samedi 27 juillet 2013

Plume de corneille

Nous sommes réellement dans une bonne séquence météorologique! Les journées avec des températures avoisinant les 20°C et un temps clair alternent avec de courtes périodes de précipitations qui nous ramènent du beau temps sec. Que demander de plus? Un peu plus d’oiseaux peut-être? C’est vrai, mais ils doivent bien être quelque part et c’est à nous d’être à l’extérieur pour les trouver! Et c’est ce que nous continuons à faire pratiquement à tous les matins, souvent sans trop de succès…
 
C’est ainsi que, mardi matin, nous avons fait une petite tournée autour de La Pocatière. Nous avons visité certains secteurs délaissés depuis le début de l’été, faute de temps. Encore une fois, la variété d’espèces et le nombre d’individus ne nous ont pas semblé être à la hauteur, mais nous avons tout de même croisé quelques surprises.

À La Pocatière, ce sont 55 espèces que nous avons observées durant les quatre heures d’excursion de mardi le 23 juillet. En voici une sélection :
  • 1 Plongeon huard – Un oiseau tournoyait au-dessus d’un boisé en criant bruyamment. Les lacs étant très rares dans le secteur, il a dû continuer son chemin…
  • 32 Urubus à tête rouge – Tôt le matin, un groupe de 21 oiseaux sommeillaient perchés au sommet d’un des pylônes où nous en avions observés une quarantaine il y a deux ans.
Urubus à tête rouge – La Pocatière – 23 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 2 Busards Saint-Martin
  • 1 Colibri à gorge rubis
  • 2 Pics mineurs
  • 2 Pics flamboyants
  • 3 Moucherolles des aulnes
  • 3 Moucherolles tchébecs
  • 22 Viréos aux yeux rouges – À notre grande surprise, cinq Viréos aux yeux rouges s’en sont pris violemment et bruyamment à trois Geais bleus! En plus de crier encore plus fort que les geais (ce qui n’est pas peu dire!), ils allaient même jusqu’à effectuer des piqués sur les geais et leur donner des coups de bec sur le dos! Les viréos, qui sont habituellement territoriaux durant la nidification, sont-ils reconnus pour s’unir pour défendre un nid?
  • 6 Geais bleus
  • 75 Corneilles d’Amérique
  • 2 Hirondelles bicolores
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 6 Grives fauves
  • 11 Grives solitaires
  • 36 Merles d’Amérique
  • 2 Moqueurs chats
  • 8 Jaseurs d’Amérique
L'absence totale de pointe cireuse au bout des rémiges secondaires indique
que cet oiseau est tout juste agé d'un an.
Jaseur d'Amérique – La Pocatière – 23 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 3 Parulines à joues grises
  • 13 Parulines masquées
  • 5 Parulines flamboyantes
  • 2 Parulines à gorge orangée
  • 3 Parulines jaunes
  • 1 Paruline bleue
  • 2 Parulines à gorge noire
  • 6 Bruants des prés
  • 5 Bruants de Nelson
  • 23 Bruants chanteurs
  • 5 Bruants des marais
  • 8 Bruants à gorge blanche
  • 2 Juncos ardoisés
  • 40 Carouges à épaulettes
  • 1 Sturnelle des prés – Alors que nous marchions dans le sentier longeant le fleuve, nous avons vu une sturnelle s’envoler des battures pour aller se poser dans les champs situés plus loin au sud. Même à l’époque pas si lointaine où la sturnelle était une nicheuse commune dans la région (c’était il y a dix ans à peine!), la sturnelle a toujours été rare dans les marais herbeux du fleuve durant la saison de nidification et à peine plus nombreuse lors des migrations.
Jeudi matin, c’est une randonnée à vélo jusqu’à Saint-Roch-des-Aulnaies que j’avais en tête. Même s’il est déjà un peu tard pour profiter des nicheurs et trop tôt pour les migrateurs automnaux, je me voyais mal passer un été sans rouler à vélo jusqu’à ce village en empruntant la piste cyclable des battures. Cette année, cependant, je n’étais pas certain de pouvoir effectuer le « grand tour » que j’effectue habituellement avec Christiane : le village de Saint-Roch est présentement sens dessus dessous puisque d’importants travaux d’aqueduc sont en cours! Même s’il est toujours possible de passer n’importe où à vélo, j’étais loin d’être certain du temps dont j’aurais besoin pour traverser les deux parties du village! Finalement, tout s’est plutôt bien déroulé de ce côté et j’ai pu pleinement profiter de mon vélo de montagne puisque la route 132 était, à tout le moins, cahoteuse!
Les habitats traversés durant cette balade étaient très peu variés et ce sont surtout des champs, des zones buissonneuses et le village que j’ai patrouillés en plus, bien sûr, des marais côtiers du Saint-Laurent. Le nombre d’espèces rencontrées est donc plutôt réduit.

