mardi 16 mai 2017

Combattant varié, Grue du Canada et trois Parulines des pins!

Pour cette fin de semaine, je n’ai rien à redire contre la météo! Rappelons tout de même que la dernière semaine a encore été froide, venteuse et pluvieuse, ce qui est simplement la norme ce printemps. Mais le beau temps est arrivé juste à temps pour la fin de semaine et, à la mi-mai, nous souhaiterions tous avoir le don d’ubiquité. Tous les sites et les habitats débordent d’oiseaux fraîchement arrivés et qui ne demandent qu’à être observés. Samedi et dimanche, nous avons fait le maximum pour les satisfaire!

Déjà, vendredi après-midi, ayant quelques moments de libre, je m’étais rendu à Rivière-Ouelle en espérant y trouver certains des migrateurs néotropicaux (moucherolles, viréos, parulines) tant attendus. Puisque je visais les passereaux, c’est donc aux lisières des boisés que je comptais m’attarder… après tout, Rivière-Ouelle n’est pas qu’un quai! Mais, en chemin, un groupe dense d’Oies des neiges sur le rivage, tout près de la route, m’ont littéralement obligé à faire un arrêt. Après un coup d’œil rapide aux individus les plus éloignés, je me suis concentré sur les oies se nourrissant en bordure de l’eau. En suivant lentement le rivage au télescope, j’ai remarqué un Petit Chevalier, puis un autre et un autre… et puis paf! un oiseau différent est apparu dans mon champ de vision. Dans de telles circonstances, je suis toujours étonné de constater à quelle vitesse nous sommes en mesure de faire un tri parmi les espèces possibles (et certaines impossibles)! En une fraction de seconde, mon cerveau a éliminé le Bécasseau à poitrine cendrée, puis le Bécasseau à queue pointue (pourquoi pas?) pour finalement aboutir au Combattant varié! C’était bien ça : j’avais devant moi une femelle de Combattant varié!!!
Ce limicole eurasien est très spectaculaire. Étant 25% plus grands que les femelles, les mâles en plumage nuptial portent une large collerette de couleur variable d’un oiseau à l’autre. Avec une telle différence entre les deux sexes, les Britanniques ont même donné un nom différent au mâle (appelé « Ruff ») et à la femelle (« Reeve »). Dans leur aire de nidification, les combattants se réunissent sur des sites traditionnels appelés « leks » où les mâles exécutent des parades extravagantes. Je vous invite fortement à regarder cette vidéo présentant des images incroyables de la parade de ce limicole tournées en Biélorussie.
Le combattant a probablement toujours été régulier en Amérique, mais le nombre de mentions varie grandement d’une année à l’autre. Le printemps 2017 semble être particulièrement fructueux avec des oiseaux notés un peu partout dans le nord-est du continent, dont deux mâles à Bécancour il y a deux semaines et une femelle à Saint-Blaise ces derniers jours. On peut se demander où nichent les oiseaux observés dans l’est de l’Amérique. Les musées nord-américains possèdent sûrement des spécimens d’oiseaux juvéniles capturés sur notre continent; un test sur les isotopes stables de ces spécimens pourraient peut-être nous fournir une réponse!?!

À Rivière-Ouelle, vendredi le 12 mai, les passereaux ont perdu le titre de vedettes de ma sortie. J’ai tout de même vu :
  • 1 Canard chipeau
  • 7 Canards d’Amérique
  • 100 Canards noirs
  • 2 Canards colverts
  • 1 Canard souchet
  • 80 Sarcelles d’hiver
  • 8 Fuligules à collier
  • 20 Petits Fuligules
  • 1 Pluvier semipalmé
  • 1 Pluvier kildir
  • 1 Combattant varié – Un oiseau à Sept-Îles le 27 mai 1933 semble être la toute première présence de l’espèce au Québec. Pour les MRC de Kamouraska-L’Islet, il s’agit de la 8e mention connue, la première depuis 10 ans. Ma rencontre la plus particulière avec un Combattant varié implique une autre femelle que j’avais trouvée à La Pocatière le 25 mars 1996, une date extrêmement hâtive pour l’espèce. Plus surprenant encore, j’avais revu l’oiseau au même endroit les 8 et 13 avril; il avait alors survécu à un ‑12°C et à une chute de 10 centimètres de neige! Les oiseaux sont vraiment plein de ressources!

Il est toujours dommage de devoir photographier une telle rareté à contre-jour! 
Comparativement au Petit Chevalier qui l’accompagne, le combattant a une apparence plus costaude, 
le bec plus épais et très légèrement tombant, le dos écaillé et les flancs fortement marqués.
Petit Chevalier (Lesser Yellowlegs – Tringa flavipes) et Combattant varié (Reeve – Calidris pugnax)
Rivière-Ouelle – 12 mai © Claude Auchu
  • 1 Bécasseau minuscule
  • 3 Grands Chevaliers
  • 8 Petits Chevaliers
  • 4 Goélands arctiques
  • 1 Buse à queue rousse
  • 1 Bruant fauve

Samedi, il était certain que notre journée ornithologique allait se dérouler à Rivière-Ouelle, que le combattant y soit encore ou non. Les conditions d’observation étaient encore très belles, mais les presque cinq heures passées au quai jumelées au vent du nord-est ont réussi à nous geler jusqu’aux os! Une promenade dans un endroit ensoleillé et abrité des vents nous a par la suite permis de recharger nos batteries. En mai, le fleuve débordait souvent de poissons et, samedi, certains bondissaient même hors de l’eau, comme s’il n’y avait pas assez de place pour tout le monde sous la surface!

La presque totalité de l’excursion de samedi le 13 mai s’est faite en compagnie de Thomas Biteau et nos six yeux ont trouvé 81 espèces à Rivière-Ouelle entre 4 h 50 et 13 h 25. En voici une partie :
  • 12000 Oies des neiges
  • 27 Bernaches cravants
  • 880 Bernaches du Canada – Les bernaches quittent la région! Des centaines ont migré vers le nord-est très loin au large du quai durant toute la matinée.
  • 1 Canard branchu
  • 4 Canards d’Amérique
  • 67 Canards noirs
  • 18 Canards colverts
  • 2 Sarcelles à ailes bleues
  • 12 Sarcelles d’hiver
  • 47 Petits Fuligules – Il s’agit d’une belle quantité pour le quai de Rivière-Ouelle où les Fuligules milouinans sont habituellement plus nombreux. Sur les rares étangs d’eau douce des environs, ce sont cependant les Petits Fuligules qui dominent.
  • 90 Eiders à duvet
  • 60 Macreuses à front blanc
  • 12 Macreuses brunes
  • 3000 Macreuses à bec jaune
  • 12 Hareldes kakawis
  • 3 Garrots à œil d’or
  • 2 Harles couronnés
  • 51 Grands Harles
  • 141 Harles huppés
  • 2 Grèbes jougris
  • 1 Grue du Canada – Le nombre de grues observées dans notre secteur augmente très lentement à chaque année. L’espèce finira bien par découvrir des sites de nidification à son goût dans la région.
  • 1 Pluvier kildir
  • 1 Bécasseau minuscule
  • 3 Grands Chevaliers
  • 1 Petit Chevalier
  • 20 Labbes parasites – Les Labbes parasites sont de retour, les mouettes et goélands n’ont qu’à bien se tenir! Plusieurs de ces oiseaux à l’allure athlétique nous ont donné de beaux spectacles en poursuivant les laridés jusqu’à ce qu’ils régurgitent le contenu de leur estomac. Les labbes faisaient régulièrement des allers-retours devant le quai, le décompte final n’a pas été facile. Les 20 oiseaux inscrits sur notre liste constituent un minimum.

