mardi 9 juillet 2013

Piranga, Goéland brun et premier courlis

Aimez-vous les canicules? Pas moi! Je me plains souvent des printemps trop froids qui retardent l’arrivée des oiseaux et des gels subits de décembre qui figent le fleuve Saint-Laurent trop rapidement mais, honnêtement, je supporte plus facilement un –30 qu’un +30°C! Et, justement, nous venons de traverser, cette fin de semaine, une vague de chaleur qui n’a pu faire autrement que nous ralentir, Christiane et moi. D’ailleurs, nous n’avons pas été les seuls à fonctionner au ralenti puisque même les oiseaux semblaient se cacher de la canicule!

Alors, que faire lorsque la chaleur accablante, l’humidité et un vent fort du sud-ouest s’unissent pour vous empêcher de partir à la recherche d’oiseaux? Il faut simplement trouver des habitats « climatisés » et c’est ce que nous avons fait! Samedi matin, nous sommes donc partis faire une tournée des érablières de la région, sachant bien que leurs voûtes de larges feuilles allaient sûrement tempérer un peu la température au niveau du sol. Au cours de nos arrêts, nous étions effectivement plutôt bien, surtout que les moustiques étaient absents! Cette promenade ne nous a pas fourni les grands nombres d’individus auxquels nos lentes randonnées à vélo nous ont habitués, mais nous avons tout de même terminé la journée avec 60 espèces. Les deux espèces qui ont provoqué le plus d’enthousiasme ont été une Grive des bois et un Piranga écarlate. Ces deux espèces semblaient même chanter en duo; dès que le piranga chantait, la grive faisait de même. Lorsque le piranga faisait une pause, la grive devenait silencieuse. Je sais bien qu’un tel lien comportemental entre cette grive et le piranga n’existe pas, mais leur apparente association était tout de même remarquable et presque drôle!
Ces deux espèces typiques des forêts décidues ont connu des hausses de leur population dans le nord-est du continent durant le XXe siècle. Au début des années 1960, l’abbé René Tanguay ne considérait pas encore la Grive des bois comme nicheuse dans la région de La Pocatière bien qu’une observation qu’il cite remonte aussi loin que 1928. Pour sa part, le Piranga écarlate avait déjà le statut de nicheur probable et était observé annuellement. Durant les années 1980, je n’avais moi-même aucune difficulté à trouver ces deux espèces même sans véritablement les chercher. Depuis le début du XXIe siècle, cependant, elles ont toutes deux connu des baisses marquées de leurs populations dans la région. Si la Grive des bois est encore relativement facile à trouver (quand on sait où la chercher!), dénicher le Piranga écarlate est maintenant devenu un véritable défi!

Le vent fort du sud-ouest qui soufflait samedi devait tourner au nord-ouest et faiblir durant la nuit, ce qui nous donnait quelques espoirs pour notre sortie à Rivière-Ouelle prévue pour dimanche matin. En nous levant à 4 h 15, le premier coup d’œil à l’extérieur nous a littéralement repoussé vers notre lit : le vent soufflait encore du sud-ouest en rafales à 35 km/h! Ce n’est que vers 8 h 00 que le vent a finalement tourné et faibli… et nous étions déjà rendus à Rivière-Ouelle. Nous avions même eu l’impression de chercher davantage le vent frais du nord-ouest que les oiseaux eux-mêmes! De toute façon, la visibilité au large du quai ne s’était pas encore améliorée et la récolte d’oiseaux, autant le long du fleuve qu’en forêt, fut très limitée. Les résultats de l’excursion valent tout de même la peine d’être présentés, ne serait-ce que pour montrer à quel point les conditions rencontrées peuvent avoir une influence sur un site pourtant excellent!

À Rivière-Ouelle, par le chaud dimanche 7 juillet, seulement 48 espèces ont été observées durant les 3 h 35 de terrain. En voici la liste complète :
  • 6 Oies des neiges – Les 60 autres sûrement encore présentes dans le secteur sont demeurées introuvables!
  • 55 Canards noirs
  • 5 Canards colverts
  • 1 Canard pilet
  • 3 Sarcelles d’hiver
  • 26 Eiders à duvet
  • 1 Gélinotte huppée – Un mâle zélé trouvait encore la force de tambouriner!
  • 2 Plongeons huards
  • 10 Cormorans à aigrettes
  • 12 Grands Hérons
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 8 Pluviers kildirs
  • 1 Chevalier grivelé
  • 1 Courlis corlieu – Une arrivée relativement précoce pour ce migrateur automnal peu commun dans la région.
  • 500 Goélands à bec cerclé
  • 8 Goélands argentés
  • 1 Goéland brun – Un immature en mue déjà très avancée vers son plumage de 3e hiver accompagnait les Goélands à bec cerclé.
  • 8 Goélands marins
  • 20 Pigeons bisets
  • 11 Tourterelles tristes
  • 1 Moucherolle des aulnes
  • 1 Viréo mélodieux
  • 3 Viréos aux yeux rouges – Même les viréos étaient silencieux dimanche matin, eux qui émettent souvent le seul chant audible en forêt durant les chaudes journées d’été.
  • 23 Corneilles d’Amérique
  • 3 Grands Corbeaux
  • 4 Hirondelles bicolores
  • 15 Hirondelles de rivage
  • 3 Hirondelles rustiques
  • 5 Grives fauves
  • 2 Grives à dos olive
  • 24 Merles d’Amérique
  • 53 Étourneaux sansonnets
  • 7 Jaseurs d’Amérique
  • 6 Parulines masquées
  • 5 Parulines flamboyantes
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 8 Parulines jaunes
Paruline jaune – Rivière-Ouelle – 7 juillet 2013 © Claude Auchu
Paruline jaune – Rivière-Ouelle – 7 juillet 2013 © Claude Auchu
  • 2 Bruants familiers
  • 7 Bruants des prés
  • 26 Bruants chanteurs
  • 4 Bruants à gorge blanche
  • 2 Goglus des prés
  • 33 Carouges à épaulettes
  • 26 Quiscales bronzés
  • 1 Roselin pourpré
  • 9 Chardonnerets jaunes
Que dire de plus sinon que nous allons nous reprendre dès la prochaine fin de semaine si la température est plus tempérée! Les premiers oiseaux de rivage automnaux devraient normalement suivre l’exemple du Courlis corlieu et se présenter dans la région dès les prochains jours. Nous comptons bien être sur place pour les accueillir!

