mardi 28 mars 2017

Une Chouette rayée et son cortège

Il faut se faire à l’idée : le printemps 2017 ne ressemblera pas aux autres! Un ami me disait justement la semaine dernière : « Nous nous attendons à trop du printemps et nous sommes donc toujours déçus! ». C’est sans doute vrai mais, même sans connaître un printemps aussi hâtif que celui de 2012, j’aurais tout de même souhaité que le printemps 2017 soit au moins dans la moyenne. C’est loin d’être le cas et, après un des hivers les plus pauvres en oiseaux de mémoire d’homme (moi en l’occurrence…), le printemps et les oiseaux qui l’animent se font toujours attendre.

La journée de samedi fut tout de même très bien, avec une température oscillant entre ‑1 et ‑3°C. Avec des vents presque nuls et le ciel totalement dégagé, les conditions étaient belles pour parcourir la région à la recherche d’oiseaux, en autant que l’on n’espère pas rencontrer de canards! Nous avons débuté par une tournée en forêt où les oiseaux étaient particulièrement exubérants. La présence d’une Chouette rayée dans le secteur était sans doute en partie responsable de ce brouhaha. Par la suite, nous avons passé près de deux heures bien installés sur un promontoire en bordure de La Pocatière à inspecter le ciel à la recherche d’oiseaux de proie en migration.

Samedi le 25 mars, nous avons réussi à dénicher un total respectable de 28 espèces à La Pocatière, entre 7 h 30 et 12 h 00 :
  • 3 Pigeons bisets
  • 17 Tourterelles tristes
  • 4 Goélands à bec cerclé – Nos premiers en 2017. La date moyenne de ma première observation printanière depuis 2004 est le 16 mars. Pour la période 1982-96, leur arrivée était plutôt centrée sur le 25 mars!
  • 4 Goélands argentés
  • 4 Goélands marins
  • 1 Épervier brun
  • 1 Autour des palombes – Après le lent passage d’un minuscule Épervier brun, un énorme Autour des palombes adulte a, à son tour, survolé La Pocatière. 
  • 1 Chouette rayée – Une belle rencontre avec cette espèce dans un boisé où elle ne niche assurément pas. La chouette s’est perchée silencieusement près de nous avant de repartir précipitamment en nous apercevant. Pourtant, après deux ou trois imitations de son cri, elle est revenue en vitesse se poser presque directement au-dessus de nos têtes! Comme il arrive souvent, elle était escortée par un bel assortiment d’oiseaux : Mésanges à tête noire, Roitelets à couronne dorée, Grimpereaux bruns, Pics mineurs et chevelus manifestaient à grands cris. Lorsque l’occasion se présente, les Chouettes rayées peuvent capturer des petits oiseaux. Nous avons déjà vu une chouette avec un Bruant à gorge blanche dans le bec et une autre capturer une Paruline couronnée!

Chouette rayée (Barred Owl – Strix varia)
La Pocatière – 25 mars 2017 © Claude Auchu
En voilà deux qui se surveillent!
Pic chevelu (Hairy Woodpecker – Picoides villosus) et Chouette rayée (Barred Owl – Strix varia)
La Pocatière – 25 mars 2017 © Claude Auchu
  • 8 Pics mineurs – Une excellente matinée pour ce petit pic!
  • 2 Pics chevelus
  • 2 Grands Pics – Un mâle et une femelle, présents dans le même secteur.
  • 4 Geais bleus
  • 130 Corneilles d’Amérique – Étrangement, aucune corneille n’a été vue en migration durant la matinée!
  • 4 Grands Corbeaux
  • 13 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 2 Grimpereaux bruns
  • 2 Roitelets à couronne dorée
  • 85 Étourneaux sansonnets
  • 5 Moineaux domestiques
  • 1 Roselin familier – Le roselin mâle présent dans notre quartier depuis le mois de janvier tient bon. Espérons qu’il réussira à trouver une femelle; les mentions de nidification dans la région sont encore très rares.
  • 2 Sizerins flammés
  • 5 Chardonnerets jaunes
  • 2 Gros-becs errants
  • 20 Plectrophanes des neiges
  • 1 Carouge à épaulettes
  • 1 Quiscale bronzé

Dimanche matin, malgré un frisquet ‑13°C au mercure, nous sommes tout de même allés patrouiller Rivière-Ouelle. Mais, comme le dit parfois Christiane, les oiseaux étaient « omni‑absents »!!! En plus du fleuve encore recouvert de glaces ne laissant aucune place aux oiseaux aquatiques, les champs presque entièrement enneigés ne sont pas plus accueillants pour les Pluviers kildirs, les Busards Saint-Martin ou les Crécerelles d’Amérique qui devraient déjà être sur place. La rencontre la plus marquante de la journée n’impliquait même pas des oiseaux, mais plutôt un couple de Coyotes!
Le mâle…
Coyote (Coyote – Canis latrans)
Rivière-Ouelle – 26 mars 2017 © Claude Auchu
…et la femelle
Coyote (Coyote – Canis latrans)
Rivière-Ouelle – 26 mars 2017 © Claude Auchu
Pour la première fois depuis que j’observe sérieusement les oiseaux, il semble bien que je ne verrai aucun canard durant le mois de mars (à moins que…)!!! J’avais pourtant observé 15 espèces en mars 2016! Nous avons déjà perdu trois fins de semaine de la douzaine que contient un printemps moyen; c’est déjà le quart de la saison! Peu importe la température que nous connaîtrons en avril et en mai, les fins de semaine perdues ne pourront pas être reprises puisque le mois de juin, avec ses feuilles et ses moustiques, arrivent toujours à la même date! 

mardi 21 mars 2017

Un autre Faucon gerfaut?!?