Labbe parasite (Parasitic Jaeger – Stercorarius parasiticus)
Rivière-Ouelle – 13 mai 2017 © Claude Auchu
  • 18 Guillemots marmettes
  • 30 Petits Pingouins
  • 2 Guillemots à miroir
  • 40 Mouettes tridactyles – Étrangement, une trentaine de mouettes suivaient de près un cargo qui voguait vers le nord-est au large du quai. Les hélices du navire faisaient-elles remonter les poissons à la surface, même en plein dans le chenal du Saint-Laurent?
  • 98 Mouettes de Bonaparte
  • 200 Goélands à bec cerclé
  • 200 Goélands argentés
  • 6 Goélands arctiques
  • 1 Goéland brun – Un immature en plumage de deuxième année.
  • 20 Goélands marins
  • 17 Sternes pierregarins
  • 504 Plongeons catmarins
  • 1 Plongeon huard
  • 58 Fous de Bassan
  • 160 Cormorans à aigrettes
  • 10 Urubus à tête rouge
  • 2 Pygargues à tête blanche – Un immature en plumage de troisième année et un adulte.
  • 3 Petites Buses
  • 1 Buse à queue rousse
  • 7 Pics flamboyants
  • 1 Moucherolle phébi
  • 1 Alouette hausse-col
  • 20 Hirondelles bicolores
  • 2 Hirondelles rustiques
  • 30 Mésanges à tête noire – Encore une fois, des mésanges se déplaçaient vers le sud-ouest en longeant le rivage du fleuve. Et, encore une fois, elles se retrouvaient coincées au bout de la pointe aux Orignaux, de la pointe aux Iroquois et de la pointe de la Rivière Ouelle. À partir de ces lieux, elles tentaient de s’envoler au-dessus du fleuve pour revenir encore et encore vers le rivage! Que d’énergie dépensée par ses petits oiseaux!
  • 3 Sittelles à poitrine rousse
  • 12 Roitelets à couronne rubis
  • 4 Pipits d’Amérique
  • 1 Paruline noir et blanc

Paruline noir et blanc (Black-and-white Warbler – Mniotilta varia)
Rivière-Ouelle – 13 mai 2017 © Claude Auchu
  • 1 Paruline masquée
  • 18 Parulines à croupion jaune
  • 1 Paruline à gorge noire
  • 9 Bruants des prés
  • 2 Bruants des marais
  • 11 Bruants à gorge blanche
  • 4 Bruants à couronne blanche

Avec aussi peu de limicoles, il n’est pas surprenant que le Combattant varié n’ait pas été retrouvé. Il faut dire que les belles conditions pour les observateurs sont aussi de belles conditions pour les migrateurs! Certains arrivent dans la région, mais d’autres la quittent!

Dimanche matin, la température nous a enfin permis de faire une excursion à vélo. Le boisé visité à La Pocatière contient une pinède mature où, l’été dernier, nous avions trouvé un mâle chanteur de Paruline des pins. Puisque l’absence de moustiques nous permet de nous attarder encore longuement dans les forêts, un détour par la pinède faisait bien sûr partie de notre trajet.
Ensuite, tout juste avant l’arrivée des premières averses, nous avons fait un rapide détour par les rives du Saint-Laurent. Les oiseaux aquatiques étaient peu nombreux, mais un coup d’œil loin au large nous a permis de voir au moins 2000 goélands volant en tout sens! 

Dimanche le 14 mai, nous avons parcouru La Pocatière entre 5 h 30 et 10 h 20 où 71 espèces ont pu être trouvées, dont :
  • 20000 Oies des neiges
  • 4 Gélinottes huppées
  • 1 Chevalier solitaire
  • 3 Fous de Bassan – Il arrive occasionnellement que des fous puissent être repérés à partir de La Pocatière. Un bon télescope est bien entendu indispensable.
  • 2 Martins-pêcheurs d’Amérique
  • 4 Pics maculés
  • 5 Pics mineurs
  • 1 Grand Pic
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 1 Moucherolle tchébec
  • 6 Moucherolles phébis
  • 5 Viréos à tête bleue
  • 54 Geais bleus – Des individus encore en migration volaient silencieusement vers le nord-est en petits groupes comptant jusqu’à 15 oiseaux. Comme les mésanges vues à Rivière-Ouelle la veille, ces oiseaux ne nicheront certainement pas cet été!
  • 7 Sittelles à poitrine rousse – Enfin, ces petites acrobates sont de retour dans nos forêts! C’est la première fois que j’ai à attendre jusqu’à la mi-mai pour que cette espèce devienne commune.
  • 1 Sittelle à poitrine blanche – Un oiseau était encore présent dans la ville. Contrairement à sa cousine à poitrine rousse, la poitrine blanche est une espèce des forêts de feuillus et son abondance n’est donc pas conditionnée par la production de graines de conifères.
  • 2 Grimpereaux bruns
  • 2 Troglodytes des forêts
  • 12 Roitelets à couronne rubis
  • 4 Roitelets à couronne dorée
  • 7 Grives solitaires
  • 32 Merles d’Amérique
  • 6 Jaseurs boréaux – Quelques Jaseurs boréaux se nourrissaient de vieilles pommes tombées au sol. Je n’avais jamais observé ce jaseur aussi tardivement dans la région au printemps; mon « record » précédent remontait au 13 mai 1981!!!
  • 15 Roselins pourprés
  • 2 Tarins des pins
  • 35 Chardonnerets jaunes
  • 14 Gros-becs errants – Depuis une dizaine de jours, des petits groupes de gros-becs se promènent bruyamment dans la ville et ses alentours.
  • 14 Parulines couronnées – Toujours aussi faciles à repérer grâce à leur chant surpuissant!
  • 1 Paruline noir et blanc
  • 2 Parulines masquées
  • 2 Parulines flamboyantes – Malgré le printemps particulièrement froid, je n’avais observé cette paruline aussi hâtivement qu’à une seule reprise, le 14 mai 1990!

Paruline flamboyante (American Redstart – Setophaga ruticilla)
Rivière-Ouelle – 13 mai 2017 © Claude Auchu
  • 2 Parulines tigrées
  • 2 Parulines à gorge orangée – Scène représentative du printemps 2017, une Paruline à gorge orangée chantait dans une épinette dont la base se trouvait encore en partie sous la neige…!
  • 5 Parulines bleues
  • 3 Parulines des pins – La surprise de la journée! Avant même d’atteindre la pinède, nous avons entendu un chant suspect provenant d’une section de forêt relativement ouverte où se trouvent plusieurs pins. C’est avec un enthousiasme non-retenu que nous avons finalement confirmé la présence d’un mâle de Paruline des pins! La surprise s’est rapidement transformée en stupeur lorsqu’une femelle est venue rejoindre le mâle dans le même pin!!! Les deux oiseaux se suivaient toujours de près, ce qui laisse croire que le couple est bel et bien formé! Nous avons poursuivi notre promenade jusqu’à la véritable pinède où un autre mâle chanteur a été trouvé! Il y a donc au moins trois Parulines des pins dans ce boisé que j’explore pourtant depuis plus de 30 ans en ayant toujours cette espèce en tête!!! Cette paruline est une nicheuse très rare dans Kamouraska-L’Islet, mais elle a peut-être déjà été plus commune. Ses populations avaient fort probablement souffert de la coupe massive des grandes pinèdes à la fin du XVIIIe siècle, mais elle semble maintenant devenir plus commune dans le Bas-Saint-Laurent.

Une femelle particulièrement terne...
Paruline des pins (Pine Warbler – Setophaga pinus)
La Pocatière – 14 mai 2017 © Claude Auchu
...et son mâle, plus brillant mais bien caché
Paruline des pins (Pine Warbler – Setophaga pinus)
La Pocatière – 14 mai 2017 © Claude Auchu
  • 25 Parulines à croupion jaune
  • 3 Parulines à gorge noire
  • 1 Bruant hudsonien
  • 17 Bruants familiers
  • 20 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 25 Bruants à gorge blanche
  • 9 Bruants à couronne blanche
  • 10 Juncos ardoisés
  • 2 Vachers à tête brune

Ce fut toute une fin de semaine, exactement comme elles se doivent d’être durant le mois de mai!
Je terminerai en vous parlant du Troglodyte familier trouvé dans notre arrière-cour la semaine dernière. Ce courageux petit mâle est demeuré sur place jusqu’à vendredi le 12 mai, chantant à pleins poumons. Mercredi dernier, le petit 2°C, le vent fort du nord-est et la fine pluie n’ont pas été suffisants pour le faire taire. Finalement, ce n’est probablement pas le froid qui l’a fait quitter notre voisinage, c’est sans doute plutôt l’absence de femelle…! 

mardi 9 mai 2017

Arlequin plongeur, Grande Aigrette et Troglodyte familier

Encore une fois, la température du fameux printemps 2017 a essayé de mettre en échec notre fin de semaine dédiée aux oiseaux. Nous avions déjà déclaré forfait pour samedi, laissant toute la place à la pluie et aux forts vents du nord-est. Heureusement, au fil des heures, les prévisions pour la journée de dimanche devenaient de plus en plus encourageantes. Nous étions même anxieux de vérifier quels oiseaux les vents de samedi avaient bien pu pousser jusqu’à nous.

Auparavant, la fin de semaine avait tout de même bien débuté vendredi matin avec une belle variété d’espèces notées durant les minutes précédant et suivant le travail.