mardi 2 juillet 2013

Des oiseaux de proie encore en migration!?!

Il y a déjà près d’un mois que nous n’avons pas fait de vraie excursion ornithologique à La Pocatière! Les fins de semaine avec une météo douteuse qui se sont succédées et les sorties déjà prévues dans les villages environnants nous ont obligé à délaisser les sites pocatois que nous visitons traditionnellement depuis des années. Pour remédier à cette situation particulière, j’avais décidé de réserver, cette fin de semaine, une journée pour une visite à un endroit qui est habituellement notre site #1 à La Pocatière, celui que nous visitons à vélo lorsque nous n’avons que quelques heures disponibles. Avec son mélange bien dosé d’arbres décidus et de conifères, de petits champs et même de quelques étangs, le boisé Beaupré peut offrir en quelques minutes un bel aperçu des oiseaux forestiers présents dans la région. La journée de samedi étant encore une fois composée d’averses et de brouillard, c’est donc dimanche que j’allais enfin explorer un peu La Pocatière.

Christiane ayant décidé de consacrer sa journée au jardinage, j’allais donc être seul à vérifier quelles espèces se cachent dans le boisé Beaupré cet été. Comparativement aux dernières journées, l’avant-midi de dimanche fut presque agréable côté température, même si le brouillard encore présent à 150 mètres au-dessus de la ville m’a sûrement empêché de voir quelques oiseaux de proie. Une fois en forêt, en plus des immanquables maringouins, plusieurs passereaux ont fait belle figure. Les grives en particulier étaient bien en voix et difficiles à manquer. Après être sorti sans trop de dommage de cette rencontre avec les moustiques, j’ai effectué un long détour pour revenir à la maison en passant par les battures du Saint-Laurent, un autre site que nous avons malheureusement négligé cette année.

Entre 6 h 45 et 10 h 45, dimanche le 30 juin, j’ai réussi à dénicher 60 espèces sur le territoire de La Pocatière. En voici un échantillon :
  • 15 Cormorans à aigrettes
  • 3 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 100 Goélands à bec cerclé
  • 16 Tourterelles tristes
  • 2 Pics maculés
  • 2 Pics mineurs
  • 2 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 4 Moucherolles des aulnes
  • 6 Moucherolles phébis – Les phébis étaient bien en évidence dimanche matin, eux qui se sont fait plutôt discrets depuis leur arrivée en avril. Un oiseau chantait même continuellement à un endroit où nous passons quotidiennement sans avoir remarqué l’espèce depuis plusieurs semaines.
  • 2 Tyrans huppés – Un oiseau occupait un vieux trou de pic creusé dans un poteau. L'espèce a niché dans cette même cavité il y a deux ans et des Pics flamboyants l'ont utilisée à leur tour l'an dernier.
  • 2 Tyrans tritris
  • 19 Viréos aux yeux rouges
  • 4 Geais bleus
  • 40 Corneilles d’Amérique
  • 2 Grands Corbeaux
  • 10 Mésanges à tête noire
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 1 Roitelet à couronne rubis
  • 11 Grives fauves
  • 1 Grive à dos olive
  • 10 Grives solitaires
  • 34 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 60 Étourneaux sansonnets
  • 6 Jaseurs d’Amérique
  • 11 Parulines couronnées
  • 2 Parulines noir et blanc
  • 24 Parulines masquées
  • 6 Parulines flamboyantes
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 2 Parulines à gorge orangée
  • 18 Parulines jaunes
  • 2 Parulines à flancs marron
  • 3 Parulines bleues
  • 2 Parulines à croupion jaune
  • 3 Parulines à gorge noire
  • 8 Bruants familiers
  • 14 Bruants des prés
  • 3 Bruants de Nelson
  • 37 Bruants chanteurs
  • 3 Bruants des marais
  • 7 Bruants à gorge blanche
  • 1 Goglu des prés
  • 25 Carouges à épaulettes
  • 25 Quiscales bronzés
  • 3 Roselins pourprés
  • 45 Chardonnerets jaunes
  • 1 Gros-bec errant
Ce n’est que dimanche après-midi que le brouillard présent sur la région depuis mercredi dernier s’est finalement dissipé. Un temps clair s’annonçait enfin pour lundi, la journée que nous réservions pour notre sortie à Rivière-Ouelle. Cette excursion s’est cependant déroulée dans une drôle d’ambiance, la convection déjà bien présente au large du quai dès notre arrivée fut plus tard remplacée par la fumée d’un feu de forêt qui brûle, semble-t-il, très loin sur la Côte-Nord! À partir du quai, je vous assure que c’était assez particulier de voir ce mur de fumée arriver du nord! Nous avons donc eu à composer avec une visibilité limitée durant toute l’excursion.
Le début du mois de juillet offre habituellement bien peu de surprises aux observateurs d’oiseaux. Sauf pour les premiers limicoles qui commencent souvent très tôt leur migration automnale en entraînant parfois avec eux des espèces égarées (comme le Pluvier grand-gravelot que nous avons trouvé le 7 juillet 2000!!!), bien peu de mouvements sont notés durant ce mois. Il sert surtout aux juvéniles à accumuler force et expérience en vue de la migration automnale.
Nous avons donc été très surpris d’être témoins, lundi matin, d’un petit déplacement migratoire d’oiseaux de proie! Un 1er juillet!!! Nous avons d’abord croisé une première Petite Buse qui tournoyait près du fleuve. Ce n’est pas vraiment surprenant qu’une Petite Buse non-nicheuse puisse ainsi rôder à Rivière-Ouelle à cette date, comme ce fut d’ailleurs le cas au cours des deux fins de semaine précédentes (la Petite Buse ne niche assurément pas à Rivière-Ouelle, faute d’habitat propice). Plus tard, cependant, installés au bout d’une pointe de terre orientée vers le sud-ouest, nous avons été stupéfaits de voir une autre Petite Buse arriver du nord-est et, après une brève hésitation, foncer vers le sud-ouest au-dessus des flôts. C’est ensuite une Crécerelle d’Amérique qui a suivi le même trajet! Encore plus tard, deux autres Petites Buses accompagnées d’une Buse à queue rousse glissants vers le sud-ouest n’ont pu échapper à l’œil de lynx de Christiane. Des rapaces encore en migration sont observés régulièrement dans la région jusqu'à la mi-juin, mais je dois avouer mon étonnement de voir un tel mouvement en juillet!!!

