mardi 7 mai 2013

« C’est une Swainson!!! »

Il y a des journées qui semblent être destinées à passer à l’histoire. La journée de samedi le 4 mai 2013 en était une et elle s’est assurée de l’être de bien des façons!
Puisque la météo a toujours son importance, et pour une fois qu’elle était clémente, parlons-en en bien. En une dizaine de jours, nous sommes littéralement passés du mois de mars (avec, par exemple, un petit –2°C le 25 avril à 15 h 00) au mois de juillet (avec un gros 28°C le 5 mai à 15 h 00). Des conditions aussi agréables ont bien sûr des conséquences sur les oiseaux qui traversent la région mais aussi sur nous, les observateurs, qui espérons toujours de bonnes raisons d’étirer nos sorties sur le terrain. Et c’est justement une sortie prolongée à un site bien connu qui a couronné une journée qui, de toute façon, aurait été magnifique.

Parce que, samedi, malgré un Goéland brun (!), des Labbes parasites hâtifs (!!), plus de 9600 Plongeons catmarins (!!!) et même un Gobemoucheron gris-bleu (!!!!), la vedette de la journée aura été une Buse de Swainson!!!!! Dans mes deux derniers messages, je vous ai parlé de la migration printanière des oiseaux de proie dans la région et du fait que ces oiseaux, se déplaçant vers le nord, doivent trouver un endroit propice pour franchir le fleuve Saint-Laurent. Le point de départ vers la rive nord doit varier selon l’espèce (probablement même selon l’individu) et les conditions météorologiques et ce ne doit pas être facile pour un observateur d’être un témoin direct de ce phénomène. Personnellement, j’ai depuis longtemps l’habitude de quitter le quai avant 9 h 30, soit avant que les mouvements migratoires des oiseaux de proie soient vraiment débutés (les rapaces préfèrent se déplacer durant les heures les plus chaudes de la jourmée pour profiter des ascendances thermiques qui leurs permettent de parcourir de longues distances sans dépenser d’énergie). Il y a trois ans cependant, en lisant le journal du Club des ornithologues de Québec, j’ai eu la surprise d’y trouver ce qui suit :
« Un passage massif d’au moins 180 Petites Buses (décompte conservateur) s’est déroulé entre 10 h et 11 h 30 le 29 avril [2009] à Rivière-Ouelle. À un certain moment, Robin Gingras pouvait compter 80 Petites Buses volant ensemble. Les oiseaux se rassemblaient au-dessus de la Pointe-aux-Orignaux pour ensuite traverser le fleuve. » (Bulletin ornithologique, vol. 54, no. 2, p.62) 
La Pointe-aux-Orignaux de Rivière-Ouelle, c’est là que se trouve le quai!!! Cette observation de mon ami Robin m’avait beaucoup intrigué. Deux ans plus tard, le 25 avril 2011 vers 10 h 00, Christiane et moi avions observé 22 Buses à queue rousse lever rapidement devant nous près du quai avec, selon nous, l’intention de traverser le fleuve. La semaine dernière, encore en milieu d’avant-midi, le même phénomène s’est produit. Quitter le quai un peu plus tardivement en     avant-midi pourrait donc réserver des surprises…!
Samedi dernier, c’est encore vers 10 h 00 que nous avons quitté le quai. Au large, les déplacements d’oiseaux marins avaient pratiquement cessé et les tonnes de Plongeons catmarins comptées plus tôt s’étaient posées à l’eau. D’ailleurs, durant nos quinze dernières minutes au quai, Christiane était assise le dos au fleuve et comptait les rapaces qui commençaient à apparaître depuis l’intérieur des terres. À ce moment, il était difficile de s’assurer que ce n’était pas toujours les mêmes oiseaux  puisqu’ils se déplaçaient dans un sens puis dans l’autre. Mais quelques secondes à peine après s’être mis en route, Christiane m’a signalé un petit groupe d’une douzaine d’oiseaux tournoyant tout près. Nous sommes sortis rapidement de la voiture pour les identifier. Le groupe contenait sept ou huit Petites Buses, deux B. à queue rousse, un Épervier brun et… un oiseau qui a rapidement attiré mon attention. Il s’agissait de toute évidence d’une buse par sa silhouette, mais le dessous de son corps et ses couvertures sous-alaires m’ont apparu entièrement sombres! Chose certaine, ce n’était pas une Buse pattue qui aurait été nettement plus massive et trapue. De plus, mon oiseau n’avait pas de grande zone blanche aux rémiges primaires et sa queue était sombre à son extrémité mais devenait graduellement plus pâle vers sa base. Tout s’est bousculé dans ma tête en une seconde et j’ai lancé à Christiane : « Suis cet oiseau-là! » pendant que, voyant la buse glisser vers nous, je me dépêchais de saisir l’appareil-photo dans la voiture. En voyant la buse dans ses jumelles, Christiane l’a reconnue à son tour : « C’est une Swainson!!! ». Oui, une Buse de Swainson arrivant des champs passait 50 mètres au-dessus de nos têtes et glissait rapidement vers le quai! Alors qu’elle s’éloignait de nous, je n’ai eu le temps de prendre que quelques mauvaises photos de l’oiseau. Nous sommes repartis en trombe vers le quai mais, une fois sur place, la buse avait déjà disparu. Nous espérions que le fleuve bloque son passage mais, voyant les Buses à queue rousse qui l’accompagnaient survoler le quai et se diriger vers Charlevoix, nous avons compris que notre Buse de Swainson avait visiblement pris le même chemin!
Même si l’observation n’a duré qu’une trentaine de secondes et que seuls les dessous de l’oiseau ont pu être observés adéquatement, l’identification s’est faite très rapidement et facilement. Nous avons tous les deux des milliers d’heures d’expérience dans l’observation des oiseaux de proie en général, ce qui nous a sûrement aidé à reconnaître la silhouette particulière de la buse. Son corps élancé ainsi que ses ailes étroites et pratiquement pointues nous ont rapidement sauté aux yeux. Même sa queue nous a paru différente de celles des autres buses, avec sa base paraissant plus étroite et les « coins » mieux découpés. Les dessous pratiquement noirs de notre oiseau, menton inclu, indique qu’il s’agissait d’un adulte parmi les plus sombres. À noter que moins de 10% des Buses de Swainson sont de forme sombre ou intermédiaire. Outre la base de sa queue et le dessous des rémiges à peine plus pâles que les sous-alaires, les seules parties qui ne nous ont pas parues noirâtres étaient une petite zone nettement plus claire à la base des 2-3 primaires les plus externes et les côtés du croupion blanchâtres qui dépassaient de chaque côté de la base de la queue. Même les sous-caudales qui devaient être claires n’étaient pas apparentes, mais elles peuvent être rayées chez les oiseaux de forme sombre et elles se fondaient peut-être avec la base plus pâle de la queue.
Le plus surprenant dans toute cette histoire est que la Buse de Swainson a de toute évidence quitté la rive sud pour se diriger vers Charlevoix qui, à son point le plus près du quai de Rivière-Ouelle, se trouve tout de même à 14,1 kilomètres! Nichant dans les prairies du centre du continent, la Buse de Swainson est une grande migratrice qui hiverne dans les pampas de l’Argentine. Quelques oiseaux sont vus régulièrement aux principaux sites de décompte d’oiseaux de proie de l’est de l’Amérique du Nord, principalement en automne. Il existe moins de 20 mentions au Québec dont une dans la grande région de La Pocatière, à Saint-André de Kamouraska le 1er juillet 2005. Comme les autres migrateurs de longue distance, des oiseaux sont parfois trouvés à des endroits surprenants (il existe quatre mentions à Terre-Neuve) ou encore totalement invraisemblables (en Norvège et en Israël, bien que ces deux oiseaux étaient possiblement d’origine captive)!!! Nous étions pleinement conscients de la possibilité de voir cette espèce dans la région un jour et, lorsque nous voyons des oiseaux de proie en migration, elle n’est jamais bien loin dans nos têtes. Nous aurions même pu en trouver une perchée dans un arbuste ou posée au sol dans un champ. Mais jamais je n’aurais cru que c’est le quai de Rivière-Ouelle qui allait nous offrir ce cadeau!
Il n’y avait pas qu’une buse à Rivière-Ouelle samedi matin, aussi rare soit-elle! Bien d’autres oiseaux presque aussi intéressants se sont présentés à nous, dont certains en quantités industrielles. Les conditions d’observation aussi étaient remarquables et quelques observateurs de passage ont pu les savourer autant que nous.