Comme c’est le cas pratiquement à chaque année, nous avons encore eu une belle tempête de neige à la mi-mars. Ce n’est sûrement qu’un simple fait divers pour les oiseaux migrant à cette période de l’année et les cris enthousiastes des corneilles pendant que nous pelletions ces tonnes de neige le lendemain en était une belle preuve. Malgré cela, la quarantaine de centimètres de neige tombés sur la région ont sûrement ralenti les oiseaux tant attendus. Et, surtout, les vents violents qui ont soufflé du nord ont complètement rempli le fleuve de glace! Ce ne sera sûrement pas facile de trouver des canards durant la fin de semaine!!!

En attendant que la température douce et les vents fassent disparaître les glaces, nous avons encore dû nous réfugier en forêt. Cette fois, nous avons choisi les forêts conifériennes de Saint-Onésime. Une fois rendus à notre destination, le thermomètre n’indiquait qu’un frisquet ‑20°C, mais il était déjà remonté à ‑8° au retour trois heures plus tard. Le soleil est toujours très ardent en mars et les écarts de température entre le minimum et le maximum sont souvent très marqués.

À Saint-Onésime, samedi le 18 mars, seuls les oiseaux suivants se sont montrés entre 7 h 00 et 10 h 05 :
  • 1 Pigeon biset
  • 2 Pics mineurs
  • 2 Pics chevelus
  • 1 Grand Pic – Quelques arbres portaient des traces du travail de cet énorme pic!
  • 5 Geais bleus
  • 25 Corneilles d’Amérique
  • 5 Grands Corbeaux
  • 17 Mésanges à tête noire
  • 13 Étourneaux sansonnets
  • 9 Durbecs des sapins
  • 1 Junco ardoisé – Il semble bien que ce vaillant petit junco a réussi à hiverner dans cet environnement pratiquement sans mangeoire!

Malheureusement pour nous, les mésangeais, Mésanges à tête brune et Roitelets à couronne dorée vus au même endroit il y a deux semaines ne se sont pas montrés. Dommage car nous ne retournerons probablement pas à ce site avant l’été!

Dimanche matin, nous avons décidé d’attaquer le fleuve… malgré la présence de glaces. Au quai de Rivière-Ouelle, il n’y avait pratiquement aucune trace d’eau libre. Il est rare que je souhaite un vent du sud-ouest, mais c’est bien ce qu’il faudrait pour pousser vers le large cette barrière naturelle contre les canards. En travaillant forts au télescope, nous avons tout de même réussi à voir quelques goélands qui remontaient le fleuve, mais seulement cinq individus ont pu être identifiés à l’espèce. Après plus d’une heure, nous avons plié bagages (et trépieds) pour aller voir ailleurs. D’humeur morose, mais voulant malgré tout continuer à profiter d’une si belle température, nous avons repris presque à contre cœur la route vers Kamouraska.
C’est finalement en parcourant le vaste territoire de Kamouraska que le sourire est revenu sur nos visages. Au détour d’une route, en longeant une petite crête rocheuse, nous avons repéré un gros oiseau blanc posé au sommet de la falaise : le Faucon gerfaut! Stationnés juste sous l’oiseau, nous avons admiré cette scène durant trente minutes. Depuis le mois de décembre, nous sommes passés à cet endroit à plusieurs reprises et, à chaque fois, nous avons ralenti en espérant que le gerfaut blanc ait eu la bonne idée de se percher sur cet escarpement nettement plus photogénique qu’un silo à grain ou un piquet de clôture! Eh bien, voilà, il y était!!!
Mais, en l’admirant au télescope, nous nous sommes rapidement rendu compte que ce gerfaut était nettement plus « beau » que celui que nous avions photographié tout près le 29 décembre et le 4 février dernier. Le premier oiseau avait la face nettement plus foncée et une ligne sombre mieux définie traversait son œil. D’abord découvert le 27 décembre, ce gros gerfaut blanc avait été vu et photographié par de nombreux observateurs ayant fait le voyage spécialement pour lui; il a finalement été rapporté jusqu’au 10 février entre Saint-Denis-De La Bouteillerie et Kamouraska. Le deuxième gerfaut blanc, celui qui a posé pour nous en ce magnifique dimanche ensoleillé, était nettement plus blanc et se trouvait légèrement à l’extérieur du secteur bien délimité que fréquentait le premier.
En regardant les photos que j’ai prises de notre Faucon gerfaut quittant sa falaise, nous avons eu une autre surprise : ses ailes étaient en pleine mue!?! Au cours des 35 dernières années, j’ai eu la chance d’observer des gerfauts à une cinquantaine de reprises entre le 19 octobre (2002) et le 18 avril (1995), mais je n’avais jamais remarqué d’individus en mue auparavant. J’ai donc fait quelques recherches afin de trouver des détails sur la période de mue de ce gros faucon, dont cet article qui résume bien les informations. Le Faucon gerfaut a dix rémiges primaires fonctionnelles (les grandes plumes attachées à la « main » de l’oiseau), dix secondaires (celles attachées à l’avant-bras) et trois tertiaires (celles attachées à son bras). Alors que la vaste majorité des oiseaux remplacent leurs rémiges à partir du poignet vers l’extérieur pour les primaires et vers l’intérieur pour les secondaires, les faucons débutent la mue de leurs ailes par la quatrième primaire et la cinquième secondaire! La mue se poursuit ensuite vers l’intérieur et vers l’extérieur alternativement. Les espaces visibles dans les ailes de notre oiseau indiquent donc qu’il débutait sa mue. Habituellement, les gerfauts ne muent qu’une fois rendus sur leur territoire de nidification, soit à partir de la fin d’avril. Qu’est-ce qui a bien pu provoquer une mue si hâtive chez cet adulte??? Encore une fois, il y a plus de questions que de réponses…!
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Kamouraska – 19 mars 2017 © Claude Auchu
Une autre chose intéressante que j’ai apprise : les faucons femelles muent avant les mâles. Pendant que la femelle couve et protège les fauconneaux naissants, elle en profite pour muer. Le mâle, qui doit conserver toutes ses capacités de vol pour nourrir sa famille, débute sa mue lorsque les jeunes sont assez développés pour se protéger seuls. La femelle suspend alors sa propre mue pour aller aider le mâle à ravitailler les oisillons. Intéressant, non?

