mardi 28 février 2017

Le retour tant attendu des corneilles et des goélands

Oui, enfin, les oiseaux ont repris la route vers le nord! Pour l’instant, dans ma région, les Corneilles d’Amérique et différents goélands sont les migrateurs les plus en évidence, mais ils ouvrent lentement la voie aux autres. Je trouve toujours surprenant de voir à quel point les oiseaux répondent rapidement au moindre changement de masse d’air. Mardi dernier, nous avons fait la route entre Québec et La Pocatière et seulement quelques corneilles étaient présentes en bordure de l’autoroute. Pourtant, à peine quatre jours plus tard et profitant d’un redoux (avec un maximum de 7,6°C le 23 février), elles étaient déjà communes dans la région samedi, autant dans la ville que dans les champs! J’aimerais bien savoir d’où arrivent ces oiseaux. De la région de Québec? De Montréal? Ou peut-être du nord des États‑Unis? Chose certaine, il y a encore moins de nourriture disponible présentement qu’il y en avait cet hiver. Avec les chutes de neige qui restent à venir (dont la fameuse « tempête des corneilles » de la mi-mars…), les oiseaux auront sûrement à jouer du coude pour survivre!

Samedi matin, c’est sous les joyeux croassements des corneilles que nous avons parcouru La Pocatière. Le mercure est demeuré légèrement sous le point de congélation durant toute la journée. Une fine couche de neige fraîche recouvrait le sol et rendait bien visible les pistes des mouffettes et des ratons-laveurs nouvellement sortis de leur torpeur.

À La Pocatière, samedi le 25 février, les oiseaux suivants ont croisé notre route entre 7 h 40 et 10 h 45 :
  • 5 Pigeons bisets
  • 1 Tourterelle triste
  • 1 Goéland arctique – Notre premier depuis le 2 janvier!
  • 2 Pics mineurs
  • 3 Pics chevelus
  • 4 Geais bleus
  • 57 Corneilles d’Amérique – Seulement trois ou quatre corneilles avaient osé passer l’hiver à La Pocatière, ce qui rend l’arrivée de tant de migratrices encore plus spectaculaire! Ce n’est pas à chaque année que leur retour est aussi notable.
  • 11 Grands Corbeaux
  • 18 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine blanche – Elle vocalisait bruyamment dans une érablière, un autre signe du printemps!
  • 50 Étourneaux sansonnets
  • 80 Jaseurs boréaux
  • 7 Moineaux domestiques
  • 56 Durbecs des sapins – Deux groupes importants d’environ 25 individus chacun ont été observés, en plus de quelques oiseaux isolés. Le durbec a été de loin le fringillidé le plus en évidence cet hiver.
  • 1 Tarin des pins – Seulement notre quatrième mention pour l’hiver 2016-17!
  • 20 Chardonnerets jaunes
  • 25 Plectrophanes des neiges

Après une nuit toute en averse, nous avons pris la route de Rivière-Ouelle en espérant que les oiseaux aquatiques aient suivi l’exemple des corneilles et effectué un retour marqué dans la région. Comme nous nous y attendions, ce sont les goélands qui ont volé la vedette en circulant rapidement au large du quai, poussés par le vent du sud-ouest soufflant à plus de 50 km/h. Bien qu’ils hivernent en grand nombre le long des côtes de Charlevoix, soit à une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau, les goélands sont rares et irréguliers à Rivière-Ouelle en janvier et février. L’absence de nourriture, amplifiée par la présence de glaces poussées de ce côté‑ci du fleuve par les vents du nord-ouest, est bien sûr la cause de cette rareté. Lorsque nous voyons des goélands à Rivière-Ouelle à la fin de février, il est facile pour nous de conclure qu’il s’agit d’oiseaux provenant de l’extérieur de la région. Il faut tout de même souligner que le réchauffement climatique rend les glaces de moins en moins présentes en bordure de la rive sud de l’estuaire. Il y a une trentaine d’années, par exemple, les glaces s’entassaient souvent le long du rivage jusqu’au début d’avril. À l’époque, il était même ardu de simplement se rendre jusqu’au quai de Rivière-Ouelle en hiver, la route n’étant pas déneigée!!!

Dimanche le 26 février, entre 7 h 05 et 10 h 45, notre tournée à Rivière-Ouelle nous a fourni les espèces suivantes :
  • 1 Garrot à œil d’or – Même la présence de ce canard pourtant régulier le long de la rive nord du fleuve en hiver est inhabituelle ici en février.
  • 13 Perdrix grises

Perdrix grises (Gray Partridges – Perdix perdix)
Rivière-Ouelle – 26 février 2017 © Claude Auchu
  • 3 Pigeons bisets
  • 3 Tourterelles tristes
  • 12 Goélands argentés – Les premiers goélands à Rivière-Ouelle sont habituellement vus passant rapidement sans s’arrêter. Il faut souvent attendre la mi-avril et l’arrivée des éperlans avant de les voir s’arrêter dans la région.
  • 1 Goéland arctique
  • 17 Goélands marins
  • 13 Corneilles d’Amérique
  • 5 Grands Corbeaux
  • 8 Mésanges à tête noire
  • 17 Étourneaux sansonnets

Le terrible hiver 2016‑17 aura été un des moins riches en oiseaux depuis longtemps. Nous savons bien qu’il n’est pas encore tout à fait terminé, mais personne ne nous en voudra d’avoir savouré pleinement cet avant‑goût du printemps. 

mardi 14 février 2017

Épervier de Cooper vs Étourneaux sansonnets

Avec l’hiver déjà bien avancé, nous savons tous que les chances de découvrir une nouvelle espèce d’intérêt avant l’arrivée du printemps sont très minces. Peu importe, nous continuons de nous concentrer sur les sites de notre région et de chercher à percevoir les moindres changements chez les quelques espèces encore présentes parmi nous. Les populations d’oiseaux sont en constante évolution et, même durant les hivers sans histoire comme celui de 2016‑17, d’infimes changements sont toujours en cours.