Jeudi le 25 juillet, je n’ai observé que 38 espèces à Saint-Roch-des-Aulnaies entre 6 h 15 à 9 h 50 :
  • 10 Oies des neiges
  • 5 Canards noirs
  • 45 Eiders à duvet – Deux petits groupes de mâles en mue se laissaient doucement dériver sur le fleuve. Il s’agit bien entendu d’oiseaux faisant une pause durant leurs déplacements automnaux vers le Haut-Saint-Laurent.
  • 15 Cormorans à aigrettes
  • 2 Grands Hérons
  • 16 Bécasseaux semipalmés
Bécasseau semipalmé – Saint-Roch-des-Aulnaies – 21 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 1 Bécassine de Wilson – La bécassine s’est envolée d’une route rendue boueuse par les travaux d’aqueduc!
  • 75 Goélands à bec cerclé
  • 2 Goélands argentés
  • 2 Goélands marins
  • 2 Tourterelles tristes
  • 2 Colibris à gorge rubis
  • 2 Pics mineurs
  • 9 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 9 Viréos aux yeux rouges
  • 20 Corneilles d’Amérique
  • 5 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine blanche – Une autre! C’est ma cinquième Sittelle à poitrine blanche dans la région cet été, elle qui est généralement introuvable durant la saison de nidification.
  • 8 Grives fauves
  • 15 Merles d’Amérique
  • 5 Moqueurs chats
  • 2 Étourneaux sansonnets
  • 14 Jaseurs d’Amérique
  • 37 Parulines masquées
  • 10 Parulines jaunes – Normalement, j’aurais dû voir cinq fois plus d’individus durant cette sortie. Où sont les autres?
  • 1 Paruline à croupion jaune – Présente derrière l’église, en bordure du fleuve, cette paruline était déjà en déplacement post-nuptial.
  • 3 Bruants familiers
  • 2 Bruants des prés
  • 3 Bruants de Nelson – Dans ma région, il arrive parfois que l’on observe plus de Bruants de Nelson que de Bruants des prés! Cette fois, les Bruants des prés étaient surtout concentrés le long de la partie pocatoise de la piste cyclable.
  • 52 Bruants chanteurs
  • 9 Bruants des marais
  • 2 Bruants à gorge blanche
  • 1 Goglu des prés
  • 15 Carouges à épaulettes
  • 3 Quiscales bronzés
  • 1 Roselin pourpré
  • 36 Chardonnerets jaunes
  • 2 Moineaux domestiques
Durant l’après-midi, alors que nous flânions à La Pocatière, notre premier Tarin des pins depuis le 11 juin est apparu à une mangeoire. Espérons que ses congénères suivront bientôt!

Si nous avons pris un certain retard dans la visite de nos sites réguliers, il y a un endroit que nous avons omis volontairement de visiter plus tôt durant l’été : les merveilleux étangs de décantation de Saint-Pamphile! Le 4 juillet 2011, nous y avions trouvé six Érismatures rousses (quatre mâles et deux femelles) alors que l’an dernier, le 14 juillet, ce sont trois mâles qui étaient présents. Je dois avouer que notre décision d’attendre la fin de juillet pour visiter ce site a été prise en espérant découvrir cette fois une famille d’érismatures en duvet! Mais, les oiseaux ayant toujours le dernier mot, aucune érismature n’a été trouvée cette année… Notre objectif n’était toutefois pas irréalisable puisque l’espèce a déjà niché à Saint-Pamphile (juillet 2002). Sur ces étangs toujours très riches, plusieurs canards de tous âges étaient bien sûr présents et Christiane s’est fait le plaisir de les compter.

Malgré la rareté relative des passereaux, c’est tout de même 50 espèces que nous avons trouvées à Saint-Pamphile vendredi le 26 juillet. En voici une liste partielle :
  • 5 Bernaches du Canada
  • 28 Canards branchus
  • 5 Canards chipeaux
  • 11 Canards d’Amérique
  • 20 Canards noirs
  • 120 Canards colverts
  • 3 Canards souchets
  • 29 Sarcelles d’hiver
  • 84 Fuligules à collier
  • 60 Garrots à œil d’or
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Marouette de Caroline
  • 1 Martinet ramoneur – Comme les hirondelles, ce martinet est venu profiter des nombreux insectes qui semblaient voler au-dessus des étangs.
  • 1 Faucon émerillon – Lui, ce sont les oiseaux qui pourchassaient les nombreux insectes qui l’intéressait!
  • 6 Moucherolles des aulnes
  • 7 Viréos aux yeux rouges
  • 2 Geais bleus
  • 255 Corneilles d’Amérique – Un groupe de 200 oiseaux était posé dans un champ.
  • 1 Grand Corbeau
  • 7 Hirondelles bicolores
  • 1 Hirondelle de rivage
  • 10 Hirondelles à front blanc
  • 11 Hirondelles rustiques
  • 1 Mésange à tête noire
  • 1 Mésange à tête brune
  • 3 Grives fauves
  • 2 Grives à dos olive
  • 1 Grive solitaire
  • 2 Moqueurs chats
  • 38 Jaseurs d’Amérique
  • 2 Parulines masquées
  • 1 Paruline flamboyante
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 2 Parulines jaunes
  • 2 Bruants des marais
  • 8 Goglus des prés
  • 80 Carouges à épaulettes
  • 35 Quiscales bronzés
  • 1 Moineau domestique
Et la réponse au quiz du dernier message? Il s’agit simplement d’une des rémiges primaires les plus internes, probablement la troisième (voir le site The Feather Atlas), d’une Corneille d’Amérique leucique!!! En novembre dernier, le propriétaire d’un boisé de Rivière-Ouelle où nous allons régulièrement observer les oiseaux nous a dit voir à l’occasion une corneille avec du blanc dans les ailes. Durant les 2-3 semaines qui ont suivi, nous avons réussi à voir cette corneille à quelques reprises. En avril dernier, nous avons eu la surprise de trouver la plume du quiz dans un sentier traversant le boisé. Après quelques questionnements sur la zone pâle très visible sur la plume, nous nous sommes souvenus de cette fameuse corneille atteinte de leucisme, cet état où le plumage d’un oiseau peut, en tout ou en partie, être dépourvu de pigmentation.

Rémige primaire d'une Corneille d'Amérique leucique
Le mauvais état de la plume indique qu’elle a passé l’hiver sous la neige et le rachis coupé près de sa base, à peine visible sur la photo, laisse même croire que la corneille a peut-être été victime d’un rapace (selon la savante analyse de Christiane qui connaît les oiseaux plume par plume!). La plume du quiz étant plus pointue que celle présentée sur The Feather Atlas, la corneille était probablement une immature, comme la majorité des oiseaux atteints de leucisme ou d’albinisme que nous voyons. Ces oiseaux survivent rarement très longtemps, leur aberration de plumage les rendant plus facilement repérables par les prédateurs en plus d’être moins résistants aux intempéries.

mardi 23 juillet 2013

Une famille de Canards branchus!