Notre promenade de dimanche le 19 mars s’est étirée sur plus de six heures. Voici les oiseaux que nous avons rencontrés entre La Pocatière et Kamouraska :
  • 47 Pigeons bisets
  • 7 Tourterelles tristes
  • 4 Goélands argentés
  • 1 Goéland marin
  • 1 Épervier de Cooper – Un immature a encore été trouvé à Kamouraska.

Épervier de Cooper (Cooper’s Hawk – Accipiter cooperii)
Kamouraska – 19 mars 2017 © Christiane Girard
  • 2 Harfangs des neiges – À La Pocatière, deux oiseaux regardaient passer les voitures le long de l’autoroute 20. Des migrateurs remontant lentement vers leur aire de nidification sont notés régulièrement le long du fleuve à la fin de mars.
  • 2 Pics mineurs
  • 1 Faucon gerfaut – Un bel adulte de forme blanche dans un environnement naturel à Kamouraska!

Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Kamouraska – 19 mars 2017 © Claude Auchu
Il est bien plus beau que sur un silo!
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Kamouraska – 19 mars 2017 © Claude Auchu
  • 4 Geais bleus
  • 125 Corneilles d’Amérique
  • 6 Grands Corbeaux
  • 9 Alouettes hausse-col
  • 8 Mésanges à tête noire
  • 265 Étourneaux sansonnets
  • 4 Moineaux domestiques
  • 4 Chardonnerets jaunes
  • 50 Plectrophanes des neiges – Curieusement, ces plectrophanes n’ont pas été vus dans les champs bordant le fleuve. Ils se trouvaient plutôt à Mont-Carmel, presque en pleine forêt!
  • 2 Carouges à épaulettes

J’ai dû attendre lundi matin pour trouver enfin une nouvelle espèce pour l’année : en me rendant au travail, j’ai entendu un Bruant chanteur qui s’époumonait à annoncer son retour! 

mardi 14 mars 2017

Les premiers carouges sous la froidure

Pour une deuxième fin de semaine consécutives, nous avons eu droit à des conditions d’observation vraiment hivernales. Nous avons même atteint ‑22,9°C samedi matin, ce qui représente à ma grande surprise la température la plus froide de l’hiver 2016‑17 (ce qui signifie également que cet hiver a été malgré tout relativement doux)! Il y a eu bien sûr des redoux dignes du mois de mars, mais le froid qui a suivi la pluie a transformé la neige en glace. Les oiseaux essaient malgré tout de se faufiler jusqu’à nous, comme en fait foi le Quiscale bronzé présent dans notre cour le 5 mars et qui représente pour moi une nouvelle date d’arrivée hâtive, battant celle établie le 10 mars 1985, il y a donc 32 ans. Autre événement encourageant : le 4 mars, un Grand Corbeau transportait une branchette pour son nid.

Malgré ces conditions difficiles, ma fin de semaine ornithologique avait tout de même bien débuté, tôt vendredi matin le 10 mars. En me rendant à mon travail (à pied, bien entendu), j’ai eu la surprise d’entendre les cris soutenus d’un Bec‑croisé des sapins! J’ai immédiatement levé les yeux vers le ciel en espérant le voir, mais c’est plutôt une Pie‑grièche grise que j’ai repérée. Pendant qu’elle quittait le secteur d’un vol direct, le bec‑croisé continuait à crier en volant en cercle au-dessus de moi, mais en restant toujours hors de vue. Pour être aussi nerveux, j’ai l’impression que le bec‑croisé est passé bien près de servir de déjeuner à la pie‑grièche!

Samedi, comme il se doit, nous avons fait une petite tournée ornithologique. Puisque les conditions ne se prêtaient guère à une sortie le long du fleuve, nous avons dû opter pour une autre tournée en forêt. Les oiseaux n’y étaient pas plus communs que durant l’hiver qui s’achève (enfin, j’espère qu’il achève!), mais faire un peu d’exercice avec une paire de jumelles autour du cou nous a fait le plus grand bien. Effectivement, les oiseaux n’étaient pas très démonstratifs et le vent glacial soufflant de l’ouest avec force n’avait rien pour les inciter à sortir. Même les Mésanges à tête noire ont été difficiles à trouver! Heureusement, quelques mangeoires se trouvaient sur notre route.