Samedi, notre sortie ornithologique pouvait se résumer à une lente promenade de sept kilomètres à travers les rues de La Pocatière. Le temps était relativement froid (entre ‑18 et ‑15°C), mais l’absence presque totale de vent nous a donné l’impression d’une température nettement plus douce. Nous avons même terminé la randonnée sans nos mitaines!
Les choses sont tellement tranquilles dans la région que la simple rencontre avec quelques corneilles et, surtout, les cris convaincus de certaines d’entre elles ont été suffisants pour nous faire sourire et rêver au printemps. Normalement, dans deux semaines, les premières migratrices devraient pointer le bout de leur bec! Nous avons également croisé trois Sittelles à poitrine rousse durant la fin de semaine, une espèce particulièrement rare dans la région cet hiver. L’hiver 2016‑17 n’est bien sûr pas le premier où cette sittelle habituellement régulière durant la saison froide nous fausse compagnie. Je me souviens particulièrement bien de l’hiver 1993‑94 qui, en plus d’avoir été très froid, avait aussi été très pauvre en nourriture sauvage. Cet hiver-là, je n’avais pas vu de Sittelle à poitrine rousse entre la fin de novembre et la fin de février. Curieusement, le 24 février, l’espèce était réapparue brusquement et j’avais trouvé quatre individus à La Pocatière, dans des sites pourtant visités régulièrement. Les sittelles sont ensuite devenues régulières rapidement et j’en avais croisées au cours de 19 journées durant le mois de mars. Mais d’où arrivaient donc ces sittelles? Sans doute du sud où avaient retraité nos oiseaux. Mais elles pouvaient tout aussi bien provenir du nord de notre région, après avoir épuisé une forte production locale de graines de conifères. À l’époque, il était toujours difficile de trouver des réponses à ces questions. Maintenant, à l’ère d’ebird, nous sommes nettement mieux outillés. Un coup d’œil rapide à la carte de distribution de la Sittelle à poitrine rousse pour cet hiver montre une présence nettement plus marquée dans le sud des États-Unis que celle de l’hiver dernier. Elles auront tôt fait de revenir dans nos forêts de conifères, aussitôt que le printemps se fera sentir. Contrairement aux Humains, les oiseaux ne connaissent pas les frontières…!

Samedi le 11 février, nous avons exploré La Pocatière de 8 h 00 à 11 h 40 pour y trouver les oiseaux suivants :
  • 11 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 3 Pics chevelus
  • 1 Geai bleu
  • 5 Corneilles d’Amérique
  • 1 Grand Corbeau
  • 22 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse – Ces deux oiseaux étaient ensemble à une mangeoire. Les couples de sittelles restent souvent ensemble même en dehors de la saison de nidification.
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 30 Étourneaux sansonnets
  • 400 Jaseurs boréaux – Un beau groupe surgi de nulle part cherchait à avaler tous les fruits encore disponibles, même ceux trop gros pour leur gosier.
  • 14 Durbecs des sapins

Durbec des sapins (Pine Grosbeak – Pinicola enucleator)
La Pocatière – 11 février 2017 © Claude Auchu
  • 14 Chardonnerets jaunes
  • 7 Plectrophanes des neiges

Dimanche, ce fut au tour du village de Saint-Pacôme de recevoir notre visite. C’est sous des conditions hivernales aussi belles que la veille que nous avons parcouru le territoire de la municipalité. Les oiseaux étaient, comme on s’y attendait, presque tous rassemblés autour de quelques mangeoires.

À Saint-Pacôme, dimanche le 12 février, les oiseaux suivants se sont inscrits à notre liste entre 7 h 30 et 9 h 20:
  • 11 Tourterelles tristes
  • 2 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 14 Geais bleus
  • 1 Corneille d’Amérique
  • 5 Grands Corbeaux
  • 19 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 5 Durbecs des sapins
  • 1 Cardinal rouge – Un mâle fidèle à une mangeoire.

Nous avons ensuite filé jusqu’à Saint-Denis dans l’espoir de voir (et, surtout, de photographier) le Faucon gerfaut blanc sur un fond de ciel bleu. Nous n’avons pas réussi à le trouver, mais un Épervier de Cooper immature nous a montré son étrange technique de chasse. Comme ses cousins l’Épervier brun et l’Autour des palombes, l’Épervier de Cooper est une espèce forestière durant la saison de nidification. Durant l’hiver, cependant, il n’hésite pas à fréquenter les quartiers résidentiels pour chasser les oiseaux qui s’y rassemblent. Cet hiver, un Épervier de Cooper immature a pris l’habitude de chasser autour de fermes situées dans les milieux très ouverts du secteur de Saint‑Denis et de Kamouraska. Les Étourneaux sansonnets et les Pigeons bisets y sont abondants, mais encore faut‑il trouver le moyen de les attaquer par surprise. Sans buisson ni conifère pour camoufler ses approches, l’épervier y va donc d’une manière plus originale. Dimanche, nous l’avons vu se percher près de l’ouverture située au sommet d’un silo, en espérant qu’une proie potentielle sorte de sa cachette. L’épervier s’est perché à des endroits similaires sur trois séries différentes de silos, situées à l’intérieur d’un rayon d’un kilomètre. Le choix des perchoirs était donc « réfléchi ». Il est vraiment très intéressant de voir qu’un rapace réussi à déduire que des étourneaux ou des pigeons pouvaient se cacher dans ces endroits en particulier! D’après nos observations depuis la fin de décembre, il est probable que plus d’un Épervier de Cooper chasse de cette façon dans la région. 
Épervier de Cooper (Cooper’s Hawk – Accipiter cooperii) 
et Étourneaux sansonnets (European Starlings – Sturnus vulgaris)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 12 février 2017 © Claude Auchu

mardi 7 février 2017

Le « fantôme des silos »

Nous sommes sortis très satisfaits de cette belle fin de semaine hivernale. La météo est demeurée très acceptable durant les deux journées et, surtout, les oiseaux étaient nettement plus présents qu’au cours des dernières semaines. Samedi, une température de saison, du soleil et peu de vent en matinée nous ont donné le goût d’étirer notre plaisir au maximum. Dimanche, la faible neige qui tombait n’a pas été suffisante pour contrecarrer nos plans et nous nous sommes rendus le plus loin en forêt que notre voiture le permettait!