Ainsi, à La Pocatière vendredi le 5 mai, j’ai noté :
  • 1 Moucherolle phébi – Comme il y a deux semaines, le chant de cette espèce m’a réveillé à 5 h 30 vendredi matin!
  • 1 Troglodyte familier – Celui-là chantait à tue-tête derrière la maison lorsque j’ai fait ma traditionnelle séance d’écoute à partir du palier en sortant du lit! Toujours rare dans la région, nous ne réussissons à voir le Troglodyte familier qu’une année sur trois en moyenne. Ces oiseaux ne sont habituellement que de passage et les mentions de nidification connues se comptent sur les doigts d’une seule main.
  • 1 Moqueur roux – Une autre espèce rarement entendue à partir du palier.
  • 3 Sizerins flammés – Un individu de la sous-espèce rostrata se nourrissait à une mangeoire où il semblait presque 30% plus gros que les tarins qui se trouvaient juste à côté. Cette sous-espèce qui niche au Groenland et dans l’île de Baffin a une taille nettement plus grande et un plumage plus sombre que nos sizerins habituels, assez pour sauter aux yeux dès le premier coup d’œil.

Dimanche matin, le ciel commençait tout juste à se dégager lorsque nous avons mis le nez à l’extérieur. En approchant du quai de Rivière-Ouelle, notre première destination, nous nous sommes rendus compte que les vents, pourtant nuls à La Pocatière, y soufflaient encore du nord‑est. C’était déjà nettement mieux que les vents forts du sud-ouest annoncés pour la mi-journée!!!
Bien installés au bout du quai, nous avons scruté le large attentivement durant près de trois heures en profitant, comme prévu, des belles surprises poussées jusqu’à nous par le vent du nord‑est de samedi. La partie forestière de l’excursion s’est faite à un bon rythme, avec des quantités intéressantes d’individus pour plusieurs espèces. En fait, il ne manquait que les parulines!

Nous avons terminé l’excursion de dimanche le 7 mai avec 79 espèces après avoir parcouru Rivière‑Ouelle de 5 h 20 à 12 h 30. En voici une sélection :
  • 7500 Oies des neiges
  • 5 Bernaches cravants
  • 100 Bernaches du Canada
  • 4 Canards chipeaux
  • 2 Canards d’Amérique
  • 121 Canards noirs
  • 57 Canards colverts
  • 11 Canards pilets
  • 127 Sarcelles d’hiver
  • 26 Fuligules à collier

Fuligules à collier (Ring-necked Ducks – Aythya collaris)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2017 © Claude Auchu
  • 14 Fuligules milouinans
  • 12 Petits Fuligules
  • 9 Eiders à duvet – En mai, voir aussi peu d’eiders après une journée de vent du nord-est n’est pas vraiment une surprise le printemps. Le printemps, ces canards de mer attendent les vents du sud pour atteindre la région en survolant les terres depuis la Nouvelle-Angleterre. En automne, par contre, ils font ce trajet dans le sens inverse et un vent du nord‑est nous permet souvent d’enregistrer des quantités incroyables.
  • 1 Arlequin plongeur – Une femelle qui est passée au large du quai en un coup de vent nous a fourni la plus grande surprise de la matinée! L’arlequin est sûrement annuel dans la région, mais en quantité tellement faible qu’il passe facilement entre nos doigts. Jusqu’à présent, je n’ai observé un mâle en plumage nuptial qu’à une seule occasion dans la région, c’était le 7 mai 1993, il y a donc exactement 24 ans!!!
  • 20 Macreuses à front blanc
  • 5 Macreuses brunes
  • 3000 Macreuses à bec jaune – Les petites vagues au large n’ont pas permis à Christiane de compter les Macreuses à bec jaune. On peut cependant assurer qu’il y en avait encore quelques milliers.
  • 1 Harelde kakawi
  • 26 Garrots à œil d’or
  • 5 Harles couronnés
  • 132 Grands Harles – Avec le frai des éperlans, les Grands Harles s’étaient réunis à l’embouchure de la rivière pour participer au banquet.
  • 28 Harles huppés
  • 2 Gélinottes huppées
  • 1 Grèbe jougris
  • 2 Pluviers kildirs
  • 13 Grands Chevaliers
  • 5 Petits Chevaliers
  • 9 Guillemots marmettes – Il est bien possible que le vent du nord-est soit responsable de l’arrivée de ces oiseaux.
  • 21 Petits Pingouins
  • 2 Guillemots à miroir
  • 5 Mouettes tridactyles
  • 12 Mouettes de Bonaparte
  • 5 Goélands arctiques
  • 3 Goélands bruns – Encore des adultes en migration au large du quai. On peut se demander combien d’oiseaux migrent ainsi devant le quai durant un seul printemps. La première mention régionale de cette espèce européenne ne remonte qu’au 17 mai 1983!
  • 264 Plongeons catmarins
  • 1 Plongeon huard
  • 37 Fous de Bassan – Contrairement à leur habitude, les fous se sont manifestés très tôt dimanche matin. Il est bien possible que les forts vents de la veille les aient poussés plus loin en amont qu’ils ne le souhaitaient!
  • 1 Grande Aigrette – Cette Dame blanche fait parfois de courtes visites printanières dans la région. C’est cependant durant le mois d’août qu’elle est la plus régulière.

Grande Aigrette (Great Egret – Ardea alba)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2017 © Claude Auchu
Grande Aigrette (Great Egret – Ardea alba)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2017 © Christiane Girard
  • 2 Pygargues à tête blanche – Un adulte et un immature en plumage de première année planaient ensemble au-dessus des champs.

Pygargue à tête blanche (Bald Eagles – Haliaeetus leucocephalus)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2017 © Claude Auchu
  • 3 Busards Saint-Martin
  • 1 Épervier brun
  • 2 Buses à queue rousse
  • 9 Pics flamboyants
  • 3 Faucons émerillons
  • 24 Hirondelles bicolores – Malgré le temps frais et la pluie de ce printemps, les Hirondelles bicolores profitent de chaque éclaircie pour se chamailler dans l’espoir de s’accaparer un nichoir.
  • 1 Moqueur roux
  • 25 Jaseurs boréaux – Un groupe compact de 25 jaseurs est passé rapidement tout près de nous. De plus, une dizaine d’autres ont été vus à La Pocatière plus tard en après-midi. Cette espèce des forêts du nord a bien des raisons de s’attarder dans le sud ce printemps; à la production presque nulle de fruits sauvages l’automne dernier s’ajoute maintenant l’émergence tardive des insectes ce printemps! La nourriture doit être encore bien rare plus au nord.
  • 6 Roselins pourprés
  • 4 Parulines à croupion jaune
  • 2 Bruants hudsoniens
  • 6 Bruants familiers
  • 3 Bruants des prés
  • 1 Bruant fauve
  • 31 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant des marais
  • 26 Bruants à gorge blanche
  • 66 Juncos ardoisés
  • 60 Carouges à épaulettes
  • 1 Quiscale rouilleux
  • 50 Quiscales bronzés
  • 6 Vachers à tête brune

La présence des éperlans s’est encore faite sentir durant cette excursion avec plusieurs oiseaux piscivores, comme les harles, les fous, les guillemots et les pingouins. Notons également ce petit groupe de bélugas de tous âges qui est venu frôler le bout du quai en mi-journée. 
Béluga (Beluga Whale – Delphinapterus leucas)
Rivière-Ouelle – 7 mai 2017 © Claude Auchu

mardi 2 mai 2017

Buses à épaulettes, Roitelets à couronne rubis et éperlans!

Après une autre semaine de temps maussade, c’est avec plaisir et soulagement que nous avons vu apparaître le ciel bleu vendredi après‑midi, tout juste à temps pour la fin de semaine. Nous avons bien eu quelques averses samedi matin, mais le front chaud apportant ces légères précipitations a aussi poussé jusqu’à nous de nombreux oiseaux, dont une belle brochette de bruants et de nombreux Roitelets à couronne rubis. C’est en plein ce qu’il nous fallait pour bien remplir notre fin de semaine.

Malgré la petite brume flottant encore dans l’air et les averses dispersées, les oiseaux ont été très faciles à observer samedi matin. On pouvait sans peine remarquer les bandes de nouvelles espèces fraîchement arrivées durant la nuit, certaines encore en mouvement et d’autres en recherche active de nourriture. À partir de la mi-journée, quelques percées de soleil et de forts vents du sud-ouest ont provoqué le passage de quelques oiseaux de proie, peut-être un peu trop loin pour nous permettre de tous les savourer à notre aise.