Samedi le 11 mars, nous avons réussi à voir les oiseaux suivants à La Pocatière entre 8 h 00 et 11 h 00 :
  • 1 Gélinotte huppée
  • 8 Pigeons bisets
  • 3 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 9 Geais bleus
  • 200 Corneilles d’Amérique – Un groupe dense de corneilles était perché du côté abrité d’un petit bosquet de conifères situé en plein champ.
  • 5 Grands Corbeaux
  • 9 Mésanges à tête noire
  • 30 Étourneaux sansonnets
  • 16 Durbecs des sapins
  • 1 Roselin familier – Toujours aussi insaisissable dans la région, un mâle a trouvé la motivation nécessaire pour chanter à pleins poumons juste au moment où nous sortions de la maison!
  • 15 Chardonnerets jaunes
  • 2 Gros-becs errants
  • 1 Plectrophane des neiges
  • 3 Carouges à épaulettes – Ces trois mâles faisaient vraiment pitié à voir, cherchant des graines dans la neige glacée sous une mangeoire. J’espère que les risques qu’ils prennent pour arriver les premiers aux meilleurs sites de nidification en valent vraiment la peine! Selon mes données, les premiers carouges arrivent maintenant dans la région en moyenne une semaine plus tôt que durant les années 1980!

Côté météo, la matinée de dimanche a été à peine plus chaude que celle de samedi. Nous nous sommes tout de même rendus à Rivière‑Ouelle où, après une rapide inspection, nous avons pris la décision de poursuivre notre route vers l’est jusqu’à Saint‑Germain. Avec le froid et le vent, tout était particulièrement tranquille dans les champs, même dans le secteur où des centaines d’étourneaux ont hiverné et servi de repas aux Éperviers de Cooper et aux Faucons gerfauts. Pourquoi donc se sont-ils dispersés? Est-ce la pression des rapaces qui était rendue insoutenable ou encore l’arrivée prochaine de l’équinoxe printanier les a poussés à s’éparpiller?

Notre promenade entre Rivière-Ouelle et Saint-Germain nous aura procuré les quelques espèces suivantes dimanche le 12 mars :
  • 6 Perdrix grises – Elles étaient rassemblées discrètement le long d’une grange à Kamouraska.
  • 1 Gélinotte huppée
  • 1 Harfang des neiges
  • 3 Geais bleus
  • 48 Corneilles d’Amérique
  • 3 Grands Corbeaux
  • 14 Alouettes hausse-col – Les alouettes qui ont hiverné dans la région sont maintenant rejointes par leurs congénères arrivant du sud. La neige glacée dans les champs limite sûrement l’accès à la nourriture pour tous ces oiseaux.

Alouette hausse-col (Horned Lark – Eremophila alpestris)
Kamouraska – 12 mars 2017 © Claude Auchu
  • 8 Mésanges à tête noire
  • 6 Étourneaux sansonnets – On est loin des 1000 individus vus le 29 janvier dernier!
  • 14 Moineaux domestiques – Un petit groupe de 14 moineaux était présent sur une ferme de Saint-Germain. Les moineaux sont de plus en plus rares dans la région et c’est toujours une satisfaction pour nous de trouver de nouvelles populations. Il s’agit peut‑être d’une espèce introduite en Amérique par erreur, mais elle fait partie de nos vies depuis tellement longtemps que nous avons développé une sorte d’affection pour elle!
  • 6 Durbecs des sapins
  • 5 Plectrophanes des neiges

Encore un peu de courage pour nous et, surtout, pour les oiseaux. Le printemps finira bien par arriver! 

mardi 28 février 2017

Le retour tant attendu des corneilles et des goélands

Oui, enfin, les oiseaux ont repris la route vers le nord! Pour l’instant, dans ma région, les Corneilles d’Amérique et différents goélands sont les migrateurs les plus en évidence, mais ils ouvrent lentement la voie aux autres. Je trouve toujours surprenant de voir à quel point les oiseaux répondent rapidement au moindre changement de masse d’air. Mardi dernier, nous avons fait la route entre Québec et La Pocatière et seulement quelques corneilles étaient présentes en bordure de l’autoroute. Pourtant, à peine quatre jours plus tard et profitant d’un redoux (avec un maximum de 7,6°C le 23 février), elles étaient déjà communes dans la région samedi, autant dans la ville que dans les champs! J’aimerais bien savoir d’où arrivent ces oiseaux. De la région de Québec? De Montréal? Ou peut-être du nord des États‑Unis? Chose certaine, il y a encore moins de nourriture disponible présentement qu’il y en avait cet hiver. Avec les chutes de neige qui restent à venir (dont la fameuse « tempête des corneilles » de la mi-mars…), les oiseaux auront sûrement à jouer du coude pour survivre!

Samedi matin, c’est sous les joyeux croassements des corneilles que nous avons parcouru La Pocatière. Le mercure est demeuré légèrement sous le point de congélation durant toute la journée. Une fine couche de neige fraîche recouvrait le sol et rendait bien visible les pistes des mouffettes et des ratons-laveurs nouvellement sortis de leur torpeur.

À La Pocatière, samedi le 25 février, les oiseaux suivants ont croisé notre route entre 7 h 40 et 10 h 45 :
  • 5 Pigeons bisets
  • 1 Tourterelle triste
  • 1 Goéland arctique – Notre premier depuis le 2 janvier!
  • 2 Pics mineurs
  • 3 Pics chevelus
  • 4 Geais bleus
  • 57 Corneilles d’Amérique – Seulement trois ou quatre corneilles avaient osé passer l’hiver à La Pocatière, ce qui rend l’arrivée de tant de migratrices encore plus spectaculaire! Ce n’est pas à chaque année que leur retour est aussi notable.
  • 11 Grands Corbeaux
  • 18 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine blanche – Elle vocalisait bruyamment dans une érablière, un autre signe du printemps!
  • 50 Étourneaux sansonnets
  • 80 Jaseurs boréaux
  • 7 Moineaux domestiques
  • 56 Durbecs des sapins – Deux groupes importants d’environ 25 individus chacun ont été observés, en plus de quelques oiseaux isolés. Le durbec a été de loin le fringillidé le plus en évidence cet hiver.
  • 1 Tarin des pins – Seulement notre quatrième mention pour l’hiver 2016-17!
  • 20 Chardonnerets jaunes
  • 25 Plectrophanes des neiges