Lundi le 1er juillet, ce sont 69 espèces que nous avons croisées à Rivière-Ouelle entre 5 h 00 et 12 h 05 comme, par exemple :
  • 70 Oies des neiges
  • 1 Canard branchu – En déplacement devant le quai…
  • 2 Canards chipeaux
  • 22 Canards noirs
  • 38 Canards colverts
  • 1 Canard pilet
  • 19 Sarcelles d’hiver
  • 74 Eiders à duvet
  • 118 Macreuses à front blanc
  • 1 Macreuse à bec jaune – Même s’il s’agit de la macreuse la plus commune à Rivière-Ouelle le printemps, la « bec jaune » est la plus rarement observée ici en plein cœur de l’été.
  • 2 Garrots à œil d’or
  • 6 Plongeons catmarins – Bien peu de catmarins semblent estiver dans la région cette année. Parfois, on peut les compter par dizaines.
  • 1 Plongeon huard
  • 151 Cormorans à aigrettes
Cormorans à aigrettes – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
  • 16 Grands Hérons
  • 3 Urubus à tête rouge
  • 1 Pygargue à tête blanche – Un immature en plumage de deuxième année planait paresseusement au-dessus des champs. Dans son cas, il s’agit sûrement d’un pygargue errant parmi tant d’autres et non d’un migrateur comme les buses.
  • 5 Petites Buses – Une des Petites Buses observées de près nous a montré un bel exemple de mue entre le plumage immature et celui d’adulte. Sur cette photo, remarquez sur les ailes les quatre vieilles rémiges primaires les plus externes (P7 à P10), les quatre nouvelles primaires d’adulte (celles se terminant par une grosse tache brune, P1 à P4) et la primaire en train de se développer (probablement P5, la vieille P6 étant probablement tombée). Sur la queue, les deux rectrices centrales noir et blanc et les deux plus externes à peine visibles sont celles du plumage adulte, celles finement rayées étant les vieilles rectrices du plumage immature.
Petite Buse en mue – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
  • 1 Buse à queue rousse
  • 3 Pluviers kildirs
  • 1 Bécasseau semipalmé – Probablement un oiseau qui ne s’est pas rendu jusqu’à ses territoires de nidification.
  • 700 Goélands à bec cerclé – Le premier juvénile de l’année a déjà fait son appartion à Rivière-Ouelle!
  • 20 Goélands argentés
  • 15 Goélands marins
  • 54 Petits Pingouins
  • 2 Colibris à gorge rubis
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 3 Pics flamboyants
  • 1 Crécerelle d’Amérique – En migration!                       
  • 4 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 12 Viréos aux yeux rouges
  • 5 Hirondelles rustiques
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 1 Merlebleu de l’Est – Un merlebleu arrivant de je ne sais où a fait un bref arrêt près du quai avant de repartir vers le sud-ouest. Était-il lui aussi encore en migration?
  • 3 Grives fauves
  • 7 Grives à dos olive
  • 25 Merles d’Amérique
  • 4 Moqueurs chats
  • 11 Parulines masquées
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 1 Paruline à collier – Une rare mention estivale à Rivière-Ouelle, mais ce mâle chanteur était dans son habitat.
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 8 Parulines jaunes
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 4 Bruants des prés
  • 36 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 11 Bruants à gorge blanche
  • 2 Goglus des prés
  • 24 Chardonnerets jaunes
Ça glisse!!!
Cerfs de Virginie – Rivière-Ouelle – 1er juillet 2013 © Claude Auchu
Sept espèces de mammifères aussi ont été observées dimanche matin. En plus de sept Cerfs de Virginie qui se déplaçaient maladroitement sur les rochers glissants du rivage (dont deux tout juste à côté du quai!), nous avons croisé un jeune Raton laveur qui a réussi à se faufiler entre les roues d’une voiture en mouvement, quelques Phoques communs et deux Bélugas.

mardi 25 juin 2013

Hibou des marais et Martinet ramoneur

Pour le commun des mortels, nous sommes maintenant au tout début de l’été calendaire, mais pour nous, observateurs d’oiseaux, c’est déjà le milieu de l’été ornithologique. La grande majorité des oiseaux sont occupés à se reproduire, et c’est tant mieux! La chance de trouver une espèce égarée (qui, il faut bien l’avouer, est souvent la raison de base de nos excursions) est donc plutôt faible. Nous avons cependant l’occasion de vérifier l’état des populations nicheuses afin d’être les témoins de première ligne des extentions et des contractions de l’aire de nidification des différentes espèces.