Voici donc certaines des 78 espèces d’oiseaux que Rivière-Ouelle avait à nous offrir en ce magnifique samedi 4 mai entre 5 h 10 et 13 h 25 :
  • 700 Oies des neiges
  • 1 Bernache de Hutchins – Comme il arrive souvent, cette petite bernache préférait la compagnie des Oies des neiges à celle des Bernaches du Canada.
  • 915 Bernaches du Canada
  • 3 Canards d’Amérique
  • 51 Canards noirs
  • 6 Canards colverts
  • 46 Sarcelles d’hiver
  • 15 Fuligules à collier
  • 54 Fuligules milouinans
  • 19 Petits Fuligules
  • 108 Eiders à duvet
  • 102 Macreuses à front blanc
  • 8 Macreuses brunes
  • 1000 Macreuses à bec jaune
  • 21 Hareldes kakawis
  • 18 Garrots à œil d’or
  • 1 Harle couronné
  • 99 Grands Harles
  • 177 Harles huppés
  • 9660 Plongeons catmarins – Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les catmarins étaient encore très fébriles samedi matin! À un certain moment, il était pratiquement impossible de compter un à un tous les oiseaux qui volaient vers l’ouest et Christiane a dû se résoudre à les compter par dix tellement le passage était intense! À notre départ, ils étaient des centaines posés à l’eau au large du quai (et ils étaient sûrement bien placés pour voir passer la Buse de Swainson!!!). Il s’agit de notre deuxième meilleur total de Plongeons catmarins à Rivière-Ouelle, mais les 11020 vus le 29 mai 2011 avaient été comptés en seulement 50 minutes!
  • 5 Plongeons huards
  • 2 Fous de Bassan
  • 1165 Cormorans à aigrettes
  • 4 Grands Hérons
  • 7 Urubus à tête rouge
  • 2 Busards Saint-Martin
  • 2 Éperviers bruns
  • 43 Petites Buses
  • 1 Buse de Swainson – Une description apparaît, bien entendu, sur le feuillet d’observations quotidiennes que nous avons rempli pour ÉPOQ.
Il n'est pas facile de photographier en vitesse un oiseau sombre sur fond de ciel bleu! La meilleure photo de la Buse de Swainson permet à tout le moins de voir la partie la plus claire de l'oiseau, cette petite zone à la base des 2-3 rémiges primaires les plus externes. 
Buse de Swainson – Rivière-Ouelle – 4 mai 2013 © Claude Auchu
  • 17 Buses à queue rousse
  • 1 Grand Chevalier
  • 1 Petit Chevalier
  • 4 Mouettes tridactyles
  • 18 Mouettes de Bonaparte
  • 700 Goélands à bec cerclé
  • 50 Goélands argentés
  • 14 Goélands arctiques
  • 1 Goéland brun – Un adulte.
  • 1 Goéland bourgmestre
  • 20 Goélands marins
  • 3 Labbes parasites – Cette mention égale mon record personnel d’arrivée la plus hâtive (établi en 1992) pour cette espèce remarquablement régulière à Rivière-Ouelle en mai.
  • 29 Petits Pingouins
  • 2 Martins-pêcheurs d’Amérique
  • 4 Pics flamboyants
  • 3 Crécerelles d’Amérique
  • 1 Viréo à tête bleue
  • 23 Hirondelles bicolores
  • 1 Hirondelle à front blanc – Comme les Hirondelles bicolores de la semaine dernière, l’Hirondelle à front blanc filait vers le large à partir du quai.
  • 5 Hirondelles rustiques
  • 19 Mésanges à tête noire
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 1 Gobemoucheron gris-bleu – La présence de ce petit passereau accidentel dans la région s’est retrouvée dans l’ombre de la célèbre buse. Ce mâle ne donnait pourtant pas sa place en étant très actif et en lançant régulièrement son cri caractéristique. C’est ma quatrième mention de l’espèce à Rivière-Ouelle et elles ont toutes été faites précisément au même endroit, à l’intérieur d’un rayon de 30 mètres! Dans ma région, outre mes autres observations de septembre 1989, mai 2004 et septembre 2007, il existe une autre mention automnale à Rivière-Ouelle et deux printanières à La Pocatière.
Gobemoucheron gris-bleu – Rivière-Ouelle – 4 mai 2013 © Claude Auchu
Gobemoucheron gris-bleu – Rivière-Ouelle – 4 mai 2013 © Claude Auchu
Gobemoucheron gris-bleu – Rivière-Ouelle – 4 mai 2013 © Claude Auchu
  • 4 Roitelets à couronne dorée
  • 15 Roitelets à couronne rubis
  • 2 Grives solitaires
  • 1 Pipit d’Amérique
  • 5 Parulines à croupion jaune
  • 37 Bruants chanteurs
  • 12 Bruants à gorge blanche
  • 106 Quiscales bronzés
  • 1 Sizerin flammé
 Il semble bien que nous devrons maintenant bien vérifier le ciel en quittant le quai au printemps et peut-être même y aller en après-midi au cas où... Il reste à bien comprendre les vents que les oiseaux de proie recherchent pour s’envoler vers Charlevoix (samedi matin, de faibles vents soufflaient du nord-est). Et l’automne, est-ce que la même chose peut se produire? Même en ne visitant le quai de Rivière-Ouelle que tôt le matin, nous avons tout de même déjà vu des Buses pattues, des Balbuzards pêcheurs et des Faucons pèlerins arriver du large en automne. Que peut-il se passer durant un après-midi de la mi-octobre lorsque plus de 1000 buses longent la côte de Charlevoix??? Comparativement à Kamouraska et à La Pocatière, qui sont tous deux situés dans le fond de grandes baies, il est surprenant de voir à quel point la Pointe-aux-Orignaux (et le quai de Rivière-Ouelle qui s’y trouve) est relativement près de Charlevoix. Les oiseaux de proie qui migrent en altitude le remarquent sûrement eux aussi. Ce sera à vérifier!