Après une nuit toute en averse, nous avons pris la route de Rivière-Ouelle en espérant que les oiseaux aquatiques aient suivi l’exemple des corneilles et effectué un retour marqué dans la région. Comme nous nous y attendions, ce sont les goélands qui ont volé la vedette en circulant rapidement au large du quai, poussés par le vent du sud-ouest soufflant à plus de 50 km/h. Bien qu’ils hivernent en grand nombre le long des côtes de Charlevoix, soit à une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau, les goélands sont rares et irréguliers à Rivière-Ouelle en janvier et février. L’absence de nourriture, amplifiée par la présence de glaces poussées de ce côté‑ci du fleuve par les vents du nord-ouest, est bien sûr la cause de cette rareté. Lorsque nous voyons des goélands à Rivière-Ouelle à la fin de février, il est facile pour nous de conclure qu’il s’agit d’oiseaux provenant de l’extérieur de la région. Il faut tout de même souligner que le réchauffement climatique rend les glaces de moins en moins présentes en bordure de la rive sud de l’estuaire. Il y a une trentaine d’années, par exemple, les glaces s’entassaient souvent le long du rivage jusqu’au début d’avril. À l’époque, il était même ardu de simplement se rendre jusqu’au quai de Rivière-Ouelle en hiver, la route n’étant pas déneigée!!!

Dimanche le 26 février, entre 7 h 05 et 10 h 45, notre tournée à Rivière-Ouelle nous a fourni les espèces suivantes :
  • 1 Garrot à œil d’or – Même la présence de ce canard pourtant régulier le long de la rive nord du fleuve en hiver est inhabituelle ici en février.
  • 13 Perdrix grises

Perdrix grises (Gray Partridges – Perdix perdix)
Rivière-Ouelle – 26 février 2017 © Claude Auchu
  • 3 Pigeons bisets
  • 3 Tourterelles tristes
  • 12 Goélands argentés – Les premiers goélands à Rivière-Ouelle sont habituellement vus passant rapidement sans s’arrêter. Il faut souvent attendre la mi-avril et l’arrivée des éperlans avant de les voir s’arrêter dans la région.
  • 1 Goéland arctique
  • 17 Goélands marins
  • 13 Corneilles d’Amérique
  • 5 Grands Corbeaux
  • 8 Mésanges à tête noire
  • 17 Étourneaux sansonnets

Le terrible hiver 2016‑17 aura été un des moins riches en oiseaux depuis longtemps. Nous savons bien qu’il n’est pas encore tout à fait terminé, mais personne ne nous en voudra d’avoir savouré pleinement cet avant‑goût du printemps. 

mardi 14 février 2017

Épervier de Cooper vs Étourneaux sansonnets

Avec l’hiver déjà bien avancé, nous savons tous que les chances de découvrir une nouvelle espèce d’intérêt avant l’arrivée du printemps sont très minces. Peu importe, nous continuons de nous concentrer sur les sites de notre région et de chercher à percevoir les moindres changements chez les quelques espèces encore présentes parmi nous. Les populations d’oiseaux sont en constante évolution et, même durant les hivers sans histoire comme celui de 2016‑17, d’infimes changements sont toujours en cours.

Samedi, notre sortie ornithologique pouvait se résumer à une lente promenade de sept kilomètres à travers les rues de La Pocatière. Le temps était relativement froid (entre ‑18 et ‑15°C), mais l’absence presque totale de vent nous a donné l’impression d’une température nettement plus douce. Nous avons même terminé la randonnée sans nos mitaines!
Les choses sont tellement tranquilles dans la région que la simple rencontre avec quelques corneilles et, surtout, les cris convaincus de certaines d’entre elles ont été suffisants pour nous faire sourire et rêver au printemps. Normalement, dans deux semaines, les premières migratrices devraient pointer le bout de leur bec! Nous avons également croisé trois Sittelles à poitrine rousse durant la fin de semaine, une espèce particulièrement rare dans la région cet hiver. L’hiver 2016‑17 n’est bien sûr pas le premier où cette sittelle habituellement régulière durant la saison froide nous fausse compagnie. Je me souviens particulièrement bien de l’hiver 1993‑94 qui, en plus d’avoir été très froid, avait aussi été très pauvre en nourriture sauvage. Cet hiver-là, je n’avais pas vu de Sittelle à poitrine rousse entre la fin de novembre et la fin de février. Curieusement, le 24 février, l’espèce était réapparue brusquement et j’avais trouvé quatre individus à La Pocatière, dans des sites pourtant visités régulièrement. Les sittelles sont ensuite devenues régulières rapidement et j’en avais croisées au cours de 19 journées durant le mois de mars. Mais d’où arrivaient donc ces sittelles? Sans doute du sud où avaient retraité nos oiseaux. Mais elles pouvaient tout aussi bien provenir du nord de notre région, après avoir épuisé une forte production locale de graines de conifères. À l’époque, il était toujours difficile de trouver des réponses à ces questions. Maintenant, à l’ère d’ebird, nous sommes nettement mieux outillés. Un coup d’œil rapide à la carte de distribution de la Sittelle à poitrine rousse pour cet hiver montre une présence nettement plus marquée dans le sud des États-Unis que celle de l’hiver dernier. Elles auront tôt fait de revenir dans nos forêts de conifères, aussitôt que le printemps se fera sentir. Contrairement aux Humains, les oiseaux ne connaissent pas les frontières…!

