mardi 13 novembre 2012

Pendant que nos forêts se vident...

Cette année, tous les amateurs d’oiseaux le savent déjà, la production de graines et de fruits sauvages en forêt a été pratiquement nulle. Ces périodes de faibles productions pour les arbres et arbustes se produisent environ tous les deux ans, faisant alterner les bonnes années de production aux années pauvres. Puisque l’hiver 2011-12 avait été très riche en fruits sauvages et en graines de conifères, nous devons donc payer cette année pour les plaisirs vécus l’an dernier! Il faut bien permettre aux arbres de se refaire des forces… Les oiseaux doivent donc quitter le sud du Québec et les régions adjacentes pour trouver ailleurs la nourriture nécessaire pour passer l’hiver.
Les Gros-becs errants et les Becs-croisés bifasciés ont déjà atteint la Virginie et les Tarins des pins sont rendus en Louisiane! Pendant que les Américains savourent nos oiseaux, nous nous préparons à traverser un hiver pauvre qui ne passera probablement pas à l’histoire de façon positive. Et, contrairement à l’an dernier, nos visites en forêt au cours des prochains mois ne se feront pas aux sons des bandes de fringillidés fouillant dans les cônes.
Comme pour tester ces faits, nous avons effectué samedi une sortie avant tout forestière. Les quelques espèces aquatiques que nous avons rencontrées ont été vues presque accidentellement. Les résultats furent probants : les sorties uniquement forestières, et elles sont habituellement la norme en hiver, ne fourniront que très peu d’espèces au cours des prochains mois!
Samedi le 10 novembre, nous avons patrouillé La Pocatière entre 7 h 25 à 11 h 15 pour ne récolter que 23 espèces :
  • 1 Oie des neiges
  • 100 Canards colverts
  • 5 Gélinottes huppées – Parfois, nous pouvons passer des semaines sans lever une seule gélinotte alors qu’à d’autres occasions, comme ce fut le cas samedi, ces poules semblent faire exprès pour croiser notre route.
  • 1 Buse pattue
  • 25 Goélands à bec cerclé
  • 1 Goéland argenté
  • 1 Goéland marin
  • 6 Pigeons bisets
  • 32 Tourterelles tristes
  • 1 Pic mineur
  • 2 Pics chevelus
  • 11 Geais bleus
  • 8 Corneilles d’Amérique
  • 7 Grands Corbeaux – Lorsque le nombre de corbeaux observés commence à ressembler à celui des corneilles, c’est signe que l’hiver est proche!
  • 30 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Sittelle à poitrine blanche – Bien sûr, celle-là était tout près des habitations et des mangeoires.
  • 12 Étourneaux sansonnets
  • 5 Durbecs des sapins
  • 1 Bec-croisé bifascié
  • 1 Sizerin flammé
  • 2 Gros-becs errants
  • 12 Moineaux domestiques
Pour dimanche, vous devez vous en douter, nous avions réservé la matinée pour une visite à Rivière-Ouelle. Les conditions que l’on allait y rencontrer s’annonçaient douteuses, avec même de fortes possibilités de pluie verglaçante prévues pour l’avant-midi. Nous nous en sommes plutôt bien tirés avec seulement un peu de grésil durant l’excursion. Les petits vents du sud-est n’avaient cependant rien pour pousser les oiseaux à se déplacer, ce qui laissait présager une sortie plutôt tranquille. En plus, la visibilité était moyenne mais, heureusement, les oiseaux circulaient relativement près de la côte.
Contrairement à dimanche dernier, les canards de mer et les autres espèces associées à l’eau salée, bien que présents en petits nombres, semblaient être en pause, attendant peut-être que le vent du nord-ouest se lève. Les mouvements pour la majorité des espèces ressemblaient plus à des allées et venues à la recherche de nourriture qu’à de réels mouvements migratoires comme ce fut le cas la semaine dernière. Vous remarquerez aussi que les macreuses ont été pratiquement absentes. La mi-novembre est pourtant le moment où les Macreuses à bec jaune atteignent habituellement leur sommet d’abondance en automne. Il s’agit encore une fois d’une indication que visiter un site par des vents défavorables influence grandement les résultats d’une excursion.
À Rivière-Ouelle, en ce dimanche 11 novembre, nous avons rencontré 39 espèces, presque toutes aquatiques, entre 6 h 30 et 12 h 10. Voici la liste intégrale des oiseaux observés :
