c’est vraiment la paruline la plus abondante, mais il s’agit sans contredit de la plus bruyante!
  • 1 Paruline des ruisseaux
  • 6 Parulines noir et blanc
  • 10 Parulines à joues grises
  • 13 Parulines masquées
  • 6 Parulines flamboyantes
  • 1 Paruline à collier
  • 15 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 11 Parulines jaunes
  • 6 Parulines à flancs marron
  • 6 Parulines bleues

Paruline bleue (Black-throated Blue Warbler – Setophaga caerulescens)
La Pocatière – 21 mai 2016 © Claude Auchu
  • 13 Parulines à croupion jaune
  • 3 Parulines à gorge noire
  • 1 Paruline du Canada
  • 29 Bruants familiers
  • 1 Bruant des plaines – Un autre que nous n’avions pas croisé depuis quelques années, notre dernière observation remonte à 2012 alors qu’un mâle chanteur avait passé l’été à Saint-Onésime. La première mention de ce bruant dans la région remonte au 13 mai 1992. Trois ans plus tard, un mâle s’est hybridé avec un Bruant familier à La Pocatière.

Bruant des plaines (Clay-colored Sparrow – Spizella pallida)
La Pocatière – 21 mai 2016 © Claude Auchu
  • 11 Bruants des prés
  • 20 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants des marais
  • 21 Bruants à gorge blanche
  • 2 Juncos ardoisés
  • 9 Cardinaux à poitrine rose
  • 12 Goglus des prés – Les goglus sont beaucoup plus à l’aise dans les champs situés loin du fleuve qui ne sont pas encore consacrés à la monoculture.
  • 32 Carouges à épaulettes
  • 1 Sturnelle des prés – Tous les goglus, la maubèche et la sturnelle étaient présents dans le même secteur.
  • 32 Quiscales bronzés
  • 1 Oriole de Baltimore
  • 7 Roselins pourprés
  • 16 Tarins des pins
  • 85 Chardonnerets jaunes – Ils étaient vraiment omniprésents, c’était parfois même la seule espèce que l’on entendait!

Bien sûr, la fin de semaine ne s’est pas arrêtée là! Un très faible front froid est passé durant la nuit de samedi à dimanche en faisant virer le vent au nord-est. Des conditions rêvées pour visiter Rivière-Ouelle deux fois plutôt qu’une! Un compte-rendu de ces deux excursions et les surprises qu’elles nous ont fournies suivra dans les prochains jours…

mardi 17 mai 2016

Plongeons catmarins, Labbes parasites, Goélands bruns et le « cap » maritime de Rivière-Ouelle

Avec les trombes de pluie prévues pour la fin de semaine, j’avais décidé de consacrer l’après-midi de vendredi aux oiseaux, au cas où nos plans pour samedi et dimanche tomberaient à l’eau. La température était douce et le soleil bien présent, mais un petit vent du nord-est soufflait parfois avec ardeur. Je percevais même un contraste très net de température selon que le côté du buisson où je me trouvais était exposé au soleil ou au vent. Dès le départ, les passereaux ont pris la vedette, eux qui nous ont tellement fait défaut depuis le début du printemps. J’ai choisi un boisé de Rivière-Ouelle qui offre à la fois l’avantage de se trouver près du fleuve tout en ayant une bordure bien exposée au soleil.
Les oiseaux étaient bien présents en cet après-midi, mais ils chantaient très peu. Seulement trois des neufs espèces de parulines observées ont été entendues! Mais j’avais tout mon temps et j’étais prêt à attendre les oiseaux si nécessaire. Confortablement installé dans un endroit débordant de petits insectes, j’ai laissé les oiseaux venir à moi.

Ainsi, mon passage à Rivière-Ouelle vendredi le 13 mai entre 12 h 10 et 15 h 20 m’a permis de voir 45 espèces, dont :
  • 2 Urubus à tête rouge
  • 1 Balbuzard pêcheur
  • 1 Épervier brun
  • 8 Pluviers semipalmés
  • 6 Chevaliers grivelés
  • 1 Bécasseau minuscule
  • 20 Goélands à bec cerclé
  • 50 Goélands argentés
  • 2 Goélands bruns – Deux immatures, un en plumage de première année et un autre de troisième année accompagnaient un petit groupe de goélands sur les îlots de la rivière Ouelle.