Pour cette longue fin de semaine de la Fête nationale du Québec, la température a atteint pour la première fois depuis le début de mai (!?!) des maximums frôlant les 30°C. Les sorties ornithologiques n’étaient donc profitables que durant les toutes premières heures après le lever du jour car même les oiseaux semblaient se camoufler après l’heure du midi. Nous avons donc réservé la matinée de samedi pour Rivière-Ouelle, sachant bien que la hausse de l’humidité durant la fin de semaine allait sûrement nuire à la visibilité au large. C’est exactement ce qui est arrivé et, même tôt samedi matin, les oiseaux avaient avantage à ne pas circuler trop loin du quai s’ils voulaient apparaître sur notre feuillet d’observations quotidiennes! Après le quai, nous avons effectué la tournée habituelle de nos sites favoris pour finalement nous rendre compte que le tout s’était déroulé en moins de six heures! Il n’y a pas à dire, les oiseaux sont discrets en saison de nidification!

Samedi le 22 juin, nous avons patrouillé Rivière-Ouelle de 4 h 50 à 10 h 25 pour récolter un petit total de 61 espèces. En voici un aperçu :
  • 50 Oies des neiges – Ce n’est pas une simple approximation, mais bien un compte précis des quelques petits groupes d’oiseaux rencontrés. Il s’agit d’ailleurs d’une quantité intéressante pour l’été.
  • 1 Bernache du Canada
  • 4 Canards chipeaux
  • 6 Canards d’Amérique
  • 29 Canards noirs
  • 71 Canards colverts – Un groupe d’une soixantaine d’oiseaux, majoritairement des mâles, se nourrissaient dans un champ près du village au lever du soleil. Pour eux, la nidification est déjà terminée!
  • 52 Eiders à duvet
  • 152 Macreuses à front blanc – C’est la plus régulière et la plus abondante des macreuses qui estivent dans la région. Bien sûr, il s’agit surtout de mâles immatures.
  • 1 Harle huppé
  • 2 Plongeons catmarins
  • 9 Plongeons huards
  • 1 Fou de Bassan – Il est toujours rare dans la région à la fin de juin.
  • 15 Cormorans à aigrettes
  • 21 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Petite Buse
  • 7 Pluviers kildirs
  • 3 Guillemots marmettes – Leur présence ne surprend plus, même en plein cœur de l’été ornithologique, mais elle continue de nous faire plaisir!
  • 36 Petits Pingouins
  • 29 Tourterelles tristes
  • 1 Hibou des marais – Durant une halte imprévue en route vers le quai, nous avons repéré un Hibou des marais chassant au-dessus des champs. Ma dernière mention ici en été doit remonter à plus de 15 ans!
  • 8 Moucherolles des aulnes
  • 1 Viréo mélodieux
  • 7 Viréos aux yeux rouges
  • 68 Corneilles d’Amérique
  • 11 Hirondelles bicolores
  • 22 Hirondelles de rivage
  • 4 Hirondelles rustiques
  • 3 Grives à dos olive
  • 2 Moqueurs chats
  • 150 Étourneaux sansonnets
  • 2 Parulines à joues grises
  • 10 Parulines masquées
  • 8 Parulines flamboyantes
  • 4 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 10 Parulines jaunes
  • 3 Parulines à croupion jaune
  • 14 Bruants des prés
  • 2 Bruants de Nelson – À Rivière-Ouelle, un des endroits les plus sûrs pour trouver cette spécialité régionale est le long de la rivière à 5,5 kilomètres de son embouchure. L’endroit pourrait paraître étrange pour un oiseau que l’on croit inféodé au fleuve mais, à un endroit avec aussi peu de relief que Rivière-Ouelle, les marées font sentir leur effet même à cet endroit!
  • 40 Bruants chanteurs
  • 11 Bruants à gorge blanche
  • 1 Goglu des prés
  • 58 Carouges à épaulettes
  • 58 Quiscales bronzés
  • 2 Roselins pourprés
  • 19 Chardonnerets jaunes
Comme à chaque année, durant la dernière semaine de juin, les Goélands à bec cerclé adultes qui semblaient nous avoir abandonnés depuis plus d’un mois refont leur apparition. On les voit maintenant en grand nombre dans les champs fraîchement fauchés à se gaver d’insectes de toute sorte. Il s’agit possiblement d’oiseaux qui ont raté leur nidification et, peut-être, des premiers adultes qui ont terminé avec succès leur nichée. Les juvéniles devraient apparaître d’ici deux semaines.