Samedi le 11 février, nous avons exploré La Pocatière de 8 h 00 à 11 h 40 pour y trouver les oiseaux suivants :
  • 11 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 3 Pics chevelus
  • 1 Geai bleu
  • 5 Corneilles d’Amérique
  • 1 Grand Corbeau
  • 22 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse – Ces deux oiseaux étaient ensemble à une mangeoire. Les couples de sittelles restent souvent ensemble même en dehors de la saison de nidification.
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 30 Étourneaux sansonnets
  • 400 Jaseurs boréaux – Un beau groupe surgi de nulle part cherchait à avaler tous les fruits encore disponibles, même ceux trop gros pour leur gosier.
  • 14 Durbecs des sapins

Durbec des sapins (Pine Grosbeak – Pinicola enucleator)
La Pocatière – 11 février 2017 © Claude Auchu
  • 14 Chardonnerets jaunes
  • 7 Plectrophanes des neiges

Dimanche, ce fut au tour du village de Saint-Pacôme de recevoir notre visite. C’est sous des conditions hivernales aussi belles que la veille que nous avons parcouru le territoire de la municipalité. Les oiseaux étaient, comme on s’y attendait, presque tous rassemblés autour de quelques mangeoires.

À Saint-Pacôme, dimanche le 12 février, les oiseaux suivants se sont inscrits à notre liste entre 7 h 30 et 9 h 20:
  • 11 Tourterelles tristes
  • 2 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 14 Geais bleus
  • 1 Corneille d’Amérique
  • 5 Grands Corbeaux
  • 19 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 5 Durbecs des sapins
  • 1 Cardinal rouge – Un mâle fidèle à une mangeoire.

Nous avons ensuite filé jusqu’à Saint-Denis dans l’espoir de voir (et, surtout, de photographier) le Faucon gerfaut blanc sur un fond de ciel bleu. Nous n’avons pas réussi à le trouver, mais un Épervier de Cooper immature nous a montré son étrange technique de chasse. Comme ses cousins l’Épervier brun et l’Autour des palombes, l’Épervier de Cooper est une espèce forestière durant la saison de nidification. Durant l’hiver, cependant, il n’hésite pas à fréquenter les quartiers résidentiels pour chasser les oiseaux qui s’y rassemblent. Cet hiver, un Épervier de Cooper immature a pris l’habitude de chasser autour de fermes situées dans les milieux très ouverts du secteur de Saint‑Denis et de Kamouraska. Les Étourneaux sansonnets et les Pigeons bisets y sont abondants, mais encore faut‑il trouver le moyen de les attaquer par surprise. Sans buisson ni conifère pour camoufler ses approches, l’épervier y va donc d’une manière plus originale. Dimanche, nous l’avons vu se percher près de l’ouverture située au sommet d’un silo, en espérant qu’une proie potentielle sorte de sa cachette. L’épervier s’est perché à des endroits similaires sur trois séries différentes de silos, situées à l’intérieur d’un rayon d’un kilomètre. Le choix des perchoirs était donc « réfléchi ». Il est vraiment très intéressant de voir qu’un rapace réussi à déduire que des étourneaux ou des pigeons pouvaient se cacher dans ces endroits en particulier! D’après nos observations depuis la fin de décembre, il est probable que plus d’un Épervier de Cooper chasse de cette façon dans la région. 
Épervier de Cooper (Cooper’s Hawk – Accipiter cooperii
et Étourneaux sansonnets (European Starlings – Sturnus vulgaris)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 12 février 2017 © Claude Auchu

mardi 7 février 2017

Le « fantôme des silos »

Nous sommes sortis très satisfaits de cette belle fin de semaine hivernale. La météo est demeurée très acceptable durant les deux journées et, surtout, les oiseaux étaient nettement plus présents qu’au cours des dernières semaines. Samedi, une température de saison, du soleil et peu de vent en matinée nous ont donné le goût d’étirer notre plaisir au maximum. Dimanche, la faible neige qui tombait n’a pas été suffisante pour contrecarrer nos plans et nous nous sommes rendus le plus loin en forêt que notre voiture le permettait!