Voici donc les vacances estivales annuelles. Dans mon cas, il s’agit plutôt d’un période de rattrapage ornithologique. À chaque année, j’utilise ces deux semaines pour essayer d’ajouter à ma liste annuelle les espèces d’oiseaux qui ont glissé entre mes doigts depuis le début de l’été. Certaines espèces sont tellement discrètes une fois leur nidification terminée que, pour quelques-unes, il s’agit souvent de ma dernière chance de les voir dans l’année!
Un beau front froid a traversé le Québec durant la journée de samedi, faisant passer la température de 22°C samedi à 5 h 00 à seulement 8° à la même heure dimanche matin! Nous nous sommes donc retrouvés dimanche avec un ciel dégagé, un maximum de 21°C et un petit vent d’au plus 15 km/h; bref, une température carrément idéale! Enfin!!! Les oiseaux n’ont pas été nécessairement plus abondants que ces dernières semaines, mais les conditions pour rechercher ceux qui étaient présents étaient, elles, très agréables!

C’est donc vers Rivière-Ouelle que nous nous sommes précipités dimanche matin, avec à la fois un réalisme raisonnable et une fébrilité pleine de rêves. Sur place, les effets du passage du front froid se faisaient bien sentir. Si la visibilité au large du quai était loin d’être parfaite, elle l’était tout de même nettement mieux qu’au cours des deux dernières semaines. Chez les oiseaux également le front froid a fait son œuvre et ils étaient nettement plus mobiles que lors de nos visites précédentes. Quelques petits groupes de limicoles, en particulier, se déplaçaient devant le quai mais malheureusement trop loin pour que nous puissions tous les identifier. Chez les passereaux, c’était encore le calme plat et il faudra sûrement attendre que les juvéniles, qui constituent la majorité des migrateurs en automne, aient accumulé assez d’énergie pour commencer à se déplacer.

Voici une partie des 58 espèces que nous avons vues à Rivière-Ouelle dimanche le 21 juillet entre 5 h 05 à 11 h 35 :
  • 45 Oies des neiges
  • 2 Bernaches du Canada
  • 10 Canards noirs
  • 23 Canards colverts
  • 116 Eiders à duvet – Quelques petits groupes de mâles en plumage éclipse ont été observés remontant le fleuve. Certaines années, de tels groupes sont notés dès la mi-juin.
Eiders à duvet – Rivière-Ouelle – 21 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 7 Macreuses à front blanc
  • 12 Macreuses brunes
  • 19 Plongeons catmarins – Enfin une quantité plus près de ce que nous rencontrons normalement à Rivière-Ouelle au cœur de l’été.
  • 7 Plongeons huards
  • 6 Fous de Bassan – Tous des adultes.
  • 50 Cormorans à aigrettes
  • 35 Grands Hérons
  • 9 Urubus à tête rouge
  • 1 Pygargue à tête blanche – Un immature en plumage de 1ère année.
Pygargue à tête blanche, immature 1ère année – Rivière-Ouelle – 21 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 4 Marouettes de Caroline – Deux adultes et deux poussins en duvet ont été observés autour d’un étang. Les deux jeunes oiseaux se nourrissaient parmi les quenouilles bordant une île alors que les adultes faisaient régulièrement des allers-retours en nageant ou en volant entre cette île et le bord de l'étang, probablement pour apporter de la nourriture aux poussins.
Marouette de Caroline – Rivière-Ouelle – 21 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 3 Pluviers semipalmés
  • 15 Bécasseaux semipalmés
  • 3 Mouettes tridactyles – Cette espèce est tout juste régulière en très petit nombre à Rivière-Ouelle. Alors, la présence de trois adultes qui remontaient individuellement le fleuve à toute allure dimanche matin ne peut être que reliée au front froid de la veille. De telles conditions météorologiques provoquent souvent un intense besoin de se déplacer chez les oiseaux, même chez certains qui n’auraient pas besoin de le faire (les Mouettes tridactyles migrent habituellement durant la deuxième moitié de l’automne!).
  • 19 Mouettes de Bonaparte – Ces oiseaux, cependant, se dirigeaient vers l’est dans un mouvement migratoire tout à fait dans les normes chez cette espèce.
  • 1000 Goélands à bec cerclé
  • 1 Sterne pierregarin – Peu commune dans la région, en particulier durant l’été, un oiseau accompagnait un petit groupe de Mouettes de Bonaparte.
  • 72 Petits Pingouins
  • 6 Moucherolles des aulnes
  • 1 Tyran tritri – Cet oiseau était posé à l’endroit où nous avons découvert un Tyran de l’Ouest l’automne dernier, nous rappelant de bien beaux souvenirs!
  • 6 Viréos aux yeux rouges
  • 2 Hirondelles bicolores
  • 1 Hirondelle de rivage
  • 5 Hirondelles rustiques
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 1 Grive fauve
  • 3 Grives à dos olive
  • 30 Merles d’Amérique
  • 2 Moqueurs chats
  • 11 Jaseurs d’Amérique
  • 8 Parulines masquées
  • 1 Paruline à tête cendrée
  • 1 Paruline à flancs marron
  • 2 Parulines à croupion jaune
  • 6 Bruants des prés
  • 1 Bruant de Nelson
  • 28 Bruants chanteurs
  • 7 Bruants à gorge blanche
  • 2 Roselins pourprés
  • 17 Chardonnerets jaunes
Curieusement, l’observation la plus surprenante de la journée n’a pas été faite à Rivière-Ouelle, mais plutôt à La Pocatière. En soirée, je suis allé jeter un coup d’œil rapide sur des étangs situés en plein champ, au cas où… Et justement, j’y ai trouvé une femelle de Canard branchu accompagnée de quatre canetons en duvet! Ces étangs ne sont entourés que par quelques buissons et arbustes, rien qui puisse abriter un nid de Canard branchu (le branchu niche dans des cavités dans les arbres, de vieux trous de pics ou encore dans des nichoirs). Les arbres les plus près se trouvent à plus de 600 mètres de ces étangs! Les canetons ont donc dû traverser un minimum de 600 mètres de milieux champêtres pour se rendre à des étangs qui ne correspondent pas du tout aux cours d’eau ombragés qu’ils affectionnent! Mais paraît-il que les femelles choisissent parfois des cavités situées à plus de 2 kilomètres du cours d’eau le plus près. Personnellement, ce n’est que la deuxième fois que je surprends une famille de Canards branchus à La Pocatière, la première était dans la minuscule rivière Saint-Jean dans un secteur tout de même bien bordé de grands saules.
Canard branchu femelle et canetons – La Pocatière – 21 juillet 2013 © Claude Auchu
Lundi matin, je me suis précipité vers Saint-Pacôme afin d’inspecter cette municipalité souvent très riche en oiseaux. Même si les nombreuses mangeoires bien dispersées dans le village m’y attirent surtout durant l’hiver, certains recoins de Saint-Pacôme valent la peine d’être visités durant l’été. Je ne serais d’ailleurs aucunement surpris que la première population nicheuse de Cardinaux rouges dans la région soit un jour découverte à Saint-Pacôme. Des secteurs bien cachés le long de la rivière qui traverse la municipalité offrent de bien belles cachettes aux espèces les plus discrètes. Ce sont elles que j’espérais trouver durant ma promenade.