  • 250 Oies des neiges
  • 9 Bernaches du Canada
  • 104 Canards noirs
  • 2 Canards colverts
  • 3 Fuligules milouinans
  • 54 Eiders à duvet – Comme les autres oiseaux, les eiders circulaient en tous sens au lieu de se diriger vers le sud-ouest comme ils le font lors des journées de vrais déplacements.
  • 1 Macreuse brune
  • 240 Hareldes kakawis
  • 21 Garrots à œil d’or
  • 7 Grands Harles
  • 27 Harles huppés
  • 48 Plongeons catmarins
  • 5 Plongeons huards
  • 1 Grèbe jougris
  • 4 Cormorans à aigrettes – Il s’agit d’une date plutôt tardive dans la région pour ces oiseaux frileux. Certaines années, ils quittent dès la mi-octobre.
  • 3 Grands Hérons
  • 1 Buse pattue
  • 1 Faucon émerillon
  • 7 Bécasseaux violets – Lorsque les petites mares près du fleuve commencent à geler en obligeant les limicoles à descendre vers le sud, le costaud Bécasseau violet fait son apparition! Ayant l’habitude de se tenir sur le dernier rocher libéré par la marée, certains réussissent même à hiverner dans l’estuaire!!!
Les Bécasseaux violets doivent continuellement négocier avec la marée montante.
À l'occasion, c'est acceptable...
– Rivière-Ouelle – 11 novembre 2012 © Claude Auchu
À d'autres, c'est plus risqué...!
Bécasseaux violets – Rivière-Ouelle – 11 novembre 2012 © Claude Auchu
Mais, parfois, ils exagèrent!
Bécasseaux violets – Rivière-Ouelle – 11 novembre 2012 © Claude Auchu
  • 100 Goélands à bec cerclé
  • 30 Goélands argentés
  • 9 Goélands arctiques
  • 30 Goélands marins
  • 20 Guillemots à miroir
  • 70 Pigeons bisets
  • 8 Tourterelles tristes
  • 17 Corneilles d’Amérique
  • 6 Grands Corbeaux
  • 13 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine rousse
  • 5 Roitelets à couronne dorée – Le nombre de roitelets, même s’il ne s’agit que de cinq individus, nous a surpris. Il est probable qu’aucun ne se risquera à hiverner cet hiver, ils devraient même déjà nous avoir tous quitté! Il est intriguant de voir que ce minuscule insectivore n’hiverne dans la région que lors des hivers de forte production de graines et fruits. Il y a sûrement un lien que j’ignore entre le nombre de cônes de conifères et la quantité d’œufs d’araignées disponibles en hiver…!
  • 1 Merle d’Amérique
  • 78 Étourneaux sansonnets
  • 1 Jaseur boréal
  • 5 Plectrophanes des neiges
  • 7 Durbecs des sapins
  • 1 Bec-croisé bifascié
  • 30 Sizerins flammés
  • 13 Moineaux domestiques
Pour se consoler d’avoir perdu nos oiseaux au profit des Américains, il faut se rappeler une chose : l’an dernier, durant la période d’abondance au Québec, nous avions les oiseaux des autres! Si les oiseaux que nous observions l’hiver dernier sont maintenant dans le centre des États-Unis, ils étaient peut-être au Manitoba durant l’hiver 2010-11! C’est une mince consolation, mais c’est la réalité!
En attendant, souhaitons-nous donc un Vanneau huppé d’ici la fin de l’automne! Depuis trois semaines, des représentants de ce gros pluvier européen ont été vus à Terre-Neuve, dans le Maine, au Massachusetts (probablement trois oiseaux différents!), à New York (deux) et au New Jersey. Pour Christiane et moi, le vanneau fait partie des espèces ultimes que nous aimerions bien ajouter à notre liste (sur la liste honorable de préférence!). Les observateurs habitant en Gaspésie et sur la Côte-Nord sont bien sûr les mieux placés pour trouver un vanneau (à preuve, celui dénicher à Sept-Îles il y a deux ans par deux des birders québécois pour qui j’ai le plus de respect). Ceux qui, comme nous, vivent à l’intérieur de la province peuvent-ils tout de même espérer un de ces oiseaux? Peut-être, surtout si certains survivent à l’hiver et remontent vers le nord par l’intérieur des terres au printemps. Le 22 mars 1991, un vanneau a été photographié près d’Albany (New York)! Albany ne se trouve qu’à 300 kilomètres au sud de Montréal… Cette même année, un oiseau a estivé à la frontière du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse où il faisait la cour à un kildir! Il ne nous est donc pas interdit de rêver!