Samedi matin, notre fin de semaine ornithologique a débuté par une lente tournée vers l’est de la région. Nous espérions bien sûr croiser le Faucon gerfaut blanc sur notre route, mais le but premier de cette sortie était surtout d’explorer la ville de Saint-Pascal. Cette petite ville, que nous visitons trop rarement par manque de temps, nous a déjà réservé de belles surprises en plein cœur de l’hiver. Mais, bien sûr, l’hiver 2016‑17 n’est pas comme les autres et l’absence chronique des espèces granivores était aussi marquée à Saint‑Pascal que n’importe où ailleurs dans la région! Tout de même, c’est à Saint‑Pascal que nous avons rencontré le seul fringillidé de notre excursion, un Tarin des pins… Également, à la limite sud de la ville, les pistes d’une petite compagnie de Perdrix grises étaient bien visibles au pied de quelques mangeoires (où ne se trouvait d’ailleurs aucun oiseau).
C’est après avoir visité Saint-Pascal que nous sommes véritablement partis à la recherche du Faucon gerfaut. Nous avons parcouru la trajet habituel en répétant régulièrement les phrases classiques telles que « rien ici… » et « là non plus… ». Durant notre arrêt pour dîner, voyant que le vent prenait de l’ampleur, nous avons décidé de laisser tomber et de retourner simplement à la maison. Nous étions donc sur le chemin du retour lorsque nous sommes finalement tombés sur le Faucon gerfaut! L’oiseau de forme blanche était encore une fois perché bien en vue au sommet d’un silo à l’intérieur de la limite est de Saint-Denis. Après une bonne séance d’observation (et de photos), le faucon s’est envolé pour aller se percher sur un autre silo, à peine 700 mètres plus loin, où nous l’avons rejoint. Dix minutes plus tard, lorsqu’il a quitté ce deuxième perchoir, le gerfaut est venu passer quelques mètres à peine au-dessus de nos têtes pour disparaître vers l’est! Le « fantôme des silos », comme l’avait si bien surnommé un ami l’hiver dernier, venait de se volatiliser à nouveau. Il est tout de même surprenant qu’un oiseau de cette taille réussisse à apparaître et à disparaître aussi facilement. Il semble bien que ce rapace soit plus difficile à repérer qu’un harfang lorsqu’il est simplement perché sur un piquet de clôture. Les falaises qui parsèment le décor kamouraskois entre Saint-Pascal et Saint-André lui offrent aussi de belles cachettes, peut‑être même un dortoir.
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 4 février 2017 © Claude Auchu
De cet angle (et d’aussi près!), des traces du sang de son dernier repas peuvent être vues
du ventre jusqu’aux couvertures sous-caudales.
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 4 février 2017 © Claude Auchu
Ce n’est pas d’aujourd’hui que les Faucons gerfauts sont présents dans la grande plaine de la région de Kamouraska. L’abbé René Tanguay avait lui-même capturé des spécimens à Kamouraska les 18 novembre 1927, 7 novembre 1934 et 10 janvier 1956, tandis que Willie LaBrie en avait également pris un à Saint-Denis le 26 mars 1928. Je suis trop jeune pour vous dire si les conditions autour des fermes au milieu du XXsiècle ressemblaient à celles observées de nos jours, avec des centaines de Pigeons bisets et d’Étourneaux sansonnets comme proies potentielles!

Samedi le 4 février, nous avons « viraillé » entre Rivière-Ouelle, Saint-Denis, Kamouraska et Saint-Pascal de 7 h30 à 12 h 50. Voici les espèces rencontrées :
  • 147 Pigeons bisets
  • 2 Harfangs des neiges
  • 1 Faucon gerfaut­ – Cet individu avait été photographié une première fois dans ce secteur le 27 décembre dernier. Il s’agit sans aucun doute d’une femelle qui, dès le premier coup d’œil, apparaît nettement plus grosse et plus costaude que le petit mâle que j’avais vu à Rivière‑Ouelle en mars dernier.

Vu de derrière dans cette pose maintenant classique,
ce faucon pourrait bien passer pour un individu de forme grise.
Faucon gerfaut (Gyrfalcon – Falco rusticolus)
Saint-Denis-De La Bouteillerie – 4 février 2017 © Claude Auchu
  • 13 Geais bleus
  • 1 Corneille d’Amérique
  • 12 Grands Corbeaux
  • 26 Alouettes hausse-col – Vingt-trois alouettes se trouvaient à Rivière‑Ouelle et trois autres à Kamouraska.
  • 19 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine blanche – Deux oiseaux à une même mangeoire de Rivière‑Ouelle.
  • 102 Étourneaux sansonnets – Les étourneaux ont été beaucoup plus discrets que la semaine dernière. Au moins 70 individus tournoyaient tout de même autour du premier silo où était perché le gerfaut!
  • 30 Plectrophanes des neiges
  • 1 Tarin des pins

La semaine dernière, un compagnon de travail m’a fièrement annoncé que plus de 70 Durbecs des sapins visitaient régulièrement ses mangeoires situées dans le village de Saint-Onésime. Nous avons décidé d’aller vérifier ses dires, mais pas avant d’avoir inspecté de belles zones conifériennes situées plus loin à l’intérieur des terres. Les sections de forêts visitées étaient parsemées d’épinettes dont les troncs avaient été littéralement épluchés par des pics. Les « picados » (Pic à dos noir et Pic à dos rayé), en particulier, se nourrissent régulièrement de cette façon, en faisant tomber au sol l’écorce de conifères morts lorsqu’ils sont à la recherche de larves d’insectes. Une belle occasion pour nous de mettre l’œil sur ces espèces toujours rares dans notre région. De surcroit, pour notre plus grand plaisir, les oiseaux étaient omniprésents et très démonstratifs dimanche matin dans les forêts situées au fin fond de Saint-Onésime!

Le vaste territoire de Saint-Onésime nous aura permis de voir les espèces suivantes dimanche le 5 février entre 7 h 25 et 11 h 00 :
  • 1 Gélinotte huppée
  • 3 Pigeons bisets
  • 3 Pics chevelus
  • 1 Pic à dos noir – Une femelle travaillait fort sous une faible neige pour dénicher sa nourriture.

Pic à dos noir (Black-backed Woodpecker – Picoides arcticus)
Saint-Onésime – 5 février 2017 © Claude Auchu
  • 1 Mésangeai du Canada
  • 6 Geais bleus
  • 4 Corneilles d’Amérique
  • 6 Grands Corbeaux
  • 32 Mésanges à tête noire
  • 2 Mésanges à tête brune
  • 1 Grimpereau brun
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 25 Durbecs des sapins – Ils n’étaient peut-être pas 70, mais nous avons été pleinement satisfaits par la présence bien marquée de ces 25 oiseaux à la mangeoire de notre ami.
  • 3 Gros-becs errants
  • 1 Junco ardoisé – Ce junco accompagnait un groupe de mésanges près de quelques chalets, bien qu’aucune vraie mangeoire ne soit active dans le voisinage. Puisque les fringillidés ne trouvent rien à manger en forêt, de quoi peut bien se nourrir cet oiseau???