Ce fut malgré tout plutôt tranquille à Saint-Pacôme lundi le 22 juillet avec seulement 39 espèces rencontrées entre 5 h 50 et 9 h 30. En voici la liste :
  • 1 Chevalier grivelé
  • 30 Goélands à bec cerclé
  • 25 Pigeons bisets
  • 11 Tourterelles tristes
  • 2 Martins-pêcheurs d’Amérique
  • 5 Pics mineurs
  • 2 Pics flamboyants
  • 6 Moucherolles des aulnes
  • 15 Viréos aux yeux rouges
  • 3 Geais bleus
  • 27 Corneilles d’Amérique
  • 4 Grands Corbeaux
  • 14 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 1 Sittelle à poitrine blanche – Cette sittelle est de plus en plus commune dans la région durant l’hiver, mais elle n’est que rarement observée durant la période de nidification. Celle trouvée à Saint-Pacôme est cependant la quatrième que nous voyons dans la région cet été. C’est toujours encourageant d’être témoin de l’augmentation de la population d’une espèce, le contraire se produit tellement souvent...
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 2 Roitelets à couronne dorée
  • 1 Roitelet à couronne rubis
  • 4 Grives fauves
  • 2 Grives solitaires
  • 31 Merles d’Amérique
  • 1 Moqueur chat
  • 40 Étourneaux sansonnets
  • 15 Jaseurs d’Amérique
  • 12 Parulines masquées
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 3 Parulines jaunes
  • 2 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 11 Bruants familiers
  • 5 Bruants des prés
  • 29 Bruants chanteurs
  • 8 Bruants à gorge blanche
  • 17 Carouges à épaulettes
  • 17 Quiscales bronzés
  • 3 Roselins pourprés
  • 30 Chardonnerets jaunes
  • 1 Gros-bec errant
  • 2 Moineaux domestiques
Comme nous sommes en vacances, les prochains messages peuvent apparaître à tout moment durant les deux prochaine semaines, au rythme de nos sorties ornithologiques (et du temps disponible pour les écrire…).
En attendant, voici un petit quiz informel. En avril dernier, Christiane a ramassé cette étrange plume dans un boisé en bordure du fleuve à Rivière-Ouelle. Pouvez-vous trouver de quelle espèce elle provient?

mardi 16 juillet 2013

Parulines à couronne rousse nicheuses

Ce fut encore une fin de semaine chaude typiquement estivale… mais, au moins, le taux d’humidité est demeuré relativement bas samedi et dimanche! Des excursions ont donc été possibles très tôt le matin même si, dimanche, les oiseaux étaient déjà plutôt discrets.

Samedi matin, Christiane n’était pas disponible pour m’accompagner, c’est donc seul que j’ai effectué la sortie prévue à l’horaire, dans le fin fond de Saint-Onésime. Durant cette promenade, qui est répétée presque à chaque année depuis plus de 20 ans, nous nous rendons dans un des secteurs les plus conifériens du territoire que je fréquente. Et pour moi, à chaque fois, c’est un vrai dépaysement, d’autant plus qu’une espèce bien particulière est nicheuse à cet endroit : la Paruline à couronne rousse! Cet oiseau que nous associons surtout aux tourbières durant l’été niche pourtant communément dans un simple bûcher sur ce site qui, en plus, est relativement sec!!! Vraiment étrange! En 1963, un couple nicheur de Paruline à couronne rousse avait été récolté dans une tourbière de Saint-Bruno-de-Kamouraska; il y a une vingtaine d’années, des inventaires ornithologiques dans l’immense tourbière de Rivière-Ouelle avaient révélés que la Paruline à couronne rousse y était une nicheuse commune.
La production presque nulle de graines de conifères l’an dernier se fait encore sentir et les populations de fringillidés (roselins, tarins et becs-croisés en particulier) semblent présentement à leur plus bas dans la région. Je me disais que s’il y a un endroit dans la région où ces granivores peuvent se cacher, c’est bien à ce site riche en conifères. Mais, de toute évidence, les sapins et épinettes n’ont encore rien à offrir à ces espèces spécialisées : seul un timide Roselin pourpré chantait et un Gros-bec errant a survolé rapidement le site. L’absence de certains autres passereaux m’a aussi un peu déçu : aucune Paruline à gorge orangée, ni même de Paruline obscure. De plus, le Moucherolle à côtés olive qui nous honorait de sa présence toujours au même endroit depuis quelques années n’a pu être retrouvé.
Curieusement, les différents oiseaux n’ont commencé à vraiment se manifester que vers 7 h 00, comme si j’étais arrivé au site trop tôt! On aurait dû me prévenir, j’aurais dormi plus longtemps!!!