Durant les 5 h 30 min passées sur le terrain à La Pocatière samedi le 29 avril, nous avons observé 70 espèces, dont :
  • 3500 Oies des neiges – Elles se déplaçaient toutes vers le nord‑est tôt le matin, sous les averses.
  • 390 Bernaches du Canada
  • 3 Canards branchus
  • 1 Canard chipeau
  • 2 Canards d’Amérique
  • 13 Canards noirs
  • 16 Canards colverts
  • 17 Sarcelles d’hiver
  • 9 Fuligules à collier
  • 20 Fuligules milouinans
  • 3 Petits Fuligules
  • 6 Petits Garrots

Petits Garrots (Buffleheads – Bucephala albeola)
La Pocatière – 29 avril 2017 © Claude Auchu
  • 6 Garrots à œil d’or
  • 19 Grands Harles
  • 1 Gélinotte huppée
  • 1 Pluvier kildir
  • 1 Grand Chevalier
  • 1 Goéland brun – Encore un adulte en migration.
  • 1 Plongeon huard
  • 62 Cormorans à aigrettes – Dans la région, les cormorans ne sont que rarement observés loin du fleuve. Parmi les oiseaux vus samedi après-midi, dix-neuf arrivaient pourtant de l’intérieur des terres en volant à très haute altitude et provenaient donc possiblement de la côte atlantique.
  • 4 Grands Hérons
  • 14 Urubus à tête rouge
  • 6 Busards Saint-Martin
  • 2 Buses à épaulettes – La région de La Pocatière se trouve à la limite nord-est de l’aire de nidification de la Buse à épaulettes. Depuis une dizaine d’années, elle semble plus rare que durant les années 1980, à moins qu’elle ait simplement délaissé ses sites traditionnels. Chaque rencontre avec cette espèce est maintenant un événement pour nous. Samedi, nous avons eu l’agréable surprise de rencontrer un adulte en migration au-dessus de la ville et, moins d’une heure plus tard, un autre adulte tout près du site où nous avions vu l’espèce l’an dernier!
  • 5 Petites Buses
  • 5 Buses à queue rousse
  • 3 Buses pattues
  • 1 Martin-pêcheur d’Amérique
  • 2 Pics maculés
  • 10 Pics flamboyants
  • 1 Grand Pic
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 1 Faucon émerillon
  • 3 Moucherolles phébis
  • 3 Hirondelles bicolores
  • 4 Roitelets à couronne dorée
  • 14 Roitelets à couronne rubis
  • 1 Grive solitaire
  • 17 Merles d’Amérique
  • 5 Roselins pourprés
  • 3 Sizerins flammés
  • 2 Tarins des pins
  • 4 Chardonnerets jaunes
  • 5 Gros-becs errants
  • 8 Parulines à croupion jaune – Voilà enfin les premières parulines!
  • 7 Bruants hudsoniens
  • 2 Bruants familiers
  • 3 Bruants des prés
  • 18 Bruants chanteurs
  • 4 Bruants des marais
  • 20 Bruants à gorge blanche
  • 46 Juncos ardoisés
  • 34 Carouges à épaulettes
  • 50 Quiscales bronzés

Dimanche matin, des conditions parfaites étaient réunies pour notre excursion à Rivière‑Ouelle. Une température tout juste fraîche, un vent léger soufflant surtout du nord, une marée montante et une visibilité au large vraiment cristalline ne se présentent au même moment que deux ou trois fois par année!!! Les oiseaux n’ont cependant circulé que très loin au large (de là l’importance d’une bonne visibilité) et un promeneur sans jumelles n’aurait jamais pu imaginer qu’autant d’oiseaux se trouvaient dans le secteur. De notre côté, nous étions bien équipés et prêts à tout! En plus des espèces préférant le large, plusieurs goélands voltigeaient plus près de nous, attirés par les éperlans dont nous devinions la présence autour du quai.
Nous avons volontairement retardé notre départ du quai jusque vers 9 h 30, au moment où les oiseaux de proie prenaient leur envol, en espérant en voir quelques-uns quitter pour la rive nord. Nous n’avons finalement vu qu’une seule Petite Buse se risquer à le faire, mais la dizaine d’autres qui ont rapidement pris de l’altitude au point de devenir invisibles ont sûrement fini par la suivre!
Cette fois, notre promenade le long des boisés près du fleuve a été payante avec de nombreux juncos et roitelets qui nous ont accompagnés durant tout le trajet. Enfin, les boisés reprennent vie!

Voici une partie des 69 espèces vues dimanche le 30 avril à Rivière-Ouelle, entre 5 h 15 et 13 h 35 :
  • 520 Oies des neiges
  • 5 Bernaches cravants
  • 1000 Bernaches du Canada
  • 4 Canards chipeaux
  • 60 Canards noirs
  • 5 Canards colverts
  • 2 Canards pilets
  • 137 Sarcelles d’hiver
  • 15 Fuligules à collier
  • 4 Petits Fuligules
  • 9 Eiders à duvet
  • 30 Macreuses à front blanc
  • 10000 Macreuses à bec jaune
  • 5 Macreuses brunes
  • 7 Hareldes kakawis
  • 7 Garrots à œil d’or
  • 5 Harles couronnés
  • 74 Grands Harles
  • 31 Harles huppés
  • 3 Gélinottes huppées
  • 3 Petits Chevaliers – Ces trois oiseaux ont réédité ma date la plus hâtive pour l’espèce dans ma région, établie en 1986, 1990 et 2006!
  • 180 Petits Pingouins – Un aussi grand nombre de pingouins peut être relié autant à la visibilité limpide qu’à la présence des éperlans.
  • 3 Mouettes tridactyles
  • 1 Mouette de Bonaparte
  • 200 Goélands à bec cerclé
  • 200 Goélands argentés
  • 15 Goélands arctiques
  • 20 Goélands marins
  • 429 Plongeons catmarins – Nous avons été presque déçus de noter aussi peu de catmarins. Une telle quantité aurait pourtant réjoui n’importe qui, n’importe où au Québec!
  • 1 Plongeon huard
  • 45 Fous de Bassan – Les fous n’ont pas que noté l’arrivée des éperlans dans nos eaux, ils l’ont plutôt suivi!

Fous de Bassan (Northern Gannets – Morus bassanus)
Rivière-Ouelle – 30 avril 2017 © Claude Auchu
  • 290 Cormorans à aigrettes
  • 8 Grands Hérons
  • 11 Urubus à tête rouge
  • 1 Pygargue à tête blanche – Un immature en plumage de première année a survolé un groupe de bernaches en les regardant d’un air faussement indifférent. Les bernaches se sont envolées sans laisser d’individus blessés derrière elles et le pygargue a dû poursuivre sa route bredouille.
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 2 Éperviers bruns
  • 12 Petites Buses
  • 5 Buses à queue rousse
  • 1 Martin-pêcheur d’Amérique
  • 6 Crécerelles d’Amérique
  • 2 Moucherolles phébis
  • 6 Hirondelles bicolores
  • 7 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse – Les Sittelles à poitrine rousse qui avaient déserté la région tardent encore à revenir.
  • 3 Troglodytes des forêts
  • 3 Roitelets à couronne dorée
  • 50 Roitelets à couronne rubis – Les roitelets étaient partout dimanche matin, plusieurs allaient même poursuivre les insectes directement sur les battures et sur les plages. Habituellement, lorsque l’on voit des migrateurs chercher leur nourriture dans des endroits aussi inhabituels, c’est un signe qu’ils sont à bout de ressources et que leur survie en dépend. Au contraire, les roitelets vus dimanche étaient tous débordants d’énergie!

Habituellement, les roitelets cherchent leur nourriture dans les aiguilles des conifères.
Roitelet à couronne rubis (Ruby-crowned Kinglet – Regulus calendula)
Rivière-Ouelle – 30 avril 2017 © Claude Auchu
Mais, au besoin, ils peuvent aussi bien la chercher parmi les rochers...
Roitelet à couronne rubis (Ruby-crowned Kinglet – Regulus calendula)
Rivière-Ouelle – 30 avril 2017 © Claude Auchu
...ou au sol, sur une plage.
Roitelet à couronne rubis (Ruby-crowned Kinglet – Regulus calendula)
Rivière-Ouelle – 30 avril 2017 © Claude Auchu

  • 2 Grives solitaires
  • 8 Sizerins flammés
  • 3 Plectrophanes des neiges
  • 2 Bruants hudsoniens
  • 2 Bruants des prés
  • 2 Bruants fauves
  • 17 Bruants chanteurs
  • 17 Bruants à gorge blanche
  • 1 Bruant à couronne blanche
  • 125 Juncos ardoisés
  • 7 Quiscales rouilleux
  • 70 Quiscales bronzés

Il n’y a pas à dire, les migrateurs attendaient impatiemment cet épisode de beau temps. Le printemps peut bien être froid et pluvieux, rien n’arrêtera leur mouvement et les fréquentes averses les ralentissent et les rendent même plus visibles. Mais attention, je ne suis pas en train de souhaiter d’autres averses…! 

mardi 25 avril 2017

Un printemps à crécerelles

Encore une fois, durant la dernière fin de semaine, la température ne nous a laissé qu’une seule belle journée pour rechercher les oiseaux. Nous avons tout de même fait une excursion samedi, mais écourtée à cause de la pluie et du froid. La journée de dimanche a été nettement plus agréable, même si le soleil tant attendu ne s’est présenté qu’en milieu de journée.