Goéland brun, immature 1ère année (Lesser Black-backed Gull – Larus fuscus)
Rivière-Ouelle – 13 mai 2016 © Claude Auchu
  • 2 Pics mineurs
  • 3 Pics flamboyants
  • 8 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 2 Roitelets à couronne dorée
  • 20 Roitelets à couronne rubis
  • 2 Pipits d’Amérique
  • 1 Paruline noir et blanc – La rencontre avec cette paruline m’a fait particulièrement plaisir. Elle avait réussi à me glisser entre les doigts durant tout l’automne 2015, ma dernière observation remontait donc au 27 juillet de l’an dernier!
  • 1 Paruline verdâtre – Celle-là est toujours difficile à voir dans la région au printemps (et pas beaucoup plus facile durant la migration automnale).
  • 1 Paruline masquée
  • 2 Parulines tigrées

Paruline tigrée (Cape May Warbler – Setophaga tigrina)
Rivière-Ouelle – 13 mai 2016 © Claude Auchu
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à poitrine baie
  • 1 Paruline à flancs marron
  • 2 Parulines bleues
  • 25 Parulines à croupion jaune

Paruline à croupion jaune (Yellow-rumped Warbler – Setophaga coronata)
Rivière-Ouelle – 13 mai 2016 © Claude Auchu
  • 7 Bruants familiers – Un oiseau faisait le tour des cônes d’épinette tombés au sol durant l’hiver et réussissait encore à y trouver des graines.

Bruant familier (Chipping Sparrow – Spizella passerina)
Rivière-Ouelle – 13 mai 2016 © Claude Auchu
  • 20 Bruants chanteurs
  • 12 Bruants à gorge blanche

Après la pluie tombée durant la nuit, la journée de samedi devait être ensoleillée et peu venteuse, ce qui s’annonçait parfait pour notre classique hebdomadaire à Rivière-Ouelle. Notre seule crainte s’est cependant réalisée lorsqu’à 8 h 00, un épais mur de brouillard est venu réduire de moitié la durée de la partie maritime de notre sortie. C’était d’autant plus dommage que notre décompte des oiseaux circulant au large se déroulait rondement et que nous étions en route pour cumuler des quantités plus qu’intéressantes!
Le brouillard a changé nos plans pour l’aquatique, mais le forestier ne s’en est pas vraiment ressenti. Nous avons pu inspecter les boisés sans être distraits par les canards qui essaient trop souvent de nous retenir le long des rivages. Par conséquent, le nombre de canards barbotteurs est demeuré peu élevé, perdus qu’ils étaient dans le brouillard.

Nous avons tout de même terminé notre excursion de samedi le 14 mai à Rivière-Ouelle avec un remarquable 95 espèces rencontrées entre 5 h 10 et 13 h 00. En voici une large sélection :
  • 3000 Oies des neiges
  • 2 Bernaches cravants
  • 47 Bernaches du Canada
  • 1 Canard souchet
  • 15 Eiders à duvet
  • 83 Macreuses à front blanc
  • 10 Macreuses brunes
  • 3000 Macreuses à bec jaune
  • 1 Harelde kakawi
  • 2 Petits Garrots
  • 7150 Plongeons catmarins – Encore une fois, tous ces oiseaux filaient vers l’ouest à un rythme soutenu; par moment, Christiane a même dû les compter par groupe de dix! Relativement peu d’oiseaux étaient posés à l’eau, le mot d’ordre semblant être : « On quitte! ». Il ne faut pas oublier que ces 7150 catmarins ont été comptés avant l’arrivée du brouillard, soit entre 5 h 20 et 8 h 00, ce qui nous donne 45 oiseaux à la minute! Qu’ont-ils fait lorsque le brouillard est apparu? Ont-ils continué leur déplacement sans voir où ils allaient? Ont-ils pris de l’altitude afin de voler au-dessus du brouillard? À moins qu’ils aient arrêté net à l’endroit où ils étaient rendus?
  • 2 Plongeons huards
  • 1 Grèbe jougris
  • 1 Fou de Bassan – Seulement un oiseau; c’est ce qui arrive lorsque l’on quitte le quai trop tôt!
  • 1 Balbuzard pêcheur
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 2 Éperviers bruns
  • 2 Petites Buses – Vers midi, le brouillard s’est levé rapidement et deux Petites Buses en ont profité pour continuer leur migration.
  • 38 Pluviers semipalmés
  • 4 Pluviers kildirs
  • 4 Chevaliers grivelés
  • 2 Chevaliers solitaires
  • 4 Grands Chevaliers
  • 13 Petits Cheveliers
  • 15 Bécasseaux minuscules
  • 23 Labbes parasites – Oui, nous avons vu 23 Labbes parasites! Comme les Plongeons catmarins, la majorité de ces oiseaux se déplaçaient vers l’ouest d’un vol décidé, laissant croire qu’ils avaient eux aussi l’intention de s’envoler pour l’Arctique. Certaines journées, les labbes observés à Rivière-Ouelle sont plutôt en quête de nourriture, ce qui est très évident par leur comportement!
  • 23 Petits Pingouins
  • 1 Mouette tridactyle
  • 3 Mouettes de Bonaparte
  • 75 Goélands à bec cerclé
  • 75 Goélands argentés
  • 8 Goélands bruns – Cette fois, aucun oiseau n’a été vu en vol au large du quai. Un immature en plumage de première année (le même que la veille) et sept de troisième année étaient plutôt posés en bordure de la rivière. Le nombre élevé d’oiseaux de troisième année nous surprend toujours. En toute logique, ils devraient pourtant être de la classe d’âge la moins commune (puisque des immatures meurent à chaque année et que le plumage adulte est conservé durant toute la vie de l’oiseau à partir de sa quatrième année). Comment se fait-il alors que nous voyons tant de Goélands bruns en plumage de troisième année??? Plusieurs resemblent vraiment à des adultes vus de loin et ce n’est que lorsqu’ils sont vus de plus près ou encore en vol que les couvertures alaires brunâtres deviennent apparentes.