mardi 6 novembre 2012

Le passage des canards de mer

J’ai l’impression que la semaine dernière a été difficile pour la majorité des oiseaux habitant le long de la côte atlantique de l’Amérique du Nord! L’énorme ouragan Sandy qui a frappé la côte est du continent mardi le 30 octobre a interrompu la migration de plusieurs espèces et en a déporté d’autres. Par exemple, pas moins de 58 Labbes pomarins et 3 Océanites cul-blanc ont été observés en Pennsylvanie, à un site pourtant situé à 225 kilomètres de l’océan! Si les océanites ont été transportés à cet endroit par l’ouragan, il est probable que les labbes aient plutôt été bloqués alors qu’ils migraient au-dessus des terres… Qui sait ce qui passe au-dessus de nos têtes durant les migrations!?!
Si, au Québec, nous avons évité les éléments destructeurs de l’ouragan, des vents du nord-est associés à la dépression ont tout de même soufflé avec force de lundi à mercredi. Peu de nos oiseaux semblent avoir été découverts hors de leur aire normale suite à ces intempéries, ce qui est peut-être dû au fait que le tout s’est déroulé en milieu de semaine, alors que les observateurs étaient occupés ailleurs. Chose certaine, si j’en avais eu la chance, c’est en bordure du fleuve que l’on m’aurait retrouvé mercredi et jeudi matin! Mais, les choses étant ce qu’elles sont, j’ai dû attendre à vendredi pour essayer de profiter de ce que ces vents du nord-est ont pu transporter jusqu’ici depuis le golfe Saint-Laurent. C’est donc bien entendu à Rivière-Ouelle qu’allait s’amorcer notre fin de semaine.

Cependant, l’excursion de vendredi matin a débuté au ralenti. Depuis la maison, tout juste avant le lever du jour, le temps était clair et aucune trace de précipitation n’était visible. Mais aussitôt que nous avons mis les pieds à l’extérieur, un petit crachin s’est mis à tomber et des bancs de brouillard ont commencé à recouvrir la ville. Nous avons donc fait notre entrée à Rivière-Ouelle sous la pluie et dans un brouillard à couper au couteau. Ne pouvant rien espérer au quai dans de telles conditions de visibilité (elle était parfois limitée à 30 mètres!), nous avons décidé de commencer par la partie forestière de notre programme. Après de trop longues minutes d’attente, nous nous sommes risqués à sortir de la voiture et à chercher des oiseaux… surtout à l’oreille. Le début de novembre étant ce qu’il est (surtout cette année!), la récolte forestière a été plutôt limitée. Heureusement, le brouillard a commencé à se dissiper et le temps est même devenu particulièrement limpide.
C’est à ce moment qu’une espèce que nous n’avions jamais rencontrée auparavant s’est présentée devant nous! J’imagine que plusieurs seront surpris, mais cette nouvelle espèce à nos listes est un simple Bécassin à long bec!!! Eh non! nous n’avions encore jamais observé cette espèce, pourtant présente annuellement à Montmagny (à 45 minutes de route de La Pocatière) depuis 20 ans!!! Le fait de concentrer nos efforts sur un territoire restreint limite bien sûr nos chances de dénicher des nouveautés avec régularité. Mais, contrairement au Pic à ventre roux trouvé il y a deux semaines, le Bécassin à long bec a fait son apparition directement sur ma liste honorable et j’en suis fier! Nichant le long de la côte arctique de la Sibérie et en Alaska, le Bécassin à long bec se retrouve au Québec à la limite nord-est de son corridor de migration. Il y a à peine 30 ans, il était encore considéré comme un migrateur accidentel. Il atteint notre région plutôt tardivement avec un pic d’abondance en octobre, soit près d’un mois après que le Bécassin roux ait quitté le Québec. Je me souviens d’ailleurs que le 21 octobre 2003, toujours à Rivière-Ouelle, nous avions vu un bécassin en vol sans avoir pu l’identifier. À une telle date, nos chances d’avoir rencontré d’un Bécassin à long bec étaient sûrement bien près de 100%! Mais nous avions préféré être prudents… comme d’habitude!
Après toutes ces émotions, nous nous sommes précipités au quai de Rivière-Ouelle. Sur place, les conditions étaient idéales, si ce n’est des petits vents qui commençaient à souffler du sud-ouest. Les mouvements d’oiseaux étaient plutôt limités et nous avons eu nettement l’impression que tous les oiseaux que l’on voyait posés au large se reposaient après avoir été secoués par les vents durant les jours précédents! Beaucoup de gros troncs d’arbres (branches et racines comprises!) dérivaient devant le quai, montrant à quel point des vents forts du nord-est au moment des grandes marées d’automne peuvent endommager les rivages!