C’est donc sous une petite pluie constante que nous avons « viraillé » dans La Pocatière samedi matin. Un peu comme la semaine dernière, nous avons débuté par les battures du fleuve. Malgré ce temps de canards, relativement peu d’anatidés étaient sur place à profiter des rivages boueux. Par la suite, sous une neige fondante, nous avons fait un détour par les routes de campagne à la recherche de passereaux. Je dois avouer que j’avais une idée en tête en parcourant ces quelques kilomètres à la fin-avril. C’est que le 20 avril 1999, il y a presque exactement 18 ans, Christiane et moi avions eu la chance de découvrir une Grive litorne aux Escoumins; cette espèce européenne représentait pour moi l’ultime oiseau à découvrir en Amérique! Une autre Grive litorne a justement été trouvée dans le Maine il y a quelques jours, à seulement 380 kilomètres au sud de La Pocatière! Les Merles d’Amérique rencontrés durant notre excursion ont donc été inspectés en détail!!!

Les espèces suivantes ont été observées à La Pocatière samedi le 22 avril entre 7 h 00 et 9 h 15 :
  • 2000 Oies des neiges
  • 80 Bernaches du Canada
  • 20 Canards noirs
  • 11 Canards colverts
  • 2 Canards souchets
  • 1 Fuligule à collier
  • 10 Fuligules milouinans
  • 4 Macreuses à front blanc
  • 7 Grands Harles
  • 13 Pigeons bisets
  • 4 Tourterelles tristes
  • 200 Goélands à bec cerclé
  • 2 Goélands argentés
  • 9 Goélands arctiques
  • 2 Goélands marins
  • 2 Cormorans à aigrettes
  • 8 Grands Hérons
  • 10 Urubus à tête rouge – Avec la pluie qui tombait, les urubus n’avaient pas vraiment le goût de voler. Six de ces oiseaux étaient perchés tout près de leur dortoir traditionnel tandis que les quatre autres ont fait quelques aller-retour au-dessus d’une colline en bordure de la ville.
  • 3 Busards Saint-Martin
  • 2 Éperviers bruns
  • 1 Buse pattue
  • 1 Pic mineur
  • 1 Pic chevelu
  • 4 Crécerelles d’Amérique

En voyant les oiseaux sous une neige fondante aussi tard en avril, je ne peux
 m’empêcher de les imaginer dire comme nous : « crisse de temps! ».
Crécerelle d’Amérique (American Kestrel – Falco sparverius)
La Pocatière – 22 avril 2017 © Claude Auchu
  • 72 Corneilles d’Amérique
  • 1 Grand Corbeau
  • 2 Mésanges à tête noire
  • 52 Merles d’Amérique
  • 160 Étourneaux sansonnets
  • 1 Moineau domestique
  • 1 Roselin pourpré
  • 1 Tarin des pins
  • 1 Chardonneret jaune
  • 200 Plectrophanes des neiges
  • 4 Bruants hudsoniens
  • 1 Bruant familier
  • 13 Bruants chanteurs
  • 2 Bruants à gorge blanche
  • 55 Juncos ardoisés
  • 17 Carouges à épaulettes
  • 175 Quiscales bronzés
  • 1 Vacher à tête brune – Les vachers nous semblent particulièrement rares ce printemps. Les journées telle celle du 3 mai 1986 où j’avais vu 500 individus sont maintenant chose du passé.

Après ce samedi plutôt décevant, la journée de dimanche se devait d’être productive et ce fut le cas! Notre tournée hebdomadaire à Rivière-Ouelle s’est déroulée sous des conditions très acceptables, avec un petit vent du sud-ouest et une bonne visibilité. Nous avons bien sûr débuté par le fameux quai où, durant plus de quatre heures, nous avons assisté à un excellent mouvement d’oiseaux aquatiques en compagnie de notre copain Thomas. Les derniers jours du mois d’avril constituent toujours la période la plus intense de migration pour les canards dans la région. À preuve, ce sont 23 espèces d’anatidés (oies et canards) que nous avons croisées à Rivière-Ouelle durant notre promenade!
Il semble que toutes les personnes qui portent une attention même mineure aux oiseaux ont remarqué l’abondance inhabituelle des Crécerelles d’Amérique ce printemps. On peut se demander qu’est-ce qui a bien pu provoquer cette profusion de crécerelles, une espèce dont les effectifs sont pourtant en baisse constante depuis plusieurs années. D’un autre côté, les Pluviers kildirs sont presque difficiles à trouver ce printemps, eux dont les cris vociférants (comme le dit leur nom scientifique) rendent les migrateurs si faciles à repérer.

Dimanche le 23 avril, nous avons terminé notre longue excursion à Rivière-Ouelle avec 69 espèces notées entre 5 h 25 et 13 h 10. En voici un large échantillon :
  • 160 Oies des neiges
  • 30 Bernaches cravants
  • 870 Bernaches du Canada – Un oiseau leucique a été repéré dans un petit groupe de bernaches. Son plumage était uniformément beige roussâtre avec le cou légèrement plus sombre.
  • 8 Canards branchus
  • 1 Canard chipeau
  • 4 Canards d’Amérique
  • 123 Canards noirs
  • 74 Canards colverts
  • 2 Sarcelles à ailes bleues – Un couple a été aperçu à deux reprises se déplaçant et se posant au large en compagnie des Macreuses à bec jaune. Drôle d’endroit pour cet oiseau des étangs d’eau douce!
  • 1 Canard souchet
  • 64 Canards pilets
  • 15 Sarcelles d’hiver
  • 60 Fuligules à collier – Un excellent total pour cet autre canard d’eau douce qui n’est vu qu’en petits nombres à Rivière-Ouelle lors des migrations.
  • 13 Fuligules milouinans
  • 5 Petits Fuligules
  • 5 Macreuses à front blanc
  • 10600 Macreuses à bec jaune – Les macreuses étaient très abondantes au large du quai dimanche matin! Il a fallu l’infinie patience de Christiane qui les a comptées par groupe de 100 pour nous permettre d’atteindre ce nombre.
  • 10 Macreuses à front blanc
  • 2 Petits Garrots
  • 57 Garrots à œil d’or
  • 1 Harle couronné
  • 24 Grands Harles
  • 80 Harles huppés
  • 2 Perdrix grises – Il est plutôt rare de rencontrer les Perdrix grises aussi tard en avril, au moment où elles s’installent discrètement pour nicher. Ces deux oiseaux se sont envolés de la bordure d’une route vers midi, en plein centre du secteur où plusieurs perdrix ont hiverné.
  • 1 Grèbe jougris
  • 1 Foulque d’Amérique – Repérée par Thomas, la foulque se nourrissait dans une ligne de débris marins à plusieurs centaines de mètres au large du quai! S’il est inhabituel de voir cette espèce aussi loin du rivage en eau salée, un coup d’œil à mes notes m’a permis de trouver une autre mention du même type; le 8 avril 2005, nous avions vu un autre oiseau « nageant parmi les fortes vagues au bout du quai ». La foulque est encore rare dans la région où je ne connais encore aucune mention de nidification.
  • 1 Pluvier kildir – Un seul durant toute la fin de semaine!
  • 10 Petits Pingouins
  • 400 Goélands à bec cerclé
  • 40 Goélands argentés
  • 6 Goélands arctiques
  • 3 Goélands bruns – Trois adultes migraient en solitaire au large du quai.
  • 10 Goélands marins
  • 3014 Plongeons catmarins – Dimanche matin, nous n’avions vu qu’une dizaine de Plongeons catmarins lorsque la marée a atteint son point le plus bas. Cette fois, il semblait bien que les catmarins allaient céder la vedette aux autres oiseaux marins. Mais, aussitôt que la marée montante s’est faite sentir, les catmarins sont apparus et ont commencé à se déplacer en bon nombre vers l’amont. Durant les 90 minutes qui ont suivies, Christiane a dénombré 3000 individus qui se déplaçaient vers l’ouest en un flot souvent continu! Nous avions remarqué il y a longtemps à quel point la marée montante peut avoir une influence marquée sur les déplacements de certaines espèces de l’estuaire… nous en avons eu une autre preuve dimanche!
  • 1 Plongeon huard
  • 620 Cormorans à aigrettes
  • 8 Grands Hérons
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 2 Buses à queue rousse
  • 1 Pic maculé
  • 11 Crécerelles d’Amérique – Les crécerelles sont vraiment partout!!!
  • 1 Faucon émerillon
  • 2 Moucherolles phébis