Dans ce groupe de 62 goélands photographiés dans le brouillard se trouvent huit Goélands bruns. 
Voyez-vous l’oiseau en plumage de premier été?
Goélands bruns (Lesser Black-backed Gulls – Larus fuscus), Goélands argentés (Herring Gulls – Larus argentatus
et Goélands à bec cerclé (Ring-billed Gulls – Larus delawarensis)
Rivière-Ouelle – 14 mai 2016 © Claude Auchu
  • 5 Goélands marins
  • 4 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 6 Pics flamboyants
  • 1 Moucherolle des aulnes – Une présence surprenante aussi tôt par ce printemps frisquet. Je n’avais d’ailleurs jamais observé cette espèce aussi hâtivement dans la région, ma date record était auparavant le 19 mai 2012.
  • 1 Moucherolle phébi
  • 1 Viréo à tête bleue
  • 12 Alouettes hausse-col
  • 18 Hirondelles bicolores
  • 2 Hirondelles rustiques
  • 13 Mésanges à tête noire
  • 5 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 3 Grives solitaires
  • 1 Moqueur chat
  • 1 Plectrophane lapon
  • 1 Plectrophane des neiges – Lors des matins sans vent (c’est rare, mais ça arrive!), le quai de Rivière-Ouelle est un bel endroit où repérer des passereaux à leurs cris. Samedi, un Plectrophane des neiges et un lapon tardifs ont tous deux été nettement entendus.
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 1 Paruline à joues grises
  • 1 Paruline masquée
  • 1 Paruline à collier

Paruline à collier (Northern Parula – Setophaga americana)
Rivière-Ouelle – 14 mai 2016 © Claude Auchu
  • 1 Paruline bleue – Malgré les 15°C et les insectes présents un peu partout, un mâle se nourrissait d’un pain d’oiseaux à une mangeoire! Nous n’avions jamais vu auparavant de Paruline bleue à une mangeoire!?!
  • 33 Parulines à croupion jaune
  • 10 Bruants familiers
  • 3 Bruants des prés
  • 33 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 50 Bruants à gorge blanche
  • 9 Bruants à couronne blanche
  • 1 Junco ardoisé
  • 2 Cardinaux à poitrine rose – Ce couple également se nourrissait sur le même pain d’oiseaux que la Paruline bleue (mais pas au même moment…). Ces mélanges ont parfois un succès surprenant!
  • 30 Carouges à épaulettes
  • 1 Quiscale rouilleux
  • 53 Quiscales bronzés
  • 3 Vachers à tête brune
  • 1 Oriole de Baltimore – Un mâle était de retour à ce qui est probablement le seul site de nidification de l’espèce à Rivière-Ouelle.
  • 3 Roselins pourprés – Durant la dernière semaine, les roselins semblent avoir presque déserté nos sites. Sont-ils partis nicher?
  • 4 Tarins des pins
  • 48 Chardonnerets jaunes
  • 2 Moineaux domestiques

Dimanche matin, en attendant le retour de la pluie, j’ai fait une courte sortie à Rivière-Ouelle afin de voir si le mouvement de Plongeons catmarins était encore perceptible. Un vent fort soufflait du nord-est (ce qui, en partant, ne m’a jamais semblé propice aux gros déplacements de catmarins) et très peu d’oiseaux étaient en effet visibles.