Pour dimanche, nous avons finalement effectué une randonnée qui avait initialement été prévue pour la fin de mai. Les journées de mauvais temps qui se succédaient à ce moment nous avaient obligé à remettre cette sortie à plusieurs reprises. Mais finalement, voilà, nous avons pu visiter Saint-Gabriel-Lalemand et ses forêts pleine de surprises. Nous avons trouvé en effet plutôt surprenant de pouvoir passer en quelques tours de pédalier de la Grive des bois au Moucherolle à ventre jaune et de la Mésange à tête brune au Pioui de l’Est! Les différents massifs forestiers le long de notre trajet étaient très variés et de dimension suffisante pour accueillir une belle diversité d’espèces typiques de ces milieux.
Vous remarquerez que seulement trois espèces de fringillidés ont été croisées durant la matinée. Les Tarins des pins, qui ont été communs durant quelques semaines à la fin du printemps,  ont déserté la région, n’ayant évidemment pas trouvé de graines des conifères pour s’alimenter. Les Becs-croisés bifasciés, eux, sont absents depuis la fin de l’automne dernier. Espérons que la production de graines cet été sera à la hauteur de leurs attentes… et des nôtres!

À Saint-Gabriel-Lalemand, dimanche le 23 juin, les 30 kilomètres parcourus à vélo (ou en marchant à côté des vélos pour les meilleurs secteurs) nous ont permis d’observer 76 espèces entre 5 h 20 et 12 h 00, parmi lesquelles :
  • 3 Petites Buses
  • 1 Buse à queue rousse
  • 10 Pluviers kildirs – Trois poussins à peine sortis de l’œuf se trouvaient sur l’accotement très étroit d’une route.
  • 5 Bécassines de Wilson
  • 5 Martinets ramoneurs – Au moins cinq martinets étaient très actifs dans le village! Ils volaient, paradaient et criaient sans cesse; deux oiseaux sont même entrés dans une petite cheminée.
Martinet ramoneur – Saint-Gabriel – 23 juin 2013 © Claude Auchu
Martinets ramoneurs – Saint-Gabriel – 23 juin 2013 © Claude Auchu
Martinet ramoneur – Saint-Gabriel – 23 juin 2013 © Claude Auchu
  • 8 Colibris à gorge rubis – Deux oiseaux se poursuivaient près d’un abreuvoir en prenant de l’altitude. Après quelques secondes, ils ont piqué vers le sol et sont venus nous frôler, en émettant un bruissement sec de l’air, un peu comme celui produit par les Engoulevents d’Amérique en parade!
  • 3 Pics maculés
  • 3 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 5 Pics flamboyants
  • 1 Faucon émerillon
  • 1 Pioui de l’Est – Cet oiseau des érablières chantait dans une forêt de conifères, une chose qui semble arriver régulièrement chez le pioui!
  • 3 Moucherolles à ventre jaune
  • 13 Moucherolles des aulnes
  • 6 Moucherolles tchébecs
  • 1 Moucherolle phébi
  • 2 Tyrans tritris
  • 9 Viréos à tête bleue
  • 64 Viréos aux yeux rouges
  • 19 Hirondelles à front blanc
  • 18 Mésanges à tête noire
  • 2 Mésanges à tête brune
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 7 Troglodytes des forêts
  • 13 Roitelets à couronne dorée
  • 12 Roitelets à couronne rubis
  • 3 Merlebleus de l’Est
  • 18 Grives fauves
  • 4 Grives à dos olive
  • 6 Grives solitaires
  • 3 Grives des bois – Comme la semaine dernière à Sainte-Louise, deux oiseaux chantaient simultanément de part et d’autre d’une route, comme s’ils se répondaient. Nous avons même réussi à voir un de ces oiseaux, un événement plutôt rare dans la région.
Grive des bois – Saint-Gabriel – 23 juin 2013 © Claude Auchu
  • 65 Merles d’Amérique
  • 21 Parulines couronnées
  • 2 Parulines des ruisseaux
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 16 Parulines à joues grises
  • 6 Parulines tristes
  • 26 Parulines masquées
  • 9 Parulines flamboyantes
  • 10 Parulines à collier
  • 28 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à poitrine baie
  • 12 Parulines à gorge orangée
  • 1 Paruline jaune
  • 11 Parulines à flancs marron
  • 4 Parulines bleues
  • 9 Parulines à croupion jaune
  • 12 Parulines à gorge noire
  • 1 Paruline à calotte noire – Cette paruline est rarement observée dans la région en plein été, probablement parce que les habitats qu’elle fréquente (les zones buissonneuses près des tourbières) sont peu visitées par les observateurs.
  • 19 Bruants familiers
  • 13 Bruants des prés
  • 39 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants des marais
  • 44 Bruants à gorge blanche
  • 3 Juncos ardoisés
  • 38 Goglus des prés – Les terres agricoles des monts Notre-Dame n’ont peut-être pas la qualité de celles situées en bordure du fleuve, mais les goglus y trouvent nettement ce qu’ils recherchent!
  • 50 Carouges à épaulettes
  • 30 Quiscales bronzés
  • 3 Vachers à tête brune
  • 6 Roselins pourprés
  • 14 Chardonnerets jaunes
  • 1 Gros-bec errant
Après la satisfaction d’avoir vu les Martinets ramoneurs de Saint-Gabriel, nous avons eu la surprise  d’en voir deux survoler le centre-ville de La Pocatière à notre arrivée!!! Le martinet est une des espèces qui avaient le plus attiré mon attention à mes débuts en ornithologie. Le voir disparaître du ciel de ma ville m’effraie au plus haut point…!
Et la troisième journée de cette longue fin de semaine? Eh bien, il faisait chaud et nous nous sommes reposés! Parfois, ça fait du bien!