Dimanche matin, les images de la Buse de Swainson bien imprimées dans nos têtes (à défaut de l’être dans notre ordinateur), nous avons parcouru les alentours de La Pocatière à la recherche de passereaux. Le beau temps ayant sans doute fait son oeuvre, les oiseaux semblaient nettement moins présents que la veille. Mais, tout de même, la température était encore estivale et la randonnée à vélo allait sûrement en valoir la peine. Nous avons donc effectué un de nos circuits favoris qui nous conduit de la ville à une forêt mixte, ensuite à travers les champs pour se terminer sur les battures du Saint-Laurent.

Cette promenade à La Pocatière dimanche le 5 mai nous aura permis de voir 67 espèces entre 6 h 00 à 13 h 10, parmi lesquelles :
  • 2 Canards branchus
  • 19 Fuligules à collier
  • 5 Petits Garrots – Cinq femelles dormaient ensemble sur le fleuve.
  • 8 Gélinottes huppées
  • 13 Urubus à tête rouge
  • 3 Balbuzards pêcheurs – Le balbuzard est une espèce étonnamment rare dans la région immédiate de La Pocatière, même en migration.
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 3 Éperviers bruns
  • 7 Petites Buses
  • 4 Buses à queue rousse
  • 9 Pics maculés
  • 6 Pics mineurs
  • 3 Pics chevelus
  • 4 Pics flamboyants
  • 2 Grands Pics
  • 2 Faucons émerillons
  • 5 Moucherolles phébis
  • 4 Viréos à tête bleue
  • 30 Alouettes hausse-col
  • 13 Hirondelles bicolores
  • 6 Troglodytes des forêts
  • 6 Roitelets à couronne dorée
  • 17 Roitelets à couronne rubis – Sont-ils vraiment plus communs que les Roitelets à couronne dorée ou simplement plus bruyants? Un seul Roitelet à couronne rubis fait sûrement plus de bruit et déplace plus d’air qu’une bande de cinquante Roitelets à couronne dorée!
  • 5 Grives solitaires
  • 54 Merles d’Amérique
  • 6 Pipits d’Amérique
  • 2 Parulines à joues grises
  • 16 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à gorge noire – À trois jours seulement de ma date la plus hâtive dans la région!
  • 2 Bruants hudsoniens
  • 36 Bruants familiers
  • 1 Bruant vespéral – Dûe à sa rareté grandissante, chaque rencontre avec ce bruant est maintenant un événement.
  • 18 Bruants des prés
  • 74 Bruants chanteurs
  • 34 Bruants à gorge blanche
  • 50 Juncos ardoisés
  • 1 Cardinal rouge – Une femelle chantait avec cœur à cinq kilomètres du site où deux autres ont hiverné! À ma connaissance, il s’agit de la première mention de l’espèce en mai dans la région. La colonisation serait sûrement plus facile s’il y avait des mâles.
  • 1 Roselin familier
  • 2 Tarins des pins
  • 6 Chardonnerets jaunes
  • 10 Gros-becs errants
 Voilà donc une autre fin de semaine qui nous aura offert son lot de surprises avec les questions qui les accompagnent. Autrement dit, d’autres bonnes raisons de sortir observer les oiseaux, comme si nous en avions besoin!!!

mardi 30 avril 2013

Buses le vendredi, catmarins le samedi et pics le dimanche

Nous avons enfin connu une fin de semaine chaude, ensoleillée et pratiquement sans vent et chacun en a profité à sa façon. Pour Christiane et moi, ce fut bien entendu en parcourant la région à la recherche d’oiseaux, les rares comme les communs, les nouveaux arrivants comme les hivernants. En terminant notre semaine de travail, nous faisions face à un heureux dilemme : quels sites devrions-nous favoriser durant les deux journées de la fin de semaine? Il est certain que Rivière-Ouelle demeurait un incontournable, mais nous hésitions entre consacrer l’autre journée à la recherche des oiseaux forestiers (c’était mon choix) ou encore, encouragés par le beau passage de migrateurs du samedi précédent, réserver la journée pour les oiseaux de proie (c’était le choix de Christiane). Imaginez notre enthousiasme lorsque nous avons pu ajouter une journée supplémentaire à notre fin de semaine et mettre tous nos plans à exécution!

Vendredi, des petits vents du nord-est soufflant à moins de 15 km/h étaient idéals pour encourager les oiseaux de proie à survoler la région et le petit voile de nuages en après-midi était parfait pour nous aider à les repérer.

Notre excursion à La Pocatière de vendredi le 26 avril s’est étirée de 6 h 30 à 15 h 30 et nous aura permis de voir 62 espèces, dont :
  • 2000 Oies des neiges
  • 2 Canards branchus
  • 18 Canards chipeaux
  • 17 Fuligules à collier
  • 4 Grands Hérons
  • 10 Urubus à tête rouge – Ces oiseaux sont maintenant omniprésents dans le ciel de la région et il est pratiquement impossible de différencier les migrateurs des oiseaux locaux. Il y a 25 ans à peine, la présence d’un seul oiseau dans le voisinage créait encore toute une commotion!
  • 1 Balbuzard pêcheur
  • 9 Busards Saint-Martin – Cinq de ces busards étaient présents sur les battures, mais les quatre autres étaient de réels migrateurs se déplaçant en altitude.
  • 18 Éperviers bruns
  • 1 Épervier de Cooper – Un adulte au jabot bien rempli.
  • 8 Petites Buses
  • 92 Buses à queue rousse – Probablement aidées par les vents faibles, les buses volaient très haut!
Buse à queue rousse immature – La Pocatière – 26 avril 2013 © Claude Auchu
  • 5 Buses pattues
  • 150 Goélands à bec cerclé
Goéland à bec cerclé – La Pocatière – 26 avril 2013 © Claude Auchu
  • 30 Goélands argentés
  • 3 Goélands arctiques
  • 10 Goélands marins
  • 1 Martin-pêcheur d’Amérique
  • 2 Crécerelles d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 2 Geais bleus
  • 40 Corneilles d’Amérique
  • 9 Grands Corbeaux
  • 60 Alouettes hausse-col – Plusieurs petits groupes en migration se déplaçaient pratiquement à la même altitude que les rapaces.
  • 2 Hirondelles bicolores
  • 7 Mésanges à tête noire
  • 1 Mésange à tête brune – Il semble bien que l’oiseau noté dans un boisé de La Pocatière les 5 janvier et 9 mars dernier y soit encore!
  • 1 Grimpereau brun
  • 3 Troglodytes des forêts
  • 2 Roitelets à couronne dorée
  • 2 Roitelets à couronne rubis
  • 1 Grive solitaire
  • 30 Plectrophanes des neiges
  • 8 Bruants hudsoniens
  • 2 Bruants des prés
  • 3 Bruants des marais
  • 75 Sizerins flammés
  • 5 Chardonnerets jaunes – Nos premiers depuis le 27 octobre.
Comme prévu, les vents du nord-est, même légers, ont encouragé les oiseaux de proie à migrer vers le sud-ouest. Si, certaines journées, plusieurs rapaces migrent en longeant l’escarpement situé à la limite sud de La Pocatière, la majorité des oiseaux observés vendredi arrivaient plutôt en ligne droite de Rivière-Ouelle. Un observateur posté sur un promontoire à Saint-Pacôme durant cette même journée nous a d’ailleurs dit n’avoir observé pratiquement aucun rapace migrateur. La topographie du territoire de Rivière-Ouelle, avec son altitude maximale de seulement 38 mètres et sa géographie presque péninsulaire, n’a rien pour attirer les oiseaux de proie en déplacement. Je suis certain que la majorité des Buses à queue rousse qui migrent au-dessus de Rivière-Ouelle le printemps le font en cherchant un endroit pour traverser le fleuve. Ce sont sûrement les conditions de vent, qui devaient être défavorables pour une traversée vendredi, qui décident si les oiseaux continueront ou non leur route vers La Pocatière.