Moucherolle phébi (Eastern Phoebe – Sayornis phoebe)
Rivière-Ouelle – 23 avril 2017 © Claude Auchu
  • 45 Alouettes hausse-col
  • 1 Hirondelle bicolore
  • 10 Mésanges à tête noire
  • 3 Troglodytes des forêts
  • 4 Roitelets à couronne dorée
  • 1 Roitelet à couronne rubis
  • 15 Plectrophanes des neiges
  • 1 Bruant fauve
  • 17 Bruants chanteurs
  • 3 Bruants à gorge blanche
  • 30 Juncos ardoisés
  • 45 Carouges à épaulettes
  • 100 Quiscales bronzés
  • 4 Vachers à tête brune

Si les oiseaux aquatiques sont maintenant abondants, les espèces terrestres sont cependant timides. En fait, ils sont beaucoup plus communs dans les quartiers résidentiels qu’en forêt, encore une fois à cause du peu de nourriture disponible dans leur milieu naturel.
Après notre excursion bien remplie à Rivière-Ouelle, nous avons fait un petit détour par Saint‑Pacôme en espérant y voir quelques rapaces en migration. Le site, visité à quelques reprises depuis le début du printemps, peut sembler rempli de potentiel, il fallait tout de même des conditions de vol adéquates pour confirmer notre hypothèse. Cette fois, les conditions étaient plutôt favorables, il ne nous restait qu’à nous familiariser avec ce nouveau site et à comprendre comment les oiseaux de proie l’utilisent.

Ainsi, en moins d’une heure, nous avons noté à Saint-Pacôme :
  • 4 Urubus à tête rouge
  • 4 Busards Saint-Martin
  • 3 Éperviers bruns
  • 19 Buses à queue rousse
  • 1 Buse pattue
  • 11 Grands Corbeaux
  • 2 Sizerins flammés

Nous avons été surpris, presque déçus, de constater que les oiseaux migraient loin de nous et disparaissaient rapidement derrière une rangée de conifères, ce qui nous a fait rater un très probable Aigle royal! Dans la région, les rapaces migrent souvent dans des directions contraires selon la provenance du vent. Attendons un beau vent du nord-est, juste pour voir… en espérant que ce soit durant une fin de semaine! 

mardi 18 avril 2017

Le temps des canards et des oiseaux de proie

La fin de semaine de Pâques est toujours très importante pour les observateurs d’oiseaux. Pour nous, ces trois jours de congé arrivaient à point pour mettre à jour notre liste régionale des oiseaux et, ainsi, de reprendre le retard causé par la météo souvent pénible des dernières semaines. Si la journée de samedi s’annonçait ensoleillée et sans vent, les prévisions météorologiques pour dimanche (de la pluie!) et lundi (de la neige!!) risquaient de mettre nos projets en péril! Ne pouvant me faire à l’idée que je n’aurais qu’une seule belle journée pour observer les oiseaux, j’ai décidé de prendre congé vendredi! Mes quatre prochaines journées étaient donc planifiées : je serai à Rivière-Ouelle vendredi et samedi (cette fois, avec Christiane) et, dimanche et lundi, nous verrons bien ce que la météo nous permettra de faire.

Les conditions à Rivière-Ouelle ont été vraiment très agréables durant les deux premières matinées, bien que le soleil ne soit apparu qu’à la toute fin de notre excursion de samedi. La visibilité et la luminosité ont aussi été légèrement moins favorables ce matin-là et certains des oiseaux circulant très loin au large n’ont pu être identifiés positivement (même si nous sommes certains qu’ils s’agissaient de Petits Pingouins). La rivière Ouelle était également sortie de son lit vendredi, ce qui m’a permis d’inspecter quelques groupes de Bernaches du Canada et de canards barbotteurs présents dans les champs inondés. Samedi matin, l’embâcle avait déjà cédé et les oiseaux encore dans les champs devaient se contenter de petites flaques d’eau.

Voici les résultats de mon excursion à Rivière-Ouelle vendredi le 14 avril de 6 h 30 à 11 h 20 ainsi que de celle faite en compagnie de Christiane samedi le 15 avril de 6 h 40 à 13 h 25 :
  • 700/135 Oies des neiges
  • 24/33 Bernaches cravants
  • 650/500 Bernaches du Canada
  • 0/6 Canards chipeaux
  • 2/0 Canards d’Amérique
  • 85/362 Canards noirs
  • 30/164 Canards colverts
  • 45/197 Canards pilets
  • 15/10 Sarcelles d’hiver
  • 16/4 Fuligules à collier
  • 0/4 Fuligules milouinans
  • 2/0 Petits Fuligules
  • 2/3 Eiders à duvet – Très peu d’eiders ont migré durant ces deux matinées.
  • 3/3 Macreuses à front blanc
  • 400/700 Macreuses à bec jaune – Pour les Macreuses à bec jaune, la routine semble être la même depuis la nuit des temps. Elles remontent d’abord le fleuve tôt le matin pour se poser à l’eau directement à l’ouest du quai et semblent ensuite passer le reste de la journée à négocier avec les marées pour demeurer à cet endroit. Il existe peut-être un haut fond à cet endroit où se rassemblent les crustacés et mollusques dont elles se nourrissent.
  • 0/2 Hareldes kakawis
  • 29/47 Garrots à œil d’or
  • 4/1 Garrots d’Islande – Deux couples de Garrots d’Islande se reposaient près du quai vendredi matin; un seul mâle s’y trouvait encore le lendemain.

Garrot d’Islande (Barrow’s Goldeneye – Bucephala islandica)
Rivière-Ouelle – 14 avril 2017 © Claude Auchu
Chez la femelle adulte, le bec jaune et la tête brun très sombre la différencient de la femelle Garrot à œil d’or.
Garrot d’Islande (Barrow’s Goldeneye – Bucephala islandica)
Rivière-Ouelle – 14 avril 2017 © Claude Auchu
  • 30/40 Grands Harles
  • 18/68 Harles huppés
  • 1/0 Gélinotte huppée
  • 1/2 Pigeons bisets
  • 3/3 Tourterelles tristes
  • 1/2 Pluviers kildirs
  • 1/0 Guillemot marmette
  • 85/56 Petits Pingouins – Deux belles matinées de passage pour ce gros alcidé.
  • 75/100 Goélands à bec cerclé
  • 30/25 Goélands argentés
  • 0/1 Goéland arctique
  • 7/8 Goélands marins
  • 74/381 Plongeons catmarins – Les oiseaux vus samedi représentent un bon nombre pour la mi‑avril, mais qui est tout de même bien en deçà de ce que nous avions vu l’an dernier pratiquement à la même date!
  • 20/41 Cormorans à aigrettes
  • 5/3 Grands Hérons
  • 1/5 Urubus à tête rouge
  • 1/4 Busards Saint-Martin
  • 0/1 Épervier brun
  • 0/2 Buses à queue rousse
  • 0/1 Buse pattue
  • 2/0 Harfangs des neiges – La présence de deux harfangs encore à Rivière-Ouelle vendredi m’a surpris, surtout que l’espèce n’a pas été particulièrement commune dans la région l’hiver dernier.