L’occasion est belle pour moi de vous expliquer la façon dont je comprends les mouvements des oiseaux marins à Rivière-Ouelle, en particulier au large du quai. Les observateurs d’oiseaux connaissent très bien l’effet de concentration que peut produire sur les oiseaux terrestres un cap ou une pointe s’avançant dans un plan d’eau d’importance. Nous avons tous déjà vu un petit groupe de passereaux migrateurs coincés à l’extrémité d’un boisé, d’une pointe ou d’un cap qui hésitent à s’envoler au-dessus des champs ou du cours d’eau qui se trouve devant eux. Après plusieurs tentatives, ces oiseaux finissent tous par quitter ce cul-de-sac. La même chose existe à plus grande échelle, on a qu’à penser à Cape May au New Jersey, à Gibraltar dans le sud de l’Espagne ou à Falsterbo en Suède. À ces endroits, c’est toute une gamme d’oiseaux terrestres qui se concentrent et font les cents pas avant de finalement s’élancer au-dessus de l’eau.
Mes observations à Rivière-Ouelle au fil des années m’ont mené à croire que la situation géographique de l’endroit joue un peu le même rôle, mais cette fois pour les espèces marines. Comme les oiseaux terrestres entassés au bout d’un cap, il m’apparaît évident que les oiseaux marins se rassemblent au large de Rivière-Ouelle et hésitent à s’envoler au-dessus de la terre ferme et, surtout, de la partie moins salée du fleuve qui se trouve en amont. Ce serait donc en grande partie la salinité qui forme cette sorte de « cap » qui bloque les oiseaux marins à Rivière-Ouelle. Le Plongeon catmarin est l’espèce dont la concentration est la plus évidente, mais le Labbe parasite et le Fou de Bassan sont aussi des migrateurs réguliers à Rivière-Ouelle qui ne se rencontrent pratiquement jamais plus à l’ouest le long de la rive sud du Saint-Laurent. Il nous est arrivé à plusieurs reprises de voir de petits groupes de Fous de Bassan remonter le fleuve pour les voir redescendre plus tard durant la matinée, comme s’ils n’avaient pas aimé ce qu’ils avaient trouvé en amont. En octobre 2013, nous avions même vu un Océanite cul-blanc faire carrément demi-tour devant le quai pour retourner vers l’estuaire maritime. D’ailleurs, même pour nous, simples observateurs d’oiseaux, la différence entre la végétation aquatique aux deux extrémités de la grande baie de Sainte-Anne est évidente : le décor de la pointe de la rivière Ouelle à marée basse est très différent de celui de Saint-Roch-des-Aulnaies, situé un petit 15 kilomètres plus à l’ouest. De toute évidence, les oiseaux marins réussissent à saisir cette différence même au loin au large!
Et combien de temps ces oiseaux aquatiques séjournent-ils au bout du « cap » maritime de Rivière-Ouelle? Un même Plongeon catmarin s’attarde-t-il durant quelques jours ou plusieurs semaines? Quelles sont les conditions météorologiques qui les bloquent ici et celles qui les incitent à continuer leur voyage? Comme toujours, chaque tentative de réponse amène son lot de nouvelles questions… 

mardi 10 mai 2016

Grue du Canada et premier Labbe parasite

Nous avons connu une autre belle fin de semaine passée aux oiseaux et à négocier avec la marée, le vent, le soleil, les risques de précipitations… bref, une fin de semaine comme les autres! Nous avons une fois de plus partagé nos efforts entre les espèces aquatiques le samedi et celles plus terrestres le dimanche, ce qui signifie en ce début du mois de mai une bien belle variété d’espèces.

La marée était particulièrement haute lors de notre entrée dans Rivière-Ouelle samedi matin. Côté température, nous avons été plutôt gâtés avec une visibilité très nette au large, un petit vent du nord-est très supportable et, enfin, un mercure digne de la saison. Nous sommes en fait passés d’un frisquet 1°C à 5 h 00 à un agréable 18° à peine six heures plus tard; le fond de l’air est froid, mais le soleil est chaud! Les marées ont un impact certain sur les oiseaux que nous observons et cet effet est décuplé lors des grandes marées. La marée montante incite les espèces de l’estuaire à se rendre plus haut dans le fleuve, mais une marée baissante a souvent l’effet contraire. Samedi matin, malgré que la marée commençait à baisser, l’effet conjugué de la grande marée et du vent du nord-est nous a permis de voir de très nombreux Plongeons catmarins se déplacer dans le sens contraire de celui auquel nous sommes habitués et souvent relativement près du rivage.
Nous avons aussi assisté à un beau passage de Bernaches du Canada qui descendaient le fleuve souvent très loin au large. Comme la semaine dernière, un très grand nombre de goélands étaient continuellement en mouvement au large, parmi lesquelles nous avons encore réussi à repérer quelques Goélands bruns. Comme d’habitude, c’est Christiane qui tenait le compte des oiseaux en inscrivant minutieusement le tout dans son petit calepin. Voici d’ailleurs la feuille qui contenait une partie des espèces aquatiques recensées samedi :