Samedi, les conditions étaient parfaites pour notre sortie à Rivière-Ouelle avec des vents presque nuls. En route vers le quai avant le lever du soleil, le décor était plutôt fantomatique avec des bancs de brume partout au-dessus des champs et le long de la rivière. Mais, une fois au quai, la visibilité au large était excellente (mais pas exceptionnelle) ce qui allait nous permettre d’identifier sans trop de difficulté même les oiseaux les plus lointains.
Nous avons été témoins et victimes d’un drôle de phénomène durant l’avant-midi. La marée finissait de monter à notre arrivée, ce qui poussait doucement vers l’amont les Plongeons catmarins posés à l’eau et encourageait la majorité des oiseaux en vol à se diriger dans la même direction. Fidèle à son habitude, Christiane les comptait méticuleusement un à un mais, lorsque la marée a commencé à baisser, les catmarins à l’eau ont bien entendu commencé à redescendre le fleuve. Ils risquaient donc d’être comptés une deuxième fois! Ce problème a été résolu en recommençant le compte à zéro! À noter que les oiseaux en vol ont, eux aussi, commencé à se diriger vers l’est! Pour l’anecdote, précisons que le compte était rendu à 661 catmarins au moment de la remise à zéro… Nous devons négocier régulièrement avec des changements de marée durant une excursion, mais c’est la première fois que les raisons et les résultats sont aussi évidents!

Nous avons patrouillé Rivière-Ouelle entre 5 h 15 à 13 h 40 samedi le 27 avril pour atteindre l’excellent total de 67 espèces. En voici une liste partielle :
  • 1350 Oies des neiges
  • 33 Bernaches cravants
  • 1265 Bernaches du Canada – Un groupe de plus de 1000 oiseaux était posé dans la rivière en début d’après-midi.
  • 3 Canards d’Amérique
  • 137 Canards noirs
  • 9 Canards colverts
  • 35 Canards pilets
  • 13 Fuligules à collier
  • 32 Fuligules milouinans
  • 6 Petits Fuligules
  • 252 Eiders à duvet
  • 146 Macreuses à front blanc
  • 11 Macreuses brunes
  • 8000 Macreuses à bec jaune – Posées à l’eau en un long ruban loin au large!
  • 64 Hareldes kakawis
  • 2 Petits Garrots
  • 45 Garrots à œil d’or
  • 4 Harles couronnés
  • 45 Grands Harles
  • 207 Harles huppés
  • 1 Gélinotte huppé
  • 4597 Plongeons catmarins – Pour atteindre ce total, ça valait sûrement la peine de recommencer le compte à zéro! À peine quelques oiseaux ont maintenant leur plumage nuptial. En 1964, l’abbé René Tanguay considérait le catmarin comme un migrateur régulier dans la région, soit qui se rencontre souvent sans être commun. Il faut dire qu’à la distance où ces oiseaux circulent, un bon télescope est indispensable pour être témoin de leur abondance!
  • 4 Plongeons huards – Le Plongeon huard est nettement plus résistant au froid que le Plongeon catmarin et quelques-uns réussissent même à hiverner au Québec. Pourquoi alors arrivent-ils dans la région au printemps près d’un mois après les catmarins!?! La raison en est simple. Comme les canards, les plongeons muent toutes leurs rémiges simultanément, ce qui les rend incapables de voler durant plusieurs semaines en hiver. Si certains catmarins débutent leur mue dès la fin de novembre, les huards attendent plutôt le milieu ou la fin de l’hiver pour le faire! Voilà une excellente raison pour retarder leur migration printanière!
  • 1 Grèbe esclavon – Une rare visite printanière de l’espèce dans la région mais, curieusement, il existe quelques mentions estivales.
  • 1 Fou de Bassan
  • 210 Cormorans à aigrettes
  • 4 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 10 Éperviers bruns
  • 1 Petite Buse
  • 20 Buses à queue rousse – En milieu d’avant-midi, plusieurs oiseaux de proie ont été observés près du fleuve, attendant sans doute les conditions idéales pour risquer une traversée.
  • 1 Buse pattue
  • 87 Mouettes de Bonaparte – Plusieurs petits groupes se dirigaient vers l’est au large du quai; il s’agit d’une belle quantité pour la toute première mention de l’année!
  • 8 Goélands arctiques
  • 55 Petits Pingouins
  • 1 Martin-pêcheur d’Amérique
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 29 Hirondelles bicolores – Au petit matin, alors que le mercure était encore près du point de congélation, deux oiseaux sont partis vers Charlevoix au-dessus du fleuve! Ces oiseaux sont vraiment résistants!
  • 4 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Grimpereau brun
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 11 Roitelets à couronne dorée
  • 1 Roitelet à couronne rubis
  • 6 Plectrophanes des neiges – Alors que nous étions installés au bout du quai, un oiseau s’est posé quelques secondes sur la tête de Thomas, notre compagnon d’excursion!!! Une scène qui serait très difficile de provoquer volontairement!
  • 120 Quiscales bronzés
  • 2 Vachers à tête brune
Si les canards migraient très près du quai peu après le lever du soleil, les oiseaux observés après 8 h 00 étaient souvent très loin au large. Une personne présente au quai sans jumelles ni télescope à ce moment n’aurait rien vu des milliers de macreuses et Plongeons catmarins pourtant présents loin au large!

Pour dimanche, il restait notre excursion à prédominance forestière. Encore une fois, les conditions d’observation étaient vraiment près de la perfection, avec un temps doux sans vent. Les pics ont été particulièrement en évidence durant la matinée, autant par leurs cris que par leurs tambourinages.