Samedi matin, notre fin de semaine ornithologique a débuté par une lente tournée vers l’est de la région. Nous espérions bien sûr croiser le Faucon gerfaut blanc sur notre route, mais le but premier de cette sortie était surtout d’explorer la ville de Saint-Pascal. Cette petite ville, que nous visitons trop rarement par manque de temps, nous a déjà réservé de belles surprises en plein cœur de l’hiver. Mais, bien sûr, l’hiver 2016‑17 n’est pas comme les autres et l’absence chronique des espèces granivores était aussi marquée à Saint‑Pascal que n’importe où ailleurs dans la région! Tout de même, c’est à Saint‑Pascal que nous avons rencontré le seul fringillidé de notre excursion, un Tarin des pins… Également, à la limite sud de la ville, les pistes d’une petite compagnie de Perdrix grises étaient bien visibles au pied de quelques mangeoires (où ne se trouvait d’ailleurs aucun oiseau).
C’est après avoir visité Saint-Pascal que nous sommes véritablement partis à la recherche du Faucon gerfaut. Nous avons parcouru la trajet habituel en répétant régulièrement les phrases classiques telles que « rien ici… » et « là non plus… ». Durant notre arrêt pour dîner, voyant que le vent prenait de l’ampleur, nous avons décidé de laisser tomber et de retourner simplement à la maison. Nous étions donc sur le chemin du retour lorsque nous sommes finalement tombés sur le Faucon gerfaut! L’oiseau de forme blanche était encore une fois perché bien en vue au sommet d’un silo à l’intérieur de la limite est de Saint-Denis. Après une bonne séance d’observation (et de photos), le faucon s’est envolé pour aller se percher sur un autre silo, à peine 700 mètres plus loin, où nous l’avons rejoint. Dix minutes plus tard, lorsqu’il a quitté ce deuxième perchoir, le gerfaut est venu passer quelques mètres à peine au-dessus de nos têtes pour disparaître vers l’est! Le « fantôme des silos », comme l’avait si bien surnommé un ami l’hiver dernier, venait de se volatiliser à nouveau. Il est tout de même surprenant qu’un oiseau de cette taille réussisse à apparaître et à disparaître aussi facilement. Il semble bien que ce rapace soit plus difficile à repérer qu’un harfang lorsqu’il est simplement perché sur un piquet de clôture. Les falaises qui parsèment le décor kamouraskois entre Saint-Pascal et Saint-André lui offrent aussi de belles cachettes, peut‑être même un dortoir.
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 4 février 2017 © Claude Auchu
De cet angle (et d’aussi près!), des traces du sang de son dernier repas peuvent être vues
du ventre jusqu’aux couvertures sous-caudales.
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 4 février 2017 © Claude Auchu
Ce n’est pas d’aujourd’hui que les Faucons gerfauts sont présents dans la grande plaine de la région de Kamouraska. L’abbé René Tanguay avait lui-même capturé des spécimens à Kamouraska les 18 novembre 1927, 7 novembre 1934 et 10 janvier 1956, tandis que Willie LaBrie en avait également pris un à Saint-Denis le 26 mars 1928. Je suis trop jeune pour vous dire si les conditions autour des fermes au milieu du XXe siècle ressemblaient à celles observées de nos jours, avec des centaines de Pigeons bisets et d’Étourneaux sansonnets comme proies potentielles!

Samedi le 4 février, nous avons « viraillé » entre Rivière-Ouelle, Saint-Denis, Kamouraska et Saint-Pascal de 7 h30 à 12 h 50. Voici les espèces rencontrées :
  • 147 Pigeons bisets
  • 2 Harfangs des neiges
  • 1 Faucon gerfaut­ – Cet individu avait été photographié une première fois dans ce secteur le 27 décembre dernier. Il s’agit sans aucun doute d’une femelle qui, dès le premier coup d’œil, apparaît nettement plus grosse et plus costaude que le petit mâle que j’avais vu à Rivière‑Ouelle en mars dernier.

Vu de derrière dans cette pose maintenant classique,
ce faucon pourrait bien passer pour un individu de forme grise.
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 4 février 2017 © Claude Auchu
  • 13 Geais bleus
  • 1 Corneille d’Amérique
  • 12 Grands Corbeaux
  • 26 Alouettes hausse-col – Vingt-trois alouettes se trouvaient à Rivière‑Ouelle et trois autres à Kamouraska.
  • 19 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine blanche – Deux oiseaux à une même mangeoire de Rivière‑Ouelle.
  • 102 Étourneaux sansonnets – Les étourneaux ont été beaucoup plus discrets que la semaine dernière. Au moins 70 individus tournoyaient tout de même autour du premier silo où était perché le gerfaut!
  • 30 Plectrophanes des neiges
  • 1 Tarin des pins

La semaine dernière, un compagnon de travail m’a fièrement annoncé que plus de 70 Durbecs des sapins visitaient régulièrement ses mangeoires situées dans le village de Saint-Onésime. Nous avons décidé d’aller vérifier ses dires, mais pas avant d’avoir inspecté de belles zones conifériennes situées plus loin à l’intérieur des terres. Les sections de forêts visitées étaient parsemées d’épinettes dont les troncs avaient été littéralement épluchés par des pics. Les « picados » (Pic à dos noir et Pic à dos rayé), en particulier, se nourrissent régulièrement de cette façon, en faisant tomber au sol l’écorce de conifères morts lorsqu’ils sont à la recherche de larves d’insectes. Une belle occasion pour nous de mettre l’œil sur ces espèces toujours rares dans notre région. De surcroit, pour notre plus grand plaisir, les oiseaux étaient omniprésents et très démonstratifs dimanche matin dans les forêts situées au fin fond de Saint-Onésime!