mardi 18 juin 2013

Deux espèces toujours recherchées

C’est avec grand plaisir que nous attendions cette première fin de semaine de beau temps depuis cinq semaines… mais c’est avec fatalisme que nous avons accepté les averses qui sont tombées durant les après-midis de samedi et dimanche. Heureusement pour nous, c’est surtout en avant-midi que nous sommes actifs! Nous avons donc rencontré des conditions d’observation plus que décentes durant nos sorties de la fin de semaine et nous en avons profité de notre mieux. Le tout avait d’ailleurs très bien débuté puisque, en sortant pour nous rendre au travail vendredi matin, un Troglodyte familier très en voix nous attendait derrière la maison et il est demeuré sur place pour le reste de la fin de semaine!
C’est en mai 1977 que je me suis procuré mon premier vrai livre sur les oiseaux. À ce moment, j’avais remarqué que certaines espèces, selon les cartes de distribution présentes dans le livre, atteignaient dans la région de La Pocatière la limite nord de leur aire de nidification. Si certains de ces oiseaux (l’Oriole de Baltimore et le « Gros-bec » à poitrine rose, par exemple) ont été pour moi relativement faciles à découvrir, d’autres demeurent presque 40 ans plus tard encore très difficiles à dénicher dans la région. Le Troglodyte familier fait partie de ces espèces insaisissables, tout comme d’ailleurs le Passerin indigo que nous avons trouvé à Sainte-Louise-des-Aulnaies samedi matin. Pour chacune de ces espèces, je n’ai confirmé moi-même qu’une seule nidification dans la région. L’abbé René Tanguay, un des pionniers de l’ornithologie régionale, ne semble avoir découvert qu’un seul nid de Troglodyte familier à La Pocatière (en 1941) et le Passerin indigo n’était encore pour lui qu’un simple nicheur possible au milieu des années 1960. Leurs statuts dans la région n’ont donc pas vraiment changé durant le dernier demi-siècle.

C’est par une tournée à vélo à travers les routes de campagne de Sainte-Louise que nous avons débuté notre fin de semaine. Une partie de la randonnée se déroulant à travers les terres agricoles, nous avons remarqué que les agriculteurs attendaient sûrement autant que nous le retour du beau temps. Dès le lever du soleil, la machinerie agricole roulait déjà à plein dans les champs à récolter la première coupe de foin de l’été et, on s’en doute, la première couvée de nombreux goglus, sturnelles et bruants…

Samedi le 15 juin, notre visite à Sainte-Louise s’est déroulée entre 5 h 30 à 10 h 20 et nous y avons observé 60 espèces, dont :
  • 3 Butors d’Amérique – Il aurait pu nous paraître surprenant de réussir à trouver trois butors dans une municipalité pratiquement sans cours d’eau, mais la pluie a tellement gonflé les fossés que les grenouilles doivent être omniprésentes. Un de ces butors criait d’ailleurs tout près de l’église!
  • 7 Urubus à tête rouge
  • 3 Bécassines de Wilson
  • 3 Pics maculés
  • 1 Pic mineur
  • 2 Pics chevelus
  • 3 Pics flamboyants
  • 1 Grand Pic
  • 3 Piouis de l’Est – Les grandes érablières de Sainte-Louise sont de bons endroits où trouver cette espèce de plus en plus discrète dans la région.
  • 5 Moucherolles des aulnes
  • 9 Moucherolles tchébecs
  • 10 Moucherolles phébis – Il est étrange de trouver plus de phébis que de Moucherolles des aulnes durant une excursion en juin!
  • 4 Tyrans tritris
  • 40 Viréos aux yeux rouges
  • 8 Hirondelles rustiques
  • 2 Roitelets à couronne rubis
  • 11 Grives fauves
  • 2 Grives solitaires
  • 2 Grives des bois
  • 60 Merles d’Amérique
  • 2 Moqueurs chats
  • 16 Parulines couronnées
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 16 Parulines masquées
  • 4 Parulines flamboyantes
  • 6 Parulines à tête cendrée
  • 7 Parulines à gorge orangée
  • 25 Parulines jaunes
  • 6 Parulines à flancs marron
  • 6 Parulines bleues
  • 6 Parulines à gorge noire
  • 35 Bruants des prés
  • 37 Bruants chanteurs
  • 5 Bruants à gorge blanche
  • 2 Juncos ardoisés
  • 5 Cardinaux à poitrine rose
  • 1 Passerin indigo – Grâce à nos vélos, nous avons pu repérer un mâle adulte qui chantait avec vigueur dans un endroit difficilement accessible en voiture. Chose intéressante, Christiane a entrevu ce qui était possiblement une femelle.
Passerin indigo – Sainte-Louise – 15 juin 2013 © Claude Auchu
  • 16 Goglus des prés
  • 90 Carouges à épaulettes
  • 4 Sturnelles des prés – Les sturnelles étaient là pour confirmer l’importance des quelques pâturages à bestiaux encore présents autour de certains petits villages de la région...
  • 46 Quiscales bronzés
  • 2 Vachers à tête brune
  • 1 Oriole de Baltimore
Ce qui nous a le plus frappé samedi matin, c’est le nombre relativement peu élevé de passereaux néo-tropicaux (moucherolles, parulines,...) présents dans des secteurs habituellement riches en espèces et en individus...

Dimanche matin, c’était au tour de Rivière-Ouelle de recevoir notre visite. Si tout semblait plutôt tranquille le long de la côte, il était évident que quelque chose de sérieux se passait au large. De très nombreux goélands, la majorité trop loin pour être identifiés à l’espèce, se déplaçaient vers l’est, souvent en petites bandes serrées. Même les goélands posés sur le rivage tout près de nous ont fini par s’envoler et prendre le large. Comme c’est habituellement le cas en juin, ce sont surtout des goélands immatures au plumage très usé qui circulaient, en suivant probablement une source de nourriture invisible à nos yeux de simples humains.