Harfang des neiges (Snowy Owl – Bubo scandiacus)
Rivière-Ouelle – 14 avril 2017 © Claude Auchu
Harfang des neiges (Snowy Owl – Bubo scandiacus)
Rivière-Ouelle – 14 avril 2017 © Claude Auchu
  • 1/1 Pics flamboyants
  • 1/3 Crécerelles d’Amérique
  • 1/1 Faucons émerillons – Vendredi, un minuscule Faucon émerillon est allé se poser au sommet d’un silo. Dans la région, nous sommes plus habitués à y voir un Faucon gerfaut!
  • 0/1 Moucherolle phébi
  • 1/2 Geais bleus
  • 50/60 Corneilles d’Amérique
  • 2/6 Grands Corbeaux
  • 1/1 Alouettes hausse-col – Pour ces oiseaux solitaires, il s’agissait possiblement d’individus de la sous-espèce praticola qui niche en petit nombre dans la région. D’ici deux semaines, les alouettes de la sous-espèce alpestris, qui se reproduisent dans l’Arctique, traverseront la région en grandes bandes.
  • 0/1 Hirondelle bicolore – Un oiseau près du quai samedi peut être considéré comme hâtif pour Kamouraska-L’Islet. Règle générale, les premières Hirondelles bicolores n’atteignent pas la région avant la dernière semaine d’avril.
  • 15/5 Mésanges à tête noire – Vendredi, quelques mésanges « migraient » le long du rivage en direction sud-ouest en se retrouvant coincées, comme c’est souvent le cas, au bout des différentes pointes rocheuses. De tels déplacements sont régulièrement notés chez cette espèce et, curieusement, ils se font dans la même direction autant au printemps qu’en automne!?!
  • 2/5 Roitelets à couronne dorée

Roitelet à couronne dorée (Golden-crowned Kinglet – Regulus satrapa)
Rivière-Ouelle – 14 avril 2017 © Claude Auchu
  • 30/23 Merles d’Amérique
  • 17/77 Étourneaux sansonnets
  • 0/1 Moineau domestique
  • 0/2 Roselins pourprés – Les roselins sont enfin de retour!!! Deux mâles près du quai samedi nous ont fourni notre première mention de l’espèce depuis le 6 novembre dernier!
  • 400/25 Plectrophanes des neiges
  • 13/20 Bruants chanteurs
  • 1/0 Junco ardoisé
  • 18/15 Carouges à épaulettes
  • 25/37 Quiscales bronzés

Pour notre plus grand plaisir, l’excursion de samedi s’est étirée sur 7 h 45 min, une belle preuve que les oiseaux sont maintenant de retour!!!

Pour la journée de Pâques, de la pluie était prévue en matinée avec un bon vent du nord-est. Nous avons donc décidé de faire la grasse matinée et, si le temps le permettait, une courte sortie en après-midi. Mais, à 5 h 45, je me suis fais réveiller par un Moucherolle phébi qui chantait à tue-tête tout près de la maison! Le phébi n’a pas un chant très puissant, mais mon cerveau est toujours très sensible aux chants et aux cris des oiseaux! Un rapide coup d’œil à l’extérieur nous a permis de constater qu’il pleuvait à peine et que les vents étaient encore légers. Inutile d’essayer de nous rendormir! Nous avons donc déjeuner lentement avant d’aller inspecter les rives du fleuve à partir d’un abri. Par la suite, puisque la pluie semblait avoir cessé pour de bon, nous sommes allés vérifier quelles espèces forestières avaient fait leur apparition durant la semaine. Nous avons finalement passé tout l’avant-midi à l’extérieur sans recevoir une seule goutte!

Dimanche le 16 avril, notre tournée à travers La Pocatière entre 7 h 00 et 11 h 45 nous a procuré 52 espèces, dont :
  • 2 Canards branchus
  • 2 Canards chipeaux
  • 3 Canards d’Amérique
  • 28 Canards noirs
  • 30 Canards colverts
  • 14 Sarcelles d’hiver
  • 1 Petit Fuligule
  • 3 Petits Garrots
  • 9 Garrots à œil d’or
  • 11 Grands Harles
  • 11 Tourterelles tristes
  • 75 Goélands à bec cerclé
  • 25 Goélands argentés
  • 5 Goélands arctiques
  • 5 Goélands marins
  • 8 Urubus à tête rouge
  • 6 Busards Saint-Martin – Parmi les quelques busards vus dimanche, un mâle adulte effectuait sa parade aérienne au-dessus d’un milieu humide. Pas très loin derrière lui, un mâle immature essayait de faire de même, mais avec des piqués moins prononcés. Il a bien le temps d’apprendre…!
  • 1 Épervier brun
  • 1 Buse pattue
  • 4 Pics maculés – Au printemps, le Pic maculé arrive toujours vers la même date. Selon mes archives, la date moyenne d’observation du premier dans la région est le 20 avril, calculée d’après 30 ans de données.
  • 3 Pics mineurs
  • 1 Pic chevelu
  • 2 Grands Pics
  • 1 Crécerelle d’Amérique
  • 3 Moucherolles phébis
  • 30 Grands Corbeaux
  • 3 Hirondelles bicolores – Ces trois oiseaux migraient courageusement vers le nord-est au-dessus du Saint‑Laurent. Ils ont dû être surpris le lendemain!
  • 1 Grimpereau brun
  • 3 Troglodytes des forêts
  • 7 Roitelets à couronne dorée
  • 23 Merles d’Amérique
  • 1 Sizerin flammé
  • 1 Tarin des pins
  • 1 Chardonneret jaune
  • 2 Bruants hudsoniens
  • 16 Bruants chanteurs
  • 1 Bruant à gorge blanche
  • 45 Juncos ardoisés
  • 22 Carouges à épaulettes
  • 70 Quiscales bronzés

Lundi matin, comme bien des régions dans l’est du Québec, La Pocatière s’est réveillée sous la neige! Sauf peut-être pour quelques hirondelles imprudentes, les oiseaux présents dans la région à la mi-avril sont en mesure d’affronter ce contretemps sans problème. Pour les observateurs comme Christiane et moi, ces chutes de neige hors saison peuvent même être intéressantes puisqu’elles interrompent les migrations et obligent les oiseaux à se concentrer dans certains endroits abrités. Il peut aussi être amusant pour nous de voir comment certains oiseaux doivent composer avec ces trois petits centimètres de neige mouillée.
À 8 h 00 lundi matin, aussitôt que la neige a diminué d’intensité, nous avons entassé trépieds, télescopes, appareil photo et jumelles dans la voiture pour aller inspecter les rivages à Rivière-Ouelle durant la marée haute, les milieux humides le long de la rivière et les mangeoires à Saint‑Pacôme. Si les oiseaux aquatiques ont peu collaboré, les bruants et les ictéridés (quiscales, carouges…) ont fait meilleure figure.
Bernaches cravants (Brants – Branta bernicla)
Rivière-Ouelle – 17 avril 2017 © Claude Auchu
À Rivière-Ouelle et Saint-Pacôme, nous avons noté ce lundi 17 avril :
  • 2 Moucherolles phébis – un oiseau à Rivière-Ouelle et un autre à Saint‑Pacôme ne semblaient pas importunés par la neige. En arrivant du sud aussi hâtivement, les phébis doivent se contenter des plécoptères qui sortent des rivières en grand nombre aussitôt qu’une ouverture se forme dans la glace.
  • 125 Jaseurs boréaux – En plus de ces oiseaux vus à Saint‑Pacôme, une centaine d’autres se trouvait à La Pocatière, consommant de vieilles pommes ayant passé l’hiver sous la neige…
  • 7 Tarins des pins – Les fringillidés redeviennent doucement communs dans la région… enfin!
  • 5 Gros-becs errants
  • 1 Bruant fauve – À Saint-Pacôme.
  • 100 Juncos ardoisés – À Saint-Pacôme également, ces oiseaux semblaient préférer les abords des routes aux mangeoires.
  • 1 Quiscale rouilleux – Un individu pataugeait dans un boisé inondé de Rivière-Ouelle.

Finalement, nous nous en sommes relativement bien tirés durant cette longue fin de semaine, malgré les prévisions météorologiques pas toujours encourageantes. Les oiseaux sont maintenant arrivés et même les pires conditions peuvent réserver des surprises aux observateurs… en autant que l’on réussisse à garder nos jumelles au sec! 

mardi 11 avril 2017

Garrot hybride, Goélands bruns et Ratons laveurs!

Enfin une belle fin de semaine printanière avec un mercure demeurant entre 0 et 5°C, des vents faibles et, sauf pour quelques gouttes tôt samedi matin, aucune précipitation gênante. Nos activités ornithologiques de samedi et dimanche étaient planifiées depuis longtemps, il ne nous restait qu’à décider de la journée exacte où elles allaient avoir lieu! L’excursion de samedi a finalement été consacrée à explorer La Pocatière à la recherche d’oiseaux forestiers tandis que la superbe journée de dimanche a été dédiée aux oiseaux aquatiques de Rivière-Ouelle. Bien entendu, comme c’est toujours le cas pour nos sorties, tous les oiseaux ont été notés, peu importe qu’ils soient forestiers ou aquatiques, gros ou petits, beaux ou laids.

Notre promenade à travers La Pocatière a une fois de plus confirmé que le printemps 2017, même s’il est maintenant bel et bien arrivé, est vraiment tardif. À preuve, l’arrivée des passereaux a présentement une dizaine de jours de retard par rapport à un printemps moyen. Les boisés sont donc toujours aussi silencieux et même les mangeoires situées en ville ont de la difficulté à attirer des oiseaux. Bien entendu, il n’y a pas que le froid qui retarde les oiseaux; l’absence de nourriture naturelle de l’hiver dernier ne facilite pas l’avancée des migrateurs, surtout que la neige limite encore l’accès aux maigres ressources restantes.
Avec aussi peu d’oiseaux en forêt, nous avons eu le temps de visiter les battures de La Pocatière où plusieurs canards sont apparus depuis une semaine. En après-midi, un petit détour par Rivière-Ouelle s’imposait, ne serait-ce que pour vérifier l’état de la rivière.