Malgré tout, samedi le 13 juillet, ce sont 59 espèces que j’ai recensées sur le territoire de Saint-Onésime entre 4 h 55 et 10 h 30. Voici les principales :
  • 1 Canard branchu
  • 3 Gélinottes huppées
  • 2 Pics maculés
  • 1 Pic mineur
  • 3 Pics chevelus
  • 8 Pics flamboyants
  • 6 Moucherolles à ventre jaune
  • 7 Moucherolles des aulnes
  • 6 Viréos à tête bleue
Viréo à tête bleue – Saint-Onésime – 13 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 18 Viréos aux yeux rouges
  • 3 Mésangeais du Canada – Alors que j’étais accroupi par terre pour photographier une belle Couleuvre rayée de plus de 60 centimètres de longueur, j’ai entendu des petites notes provenant des arbres derrière moi : trois mésangeais, deux adultes et un juvénile, m’observaient avec curiosité! J’aurais bien aimé être témoin d’une interaction quelconque des mésangeais envers la couleuvre, que ce soit de la crainte, de la prédation ou de la simple curiosité, mais les oiseaux ne semblaient aucunement se soucier du reptile.
Mésangeai du Canada juvénile – Saint-Onésime – 13 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 3 Geais bleus
  • 9 Mésanges à tête noire
  • 8 Mésanges à tête brune – Huit oiseaux observés dans ma région en plein été, c’est très bien!
  • 4 Merlebleus de l’Est
  • 6 Grives fauves
  • 24 Grives à dos olive – Une belle présence de l’espèce pour ce site!
  • 16 Grives solitaires
  • 24 Merles d’Amérique
  • 2 Parulines couronnées – Seulement deux!
  • 14 Parulines à joues grises
  • 1 Paruline triste
  • 21 Parulines masquées
  • 6 Parulines flamboyantes
  • 4 Parulines à collier
  • 17 Parulines à tête cendrée
Paruline à tête cendrée – Saint-Onésime – 13 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 1 Paruline à poitrine baie
  • 4 Parulines à flancs marron
  • 2 Parulines bleues
  • 12 Parulines à couronne rousse – En plus de deux adultes transportant de la nourriture, deux oiseaux en plumage juvénile, provenant probablement de la même couvée, ont été observés.
Paruline à couronne rousse – Saint-Onésime – 13 juillet 2013 © Claude Auchu

Paruline à couronne rousse juvénile – Saint-Onésime – 13 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 8 Parulines à croupion jaune
  • 3 Parulines à gorge noire
  • 1 Paruline du Canada
  • 5 Bruants fauves – Encore présents à ce site unique! L’espèce est très localisée dans la région durant l’été.
  • 3 Bruants de Lincoln
  • 30 Bruants à gorge blanche
  • 1 Junco ardoisé
  • 1 Roselin pourpré
  • 1 Gros-bec errant
Je me dois de vous faire remarquer à quel point les différentes hirondelles sont peu communes dans la région cet été; l’Hirondelle bicolore, en particulier, est carrément absente de La Pocatière. Le froid du printemps dernier les ont-elles affectées à ce point?

C’est encore très tôt le matin qu’a débuté notre excursion hebdomadaire à Rivière-Ouelle. Même si les conditions n’annonçaient rien de bon pour la matinée, la fraîcheur que nous ressentions au bout de quai nous a fait le plus grand bien. Bien sûr, la visibilité plutôt limitée au large du quai ne nous a pas aidé à repérer les oiseaux les plus distants. Nous avons été tout de même très satisfaits de rencontrer quatre espèces de limicoles nouvellement arrivées du Grand Nord, annonçant que la période de disette ornithologique touche probablement à sa fin.

Ainsi, à Rivière-Ouelle dimanche le 14 juillet, c’est encore 59 espèces que nous avons croisées entre 5 h10 à 10 h 15, dont :
  • 31 Oies des neiges
  • 1 Canard d’Amérique
  • 13 Canards noirs
  • 3 Canards colverts
  • 61 Eiders à duvet
  • 1 Macreuse à front blanc
  • 6 Plongeons catmarins
  • 1 Plongeon huard
  • 76 Cormorans à aigrettes
  • 16 Grands Hérons
  • 2 Urubus à tête rouge
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Pluvier semipalmé
  • 13 Pluviers kildirs – Douze de ces oiseaux se reposaient bien dispersés dans un champ.
  • 1 Chevalier grivelé
  • 1 Grand Chevalier
  • 1 Bécasseau semipalmé
Bécasseau semipalmé et Bécasseau minuscule – Rivière-Ouelle – 14 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 2 Bécasseaux minuscules
  • 16 Petits Pingouins
  • 15 Tourterelles tristes
  • 1 Pic flamboyant
  • 1 Tyran tritri
  • 5 Viréos aux yeux rouges
  • 4 Geais bleus
  • 47 Corneilles d’Amérique
  • 2 Grands Corbeaux
  • 12 Hirondelles de rivage
  • 5 Hirondelles rustiques
  • 4 Grives fauves
  • 2 Grives à dos olive
  • 2 Moqueurs chats
  • 73 Étourneaux sansonnets
  • 10 Parulines masquées
  • 4 Parulines flamboyantes
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 6 Parulines jaunes
  • 3 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 3 Bruants familiers
  • 9 Bruants des prés
  • 1 Bruant de Nelson
  • 33 Bruants chanteurs
  • 5 Bruants à gorge blanche
  • 3 Roselins pourprés
  • 36 Carouges à épaulettes
  • 21 Quiscales bronzés
  • 1 Vacher à tête brune
  • 29 Chardonnerets jaunes
  • 2 Moineaux domestiques
Il faut se rendre à l’évidence, les oiseaux sont vraiment peu nombreux dans la région de La Pocatière cette année. Que ce soit les Plongeons catmarins ou les macreuses qui estivent à chaque année, les différentes espèces d’hirondelles, les parulines ou les fringillidés, ces oiseaux sont tous présents en nombres nettement inférieurs à une année moyenne. Avec une telle variété d’espèces concernées, il y a sûrement plus qu’une seule raison en cause…