Ce sont 61 espèces que nous avons croisées à Rivière-Ouelle entre 5 h 00 à 12 h 00 dimanche le 16 juin. En voici une partie :
  • 15 Oies des neiges
  • 17 Bernaches du Canada
  • 2 Canards chipeaux
  • 1 Canard d’Amérique
  • 70 Canards noirs
  • 115 Canards colverts
  • 1 Fuligule milouinan
  • 53 Eiders à duvet
Contrairement au Goéland marin, le Goéland à bec cerclé ne représente pas une menace 
pour les canetons d'Eider à duvet
Eiders à duvet et Goéland à bec cerclé – Rivière-Ouelle – 16 juin 2013 © Claude Auchu
  • 1 Macreuse à front blanc
  • 2 Harles huppés
  • 4 Plongeons catmarins
  • 3 Plongeons huards
  • 39 Cormorans à aigrettes
  • 29 Grands Hérons
  • 14 Urubus à tête rouge – Plusieurs des urubus rencontrés dimanche matin étaient posés dans les champs fraîchement fauchés. Gageons qu’ils étaient attirés par les restes de petits rongeurs et d’oisillons déchiquetés par la machinerie agricole.
Urubus à tête rouge – Rivière-Ouelle – 16 juin 2013 © Claude Auchu
  • 1 Pygargue à tête blanche – À quatre heures d’intervalle, nous avons observé à deux endroits distants de 5,8 kilomètres un immature en plumage de première année, probablement le même.
  • 1 Petite Buse
  • 1 Marouette de Caroline
  • 400 Goélands à bec cerclé
  • 25 Goélands argentés
  • 25 Goélands marins
  • 1000 goélands sp. – Dommage que de telles quantités au quai soient presque invariablement trop loin pour que nous puissions en profiter!
  • 33 Petits Pingouins
  • 1 Martinet ramoneur – De plus en plus rare dans la région. Nous n’avons pas encore observé un seul individu à La Pocatière cette année! Des observations de plus de 500 oiseaux ont déjà été faites à La Pocatière à la fin des années 1950!!!
  • 1 Pic mineur – Depuis quelques jours, un pic ayant le bec sucré fréquente un abreuvoir à oriole.
Pic mineur – Rivière-Ouelle – 16 juin 2013 © Claude Auchu
  • 3 Pics flamboyants
  • 1 Faucon émerillon – Tôt le matin, un oiseau s’est aventuré au-dessus du fleuve après avoir survolé le quai et a pris de l’altitude en se dirigeant vers le large. Il semblait vraiment parti pour traverser le fleuve, même à cette date!
  • 12 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec – Il est peu souvent observé sur le territoire de Rivière-Ouelle durant la saison de nidification, les grandes forêts de feuillus qu’il affectionne étant plutôt rares dans la municipalité.
  • 1 Viréo mélodieux
  • 5 Grands Corbeaux – Un adulte et un juvénile s’alimentait à même une carcasse d’esturgeon près du quai.
  • 27 Hirondelles bicolores
  • 39 Hirondelles de rivage – Pour la première fois cette année, des oiseaux ont été vus autour de leurs sites de nidification! Il est évident que le froid du mois de mai et du début de juin a retardé la nidification.
  • 9 Hirondelles rustiques
  • 3 Grives à dos olive
  • 38 Merles d’Amérique
  • 2 Moqueurs chats
  • 130 Étourneaux sansonnets – Il était très visible (et audible) que plusieurs oisillons ont quitté leur nid au cours des derniers jours.
  • 11 Parulines masquées
  • 3 Parulines flamboyantes
  • 2 Parulines à tête cendrée
  • 8 Parulines jaunes
Paruline jaune – Rivière-Ouelle – 16 juin 2013 © Claude Auchu
  • 9 Bruants des prés
  • 41 Bruants chanteurs
  • 10 Bruants à gorge blanche
  • 4 Goglus des prés
  • 45 Carouges à épaulettes
  • 64 Quiscales bronzés
  • 1 Vacher à tête brune
  • 23 Chardonnerets jaunes
  • 2 Moineaux domestiques
Un coup d’œil à mes archives indique qu’au cours des 36 dernières années, le Troglodyte familier n’est apparu à ma liste régionale annuelle qu’à 12 reprises. Le Passerin indigo, lui, n’a été présent que 10 ans sur les 36. Trouver ces deux espèces dans ma région demeure encore tout un défi!

mardi 11 juin 2013

Un temps de canard!

Oui, ce fut une fin de semaine que nous nous efforcerons d’oublier le plus rapidement possible! Si la température des quatre fins de semaine précédentes nous avait laissé sur notre faim, nous sommes sortis de celle des 8 et 9 juin carrément à jeun! La journée de samedi avec sa pluie presque continuelle éliminait dès le départ les possibilités de sorties ornithologiques fructueuses. Nous avons donc tout misé sur dimanche qui ne s’annonçait pas vraiment mieux.