Samedi le 7 mai, parmi les 71 espèces notées à Rivière-Ouelle entre 5 h 10 et 12 h 40, retenons les suivantes :
  • 800 Oies des neiges
  • 6 Bernaches cravants
  • 2 Bernaches de Hutchins
  • 2210 Bernaches du Canada
Bernaches du Canada (Canada Geese – Branta canadensis)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2016 © Claude Auchu
  • 1 Canard chipeau
  • 27 Canards noirs
  • 15 Canards colverts
  • 52 Fuligules milouinans
  • 3 Petits Fuligules
  • 74 Eiders à duvet
  • 44 Macreuses à front blanc
  • 10 Macreuses brunes
  • 10000 Macreuses à bec jaune – Poussées vers l’est par la marée qui descendait très rapidement, les macreuses se dépêchaient de retourner à leur emplacement favori situé légèrement à l’ouest du quai. Au plus fort du mouvement, elles passaient devant nous au rythme de 250 oiseaux à la minute! Il a été plus facile pour nous de simplement les évaluer!
  • 7 Hareldes kakawis
  • 1 Petit Garrot
  • 23 Garrots à œil d’or
  • 2 Harles couronnés
  • 44 Grands Harles
  • 70 Harles huppés
Harles huppés (Red-breasted Mergansers – Mergus serrator)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2016 © Claude Auchu 
Harle huppé (Red-breasted Merganser – Mergus serrator)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2016 © Claude Auchu 
  • 2 Gélinottes huppées
  • 2343 Plongeons catmarins – Il était vraiment étrange de voir tous ces oiseaux se diriger de façon aussi décidée vers l’est, eux que l’on voit habituellement remonter le fleuve au printemps. La marée très haute tôt en matinée nous a également permis de les voir passer près du quai (tout étant relatif…).
Plongeon catmarin (Red-throated Loon – Gavia stellata)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2016 © Claude Auchu
Au début de mai, plusieurs Plongeons catmarins sont encore en plumage d'hiver ou en mue.
Plongeons catmarins (Red-throated Loons – Gavia stellata)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2016 © Claude Auchu
  • 5 Plongeons huards
  • 34 Fous de Bassan – Tout comme nous, les Fous de Bassan n’ont pas fait la grasse matinée samedi matin! Probablement poussés trop loin en amont par la marée, certains oiseaux redescendaient déjà le fleuve au lever du soleil.
  • 203 Cormorans à aigrettes
  • 5 Grands Hérons
  • 2 Urubus à tête rouge
  • 3 Éperviers bruns
  • 4 Petites Buses
  • 1 Grue du Canada – Cet oiseau a survolé silencieusement la rivière pour disparaître vers les champs situés de l’autre côté. J’avais vu probablement le même oiseau la veille près de la grande tourbière de Rivière-Ouelle. Bien qu’encore rare, l’espèce est de plus en plus régulière dans la région!
  • 1 Pluvier kildir
  • 1 Labbe parasite – C’est lui que je souhaitais voir samedi matin! Le Labbe parasite fait partie des quelques espèces difficiles à voir au Québec durant la migration printanière, mais qui sont presque garanties à Rivière-Ouelle… lorsque l’on sait comment les trouver!
  • 3 Guillemots marmettes
  • 39 Petits Pingouins
  • 12 Mouettes de Bonaparte
  • 4000 Goélands à bec cerclé
  • 400 Goélands argentés
  • 4 Goélands arctiques
  • 5 Goélands bruns – Cette fois, ce sont deux immatures en plumage de deuxième année, un de troisième année et deux adultes que nous avons vus migrer vers l’est au large du quai.
  • 15 Goélands marins
  • 24 Hirondelles bicolores
  • 1 Hirondelle rustique
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 4 Roitelets à couronne rubis
  • 17 Merles d’Amérique
  • 1 Pipit d’Amérique
  • 8 Parulines à croupion jaune
  • 2 Bruants familiers
  • 1 Bruant des prés
  • 1 Bruant fauve
  • 26 Bruants chanteurs
  • 17 Bruants à gorge blanche
  • 2 Juncos ardoisés
  • 100 Carouges à épaulettes
  • 42 Quiscales bronzés
  • 1 Vacher à tête brune
Le fameux front chaud que nous espérions tous est finalement passé durant la nuit de samedi à dimanche. Un vent du sud, un mercure à la hausse et de la pluie sont souvent les conditions nécessaires pour permettre aux oiseaux de migrer rapidement vers le nord. Dans ma région, les différentes espèces de passereaux ont environ une semaine de retard sur leur date moyenne d’arrivée des derniers printemps. Nous espérions bien que ce front allait remettre notre liste d’espèces à jour. Ce ne fut pas tout à fait le cas, les espèces espérées se trouvant peut-être trop loin au sud pour atteindre notre région en une seule nuit. La belle matinée de dimanche, entre le front chaud et le front froid qui est passé en soirée, nous a tout de même permis de trouver deux espèces champêtres maintenant rares dans la région.