Le vaste territoire de Saint-Onésime nous aura permis de voir les espèces suivantes dimanche le 5 février entre 7 h 25 et 11 h 00 :
  • 1 Gélinotte huppée
  • 3 Pigeons bisets
  • 3 Pics chevelus
  • 1 Pic à dos noir – Une femelle travaillait fort sous une faible neige pour dénicher sa nourriture.

Pic à dos noir (Black-backed Woodpecker – Picoides arcticus)
Saint-Onésime – 5 février 2017 © Claude Auchu
  • 1 Mésangeai du Canada
  • 6 Geais bleus
  • 4 Corneilles d’Amérique
  • 6 Grands Corbeaux
  • 32 Mésanges à tête noire
  • 2 Mésanges à tête brune
  • 1 Grimpereau brun
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 25 Durbecs des sapins – Ils n’étaient peut-être pas 70, mais nous avons été pleinement satisfaits par la présence bien marquée de ces 25 oiseaux à la mangeoire de notre ami.
  • 3 Gros-becs errants
  • 1 Junco ardoisé – Ce junco accompagnait un groupe de mésanges près de quelques chalets, bien qu’aucune vraie mangeoire ne soit active dans le voisinage. Puisque les fringillidés ne trouvent rien à manger en forêt, de quoi peut bien se nourrir cet oiseau???

Cette fin de semaine a été excellente pour notre moral! Mais, maintenant que nous avons vu un Faucon gerfaut blanc et un autre sombre de façon satisfaisante depuis le début de l’hiver, peut-on maintenant espérer en voir un de forme grise? 

mardi 31 janvier 2017

Une Bernache du Canada en prime!

Durant cette autre petite fin de semaine hivernale, nous avons continué à explorer notre région à la recherche d’oiseaux. Depuis deux semaines, la température est demeurée relativement douce, ce qui nous a fourni des précipitations régulières, mais peu de soleil.

Samedi matin, nous avons parcouru plus de huit kilomètres dans la forêt où nous avions vu ou entendu une dizaine de pics il y a trois semaines. Cette fois, peut-être en partie à cause du vent, aucun ne s’est manifesté. Bien sûr, de nombreuses et fidèles mésanges ont croisé notre route dans ce boisé, certaines accompagnées de deux grimpereaux inespérés. Sur le chemin du retour, nous avons visité quelques mangeoires, ajoutant ainsi quelques espèces à notre maigre liste.

À La Pocatière, samedi le 28 janvier, les oiseaux suivants ont été vus entre 7 h 45 et 11 h 00 :
  • 13 Pigeons bisets
  • 2 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 2 Corneilles d’Amérique
  • 8 Grands Corbeaux
  • 15 Mésanges à tête noire
  • 2 Grimpereaux bruns
  • 9 Moineaux domestiques – Même les moineaux sont difficiles à trouver cet hiver! Les individus qui fréquentent habituellement un secteur de la ville semblent s’être dispersés. Ceux rencontrés samedi fréquentaient une ferme bovine où ils peuvent profiter d’un abri, de nourriture et de compagnie!
  • 25 Durbecs des sapins
  • 23 Gros-becs errants

Dimanche, c’est vers l’intérieur des terres que nous nous sommes dirigés, en visant tout particulièrement le secteur du lac de l’Est, situé à l’extrémité sud de la route 287. Malgré des efforts notables et l’absence totale de vent, nous n’avons pas réussi à voir ni entendre un seul fringillidé (durbecs, roselins, sizerins…). Nous nous y attendions un peu, mais nous étions tout de même curieux de vérifier si ces espèces étaient aussi rares profondément en forêt qu’ils le sont en bordure du fleuve.

Dimanche le 29 janvier, de 8 h 05 à 10 h 25, la route et le pourtour du lac de l’Est nous auront permis de voir les espèces suivantes :
  • 2 Gélinottes huppées
  • 2 Pics chevelus
  • 1 Grand Pic
  • 2 Mésangeais du Canada – Il n’y a peut-être pas de fringillidés, mais les forêts de conifères traversées par la route 287 accueillent tout de même des mésangeais! En plus d’être omnivores, ces oiseaux sont très débrouillards et cachent des provisions un peu partout sur leur territoire. Malgré cela, même les mésangeais doivent à l’occasion effectuer de petits déplacements lors des pénuries de nourriture.
  • 15 Geais bleus
  • 2 Grands Corbeaux
  • 28 Mésanges à tête noire
  • 1 Mésange à tête brune
  • 3 Roitelets à couronne dorée – Les minuscules roitelets semblent bien présents dans nos forêts conifériennes cet hiver.

Au retour de cette courte excursion, nous n’avons pu résister à la tentation d’essayer à notre tour de voir un Faucon gerfaut dans le secteur de Kamouraska. Je devrais peut-être plutôt dire « revoir » puisque nous avons eu la chance d’observer deux individus à Kamouraska il y a tout juste un mois!