Cette fin de semaine a été excellente pour notre moral! Mais, maintenant que nous avons vu un Faucon gerfaut blanc et un autre sombre de façon satisfaisante depuis le début de l’hiver, peut-on maintenant espérer en voir un de forme grise? 

mardi 31 janvier 2017

Une Bernache du Canada en prime!

Durant cette autre petite fin de semaine hivernale, nous avons continué à explorer notre région à la recherche d’oiseaux. Depuis deux semaines, la température est demeurée relativement douce, ce qui nous a fourni des précipitations régulières, mais peu de soleil.

Samedi matin, nous avons parcouru plus de huit kilomètres dans la forêt où nous avions vu ou entendu une dizaine de pics il y a trois semaines. Cette fois, peut-être en partie à cause du vent, aucun ne s’est manifesté. Bien sûr, de nombreuses et fidèles mésanges ont croisé notre route dans ce boisé, certaines accompagnées de deux grimpereaux inespérés. Sur le chemin du retour, nous avons visité quelques mangeoires, ajoutant ainsi quelques espèces à notre maigre liste.

À La Pocatière, samedi le 28 janvier, les oiseaux suivants ont été vus entre 7 h 45 et 11 h 00 :
  • 13 Pigeons bisets
  • 2 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 2 Corneilles d’Amérique
  • 8 Grands Corbeaux
  • 15 Mésanges à tête noire
  • 2 Grimpereaux bruns
  • 9 Moineaux domestiques – Même les moineaux sont difficiles à trouver cet hiver! Les individus qui fréquentent habituellement un secteur de la ville semblent s’être dispersés. Ceux rencontrés samedi fréquentaient une ferme bovine où ils peuvent profiter d’un abri, de nourriture et de compagnie!
  • 25 Durbecs des sapins
  • 23 Gros-becs errants

Dimanche, c’est vers l’intérieur des terres que nous nous sommes dirigés, en visant tout particulièrement le secteur du lac de l’Est, situé à l’extrémité sud de la route 287. Malgré des efforts notables et l’absence totale de vent, nous n’avons pas réussi à voir ni entendre un seul fringillidé (durbecs, roselins, sizerins…). Nous nous y attendions un peu, mais nous étions tout de même curieux de vérifier si ces espèces étaient aussi rares profondément en forêt qu’ils le sont en bordure du fleuve.

Dimanche le 29 janvier, de 8 h 05 à 10 h 25, la route et le pourtour du lac de l’Est nous auront permis de voir les espèces suivantes :
  • 2 Gélinottes huppées
  • 2 Pics chevelus
  • 1 Grand Pic
  • 2 Mésangeais du Canada – Il n’y a peut-être pas de fringillidés, mais les forêts de conifères traversées par la route 287 accueillent tout de même des mésangeais! En plus d’être omnivores, ces oiseaux sont très débrouillards et cachent des provisions un peu partout sur leur territoire. Malgré cela, même les mésangeais doivent à l’occasion effectuer de petits déplacements lors des pénuries de nourriture.
  • 15 Geais bleus
  • 2 Grands Corbeaux
  • 28 Mésanges à tête noire
  • 1 Mésange à tête brune
  • 3 Roitelets à couronne dorée – Les minuscules roitelets semblent bien présents dans nos forêts conifériennes cet hiver.

Au retour de cette courte excursion, nous n’avons pu résister à la tentation d’essayer à notre tour de voir un Faucon gerfaut dans le secteur de Kamouraska. Je devrais peut-être plutôt dire « revoir » puisque nous avons eu la chance d’observer deux individus à Kamouraska il y a tout juste un mois!

Nous avons patrouillé Kamouraska de 11 h 05 à 13 h 00 sans réussir à voir le faucon. Les oiseaux suivants ont tout de même été notés sur place :
  • 1 Goéland marin
  • 95 Pigeons bisets
  • 3 Grands Corbeaux
  • 4 Alouettes hausse-col
  • 1000 Étourneaux sansonnets – Ces oiseaux étaient en fait à Saint-Denis, mais nous les avons repérés alors que nous étions nous-mêmes à Kamouraska. Les étourneaux pris de panique volaient haut dans le ciel en un long groupe compact, bien visible aux jumelles depuis notre position 2,2 kilomètres plus loin! Un sprint rapide de notre part ne nous aura pas permis de voir la cause de cette agitation. Une trentaine de minutes plus tard, une autre alerte au même endroit aurait été causée par un jeune Épervier de Cooper qui, à notre arrivée, avait suivi certains étourneaux jusqu’à l’intérieur d’un silo! Avec une telle abondance de nourriture, pas surprenant que les prédateurs soient bien présents!
  • 12 Plectrophanes lapons
  • 2 Plectrophanes des neiges

Au retour, à Rivière-Ouelle, un Harfang des neiges bien installé sur son perchoir habituel a accepté de poser pour moi.
Harfang des neiges (Snowy Owl – Bubo scandiacus)
Rivière-Ouelle – 29 janvier 2017 © Claude Auchu
Mais, finalement, la vedette de la journée n’aura pas été trouvée au lac de l’Est ou à Kamouraska. Avant même le lever du soleil, nous avons eu la surprise de voir une Bernache du Canada traverser la route devant nous et se poser dans un champ enneigé à La Pocatière! Puisqu’il n’y a pas vraiment d’eau libre à La Pocatière à la fin de janvier, on suppose que cette bernache grappille ce qu’elle peut trouver dans les champs. Elle semblait tout de même en bien meilleure forme que l’oiseau vu à Rivière-Ouelle le 2 janvier dernier. Un individu avait réussi à hiverner à La Pocatière en 2014-15.