Voici une partie des 68 espèces que nous avons récoltées à La Pocatière, dimanche le 8 mai, entre 6 h 45 et 12 h 50 :
  • 5 Canards d’Amérique
  • 7 Canards souchets
  • 40 Petits Fuligules
  • 2 Petits Garrots
  • 3 Gélinottes huppées
  • 12 Urubus à tête rouge
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 3 Pluviers kildirs
  • 1 Chevalier solitaire – Déjouant la température froide de ce printemps, le 8 mai représente une de mes dates d’arrivée les plus hâtives pour ce chevalier. Ma date record demeure le 5 mai 1989.
  • 2 Grands Chevaliers
  • 3 Petits Chevaliers
  • 2 Martin-pêcheurs d’Amérique
  • 3 Pics maculés
  • 14 Pics mineurs – Les Pics mineurs étaient bien en évidence dimanche matin, criant avec régularité dans tous les boisés visités. Deux oiseaux se sont même accouplés haut perchés dans le bouleau de notre voisin.
  • 2 Pics chevelus
  • 8 Pics flamboyants
  • 1 Grand Pic
  • 5 Moucherolles phébis
  • 4 Viréos à tête bleue
  • 7 Geais bleus
  • 40 Alouettes hausse-col – Au début de mai, les alouettes nichant dans l’arctique traversent la région de façon souvent bien marquée.
  • 16 Hirondelles bicolores
  • 3 Hirondelles rustiques
  • 7 Sittelles à poitrine rousse
  • 3 Grimpereaux bruns
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 2 Roitelets à couronne dorée
  • 13 Roitelets à couronne rubis
  • 1 Merlebleu de l’est
  • 12 Grives solitaires
  • 57 Merles d’Amérique
  • 1 Jaseur boréal – Un jaseur solitaire est demeuré perché longuement au sommet d’un érable, fouillant dans les fleurs de l’arbre. Mon observation printanière la plus tardive dans la région de La Pocatière pour cet hivernant régulier remonte au 13 mai 1981 (et, croyez-le ou non, je me souviens encore très bien de cette observation!). Lors de notre séjour aux Escoumins, nous avions vu cette espèce encore plus tardivement, soit le 17 mai 1997 et le 19 mai 2002.
  • 16 Parulines à croupion jaune
  • 1 Bruant hudsonien
  • 30 Bruants familiers
  • 1 Bruant vespéral – Ce bruant est une des nombreuses espèces champêtres en perte de vitesse dans notre région. Je ne l’ai observé qu’à une seule reprise à chacune des trois dernières années, ce qui est très loin de la quarantaine de mentions que j’accumulais au début des années 1990!
  • 9 Bruants des prés
  • 35 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants des marais
  • 29 Bruants à gorge blanche
  • 2 Bruants à couronne blanche
  • 12 Juncos ardoisés
  • 1 Cardinal rouge – Un oiseau chantait à l’endroit où un couple a hiverné. Le cardinal niche probablement dans ma région, mais je n’en possède pas encore de preuve formelle.
  • 30 Carouges à épaulettes
  • 1 Sturnelle des prés – Une autre espèce champêtre qui est à une plume de disparaître de la région. À la fin de ma décennie 2000 (il y a donc moins de 10 ans!), nous arrivions encore facilement à cumuler une vingtaine de mentions par année; nous nous limitons maintenant qu’à trois ou quatre!
  • 3 Quiscales rouilleux
  • 40 Quiscales bronzés
  • 3 Vachers à tête brune
  • 24 Roselins pourprés
  • 1 Sizerin flammé – Tiens donc! Un autre?!?
  • 55 Tarins des pins – La rencontre d’un groupe d’une quarantaine d’oiseaux indique que des immatures sont déjà sortis du nid.
  • 43 Chardonnerets jaunes
  • 3 Gros-becs errants
  • 14 Moineaux domestiques
Nos vraies sorties ornithologiques ont lieu durant la fin de semaine, mais nous ne boycottons pas les oiseaux du lundi au vendredi pour autant. Lundi le 9 mai, en revenant du travail, un Épervier de Cooper est venu couper ma route! Mardi le 10, un arrêt rapide sur les battures avant de souper m’a permis de voir un groupe de 14 Fuligules à tête rouge. Il s’agit du groupe le plus important que j’ai observé au printemps pour ce migrateur rare dans la région. Si seulement nous avions plus de temps…!

mardi 3 mai 2016

…et cinq Ibis falcinelles pour terminer!

La dernière semaine d’avril a été particulièrement froide avec le mercure plongeant sous le point de congélation à chaque nuit. Avec l’absence de front chaud depuis déjà plusieurs jours, ce froid n’est rien pour aider les passereaux insectivores à se glisser jusqu’à nous… et, honnêtement, je ne leur en veux pas d’attendre l’arrivée de la vraie chaleur!!! Nous avons donc amorcé cette fin de semaine ornithologique avec des attentes limitées, prêts à nous contenter des espèces déjà sur place. Mais il y en avait tout de même une belle quantité!