Nous avons patrouillé Kamouraska de 11 h 05 à 13 h 00 sans réussir à voir le faucon. Les oiseaux suivants ont tout de même été notés sur place :
  • 1 Goéland marin
  • 95 Pigeons bisets
  • 3 Grands Corbeaux
  • 4 Alouettes hausse-col
  • 1000 Étourneaux sansonnets – Ces oiseaux étaient en fait à Saint-Denis, mais nous les avons repérés alors que nous étions nous-mêmes à Kamouraska. Les étourneaux pris de panique volaient haut dans le ciel en un long groupe compact, bien visible aux jumelles depuis notre position 2,2 kilomètres plus loin! Un sprint rapide de notre part ne nous aura pas permis de voir la cause de cette agitation. Une trentaine de minutes plus tard, une autre alerte au même endroit aurait été causée par un jeune Épervier de Cooper qui, à notre arrivée, avait suivi certains étourneaux jusqu’à l’intérieur d’un silo! Avec une telle abondance de nourriture, pas surprenant que les prédateurs soient bien présents!
  • 12 Plectrophanes lapons
  • 2 Plectrophanes des neiges

Au retour, à Rivière-Ouelle, un Harfang des neiges bien installé sur son perchoir habituel a accepté de poser pour moi.
Harfang des neiges (Snowy Owl – Bubo scandiacus)
Rivière-Ouelle – 29 janvier 2017 © Claude Auchu
Mais, finalement, la vedette de la journée n’aura pas été trouvée au lac de l’Est ou à Kamouraska. Avant même le lever du soleil, nous avons eu la surprise de voir une Bernache du Canada traverser la route devant nous et se poser dans un champ enneigé à La Pocatière! Puisqu’il n’y a pas vraiment d’eau libre à La Pocatière à la fin de janvier, on suppose que cette bernache grappille ce qu’elle peut trouver dans les champs. Elle semblait tout de même en bien meilleure forme que l’oiseau vu à Rivière-Ouelle le 2 janvier dernier. Un individu avait réussi à hiverner à La Pocatière en 2014-15. 

mardi 24 janvier 2017

À la rencontre des canards

Lorsque le mercure atteint le point de congélation en janvier, il y a bien des choses qui changent pour les oiseaux et ceux qui les observent. Les Étourneaux sansonnets se mettent à chanter, les corneilles commencent à inspecter la bordure des routes comme le feront les premières migratrices dans six semaines et les observateurs, eux, rêvent au mois de mars! C’est sans doute pourquoi nous avions les canards en tête durant cette dernière fin de semaine. Samedi matin, nous avons donc fait une visite au quai de Rivière-Ouelle et la journée de dimanche a été consacrée à notre pèlerinage annuel à Dégelis.

En réalité, notre excursion à Rivière-Ouelle n’était pas vraiment destinée aux canards. Nous savons bien que, sauf pour de très rares exceptions, les canards sont absents de la région en janvier et en février. Le mois de janvier 2016 avait été tout à fait exceptionnel pour les canards, mais 2017 nous a brusquement ramenés à la réalité. Les longues minutes passées au bout du quai ont été tranquilles et le principal spectacle consistait regarder les glaces se briser bruyamment contre les parois du quai. Aucun oiseau aquatique n’a daigné se montrer, pas même un simple Goéland arctique. Le thermomètre peut bien indiquer 0°C, nous sommes tout de même en janvier!
Une courte tournée à La Pocatière nous a permis d’ajouter quelques espèces à cette petite journée hivernale.

Voici le total des oiseaux vus samedi le 21 janvier à Rivière-Ouelle et à La Pocatière :
  • 46 Pigeons bisets
  • 20 Tourterelles tristes
  • 1 Épervier de Cooper – Un adulte à La Pocatière vu uniquement par Christiane.
  • 1 Harfang des neiges – Comparativement aux deux derniers hivers, les harfangs sont plutôt rares dans la région cette saison. Un individu semble cependant faire la navette entre Rivière-Ouelle et La Pocatière. Nous le voyons irrégulièrement dans les deux municipalités, à des sites distants parfois de 3,5 kilomètres.
  • 1 Pic mineur
  • 2 Pies-grièches grises
  • 7 Geais bleus
  • 4 Corneilles d’Amérique
  • 10 Grands Corbeaux
  • 10 Alouettes hausse-col
  • 19 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 65 Étourneaux sansonnets
  • 10 Durbecs des sapins
  • 24 Chardonnerets jaunes – L’espèce est tellement rare dans la région cet hiver que nous avons été bien surpris de rencontrer un groupe de 24 oiseaux à une même mangeoire à La Pocatière!
  • 1 Plectrophane lapon – Encore une fois, un individu accompagnait les alouettes à Rivière-Ouelle.
  • 1 Plectrophane des neiges

La douceur de la journée de dimanche nous a encouragés à effectuer notre visite hivernale à Dégelis, la bien nommée. À chaque année, au milieu de l’hiver, nous parcourons avec plaisir les 150 kilomètres séparant La Pocatière de cette petite ville du Témiscouata afin d’observer les canards hivernant sur la rivière Madawaska. Je dois même avouer que ce petit détour est le seul que je fais hors de ma région sans me sentir coupable d’abandonner « mes » oiseaux! Mais, puisque j’ai visité Dégelis pratiquement à chaque hiver lorsque c'était possible depuis 1984‑85, cette sortie est devenue pour moi un incontournable.
À chaque visite, nous suivons approximativement le même trajet. Nous savons donc à l’avance ce que nous allons voir à tel endroit et à tel moment. Mais, bien sûr, il reste les surprises! Dimanche, un des premiers canards vus sur la rivière a été un Fuligule à collier, une espèce rare n’importe où au Québec en janvier! Ça commençait bien l’excursion!!! Mais, par la suite, nous avons été extrêmement surpris par la faible quantité de garrots. Les Garrots d’Islande, en particulier, ont été difficiles à trouver! Au retour de notre longue marche sur le rang Turcotte, un couple de Pygargues à tête blanche était perché dans les grands arbres surplombant l’endroit où les canards sont habituellement les plus concentrés. Ces redoutables voisins donnent sûrement aux canards une bonne raison de demeurer discrets! D’ailleurs, même si nous savions qu’il était dans le secteur, le Fuligule à collier n’a pas été revu du reste de l’excursion. Qu’avons-nous donc pu manquer d’autres???