Notre excursion à Rivière-Ouelle, vendredi le 2 novembre, nous aura tout de même fourni 45 espèces, dont :
  • 4000 Oies des neiges
  • 20 Bernaches du Canada
  • 102 Canards noirs
  • 3 Canards pilets
  • 153 Eiders à duvet
  • 43 Macreuses à front blanc
  • 5 Macreuses brunes
  • 155 Macreuses à bec jaune
  • 21 Hareldes kakawis
  • 1 Garrot à œil d’or
  • 4 Grands Harles
  • 40 Plongeons catmarins
  • 3 Plongeons huards
  • 1 Grèbe jougris
  • 1 Océanite cul-blanc – C’est l’espèce que, secrètement, nous espérions voir! Sa présence au large de Rivière-Ouelle semble annuelle d’août à novembre, mais sa détection n’est pas toujours facile… il est tellement petit! Il peut sembler surprenant qu’un oiseau d’apparence si chétive réussisse à survivre aux tempêtes en pleine mer, mais ces oiseaux sont d’une résistance surprenante. En Norvège, dans une colonie située au nord du cercle arctique, les Océanites cul-blanc (qui sont nocturnes au moment de la nidification) doivent attendre que le soleil recommence à se coucher en août pour nicher! Les oisillons quittent donc le nid en décembre!!!
  • 1 Grand Héron
  • 1 Pygargue à tête blanche – Un immature en plumage de première année a été repéré depuis le quai, arrivant directement de Charlevoix. Il est surprenant qu’il se soit risqué à traverser les 15 kilomètres d’eau salée durant un matin brumeux avec des vents du sud-ouest!?!
  • 2 Buses pattues – Une demi-heure après le pygargue, c’est une Buse pattue qui s’est présentée devant le quai après avoir traversé le fleuve. La pattue est reconnue pour ne pas craindre de traverser les grands cours d’eau, contrairement à la majorité des rapaces diurnes.
  • 1 Faucon émerillon
  • 3 Pluviers semipalmés – Trois oiseaux tardifs, à seulement quatre jours de ma date record.
  • 6 Grands Chevaliers
  • 2 Bécasseaux semipalmés – Comme les pluviers, ces oiseaux quittent habituellement la région avant la fin d’octobre.
  • 1 Bécassin à long bec – La vedette de la journée accompagnait les chevaliers et il a heureusement lancé son cri caractéristique à plusieurs reprises. Nous étions probablement les seuls ornithologues au Québec à ne pas avoir cette espèce sur leur liste! Maintenant, voilà, c’est fait! Nous n’avions pas eu de nouveauté depuis notre Tourterelle turque du 29 août 2009, soit 1161 jours! Qui dit pire?
  • 4 Mouettes tridactyles
  • 300 Goélands à bec cerclé
  • 25 Goélands argentés
  • 50 Goélands marins
  • 2 Guillemots à miroir
  • 3 Mésanges à tête brune
  • 1 Troglodyte des forêts
  • 2 Roitelets à couronne dorée
  • 12 Jaseurs boréaux
  • 3 Plectrophanes des neiges
  • 4 Juncos ardoisés
  • 9 Durbecs des sapins
  • 25 Sizerins flammés
  • 2 Tarins des pins
Cette journée, bien que satisfaisante grâce au bécassin, nous a laissé un arrière-goût d’inachevé. Les prévisions météorologiques pour les deux journées suivantes allaient peut-être nous permettre de nous reprendre.