mardi 9 juillet 2013

Piranga, Goéland brun et premier courlis

Aimez-vous les canicules? Pas moi! Je me plains souvent des printemps trop froids qui retardent l’arrivée des oiseaux et des gels subits de décembre qui figent le fleuve Saint-Laurent trop rapidement mais, honnêtement, je supporte plus facilement un –30 qu’un +30°C! Et, justement, nous venons de traverser, cette fin de semaine, une vague de chaleur qui n’a pu faire autrement que nous ralentir, Christiane et moi. D’ailleurs, nous n’avons pas été les seuls à fonctionner au ralenti puisque même les oiseaux semblaient se cacher de la canicule!

Alors, que faire lorsque la chaleur accablante, l’humidité et un vent fort du sud-ouest s’unissent pour vous empêcher de partir à la recherche d’oiseaux? Il faut simplement trouver des habitats « climatisés » et c’est ce que nous avons fait! Samedi matin, nous sommes donc partis faire une tournée des érablières de la région, sachant bien que leurs voûtes de larges feuilles allaient sûrement tempérer un peu la température au niveau du sol. Au cours de nos arrêts, nous étions effectivement plutôt bien, surtout que les moustiques étaient absents! Cette promenade ne nous a pas fourni les grands nombres d’individus auxquels nos lentes randonnées à vélo nous ont habitués, mais nous avons tout de même terminé la journée avec 60 espèces. Les deux espèces qui ont provoqué le plus d’enthousiasme ont été une Grive des bois et un Piranga écarlate. Ces deux espèces semblaient même chanter en duo; dès que le piranga chantait, la grive faisait de même. Lorsque le piranga faisait une pause, la grive devenait silencieuse. Je sais bien qu’un tel lien comportemental entre cette grive et le piranga n’existe pas, mais leur apparente association était tout de même remarquable et presque drôle!
Ces deux espèces typiques des forêts décidues ont connu des hausses de leur population dans le nord-est du continent durant le XXe siècle. Au début des années 1960, l’abbé René Tanguay ne considérait pas encore la Grive des bois comme nicheuse dans la région de La Pocatière bien qu’une observation qu’il cite remonte aussi loin que 1928. Pour sa part, le Piranga écarlate avait déjà le statut de nicheur probable et était observé annuellement. Durant les années 1980, je n’avais moi-même aucune difficulté à trouver ces deux espèces même sans véritablement les chercher. Depuis le début du XXIe siècle, cependant, elles ont toutes deux connu des baisses marquées de leurs populations dans la région. Si la Grive des bois est encore relativement facile à trouver (quand on sait où la chercher!), dénicher le Piranga écarlate est maintenant devenu un véritable défi!

Le vent fort du sud-ouest qui soufflait samedi devait tourner au nord-ouest et faiblir durant la nuit, ce qui nous donnait quelques espoirs pour notre sortie à Rivière-Ouelle prévue pour dimanche matin. En nous levant à 4 h 15, le premier coup d’œil à l’extérieur nous a littéralement repoussé vers notre lit : le vent soufflait encore du sud-ouest en rafales à 35 km/h! Ce n’est que vers 8 h 00 que le vent a finalement tourné et faibli… et nous étions déjà rendus à Rivière-Ouelle. Nous avions même eu l’impression de chercher davantage le vent frais du nord-ouest que les oiseaux eux-mêmes! De toute façon, la visibilité au large du quai ne s’était pas encore améliorée et la récolte d’oiseaux, autant le long du fleuve qu’en forêt, fut très limitée. Les résultats de l’excursion valent tout de même la peine d’être présentés, ne serait-ce que pour montrer à quel point les conditions rencontrées peuvent avoir une influence sur un site pourtant excellent!