Dimanche le 22 janvier, entre 8 h 00 et 12 h 00, notre passage à Dégelis nous aura permis de voir les espèces suivantes:
  • 26 Canards colverts
  • 1 Fuligule à collier – Il s’agit sans aucun doute du mâle observé sur le lac Témiscouata au début de janvier et qui a retraité vers la rivière Madawaska à la prise des glaces. Avez-vous déjà réussi à voir le collier marron qui a donné son nom à l’espèce? Il faut pratiquement avoir l’oiseau en main pour réussir à le voir, si bien que l’American Ornithological Society songe présentement à remplacer son nom anglais de « Ring-necked Duck » par « Ring-billed Duck ». Devrions-nous faire de même et changer son nom pour Fuligule à bec cerclé? Ce nom est déjà utilisé en Europe francophone depuis longtemps…

Fuligule à collier (Ring-necked Duck – Aythya collaris)
Dégelis – 22 janvier 2017 © Claude Auchu
  • 1 Petit Garrot – Un mâle accompagnait les Garrots à œil d’or. Je n’avais vu un Petit Garrot à Dégelis en hiver qu’à une seule occasion auparavant, une femelle le 18 janvier 2014.

Petit Garrot (Bufflehead – Bucephala albeola)
Dégelis – 22 janvier 2017 © Claude Auchu
  • 31 Garrots à œil d’or
  • 6 Garrots d’Islande – Seulement quatre mâles et deux femelles observés en un seul groupe.

Garrots d’Islande (Barrow’s Goldeneyes – Bucephala islandica)
Dégelis – 22 janvier 2017 © Claude Auchu
  • 5 Harles couronnés – Trois mâles et deux femelles pour cette espèce de plus en plus évidente à ce site en hiver. Encore une fois, ils ont été vus à plusieurs reprises mangeant des écrevisses.

Harles couronnés (Hooded Mergansers – Lophodytes cucullatus)
Dégelis – 22 janvier 2017 © Claude Auchu
  • 5 Grands Harles
  • 38 Pigeons bisets
  • 2 Pygargues à tête blanche – Un couple est venu se percher en criant en bordure de la rivière. Il est toujours agréable de voir de tels oiseaux, même si ça nous coûte quelques canards!

Pygargues à tête blanche (Bald Eagles – Haliaeetus leucocephalus)
Dégelis – 22 janvier 2017 © Claude Auchu
  • 2 Pics mineurs
  • 2 Pics chevelus
  • 4 Geais bleus
  • 12 Corneilles d’Amérique
  • 13 Grands Corbeaux
  • 29 Mésanges à tête noire
  • 5 Durbecs des sapins

Nous avons observé sept espèces de canards à Dégelis, mais seulement cinq espèces de passereaux! De plus, aucun fringillidé n’a été aperçu durant le trajet pour nous rendre à destination et en revenir. Espérons que les souvenirs des canards de Dégelis seront suffisants pour nous permettre de survivre jusqu’à l’arrivée du printemps! 

mardi 17 janvier 2017

Il était une fois... une mangeoire à goélands!