Mais, auparavant, un court passage à Rivière-Ouelle vendredi le 7 juin en fin d’après-midi nous a fourni une partie de ce que l’on espérait pour la fin de semaine. Un coup d’œil rapide à deux petits groupes de goélands nous a procuré deux Goélands bruns, une espèce européenne maintenant annuelle dans la région. C’est probablement durant les premiers jours de juin que le Goéland brun est le plus facile à dénicher dans mon secteur, étant attiré à certains sites précis par le frai du capelan. Les circonstances ressemblaient énormément à celles du 19 juin 2011, lorsque nous avions repéré trois individus. Je trouve toujours surprenant de constater à quel point nous pouvons maintenant repérer rapidement un Goéland brun immature dans un groupe de laridés. Lorsque j’avais vu mon premier Goéland brun à vie, un oiseau en plumage de 2e hiver à Rivière-Ouelle (bien entendu!) le 7 mai 1988, j’avais eu besoin de toute ma concentration pour être certain de son identification. Maintenant, l’expérience me permet de les individualiser aussi facilement que nos goélands nord-américains! Amusant!
Goéland brun, immature 3e été, et Goélands à bec cerclé – Rivière-Ouelle – 7 juin 2013 © Claude Auchu
Goéland brun, immature 1er été, (à gauche) et Goélands argentés– Rivière-Ouelle – 7 juin 2013
© Claude Auchu
Puisque la journée de samedi avait décidé de ne pas passer à l’histoire, nous avons dû mettre tout nos espoirs sur celle de dimanche. C’est encore sous le brouillard que nous nous sommes rendus à Rivière-Ouelle tôt le matin. Pour profiter de la marée haute, nous avons répété la stratégie appliquée à deux reprises en mai, en débutant l’excursion par les zones les plus payantes du rivage au lieu de nous rendre directement au quai. Si nous avons pu éviter la pluie à ce moment, ce qui nous a permis de noter la majorité des espèces rencontrées durant la matinée, la température s’est rapidement détériorée juste au moment où nous sommes arrivés au quai. Les averses ont commencé à se succéder et, pour nous, ce fut le début d’une attente longue et déprimante. Nous avons remis à plusieurs reprises l’heure limite de notre patience avant de repartir penauds peu avant 10 h 00.

Dimanche le 9 juin, nous avons donc débuté cette journée grise par une excursion à Rivière-Ouelle entre 5 h 15 et 10 h 10, ce qui nous a fourni 63 espèces. En voici une partie :
  • 1 Oie des neiges
  • 2 Canards chipeaux
  • 18 Canards noirs
  • 2 Canards colverts
  • 1 Canard souchet
  • 8 Sarcelles d’hiver
  • 3 Fuligules milouinans – Quelques individus de cette espèce passent régulièrement l’été en petit nombre dans la région. Le site de nidification le plus près de La Pocatière se situe aux Îles de la Madeleine.
  • 34 Eiders à duvet
  • 1 Garrot à œil d’or
  • 1 Harle couronné
  • 7 Grands Harles
  • 4 Harles huppés
  • 2 Gélinottes huppées
  • 2 Plongeons huards
  • 11 Grands Hérons
  • 1 Marouette de Caroline – Depuis que les Roseaux communs ont envahi plusieurs des étangs que fréquentait la marouette sur les battures du Saint-Laurent, ce râle est beaucoup plus difficile à dénicher!
  • 1 Bécassine de Wilson
  • 150 Goélands à bec cerclé
  • 100 Goélands argentés
  • 20 Goélands marins
  • 1 Petit Pingouin
  • 7 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 1 Viréo mélodieux
  • 70 Corneilles d’Amérique
  • 5 Grands Corbeaux
  • 12 Hirondelles bicolores
  • 4 Hirondelles rustiques
  • 2 Grives fauves
  • 1 Grive à dos olive               
  • 1 Moqueur chat
  • 1 Paruline à joues grises
  • 4 Parulines jaunes
  • 3 Parulines à tête cendrée
  • 1 Paruline à gorge orangée
  • 2 Parulines flamboyantes
  • 7 Parulines masquées
Après le dîner, pour nous dégourdir les jambes (et en même temps évacuer un peu la frustration accumulée!), nous sommes sortis sous les dernières averses pour une petite randonnée à vélo à travers les routes de campagne de La Pocatière. En plein après-midi, le nombre d’espèces rencontrées pouvant difficilement être très élevé, nous sommes revenus à la maison avec un petit 47 espèces, dont :
  • 1 Plongeon catmarin – Celui-là n’a bien sûr pas été vu dans les champs, mais plutôt à partir des battures avant le lever du soleil, lors d’une petite recherche pour un éventuel râle...
  • 1 Buse à queue rousse – Un immature au plumage pratiquement transluscide tellement il était usé!
  • 1 Grand Pic
  • 2 Moucherolles des aulnes
  • 1 Moucherolle phébi
  • 2 Grives solitaires
  • 1 Moqueur chat
  • 2 Parulines noir et blanc
  • 1 Paruline à joues grises
  • 1 Paruline triste
  • 16 Parulines masquées
  • 6 Parulines jaunes
  • 1 Paruline à calotte noire – Un mâle chanteur, visiblement encore en migration.
  • 10 Bruants des prés
  • 22 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 1 Sturnelle des prés – Les sturnelles ont maintenant presque disparu de ma région, elles qui étaient encore communes il y a 10 ans.
Bien sûr, les températures fraîches et pluvieuses que nous connaissons depuis un mois ont un impact direct sur nos oiseaux. Présentement, au 10 juin, il est encore difficile pour nous d’entendre un Viréo aux yeux rouges, un Moucherolle des aulnes ou même une simple Hirondelle bicolore durant les deux kilomètres de vélo jusqu’à notre lieu de travail. Les Parulines jaunes et masquées, habituellement très volubiles, ne chantent encore que timidement. Les oiseaux ont-ils décidé de ne pas se rendre jusqu’ici cette année ou sont-ils présents mais demeurent silencieux pour ménager leurs forces???