À La Pocatière, dimanche le 28 avril, ce sont 68 espèces que nous avons recensées à vélo entre 5 h 30 à 13 h 15, comme par exemple :
  • 2900 Oies des neiges
  • 1 Bernache de Hutchins
  • 6 Urubus à tête rouge
  • 3 Busards Saint-Martin
  • 3 Éperviers bruns
  • 4 Petites Buses
  • 7 Buses à queue rousse
  • 4 Pluviers kildirs
  • 1 Bécassine de Wilson
  • 13 Pics maculés
  • 4 Pics mineurs
  • 2 Pics chevelus
  • 19 Pics flamboyants
  • 1 Grand Pic – Un mâle travaillait avec ardeur à une immense cavité.
Grand Pic – La Pocatière – 28 avril 2013 © Claude Auchu
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 2 Faucons émerillons – Depuis deux semaines, un couple annonce à grands cris leur intention de nicher dans notre quartier.
  • 10 Moucherolles phébis
  • 18 Hirondelles bicolores
  • 2 Hirondelles rustiques
  • 23 Mésanges à tête noire
  • 3 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Sittelle à poitrine blanche – Cette espèce est encore une nicheuse rare à La Pocatière. Est-ce que certains des nombreux oiseaux présents l’hiver dernier s’installeront pour nicher? La sittelle observée dimanche était présente dans l’érablière où j’ai fait presque toutes mes observations estivales de l’espèce dans la région.
  • 8 Troglodytes des forêts
  • 9 Roitelets à couronne dorée
  • 10 Roitelets à couronne rubis
  • 11 Grives solitaires
  • 70 Merles d’Amérique
Merle d'Amérique – La Pocatière – 28 avril 2013 © Claude Auchu
  • 1 Paruline à croupion jaune
  • 6 Bruants hudsoniens
  • 8 Bruants familiers
  • 18 Bruants des prés
  • 48 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants des marais
  • 27 Bruants à gorge blanche
  • 85 Juncos ardoisés
  • 1 Sturnelle des prés – La sturnelle est maintenant un nicheur rare dans la région. L’oiseau de dimanche était nettement en migration.
  • 1 Quiscale rouilleux
  • 5 Roselins pourprés
  • 40 Sizerins flammés
  • 1 Sizerin blanchâtre – Un individu accompagnait les Sizerins flammés à une mangeoire dans la ville. Il s’agit de ma mention printanière la plus tardive dans ma région, battant celle du 16 avril 1994.
  • 1 Tarin des pins – Un autre fringillidé qui réapparaît dans la région après l’avoir désertée l’hiver dernier.
  • 4 Gros-becs errants
Nous avons terminé cette longue fin de semaine avec un excellent total de 97 espèces. La table est mise pour le mois de mai!

mardi 23 avril 2013

239 Buses à queue rousse!

La semaine dernière, le thermomètre a finalement permis au printemps d’ouvrir ses portes et de laisser les oiseaux, les passereaux en particulier, atteindre la région. Les roitelets et les bruants sont maintenant bien présents. Ce réchauffement de la température fut rendu possible grâce à des vents du sud qui ont atteint leur paroxysme durant la nuit de vendredi et la journée de samedi avec des rafales atteignant les 70 km/h!

Ces conditions ne nous ont pas découragés et c’est avec grand plaisir que nous sommes partis en excursion ornithologique à vélo samedi matin, sous une fine pluie. Les précipitations ont rapidement cessé, il ne nous restait qu’à résister aux vents. Déjà satisfaits des oiseaux rencontrés en forêt, c’est en sortant du boisé que nous avons eu la surprise de la fin de semaine. Après n’avoir vu que trois buses et un épervier depuis le début de la promenade, voilà que moins d’une heure après être sortis en milieu ouvert, nous avons croisé un front d’oiseaux de proie en migration! Avec les buses, éperviers et autres qui se succédaient sans cesse au-dessus de nos têtes, nous étions comme des enfants dans un magasin de jouets! Depuis nos débuts en ornithologie, il y a près de 40 ans, nous avons vu plusieurs dizaines de milliers de rapaces en migration (!!!), mais on ne s’en lasse jamais! Pour nous, il est certain que ce mouvement migratoire ne faisait que commencer sinon nous l’aurions remarqué plus tôt, surtout que les oiseaux volaient relativement bas. Ces déplacements se sont déroulés entre 10 h 30 et 11 h 30 puis ont cessé aussi rapidement qu’ils avaient commencé, juste au moment où le ciel se dégageait. Tout porte à croire que des conditions vraiment particulières étaient présentes durant cette heure et plus de 300 oiseaux de proie en ont profitées!!!
Dans cette affaire, ce sont les conditions qui m’ont le plus surpris : nuages bas et, surtout, vents très forts du sud-ouest. Je surveille les migrations printanières des oiseaux de proie dans la région depuis longtemps. Au début des années 1990, en notant les conditions météorologiques à chacune des journées consacrées aux rapaces (et il y en avait beaucoup!), je m’étais rendu compte que ces oiseaux traversent la région en très grand nombre lorsque le vent souffle du nord-est. Ils se dirigent alors vers le sud-ouest, ce qui peut paraître surprenant quand on sait que ces oiseaux  remontent en fait vers le nord! Sachant que les rapaces recensés depuis des années à Saint-Fabien, près de Rimouski, migrent eux aussi majoritairement vers le sud-ouest, j’ai depuis longtemps émis une hypothèse sur le sujet. J’ai nettement l’impression que les vents du nord-est empêchent les rapaces de traverser le fleuve quelque part entre Saint-Fabien et La Pocatière et que les oiseaux « jugent » plus payant de continuer vers le sud-ouest, quitte à franchir le fleuve plus en amont que prévu. Bien entendu, un vent du nord-est ne garantit pas un bon passage d’oiseaux de proie, mais les meilleures journées dont j’ai été témoin dans la région se sont habituellement déroulées par vent du nord-est (c’est le cas, par exemple, pour les 414 Buses à queue rousse comptées le        7 mai 2005!). Ces conditions du vent du nord-est semblent particulièrement importantes pour observer l’Aigle royal dans la région. Des 18 individus que j’ai vus ici le printemps depuis 1986,    16 l’ont été par vents du nord-est…! Mais les oiseaux ont toujours le dernier mot et le passage migratoire observé samedi matin est de loin le meilleur dont j’ai été témoin avec des vents du sud-ouest.