Cet hiver, les oiseaux sont vraiment difficiles à trouver. La production de graines et de fruits sauvages a été presque nulle dans la région l’été dernier et les oiseaux, n’ayant rien à se mettre sous la dent (?), n’ont eu d’autres choix que de nous quitter. Pour les observateurs d’oiseaux, une des choses les plus simples à faire dans de telles circonstances est de trouver des mangeoires fiables en espérant que les oiseaux les aient trouvées eux aussi! Il y a quelques années, lorsque nous habitions aux Escoumins, nous avions mis en place une mangeoire bien particulière : une mangeoire destinée aux goélands!
Situé en Haute-Côte-Nord, le village des Escoumins est réputé auprès des ornithologues pour ses rassemblements de mouettes et de goélands et, peut-être plus encore, pour l’accessibilité des sites permettant de les observer de très près. La baie située devant le village offre aux oiseaux un endroit abrité où ils peuvent se nourrir et se reposer. Durant les six ans et demi passées aux Escoumins, nous avons réussi à voir 16 espèces de goélands et mouettes à l’intérieur de cette petite baie d’à peine 0,5 km²!
L’histoire a débuté le 15 décembre 1997 lorsque, en me rendant simplement au bureau de poste, j’avais trouvé deux Mouettes blanches en bordure de la route 138! Un des oiseaux était demeuré sur place jusqu’au 21 décembre, ce qui a permis à de nombreux observateurs de voir enfin cet oiseau de l’Arctique dont aucun représentant n’avait été « cochable » dans le sud du Québec depuis plus de 15 ans! Pour inciter cet oiseau déjà très peu farouche à s’approcher de nous, nous lui avions offert de petits morceaux de suif. Ces appâts avaient tôt fait d’attirer également plusieurs goélands, en particulier d’énormes Goélands bourgmestres. Après le départ de la mouette (et des observateurs…), nous avions continué à nourrir les goélands avec des morceaux de suif, mais en nous installant à la pointe de la croix, cette petite presqu’île qui nous offrait à la fois une bonne vue d’ensemble de la baie des Escoumins et du fleuve. Nous les avons nourris ainsi pratiquement à tous les jours durant le reste de l’hiver et les cinq hivers suivants!
Goéland bourgmestre, immature à son premier hiver (Glaucous Gull – Larus hyperboreus)
Les Escoumins – 5 février 2001 © Claude Auchu
Notre technique était bien simple. Dès notre arrivée aux Escoumins, nous nous étions liés d’amitié avec un boucher qui se faisait un plaisir de nous fournir du gras animal en grande quantité. Nous sortions donc régulièrement de l’épicerie avec un gros sac de suif que je taillais ensuite en petits cubes qui s’entassaient dans notre congélateur en portions quotidiennes. Nous conservions intacts les plus gros morceaux qui étaient destinés aux goélands les plus farouches.
La route conduisant à la pointe de la croix étant fermée aux automobiles durant l’hiver, nous étions donc bien tranquilles pour nourrir les goélands hivernants. Presque immobiles sur nos petits bancs, les oiseaux ont rapidement appris à lier notre présence à de la nourriture facile. Le bloc de suif était attaché à une grosse branche placée à une distance variant entre cinq et quinze mètres de nous, selon le taux de nervosité des goélands. Les petits cubes de suif étaient versés sur le sol près de moi et, à l’aide d’une vieille cuillère de bois, je lançais les morceaux aux goélands les plus audacieux. Certains oiseaux sont vite devenus très familiers et, à chaque hiver, un ou deux jeunes Goélands bourgmestres s’approchaient continuellement à moins d’un mètre de nous en marchant. Certains autres goélands venaient vers nous en espérant saisir au vol les morceaux de suif que je leurs lançais. Je me souviens en particulier d’un Goéland argenté adulte dont les larges rayures à la tête lui donnaient une allure particulièrement agressive. Il s’approchait de nous d’un vol direct en nous fixant avec son regard sévère et réussissait à tout coup à saisir à quelques mètres devant nous la nourriture que je lui lançais. C’était vraiment impressionnant!
Goéland argenté, adulte (Herring Gull – Larus argentatus)
Les Escoumins – 12 février 2003 © Claude Auchu
Nous avons vite constaté que chaque espèce avait son caractère distinctif qui se répétait à chaque hiver. Outre les jeunes Goélands bourgmestres qui se promenaient nonchalamment autour de nous, ce sont les Goélands arctiques qui étaient les plus audacieux. En les voyant de si près, nous avons eu l’occasion de constater toute l’étendue des variations du plumage de cette espèce. Autant chez les jeunes que chez les adultes, il n’y avait jamais deux individus semblables… De leur côté, les Goélands argentés étaient nettement plus prudents, préférant rester en périphérie de toute cette agitation. Une minorité osait tout de même s’approcher, mais toujours avec précaution. Les Goélands marins ont toujours été les plus farouches et ce sont eux qui s’accaparaient le gros bloc solidement attaché plus loin. Entre 30 et 50 goélands étaient nourris ainsi à tous les jours, sans compter plusieurs dizaines d’autres qui s’approchaient par curiosité. 
Goéland arctique, immature à son premier hiver (Iceland Gull – Larus glaucoides)
Les Escoumins - 23 janvier 2002 © Claude Auchu
Goéland arctique, un adulte au bout des ailes particulièrement pâle (Iceland Gull – Larus glaucoides)
Les Escoumins - 23 janvier 2002 © Claude Auchu

Goéland arctique, un adulte au bout des ailes particulièrement foncé (Iceland Gull – Larus glaucoides)
Les Escoumins – 9 mars 2001 © Claude Auchu
Ces rassemblements comprenaient aussi des goélands de passage. Ces visiteurs nous ont procuré de belles surprises dont plusieurs « Goélands de Nelson » (qui sont en fait des hybrides Goéland bourgmestre x Goéland argenté) et deux hybrides Goéland bourgmestre x Goéland marin. Un Goéland brun nous avait même visité à plusieurs reprises de décembre 2000 à mars 2001 établissant ainsi le deuxième hivernage complet de l’espèce au Québec! Nous nous étions même risqués à identifier quatre Goélands de Thayer près de notre mangeoire, en plus d’un autre oiseau dont je vous ai déjà parlé qui en était peut-être un…
Goéland… de Thayer? Noter le bout des ailes pratiquement noirs et les yeux sombres
Les Escoumins – 8 mars 2001 © Claude Auchu
Nous étions pratiquement les seuls à nous rendre jusqu’à la croix durant l’hiver. Les goélands apprenaient donc rapidement à nous reconnaître. Dès que nous apparaissions au loin, ils quittaient la baie et arrivaient au site de nourrissage bien avant nous. Parfois, lorsque nous étions sur place, les oiseaux prenaient peur et s’éloignaient. Par réflexe, nous levions les yeux au ciel en cherchant un éventuel pygargue mais, plus souvent qu’autrement, il s’agissait simplement d’un promeneur qui venait à peine de s’aventurer sur la route menant à la croix! Les goélands nous reconnaissaient, mais ils continuaient à craindre les autres humains!!! Par grands froids, lorsque le fleuve se remplissait de glaces pour quelques jours, seuls nos fidèles goélands demeuraient dans la baie. Certains individus devenaient alors très entreprenants. Avez-vous déjà fait manger des Goélands arctiques dans vos mains? Nous, oui! Lors d’une vague de froid, nous nous étions accroupis au sol avec de petits morceaux de suif dans nos mains. Après une brève hésitation, les Goélands arctiques étaient venus chercher leur pitance directement dans nos mains! Ce fut toute une sensation de les voir s’étirer le cou et saisir ces petites bouchées du bout du bec!
Goéland marin, immature à son premier hiver (Great Black-backed Gull – Larus marinus)
Les Escoumins – 9 mars 2001 © Claude Auchu
Il n’y avait pas que les goélands qui profitaient de ces banquets. Puisque nous avons toujours eu un faible pour les corneilles, nous leur réservions les meilleurs morceaux. Des retailles de belle viande rouge étaient souvent présentes sur les blocs de gras fournis par le boucher. Je prenais le temps de les couper en lanières que nous installions sur les branches au cœur des buissons. Les goélands n’y avaient pas accès, mais les corneilles venaient les chercher sans gêne à trois mètres de nous. Lorsqu’elles s’enfuyaient avec leur butin, elles avaient l’habitude de longer les fils électriques afin d’esquiver les poursuites des goélands. Il ne faut surtout pas oublier la visite de ce Pygargue à tête blanche adulte qui, après avoir goûté au bloc destiné aux gros goélands, avait essayé de s’envoler en tenant le morceau dans ses serres. Heureusement, il était bien attaché à une grosse branche!!!
Christiane servant la collation!
Les Escoumins – 15 février 2002 © Claude Auchu
C’est à la fin de mars que nous arrêtions de nourrir les goélands, tout juste au moment où la route d’accès était déneigée pour l’ouverture de la pêche aux crabes. Un grand festin avait alors lieu pour les goélands puisque tout le suif encore entreposé dans notre congélateur était offert d’un seul coup. Les Goélands à bec cerclé, fraîchement arrivés, se joignaient à la curée et ajoutaient leurs cris aigus aux notes plus rauques entendues depuis quatre mois. Lorsque nous recommencions à la fin de l’automne suivant, certains goélands de l’année précédente étaient de retour et le manège recommençait de plus belle!
Vous trouvez peut-être qu’il s’agit d’une bien étrange façon de s’assurer d’avoir des oiseaux à observer durant l’hiver. Mais si vous saviez tout le plaisir que nous avons eu…! 