Samedi matin, le vent étant léger, nous sommes allés patrouiller les battures du fleuve à La Pocatière, suivi d’une tournée dans les routes de campagne. Comme c’est souvent le cas tôt le matin en novembre, il faisait très sombre à l’extérieur et identifier visuellement les premiers passereaux rencontrés nous a même donné quelques difficultés. Lorsque le temps est devenu plus lumineux, des groupes de macreuses circulant au large des battures étaient visibles, mais malheureusement trop loin pour être identifiées.

Ce samedi 3 novembre, nous n’avons croisé que 30 espèces durant les 4 h 45 de notre promenade à La Pocatière. Voici les principales :
  • 8200 Oies des neiges – Durant tout l’avant-midi, un bon mouvement vers le sud-ouest a été noté chez les Oies des neiges.
  • 16 Bernaches du Canada
  • 90 Canards noirs
  • 7 Canards colverts
  • 2 Grands Hérons
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Buse pattue
  • 65 Tourterelles tristes – Un groupe de plus de 60 oiseaux se nourrissaient dans un champ!
  • 1 Pic chevelu
  • 1 Grand Pic
  • 13 Geais bleus
  • 23 Alouettes hausse-col
  • 28 Mésanges à tête noire
  • 1 Roitelet à couronne dorée – Il était caché parmi des Roseaux communs sur les battures, très loin de tout conifère!
  • 75 Jaseurs boréaux
  • 10 Bruants hudsoniens
  • 6 Juncos ardoisés
  • 11 Durbecs des sapins
  • 9 Sizerins flammés
  • 12 Tarins des pins
  • 13 Moineaux domestiques
Le souvenir des macreuses se déplaçant au large des battures samedi matin nous est resté en tête. En plus, on annonçait de bons vents du nord-ouest pour dimanche, ce qui allait sûrement convaincre les derniers migrateurs de descendre vers le sud. La tentation était trop forte, nous avons décidé de retourner à Rivière-Ouelle, en espérant un meilleur passage de canards de mer (macreuses, eiders, hareldes…) que vendredi.
C’est avec fébrilité que nous nous sommes levés dimanche matin, comme si quelque chose nous annonçait une belle journée. Effectivement, elle fut frisquette, mais belle! Comme nous l’espérions, de belles troupes de canards de mer ont circulé vers le sud-ouest durant tout l’avant-midi (et probablement aussi en après-midi, après notre départ!) et nous en avons bien profité!