La journée de samedi a été ensoleillée et le soleil a même réussi à réchauffer l’air. Comme il y a deux semaines, nous avons bénéficié de conditions idéales pour notre excursion à Rivière-Ouelle avec le quai comme première étape. Déjà en sortant de la voiture, le concert des sifflements des Macreuses à bec jaune se mêlaient aux miaulements plus discrets des Plongeons catmarins. En nous rendant au bout du quai, le premier goéland aperçu a été un jeune Goéland brun. Ça s’annonçait très bien!!! Une fois bien installés à notre poste de guet, nous nous sommes rendus compte que les oiseaux n’étaient que très peu mobiles. Seuls quelques canards locaux sont venus passer et repasser devant le quai pour tenter de nous faire décrocher du large. Parce que c’est là, au large, que tout se passait! Une personne de passage au bout du quai sans jumelles ou télescope aurait juré qu’un calme plat y régnait. Pourtant, et les six autres observateurs de passage durant notre visite en ont aussi été témoins, un coup d’œil au large révélait un trafic important autant sur l’eau que dans les airs!
Ce fut beaucoup plus calme du côté des passereaux qui ont encore fait figures de parents pauvres. Les boisés comme les champs ont donc été extrêmement tranquilles.

Voici un aperçu des 70 espèces que nous avons rencontrées à Rivière-Ouelle samedi le 30 avril entre 5 h 10 et 13 h 35 :
  • 9 Bernaches cravants
  • 1125 Bernaches du Canada – La majorité de ces oiseaux se trouvaient dans les champs ou à l’embouchure de la rivière.
  • 1 Canard branchu
  • 1 Canard chipeau
  • 120 Canards noirs
  • 35 Canards colverts
  • 7 Fuligules à collier
  • 9 Fuligules milouinans
  • 4 Petits Fuligules
  • 80 Eiders à duvet – Quelques oiseaux à la fois passaient devant le quai mais, après quatre heures passées au site, le total a tout de même atteint 80 individus.
  • 100 Macreuses à front blanc
  • 3 Macreuses brunes
  • 5000 Macreuses à bec jaune – Il y avait encore beaucoup de mâles pour siffler les quelques femelles!

Macreuse à bec jaune (Black Scoter – Melanitta americana)
Rivière-Ouelle – 30 avril 2016 © Claude Auchu
Macreuse à bec jaune, femelle (Black Scoter – Melanitta americana)
Rivière-Ouelle – 30 avril 2016 © Claude Auchu
Macreuses à bec jaune (Black Scoters – Melanitta americana)
Rivière-Ouelle – 30 avril 2016 © Claude Auchu
  • 23 Hareldes kakawis
  • 2 Petits Garrots
  • 27 Garrots à œil d’or
  • 6 Harles couronnés
  • 67 Grands Harles
  • 106 Harles huppés
  • 2441 Plongeons catmarins – Profitant encore une fois de la marée montante, presque tous les catmarins dérivaient vers l’amont; quelques-uns s’envolaient au passage d’un congénère qui, lui aussi, remontait le fleuve. Il est vraiment étrange de penser qu’aucun de ces oiseaux ne se rendra jusqu’à Québec!
  • 6 Plongeons huards
  • 47 Fous de Bassan – Fidèles à leur habitude, les fous ont encore fait la grasse matinée et le vrai mouvement a débuté tout juste avant notre départ du quai.
  • 214 Cormorans à aigrettes
  • 7 Grands Hérons
  • 2 Balbuzards pêcheurs
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 3 Éperviers bruns
  • 5 Petites Buses
  • 4 Buses à queue rousse
  • 9 Grands Chevaliers
  • 1 Bécasseau à poitrine cendrée – Même durant les printemps les plus froids, certaines espèces réussissent à établir des records d’arrivée hâtive. Ce fut le cas samedi avec notre première mention régionale du Bécasseau à poitrine cendrée en avril! En fait, ce bécasseau est un migrateur noté tellement rarement dans la région au printemps (je n’ai que quatre mentions entre le 14 et le 26 mai) qu’il est difficile d’établir son horaire véritable.
  • 7 Petits Pingouins
  • 1 Guillemot à miroir
  • 798 Mouettes de Bonaparte – Plusieurs groupes de 30 à 50 mouettes ont filé vers l’est durant toute la durée de notre séjour au quai. De mémoire, je peux affirmer qu’il s’agit du plus grand nombre de Mouettes de Bonaparte que j’ai vu au cours d’une seule excursion dans la région!
  • 3500 Goélands à bec cerclé
  • 250 Goélands argentés
  • 6 Goélands bruns – Parmi tous les laridés, nous avons réussi à repérer deux immatures en plumage de deuxième année et quatre de troisième année passant devant le quai durant la matinée.
  • 1 Martin-pêcheur d’Amérique
  • 7 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 5 Hirondelles bicolores
  • 21 Mésanges à tête noire
  • 6 Sittelles à poitrine rousse
  • 5 Roitelets à couronne dorée
  • 3 Roitelets à couronne rubis
  • 13 Jaseurs boréaux
  • 3 Plectrophanes des neiges
  • 2 Bruants familiers
  • 1 Bruant des prés
  • 125 Quiscales bronzés