mardi 10 janvier 2017

Quatre espèces de fringillidés, mais pas de Bruant des prés

Voilà une belle fin de semaine vraiment hivernale, avec une température froide, du temps sec et un vent presque nul. C’est en plein le genre de journée où l’on entend la neige craquer sous nos pas! Les oiseaux n’ont pas été plus communs pour autant, mais les conditions étaient parfaites pour prendre de bonnes marches de santé!

La matinée de samedi à Rivière-Ouelle a tout de même été légèrement gâchée par un petit brouillard de neige parfois dense arrivant du fleuve. Les 30 minutes passées au quai nous ont tout de même permis de confirmer qu’aucune des espèces aquatiques tant espérées ne bougeait au large!

Notre passage à Rivière-Ouelle de samedi le 7 janvier nous aura malgré tout offert les espèces suivantes, vues entre 7 h 30 et 10 h 10 :
  • 12 Perdrix grises – Encore une fois, deux groupes ont été aperçus au cours de la matinée. Comme la semaine dernière, le premier s’alimentait sous une mangeoire et le deuxième se trouvait en bordure d’une route. Si leur présence si près des habitations est certainement liée à l’accumulation importante de neige, il est également vrai qu’il est plus facile pour nous de repérer ces oiseaux que ceux bien cachés dans le fond d’un champ.
  • 10 Pigeons bisets
  • 13 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 2 Geais bleus
  • 1 Corneille d’Amérique
  • 23 Grands Corbeaux – Comme il arrive parfois, surtout en début d’hiver, plusieurs corbeaux volaient en direction de La Pocatière tôt le matin. Je serais curieux de savoir ce qu’ils espèrent trouver de plus à La Pocatière?!?

Grand Corbeau (Common Raven – Corvus corax)
Rivière-Ouelle – 7 janvier 2017 © Claude Auchu
  • 25 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse – Une deuxième mention à l’intérieur d’une même semaine pour cette espèce introuvable cet hiver.
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 6 Étourneaux sansonnets
  • 80 Plectrophanes des neiges

Dimanche matin, une tournée à travers La Pocatière était au programme. Lors de notre longue marche à travers un boisé mixte, nous nous sommes rendus compte que les pics tambourinaient avec une vigueur inhabituelle, comme s’ils appréciaient la résonnance du tronc des arbres par cette matinée froide. La rencontre avec quatre espèces de fringillidés (Durbec des sapins, Sizerin flammé, Chardonneret jaune et Gros-bec errant) était presque inespérée en cet hiver si pauvre.

Dimanche le 8 janvier, entre 7 h 45 et 11 h 30, les espèces suivantes ont croisé notre chemin à La Pocatière :
  • 1 Canard colvert – Que faisait-il donc dans un fossé en ce début de janvier? Il y a un mois que l’espèce a quitté le fleuve!
  • 20 Pigeons bisets
  • 8 Tourterelles tristes
  • 2 Pics mineurs
  • 3 Pics chevelus
  • 1 Corneille d’Amérique
  • 3 Grands Corbeaux
  • 29 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 75 Étourneaux sansonnets
  • 4 Plectrophanes des neiges

Plectrophane des neiges (Snow Bunting – Plectrophenax nivalis)
La Pocatière – 8 janvier 2017 © Claude Auchu
  • 1 Junco ardoisé – Contrairement aux autres bruants qui se risquent à hiverner dans la région, le junco semble presque insensible au froid. Il n’y a en fait que le Bruant hudsonien qui se tire aussi bien d’affaire que lui, bien qu’il soit plus rare que le junco en hiver. Celui vu dimanche était perché bien en évidence, sans être accroupi sur ces pattes comme le font certaines espèces par temps froid. Le junco hiverne maintenant dans la région beaucoup plus régulièrement que durant les années 1980. Est-ce dû au réchauffement climatique (qui n’est pas évident cet hiver) ou si l’espèce est plus résistante qu’auparavant?
  • 1 Quiscale bronzé
  • 11 Durbecs des sapins
  • 2 Sizerins flammés
  • 3 Chardonnerets jaunes
  • 12 Gros-becs errants
  • 7 Moineaux domestiques

Et le Bruant des prés? À ma connaissance, il n’a pas été vu depuis vendredi le 6 janvier. Est-il parti (pour un monde meilleur) ou a-t-il simplement trouvé un autre site d’alimentation? L’arrivée de quelques plectrophanes peut-être trop enjoués à la mangeoire qu’il avait adoptée peut avoir eu un impact sur sa disparition.

Ce fut une petite fin de semaine comme il s’en répétera sûrement au cours des deux prochains mois. Si vous aimez les oiseaux rares, c’est le temps de sortir à l’extérieur : tous les oiseaux sont rares cet hiver!