À Rivière-Ouelle, par le chaud dimanche 7 juillet, seulement 48 espèces ont été observées durant les 3 h 35 de terrain. En voici la liste complète :
  • 6 Oies des neiges – Les 60 autres sûrement encore présentes dans le secteur sont demeurées introuvables!
  • 55 Canards noirs
  • 5 Canards colverts
  • 1 Canard pilet
  • 3 Sarcelles d’hiver
  • 26 Eiders à duvet
  • 1 Gélinotte huppée – Un mâle zélé trouvait encore la force de tambouriner!
  • 2 Plongeons huards
  • 10 Cormorans à aigrettes
  • 12 Grands Hérons
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 8 Pluviers kildirs
  • 1 Chevalier grivelé
  • 1 Courlis corlieu – Une arrivée relativement précoce pour ce migrateur automnal peu commun dans la région.
  • 500 Goélands à bec cerclé
  • 8 Goélands argentés
  • 1 Goéland brun – Un immature en mue déjà très avancée vers son plumage de 3e hiver accompagnait les Goélands à bec cerclé.
  • 8 Goélands marins
  • 20 Pigeons bisets
  • 11 Tourterelles tristes
  • 1 Moucherolle des aulnes
  • 1 Viréo mélodieux
  • 3 Viréos aux yeux rouges – Même les viréos étaient silencieux dimanche matin, eux qui émettent souvent le seul chant audible en forêt durant les chaudes journées d’été.
  • 23 Corneilles d’Amérique
  • 3 Grands Corbeaux
  • 4 Hirondelles bicolores
  • 15 Hirondelles de rivage
  • 3 Hirondelles rustiques
  • 5 Grives fauves
  • 2 Grives à dos olive
  • 24 Merles d’Amérique
  • 53 Étourneaux sansonnets
  • 7 Jaseurs d’Amérique
  • 6 Parulines masquées
  • 5 Parulines flamboyantes
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 8 Parulines jaunes
Paruline jaune – Rivière-Ouelle – 7 juillet 2013 © Claude Auchu
Paruline jaune – Rivière-Ouelle – 7 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 2 Bruants familiers
  • 7 Bruants des prés
  • 26 Bruants chanteurs
  • 4 Bruants à gorge blanche
  • 2 Goglus des prés
  • 33 Carouges à épaulettes
  • 26 Quiscales bronzés
  • 1 Roselin pourpré
  • 9 Chardonnerets jaunes
Que dire de plus sinon que nous allons nous reprendre dès la prochaine fin de semaine si la température est plus tempérée! Les premiers oiseaux de rivage automnaux devraient normalement suivre l’exemple du Courlis corlieu et se présenter dans la région dès les prochains jours. Nous comptons bien être sur place pour les accueillir!

mardi 2 juillet 2013

Des oiseaux de proie encore en migration!?!

Il y a déjà près d’un mois que nous n’avons pas fait de vraie excursion ornithologique à La Pocatière! Les fins de semaine avec une météo douteuse qui se sont succédées et les sorties déjà prévues dans les villages environnants nous ont obligé à délaisser les sites pocatois que nous visitons traditionnellement depuis des années. Pour remédier à cette situation particulière, j’avais décidé de réserver, cette fin de semaine, une journée pour une visite à un endroit qui est habituellement notre site #1 à La Pocatière, celui que nous visitons à vélo lorsque nous n’avons que quelques heures disponibles. Avec son mélange bien dosé d’arbres décidus et de conifères, de petits champs et même de quelques étangs, le boisé Beaupré peut offrir en quelques minutes un bel aperçu des oiseaux forestiers présents dans la région. La journée de samedi étant encore une fois composée d’averses et de brouillard, c’est donc dimanche que j’allais enfin explorer un peu La Pocatière.

Christiane ayant décidé de consacrer sa journée au jardinage, j’allais donc être seul à vérifier quelles espèces se cachent dans le boisé Beaupré cet été. Comparativement aux dernières journées, l’avant-midi de dimanche fut presque agréable côté température, même si le brouillard encore présent à 150 mètres au-dessus de la ville m’a sûrement empêché de voir quelques oiseaux de proie. Une fois en forêt, en plus des immanquables maringouins, plusieurs passereaux ont fait belle figure. Les grives en particulier étaient bien en voix et difficiles à manquer. Après être sorti sans trop de dommage de cette rencontre avec les moustiques, j’ai effectué un long détour pour revenir à la maison en passant par les battures du Saint-Laurent, un autre site que nous avons malheureusement négligé cette année.

Entre 6 h 45 et 10 h 45, dimanche le 30 juin, j’ai réussi à dénicher 60 espèces sur le territoire de La Pocatière. En voici un échantillon :
  • 15 Cormorans à aigrettes
  • 3 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 100 Goélands à bec cerclé
  • 16 Tourterelles tristes
  • 2 Pics maculés
  • 2 Pics mineurs
  • 2 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 4 Moucherolles des aulnes
  • 6 Moucherolles phébis – Les phébis étaient bien en évidence dimanche matin, eux qui se sont fait plutôt discrets depuis leur arrivée en avril. Un oiseau chantait même continuellement à un endroit où nous passons quotidiennement sans avoir remarqué l’espèce depuis plusieurs semaines.
  • 2 Tyrans huppés – Un oiseau occupait un vieux trou de pic creusé dans un poteau. L'espèce a niché dans cette même cavité il y a deux ans et des Pics flamboyants l'ont utilisée à leur tour l'an dernier.
  • 2 Tyrans tritris
  • 19 Viréos aux yeux rouges
  • 4 Geais bleus
  • 40 Corneilles d’Amérique
  • 2 Grands Corbeaux
  • 10 Mésanges à tête noire
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 1 Roitelet à couronne rubis
  • 11 Grives fauves
  • 1 Grive à dos olive
  • 10 Grives solitaires
  • 34 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 60 Étourneaux sansonnets
  • 6 Jaseurs d’Amérique
  • 11 Parulines couronnées
  • 2 Parulines noir et blanc
  • 24 Parulines masquées
  • 6 Parulines flamboyantes
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 2 Parulines à gorge orangée
  • 18 Parulines jaunes
  • 2 Parulines à flancs marron
  • 3 Parulines bleues
  • 2 Parulines à croupion jaune
  • 3 Parulines à gorge noire
  • 8 Bruants familiers
  • 14 Bruants des prés
  • 3 Bruants de Nelson
  • 37 Bruants chanteurs
  • 3 Bruants des marais
  • 7 Bruants à gorge blanche
  • 1 Goglu des prés
  • 25 Carouges à épaulettes
  • 25 Quiscales bronzés
  • 3 Roselins pourprés
  • 45 Chardonnerets jaunes
  • 1 Gros-bec errant
Ce n’est que dimanche après-midi que le brouillard présent sur la région depuis mercredi dernier s’est finalement dissipé. Un temps clair s’annonçait enfin pour lundi, la journée que nous réservions pour notre sortie à Rivière-Ouelle. Cette excursion s’est cependant déroulée dans une drôle d’ambiance, la convection déjà bien présente au large du quai dès notre arrivée fut plus tard remplacée par la fumée d’un feu de forêt qui brûle, semble-t-il, très loin sur la Côte-Nord! À partir du quai, je vous assure que c’était assez particulier de voir ce mur de fumée arriver du nord! Nous avons donc eu à composer avec une visibilité limitée durant toute l’excursion.
Le début du mois de juillet offre habituellement bien peu de surprises aux observateurs d’oiseaux. Sauf pour les premiers limicoles qui commencent souvent très tôt leur migration automnale en entraînant parfois avec eux des espèces égarées (comme le Pluvier grand-gravelot que nous avons trouvé le 7 juillet 2000!!!), bien peu de mouvements sont notés durant ce mois. Il sert surtout aux juvéniles à accumuler force et expérience en vue de la migration automnale.
Nous avons donc été très surpris d’être témoins, lundi matin, d’un petit déplacement migratoire d’oiseaux de proie! Un 1er juillet!!! Nous avons d’abord croisé une première Petite Buse qui tournoyait près du fleuve. Ce n’est pas vraiment surprenant qu’une Petite Buse non-nicheuse puisse ainsi rôder à Rivière-Ouelle à cette date, comme ce fut d’ailleurs le cas au cours des deux fins de semaine précédentes (la Petite Buse ne niche assurément pas à Rivière-Ouelle, faute d’habitat propice). Plus tard, cependant, installés au bout d’une pointe de terre orientée vers le sud-ouest, nous avons été stupéfaits de voir une autre Petite Buse arriver du nord-est et, après une brève hésitation, foncer vers le sud-ouest au-dessus des flôts. C’est ensuite une Crécerelle d’Amérique qui a suivi le même trajet! Encore plus tard, deux autres Petites Buses accompagnées d’une Buse à queue rousse glissants vers le sud-ouest n’ont pu échapper à l’œil de lynx de Christiane. Des rapaces encore en migration sont observés régulièrement dans la région jusqu'à la mi-juin, mais je dois avouer mon étonnement de voir un tel mouvement en juillet!!!