À La Pocatière, samedi le 20 avril, nous avons observé 52 espèces entre 7 h 45 et 13 h 15, dont :
  • 1 Canard d’Amérique
  • 13 Canards pilets
  • 12 Fuligules à collier
  • 7 Urubus à tête rouge
  • 1 Pygargue à tête blanche – Un adulte.
  • 8 Busards Saint-Martin
  • 34 Éperviers bruns
  • 1 Épervier de Cooper – Cet épervier maintenant régulier dans la région n’est que rarement observé en migration. C’est plutôt près des mangeoires en hiver qu’il est facile à trouver!
  • 239 Buses à queue rousse
  • 18 Buses pattues
  • 1 Aigle royal – Un immature migrait parmi les buses, un événement rare par une journée de vents du sud-ouest.
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 3 Pics flamboyants
  • 2 Crécerelles d’Amérique
  • 3 Moucherolles phébis
  • 1 Geai bleu
  • 24 Hirondelles bicolores – Quelques petits groupes d’hirondelles se déplaçaient courageusement face aux vents parfois violents du sud-ouest.
  • 15 Mésanges à tête noire
  • 1 Grimpereau brun
  • 25 Roitelets à couronne dorée
  • 1 Roitelet à couronne rubis
  • 60 Merles d’Amérique
  • 20 Étourneaux sansonnets
  • 2 Bruants familiers
  • 2 Bruants des prés
  • 47 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants à gorge blanche
  • 95 Juncos ardoisés
  • 2 Roselins pourprés – Nos premiers depuis le 28 octobre dernier!
  • 200 Sizerins flammés
  • 9 Gros-becs errants
Contrairement à l’idée reçue, il n’est pas rare que les oiseaux de proie se déplacent en bon nombre même par temps nuageux. Si le soleil peut leur fournir les ascendances thermiques dont ils ont besoin, les rapaces semblent réussir à négocier avec les nuages sans trop de problèmes si des vents ou des crêtes rocheuses sont présents au bon endroit et au bon moment.

Pour dimanche et notre sortie à Rivière-Ouelle, ce sont des vents du nord que nous avons eu à affronter. Si, officiellement, les vents ne soufflaient pas à plus de 10 km/h à La Pocatière, ils devaient sûrement dépasser les 30 km au quai de Rivière-Ouelle! Sur place, nous avons été jusqu’à six observateurs à résister tant bien que mal à ces vents pour assister à un déplacement d’oiseaux plutôt limité. À notre arrivée, nous étions certains que la visibilité réduite au large allait nuire au décompte des Plongeons catmarins. Mais c’était sans compter sur la ténacité de Christiane qui, avec patience et minutie, a réussi à faire grimper le total à plus de 600 oiseaux!
Nous avons ensuite continué à inspecter champs, battures, baies et boisés afin d’être certains que, malgré des conditions loin d’être optimales, nous terminions notre promenade avec un échantillon représentatif des oiseaux présents à Rivière-Ouelle.

Dimanche le 21 avril, nous avons patrouillé Rivière-Ouelle entre 5 h 30 et 13 h 25 et réussi à y observer un total respectable de 55 espèces, parmi elles :
  • 200 Bernaches du Canada
  • 73 Canards noirs
  • 23 Canards colverts
  • 2 Sarcelles à ailes bleues – Il s’agit d’une date relativement hâtive dans la région pour ces canards frileux.
  • 27 Fuligules à collier
  • 13 Fuligules milouinans
  • 170 Eiders à duvet
  • 14 Macreuses à front blanc
  • 2 Macreuses brunes
  • 300 Macreuses à bec jaune
  • 2 Petits Garrots
  • 34 Garrots à œil d’or
  • 2 Garrots d’Islande – L’espèce semble réellement plus présente cette année.
  • 1 Harle couronné
  • 36 Grands Harles
  • 19 Harles couronnés
  • 1 Gélinotte huppée
  • 619 Plongeons catmarins – Un bon nombre migrait au large du quai à notre arrivée. Les déplacements ont cessé rapidement et ce sont surtout des oiseaux posés à l’eau qui ont par la suite été observés. Pas facile de les discerner entre les vagues!
  • 220 Cormorans à aigrettes
  • 3 Grands Hérons
  • 4 Busards Saint-Martin
  • 2 Éperviers bruns
  • 5 Pluviers kildirs
  • 1 Mouette tridactyle – Avec les vents qui soufflent fréquemment du nord-est ce printemps, il est surprenant que pas plus de Mouettes tridactyles soient notées!
  • 1 Pic mineur
  • 2 Pics flamboyants
Pic flamboyant – Rivière-Ouelle – 21 avril 2013 © Claude Auchu
  • 2 Moucherolles phébis
  • 34 Grands Corbeaux – Présents en un seul groupe le long du rivage. Les corbeaux qui nichent localement sont déjà occupés à couver. Ces 34 oiseaux sont-ils des nicheurs de l’Arctique remontant vers le nord ou encore des immatures nés dans la région l’an dernier qui sont encore trop jeunes pour nicher?
  • 150 Alouettes hausse-col – À cette date et avec un tel nombre, il s’agissait sûrement de la sous-espèce qui niche dans la toundra.
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 19 Roitelets à couronne dorée
Roitelet à couronne dorée – Rivière-Ouelle – 21 avril 2013 © Claude Auchu
  • 50 Plectrophanes des neiges
  • 1 Bruant des prés
  • 11 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant à gorge blanche
  • 10 Juncos ardoisés
  • 30 Carouges à épaulettes
  • 83 Quiscales bronzés
  • 8 Vachers à tête brune
  • 50 Sizerins flammés
Je trouve toujours surprenant de constater à quel point le souvenir d’une excursion peut changer rapidement. Avec les vents que nous avons encore connus durant la fin de semaine, les excursions n’auraient pas dû passer à l’histoire. Mais, maintenant, la journée du 20 avril 2013 restera celle d’un mouvement migratoire historique d’oiseaux de proie dans la région!

mardi 16 avril 2013

Un Hibou des marais au quai!

Non, la dernière fin de semaine ne nous a pas comblé côté température… Mais, essayons de voir les choses du bon côté : la tempête de neige qui devait s’abattre sur nous avec ses « + de 25 cm » de neige n’en aura finalement laissé que 7 ou 8! Restait la pluie… C’est donc en négoçiant encore une fois avec cette météo que nous avons composé notre fin de semaine. Nous sommes souvent rentrés à la maison trempés (nos instruments optiques aussi), mais la mi-avril est trop importante pour rester à l’intérieur.
Auparavant, durant la semaine dernière, nous avons tout de même réussi à ajouter deux nouvelles espèces migratrices à notre liste, deux espèces qui ont presque battu de vieux records… d’arrivée tardive. En effet, nous avons finalement trouvé notre premier Bruant chanteur du printemps mercredi le 10 avril et notre premier Merle d’Amérique le lendemain. Pour le bruant, je dois remonter à 1992 pour avoir une date d’arrivée aussi tardive dans la région. Pour le merle, dont je n’ai pas de date d’arrivée à chaque année puisque l’espèce hiverne parfois localement en bon nombre, je dois me rendre jusqu’en 1984!!! C’en est presque gênant! Surtout que, l’an dernier, une promenade à vélo nous avait permis de voir 23 Merles d’Amérique et 38 Bruants chanteurs le 24 mars!!! Mais c’était en 2012 et c’est une toute autre chose en 2013.

Samedi matin, nous étions prêts au pire en parcourant la ville à la recherche de nouveaux arrivants poussés aux mangeoires par les quelques centimètres de neige qui continuaient à tomber. Les granivores qui arrivent en avril sont cependant habitués à de telles conditions et les Bruants chanteurs rencontrés s’égosillaient à qui mieux mieux. Plus tard dans la journée, un coup d’œil sur les battures du fleuve a fourni presque autant d’oiseaux de proie que de canards.