Dimanche, il nous restait le territoire de La Pocatière à couvrir. Notre matinée s’est déroulée au rythme de tentatives plus ou moins réussies pour trouver des oiseaux. Un coup d’œil rapide sur les battures du fleuve tôt le matin ne nous a fourni que de petites quantités de canards. Nous voulions ensuite passer la journée à surveiller les oiseaux de proie, mais la température sans aucun contraste depuis une dizaine de jours avait depuis longtemps dilué le flot de migrateurs (un front chaud aurait eu l’effet contraire!). Nous nous sommes finalement retrouvés en forêt en fin d’avant-midi, à l’heure où bien peu d’oiseaux avaient encore le goût de chanter.

Mais ce « viraillage » à travers La Pocatière entre 6 h 10 à 12 h 30 dimanche le 1er mai nous aura tout de même fourni 67 espèces! Nous n’avons pas vraiment de raison de nous plaindre! En voici un large échantillon :
  • 700 Oies des neiges
  • 154 Bernaches du Canada
  • 2 Canards chipeaux
  • 82 Canards noirs
  • 17 Canards colverts
  • 7 Fuligules à collier
  • 5 Fuligules milouinans
  • 6 Petits Garrots
  • 10 Harles couronnés
  • 67 Grands Harles
  • 8 Urubus à tête rouge
  • 1 Balbuzard pêcheur

Faute de lacs, les balbuzards sont rarement vus posés à La Pocatière. 
Celui-ce était perché en bordure de l’autoroute 20!
Balbuzard pêcheur (Osprey – Pandion haliaetus)
La Pocatière – 1er mai 2016 © Claude Auchu 
  • 4 Busards Saint-Martin
  • 10 Éperviers bruns
  • 1 Buse à épaulettes – Elle était encore présente au même site que la semaine dernière!
  • 5 Petites Buses
  • 6 Buses à queue rousse
  • 2 Pluviers kildirs – Les kildirs nous semblent particulièrement rares ce printemps! Espérons qu’il ne s’agisse que d’une simple impression…
  • 2 Mouettes de Bonaparte
  • 1 Goéland arctique
  • 5 Pics maculés
  • 1 Pic chevelu
  • 5 Pics flamboyants
  • 1 Grand Pic – Un mâle se trouvait dans la cavité où l’espèce a niché l’été dernier.
  • 3 Faucons émerillons
  • 1 Moucherolle phébi
  • 3 Alouettes hausse-col
  • 2 Hirondelles bicolores
  • 5 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 9 Roitelets à couronne dorée
  • 9 Roitelets à couronne rubis
  • 1 Grive solitaire
  • 11 Jaseurs boréaux – Mes notes indiquent que je vois cette espèce jusqu’au début de mai un printemps sur deux, mais elle est encore étrangement commune dans la région ce printemps. Peut-on relier ce fait au temps froid?
  • 5 Plectrophanes des neiges
  • 4 Parulines à croupion jaune
  • 3 Bruants hudsoniens
  • 20 Bruants à gorge blanche
  • 13 Juncos ardoisés
  • 1 Sizerin flammé – Tiens! Il en restait encore un!?!

C’est ainsi que la fin de semaine s’est terminée (presque) sans histoire. Mais voilà que lundi, au retour du travail, j’ai reçu des courriels de Bernard et de Thomas qui m’annonçaient avoir découvert, chacun de leur côté, cinq Ibis falcinelles sur les battures à La Pocatière!!! Le temps de ramasser jumelles, télescopes et appareil-photo, Christiane et moi nous étions sur le site à savourer sous une pluie fine ces cinq visiteurs rares dans la région! Je ne connais que quatre autres mentions pour cette espèce dans la région : un oiseau à Saint-Denis le 8 mai 1969, un à Rivière-Ouelle le 28 mai 1999 et deux autres du 19 au 26 avril 2015 et six oiseaux à Saint-Roch-des-Aulnaies le 3 mai 2001. Et, tant qu’à être sur les battures, Christiane en a profité pour trouver un autre Goéland brun, encore un immature de troisième année… Ah! Ces chers oiseaux…! 
Trois des cinq ibis présents!
Ibis falcinelles (Glossy Ibises – Plegadis falcinellus)
La Pocatière – 2 mai 2016 © Claude Auchu