Lundi le 1er juillet, ce sont 69 espèces que nous avons croisées à Rivière-Ouelle entre 5 h 00 et 12 h 05 comme, par exemple :
  • 70 Oies des neiges
  • 1 Canard branchu – En déplacement devant le quai…
  • 2 Canards chipeaux
  • 22 Canards noirs
  • 38 Canards colverts
  • 1 Canard pilet
  • 19 Sarcelles d’hiver
  • 74 Eiders à duvet
  • 118 Macreuses à front blanc
  • 1 Macreuse à bec jaune – Même s’il s’agit de la macreuse la plus commune à Rivière-Ouelle le printemps, la « bec jaune » est la plus rarement observée ici en plein cœur de l’été.
  • 2 Garrots à œil d’or
  • 6 Plongeons catmarins – Bien peu de catmarins semblent estiver dans la région cette année. Parfois, on peut les compter par dizaines.
  • 1 Plongeon huard
  • 151 Cormorans à aigrettes
Cormorans à aigrettes – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
  • 16 Grands Hérons
  • 3 Urubus à tête rouge
  • 1 Pygargue à tête blanche – Un immature en plumage de deuxième année planait paresseusement au-dessus des champs. Dans son cas, il s’agit sûrement d’un pygargue errant parmi tant d’autres et non d’un migrateur comme les buses.
  • 5 Petites Buses – Une des Petites Buses observées de près nous a montré un bel exemple de mue entre le plumage immature et celui d’adulte. Sur cette photo, remarquez sur les ailes les quatre vieilles rémiges primaires les plus externes (P7 à P10), les quatre nouvelles primaires d’adulte (celles se terminant par une grosse tache brune, P1 à P4) et la primaire en train de se développer (probablement P5, la vieille P6 étant probablement tombée). Sur la queue, les deux rectrices centrales noir et blanc et les deux plus externes à peine visibles sont celles du plumage adulte, celles finement rayées étant les vieilles rectrices du plumage immature.
Petite Buse en mue – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
  • 1 Buse à queue rousse
  • 3 Pluviers kildirs
  • 1 Bécasseau semipalmé – Probablement un oiseau qui ne s’est pas rendu jusqu’à ses territoires de nidification.
  • 700 Goélands à bec cerclé – Le premier juvénile de l’année a déjà fait son appartion à Rivière-Ouelle!
  • 20 Goélands argentés
  • 15 Goélands marins
  • 54 Petits Pingouins
  • 2 Colibris à gorge rubis
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 3 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique – En migration!                       
  • 4 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 12 Viréos aux yeux rouges
  • 5 Hirondelles rustiques
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 1 Merlebleu de l’Est – Un merlebleu arrivant de je ne sais où a fait un bref arrêt près du quai avant de repartir vers le sud-ouest. Était-il lui aussi encore en migration?
  • 3 Grives fauves
  • 7 Grives à dos olive
  • 25 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 11 Parulines masquées
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 1 Paruline à collier – Une rare mention estivale à Rivière-Ouelle, mais ce mâle chanteur était dans son habitat.
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 8 Parulines jaunes
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 4 Bruants des prés
  • 36 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 11 Bruants à gorge blanche
  • 2 Goglus des prés
  • 24 Chardonnerets jaunes
Ça glisse!!!
Cerfs de Virginie – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
Sept espèces de mammifères aussi ont été observées dimanche matin. En plus de sept Cerfs de Virginie qui se déplaçaient maladroitement sur les rochers glissants du rivage (dont deux tout juste à côté du quai!), nous avons croisé un jeune Raton laveur qui a réussi à se faufiler entre les roues d’une voiture en mouvement, quelques Phoques communs et deux Bélugas.