Notre excursion de quatre heures à La Pocatière samedi le 13 avril nous aura donné :
  • 14 Canards noirs
  • 2 Canards colverts
  • 6 Grand Harles
  • 6 Busards Saint-Martin – Les températures brumeuses avec de fréquentes averses semblent toujours plaire au busard.
  • 1 Pluvier kildir
  • 50 Goélands à bec cerclé
  • 15 Goélands argentés
  • 23 Goélands marins
  • 13 Tourterelles tristes
  • 1 Pic chevelu
  • 1 Faucon émerillon
  • 1 Faucon pèlerin
  • 1 Geai bleu
  • 190 Corneilles d’Amérique
  • 8 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 5 Merles d’Amérique
  • 55 Étourneaux sansonnets
  • 4 Plectrophanes des neiges
  • 4 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant à gorge blanche
  • 3 Juncos ardoisés
  • 1 Cardinal rouge – Il s’agit d’une des deux femelles qui ont hiverné à une même mangeoire. D’après les propriétaires des lieux, la deuxième aussi serait encore présente. Il est rare de voir des cardinaux aussi tardivement dans la région; maintenant, il nous faudrait aussi des mâles!
  • 65 Carouges à épaulettes
  • 80 Quiscales bronzés
  • 4 Vachers à tête brune
  • 100 Sizerins flammés
  • 16 Moineaux domestiques
Ce n’est pas par erreur que j’ai placé le Faucon émerillon et le Faucon pèlerin entre le Pic chevelu et le Geai bleu. En juillet 2012, l’American Ornithologist’ Union annonçait sa décision de déplacer les faucons de leur position traditionnelle (tout juste après les « autres » rapaces diurnes) pour les placer devant les passereaux. Il faudra se faire à l’idée… jusqu’au prochain changement!

Dimanche matin, la pluie a peut-être retardé notre départ, mais rien ne m’aurait empêché d’aller au quai de Rivière-Ouelle cette journée-là en particulier. C’est que 30 ans auparavant, jour pour jour et heure pour heure, je redécouvrais le quai! Étant natif de La Pocatière, je fréquente le quai depuis ma plus tendre enfance, je me souviens même d’y avoir vu les toutes dernières goélettes y accoster. Mais l’excursion du 14 avril 1983 avec des compagnons ornithologues qui fréquentaient alors le cégep de La Pocatière occupe une place extrêmement importante dans mes souvenirs. Certains de ces birders sont encore bien actifs en 2013 alors que, pour un autre, c’est plutôt son fils qui a pris la relève!!! Je me souviens très bien à quel point j’avais été impressionné ce matin d’avril 1983 par le nombre et la diversité des canards observés ainsi que par la facilité avec laquelle on pouvait voir tous ces oiseaux circuler autour du quai. Nous devions être une dizaine au bout du quai ce matin-là, à discuter et à se contenter de regarder au télescope les oiseaux que nous repérions à l’œil. Christian, un de mes copains, était plus silencieux et restait accroupi sur le quai, l’œil collé à l’oculaire de son télescope. C’est bien sûr lui qui a fini par s’écrier : « Garrot de Barrow!!! » lorsqu’il a repéré l’oiseau-vedette de la matinée. Et, lors des sorties qui se sont succédées au cours du mois suivant, c’est souvent Christian qui, bien agenouillé derrière son télescope, nous dénichait la rareté de la matinée! C’est en partie pour l’imiter que je me suis procuré mon fidèle petit banc qui me permet maintenant de rester immobile et de me concentrer silencieusement sur ce qui circule loin au large. De toute façon, je sais bien que je verrai quand même les oiseaux qui passent le plus près.
C’est donc en pensant à cette matinée qui a eu une si grande influence sur le reste de ma vie que nous nous sommes présentés au quai de Rivière-Ouelle sous un crachin dimanche le 14 avril,     30 ans plus tard. Il y avait beaucoup moins d’oiseaux que lors de cette matinée historique, mais à partir de mon petit banc, j’étais encore bien installé pour scruter le large!

Dimanche le 14 avril, nous sommes demeurés sur le territoire de Rivière-Ouelle de 7 h 00 à 11 h 00 pour y voir les 38 espèces suivantes :
  • 30 Oies des neiges
  • 120 Bernaches du Canada
  • 10 Bernaches cravants
  • 30 Canards noirs
  • 1 Canard colvert
  • 1 Canard pilet
  • 8 Sarcelles d’hiver – Nos premières de l’année, enfin! L’an dernier, elles étaient présentes dès le 18 mars!
  • 2 Macreuses à front blanc – Comme par hasard, j’observe mes premières de 2013 à partir du quai le 14 avril, tout comme en 1983 et en 1993! Le 14 avril 2003, je n’étais pas dans la région…
  • 65 Macreuses à bec jaune
  • 3 Hareldes kakawis
  • 10 Garrots à œil d’or
  • 13 Grands Harles
  • 1 Harle huppé
  • 286 Plongeons catmarins – Le printemps tardif ne semble pas incommoder les catmarins dont les quantités augmentent avec régularité.
  • 24 Cormorans à aigrettes
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Buse à queue rousse
  • 2 Buses pattues
  • 100 Goélands à bec cerclé
  • 5 Goélands argentés
  • 5 Goélands marins
  • 7 Petits Pingouins
  • 28 Pigeons bisets
  • 9 Tourterelles tristes
  • 1 Hibou des marais – Alertés par les cris des goélands, nous avons pu voir un individu se poser un instant en bordure du quai pour ensuite le contourner et aller se percher le long du rivage plus à l’est. Il n’y a pas si longtemps, l’espèce avait régulièrement de petits pics d’abondance (comme en 1984, ’87, ’88 et ’93) avant de redevenir très discret les années suivantes. Maintenant, comme un peu partout au Québec, le Hibou des marais est rare en tout temps dans la région de La Pocatière.
Hibou des marais – Rivière-Ouelle – 14 avril 2013 © Claude Auchu
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 3 Geais bleus
  • 67 Corneilles d’Amérique
  • 4 Grands Corbeaux
  • 170 Étourneaux sansonnets
  • 20 Plectrophanes des neiges
  • 1 Tohi à flancs roux – Le tohi chantait encore! Se pourrait-il qu’il décide de passer l’été dans la région, bien loin au nord de son aire normale de nidification?
  • 5 Bruants chanteurs
  • 35 Carouges à épaulettes
  • 55 Quiscales bronzés
  • 9 Moineaux domestiques
Un coup d’œil à mes notes du 14 avril 1983 m’a encore fait voir à quel point les oiseaux en général, et les passereaux en particulier, tardent à arriver. Comparativement à une saison moyenne, il est facile d’évaluer le retard à une dizaine de jours. Le pire dans une telle situation, c’est que le printemps se terminera tout de même à sa date normale. Les feuilles des arbres s’ouvriront vers le 25 mai et les derniers migrateurs disparaîtront au début de juin. Finalement, pour les observateurs d’oiseaux, le printemps 2013 aura peut-être duré deux semaines de moins…

mardi 9 avril 2013

Fraîcheur et Goéland brun

Ce fut une autre fin de semaine plutôt difficile! À vrai dire, elle aurait été considérée comme belle seulement si nous avions été en novembre… Et, comme tout le monde au Québec, nous avons encore une fois eu à vivre avec le froid, le vent et les nuages. Il y a eu quelques percées de soleil en début d’après-midi samedi, comme si la nature voulait nous narguer. Nous avons dû adapter continuellement nos plans en fonction de la météo afin de rendre cette fin de semaine la plus profitable possible. Mais, tant pis, on sert les poings (et on claque des dents) et on fonce!!!