Notre tournée du samedi le 8 avril à travers La Pocatière et Rivière-Ouelle nous aura permis de rencontrer les 32 espèces suivantes :
  • 10 Bernaches cravants – Ces oiseaux ont été vus à Rivière-Ouelle. Les cravants pénètrent régulièrement dans la grande baie de La Pocatière, mais surtout à partir de la fin d’avril.
  • 61 Bernaches du Canada
  • 35 Canards noirs
  • 8 Canards colverts
  • 16 Canards pilets
  • 8 Sarcelles d’hiver
  • 16 Fuligules milouinans
  • 40 Eiders à duvet – Comme les macreuses et les autres canards marins, les eiders sont beaucoup plus faciles à trouver à Rivière-Ouelle qu’à La Pocatière.
  • 25 Macreuses à bec jaune
  • 7 Garrots à œil d’or
  • 21 Grands Harles
  • 3 Harles huppés
  • 28 Pigeons bisets
  • 10 Tourterelles tristes
  • 33 Goélands à bec cerclé
  • 4 Goélands argentés
  • 5 Goélands marins
  • 13 Plongeons catmarins – Ils se trouvaient au large du quai de Rivière-Ouelle, leur site de prédilection dans la région.
  • 13 Cormorans à aigrettes
  • 7 Grands Hérons
  • 2 Pics chevelus
  • 4 Geais bleus
  • 146 Corneilles d’Amérique
  • 1 Grand Corbeau
  • 3 Mésanges à tête noire
  • 2 Merles d’Amérique
  • 90 Étourneaux sansonnets
  • 5 Moineaux domestiques
  • 2 Plectrophanes lapons – Présents sur les battures de La Pocatière, ils ont été repérés à leurs cris secs, nettement moins sifflés que ceux du Plectrophane des neiges.
  • 225 Plectrophanes des neiges
  • 54 Carouges à épaulettes
  • 58 Quiscales bronzés
Dimanche matin, c’est par des conditions presque idéales que nous avons parcouru très lentement le territoire de Rivière-Ouelle. Nous pourrions même dire que nous avons ainsi imité les oiseaux qui, eux aussi, ne circulaient qu’au ralenti. En plus des oiseaux, nous avons croisé deux couples d’amis qui, chacun de leur côté, observaient les oiseaux à leur rythme en affichant un large sourire. Le beau temps nous a fait du bien à tous!

À Rivière-Ouelle, dimanche le 9 avril, ces 38 espèces d’oiseaux ont croisé notre chemin entre 5 h 40 et 11 h 50 :
  • 27 Bernaches cravants
  • 220 Bernaches du Canada
  • 54 Canards noirs
  • 22 Canards colverts
  • 14 Canards pilets
  • 4 Fuligules à collier
  • 205 Eiders à duvet
  • 1 Macreuse brune – Étrangement, même par ce printemps froid, cette mention du 9 avril représente pour moi une nouvelle date de présence hâtive dans la région! Cette macreuse est pourtant la seule que nous ayons observée en plein mois de février lorsque nous habitions les Escoumins. Si elle hiverne à l’occasion dans l’estuaire, pourquoi est-elle la dernière des trois espèces de macreuses à revenir ici au printemps?
  • 700 Macreuses à bec jaune
  • 108 Garrots à œil d’or – À partir du quai, j’ai photographié un petit groupe de sept garrots qui passaient rapidement devant nous. De retour à la maison, en regardant les photos, j’ai eu la surprise de trouver parmi eux un hybride entre un Garrot à œil d’or et un Garrot d’Islande! Nous avions déjà observé ce croisement à quelques reprises parmi les canards hivernant sur la Côte-Nord et même à Dégelis, mais c’est la première fois que le hasard nous permet d’en noter un dans la région de La Pocatière. Il s’agissait bien entendu d’un mâle, l’identité des femelles hybrides étant presque impossible à confirmer.

Un garrot mâle hybride se cache dans ce petit groupe de Garrots à œil d’or. Au centre, on le reconnait la tache faciale blanche ayant vaguement la forme d’une goutte. De jeunes mâles de Garrots à œil d’or sont également présents. 
Garrots à œil d’or (Common Goldeneyes – Bucephala clangula) et Garrot à œil d’or x Garrot d’Islande 
(Common Goldeneye x Barrow’s Goldeneye – Bucephala clangula x Bucephala islandica)
Rivière-Ouelle – 9 avril 2017 © Claude Auchu
Le bec plus court et la font légèrement plus abrupt de l’hybride sont visibles sur cette autre photo. 
Garrots à œil d’or (Common Goldeneyes – Bucephala clangula) et Garrot à œil d’or x Garrot d’Islande 
(Common Goldeneye x Barrow’s Goldeneye – Bucephala clangula x Bucephala islandica)
Rivière-Ouelle – 9 avril 2017 © Claude Auchu
En plus du patron de l’aile plus près de celui du Garrot à œil d’or, on remarque aussi les reflets violacés de la tête, 
typiques du Garrot d’Islande.
Garrots à œil d’or (Common Goldeneyes – Bucephala clangula) et Garrot à œil d’or x Garrot d’Islande 
(Common Goldeneye x Barrow’s Goldeneye – Bucephala clangula x Bucephala islandica)
Rivière-Ouelle – 9 avril 2017 © Claude Auchu
  • 2 Garrots d’Islande
  • 29 Grands Harles
  • 23 Harles huppés

Harle huppé (Red-breasted Merganser – Mergus serrator)
Rivière-Ouelle – 9 avril 2017 © Claude Auchu
  • 7 Pigeons bisets
  • 1 Tourterelle triste
  • 1 Pluvier kildir – Je n’avais pas observé mon premier Pluvier kildir aussi tardivement depuis 25 ans!
  • 4 Guillemots marmettes – Pour cette autre espèce, par contre, cette observation marque une nouvelle date d’arrivée hâtive. Il faut cependant préciser que la marmette est une nouvelle venue dans la région et que sa période d’arrivée reste encore à préciser. Il est probable qu’elle arrive au même moment que le Petit Pingouin. Aucun des quatre oiseaux vus dimanche ne portait un plumage nuptial complet.
  • 10 Petits Pingouins
  • 10 Guillemots à miroir
  • 1 Mouette tridactyle
  • 150 Goélands à bec cerclé
  • 100 Goélands argentés
  • 3 Goélands bruns – Depuis quelques années, les Goélands bruns font partie des espèces migratrices régulières dans la région. Il y a 20 ans à peine, la rencontre avec un seul individu de cette espèce européenne créait encore une commotion. Maintenant, nous disons simplement : « tiens, en voilà un autre… »! Les trois adultes vus dimanche sont passés devant le quai en direction est.
  • 20 Goélands marins
  • 75 Plongeons catmarins – Ces oiseaux ont été comptés un à un, la majorité remontant le fleuve d’un vol décidé.
  • 19 Cormorans à aigrettes
  • 5 Grands Hérons
  • 1 Urubu à tête rouge
  • 1 Pic mineur
  • 1 Geai bleu
  • 50 Corneilles d’Amérique
  • 19 Grands Corbeaux – Tôt le matin, seize corbeaux ont survolé le quai silencieusement avant de s’aventurer vers le large. Depuis longtemps, je me demande où nichent les Grands Corbeaux que nous voyons ici durant l’hiver. De la même façon, j’aimerais bien savoir où hivernent les corbeaux qui nichent sur l’île Ellesmere!
  • 7 Mésanges à tête noire
  • 5 Merles d’Amérique
  • 65 Étourneaux sansonnets
  • 2000 Plectrophanes des neiges – Quelques groupes de centaines d’individus ont été vus durant la matinée.
  • 11 Carouges à épaulettes
  • 27 Quiscales bronzés

Il n’y a pas que les oiseaux qui doivent travailler fort pour trouver leur pitance. Peu avant le lever du soleil, dimanche matin, nous avons croisé pas moins de dix Ratons laveurs fouillant dans les zones libres de neige dans les champs le long de seulement 2,5 kilomètres de route! Des amis nous ont également dit que des Ratons laveurs dévalisaient régulièrement leurs mangeoires durant la nuit. Que ce soit pour les oiseaux qui arrivent du sud ou encore les mammifères hibernants, les temps sont durs pour tout le monde!!!