Pour samedi, notre idée première était de nous rendre à Rivière-Ouelle, surtout que des précipitations étaient prévues pour dimanche. Mais, durant la nuit de vendredi, en ressentant des vents assez violents pour déplacer la maison (c’est nettement l’impression que j’avais dans mon lit!) et qui soufflaient du nord-ouest, nous n’avons eu d’autre choix que de modifier notre programme.
Nous nous sommes donc retrouvés samedi matin à quadriller un boisé de La Pocatière en espérant y dénicher une rareté qui nous a été rapportée de façon très crédible la semaine précédente. La chance ne nous a pas souri cette fois mais, de toute façon, il est prévu que nous trouvions cette espèce dans la région d’ici l’an 2020… Comme il fallait s’y attendre, il y avait très peu de passereaux présents en forêt, même les espèces hivernales étaient discrètes. Par la suite, au début de l’après-midi, nous nous sommes rendus en bordure du fleuve pour nous rendre compte que les glaces, aidées par le  -7°C de la matinée, le vent du nord-ouest et la marée qui finissait de monter, avaient envahi le secteur des battures le plus recherché par les canards! Heureusement, quelques rapaces en migration ont remplacé les canards, ce qui nous permis de faire monter le total de la journée à 28 espèces… seulement.

Patrouiller le secteur de La Pocatière durant 4 h 30 samedi le 6 avril nous aura rapporté les oiseaux suivants :
  • 6 Bernaches du Canada
  • 21 Canards noirs
  • 2 Canards souchets – La présence de deux mâles relativement hâtifs nous a surpris par ce printemps froid. Ma date d’observation la plus hâtive pour cette espèce dans la région est le 5 avril 2010, durant un printemps nettement plus doux!
  • 2 Garrots à œil d’or
  • 6 Grands Harles
  • 4 Urubus à tête rouge
  • 3 Busards Saint-Martin
  • 1 Buse à queue rousse
  • 6 Buses pattues
  • 110 Goélands à bec cerclé
  • 17 Goélands argentés
  • 4 Goélands arctiques
  • 4 Goélands marins
  • 5 Pigeons bisets
  • 6 Tourterelles tristes
  • 1 Pic chevelu
  • 2 Geais bleus
  • 155 Corneilles d’Amérique
  • 5 Grands Corbeaux
  • 10 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 5 Roitelets à couronne dorée – Probablement de nouveaux arrivants, nous n’en avons pas vu un seul durant l’hiver.
  • 80 Étourneaux sansonnets
  • 120 Plectrophanes des neiges
  • 1 Carouge à épaulettes
  • 2 Quiscales bronzés
  • 35 Sizerins flammés
  • 10 Moineaux domestiques
C’est finalement dimanche que nous nous sommes rendus à Rivière-Ouelle, par une matinée nuageuse mais sans précipitations. Le vent qui soufflait du nord-ouest la veille provenait cette fois du sud-est, mais il avait conservé sa fraîcheur. Le nombre d’oiseaux en déplacement était encore très limité, surtout en comparant avec ce que nous avons vu la semaine précédente. N’eût été de la présence de plus en plus marquée des Macreuses à bec jaune et des Plongeons catmarins, nous nous serions vraiment crus le 20 mars!

Nous sommes malgré tout demeurés à Rivière-Ouelle de 6 h 05 à 10 h 50 dimanche le 7 avril, ce qui nous a permis de voir :
  • 44 Oies des neiges
  • 4 Bernaches cravants
  • 18 Bernaches du Canada
  • 40 Canards noirs
  • 2 Canards pilets
  • 4 Eiders à duvet
  • 300 Macreuses à bec jaune
  • 19 Garrots à œil d’or
  • 3 Garrots d’Islande – C’est une espèce toujours incompréhensiblement difficile à voir à Rivière-Ouelle! Elle est pourtant commune de novembre à avril à moins de 15 kilomètres du quai, mais de l’autre côté du fleuve.
  • 3 Grands Harles
  • 1 Harle huppé
  • 57 Plongeons catmarins – Les oiseaux se déplaçaient en petits groupes comptant jusqu’à une douzaine d’individus.
  • 2 Urubus à tête rouge – En milieu d’avant-midi, ils étaient posés au sommet de grandes épinettes avec la tête bien cachée entre les épaules, à résister comme nous aux aléas de la température.
  • 1 Pluvier kildir
  • 100 Goélands à bec cerclé
  • 25 Goélands argentés
  • 3 Goélands arctiques
  • 1 Goéland brun – Christiane et moi avons repéré en même temps cet adulte en déplacement au large du quai. Bien qu’encore rare, ce goéland européen est de plus en plus facile à trouver dans la région, particulièrement au printemps. La première mention ici remonte au 17 mai 1983.
  • 10 Goélands marins
  • 34 Pigeons bisets
  • 2 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pie-grièche grise – Les pies-grièches qui remontent vers le nord sont particulièrement communes ce printemps. Elles étaient passées presque inaperçu en descendant vers le sud l’automne dernier.
  • 1 Geai bleu
  • 62 Corneilles d’Amérique
  • 1 Grand Corbeau
  • 3 Alouettes hausse-col
  • 9 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 65 Étourneaux sansonnets
  • 9 Jaseurs boréaux – Ces neuf oiseaux on fait un petit allers-retours au-dessus du quai depuis le rivage, s’apprêtant peut-être à traverser le fleuve. Ce sont les premiers que nous observons depuis le 3 février.
  • 6 Plectrophanes des neiges
  • 35 Carouges à épaulettes
  • 37 Quiscales bronzés
  • 3 Vachers à tête brune
  • 5 Sizerins flammés
  • 2 Moineaux domestiques
Lorsque nous quittons pour Rivière-Ouelle avant le lever du soleil, nous espérons toujours y demeurer durant 7-8 heures. Mais les randonnées sont toujours écourtées par le manque d’oiseaux et, surtout, la température désagréable! Mais si je trouve pénible de devoir attendre la douce chaleur du printemps, comment doivent donc se sentir les oiseaux??? Dimanche après-midi, je regardais par la fenêtre une bande mixte d’une trentaine d’oiseaux noirs (étourneaux, quiscales, carouges et vachers) perchés dans les grands arbres du voisin. Normalement,  ils auraient dû être au sol à fouiller dans les flaques d’eau sur les pelouses. Mais, voilà, les flaques d’eau sont glacées!!!