Dimanche le 4 novembre, nous avons exploré Rivière-Ouelle de 6 h 20 à 12 h 20 (dont 3 h 30 à résister au vent au quai!), ce qui nous a permis de trouver 45 espèces, telles :
  • 1000 Oies des neiges – Il y avait beaucoup moins d’oies que ces dernières semaines. Gageons que celles vues survolant La Pocatière la veille ont emmené avec elles les oiseaux de Rivière-Ouelle!
  • 51 Bernaches du Canada
  • 85 Canards noirs
  • 2 Canards pilets
  • 2 Sarcelles d’hiver
  • 66 Fuligules milouinans
  • 235 Eiders à duvet
Eiders à duvet – Rivière-Ouelle – 4 novembre 2012 © Claude Auchu
  • 1295 Macreuses à front blanc – Il s’agit du plus grand nombre que j’ai rencontré dans ma région!
  • 71 Macreuses brunes
  • 255 Macreuses à bec jaune
  • 2700 Hareldes kakawis – De longs rubans de ces superbes canards ondulaient en passant devant le quai. Plusieurs groupes contenaient plus de 150 oiseaux, le dernier noté avant notre départ comptait même 450 individus! De toute beauté!
Hareldes kakawis – Rivière-Ouelle – 4 novembre 2012 © Claude Auchu
Notez le Manoir Richelieu à l'arrière-plan!
Hareldes kakawis – Rivière-Ouelle – 4 novembre 2012 © Claude Auchu
Hareldes kakawis – Rivière-Ouelle – 4 novembre 2012 © Claude Auchu
  • 7 Petits Garrots
  • 43 Garrots à œil d’or
  • 3 Grands Harles
  • 41 Harles huppés
  • 150 Plongeons catmarins – Il ne s’agit pas d’une approximation, ces 150 oiseaux ont été comptés un à un, la majorité en vol vers le nord-est.
  • 6 Plongeons huards
  • 6 Grèbes jougris
  • 2 Cormorans à aigrettes
  • 1 Grand Héron
  • 1 Busard Saint-Martin
  • 1 Buse pattue
  • 6 Grands Chevaliers
  • 16 Bécasseaux violets – Douze oiseaux sont venus se poser parmi les pierres bordant le quai.
Bécasseau violet – Rivière-Ouelle – 4 novembre 2012 © Claude Auchu
  • 3 Bécasseaux variables
  • 1 Bécassin à long bec – Notre nouveauté de vendredi était toujours dans le même secteur. Cette fois, nous avons eu le loisir de voir plus en détail ce juvénile en mue très avancée. Tout comme vendredi, il nous a laissé entendre son « kik » caractéristique.
À remarquer son bec très court (tout étant relatif), qui indiquerait un mâle.
Bécassin à long bec – Rivière-Ouelle – 4 novembre 2012 © Claude Auchu
  • 3 Mouettes tridactyles
  • 300 Goélands à bec cerclé
  • 50 Goélands argentés
  • 75 Goélands marins
  • 6 Guillemots à miroir
  • 1 Pipit d’Amérique
  • 2 Juncos ardoisés
  • 16 Durbecs des sapins
  • 2 Becs-croisés bifasciés
  • 52 Sizerins flammés
  • 1 Tarin des pins
  • 7 Moineaux domestiques
Dans mes archives, la journée de dimanche passera à l’histoire pour le nombre et la variété de canards de mer observés. Je me demande toujours jusqu’où peuvent bien se rendre les kakawis et les macreuses à l’ouest de Rivière-Ouelle. Ils font probablement comme les eiders et finissent par s’envoler au-dessus des terres vers la côte atlantique. Mais à partir d’où?

mardi 30 octobre 2012

Quand les oiseaux nous quittent...

Il semble s’être passé bien des choses chez nos oiseaux depuis une semaine… surtout des départs! Il y a bien eu quelques arrivées, mais ces espèces venant du nord semblaient n’être qu’en transit, cherchant désespérément la nourriture qui semble leur avoir manqué durant le voyage. Dans ma région comme ailleurs, les graines et fruits sauvages sont loin d’être abondants cet automne et il apparaît évident que ces oiseaux (jaseurs, durbecs et sizerins, par exemple) continueront leur chemin vers le sud au lieu de s’installer dans la région.
Durant cette dernière fin de semaine, les conditions d’observation étaient tout simplement idéales (selon mes propres critères, bien entendu!) avec du soleil, quelques rares averses et, enfin, des vents du nord-est. Ces vents tant attendus ont soufflé samedi et dimanche, mais sans la force qui les rend parfois désagréables et même nuisibles. Nous avons donc pu profiter de certains de leurs bienfaits près du fleuve sans devoir nous abriter comme c’est parfois le cas.
 
C’est encore vendredi matin que notre fin de semaine a commencé, cette fois avec une longue promenade à vélo dans les rangs de La Pocatière. Il s’agissait très probablement de notre dernière vraie randonnée à vélo pour l’automne; il est devenu évident que le nombre d’oiseaux pour chaque tour de pédalier n’en vaut plus vraiment l’effort.
 
Vendredi le 26 octobre, c’est tout de même un total de 38 espèces que nous avons pu trouver à travers les champs et boisés de La Pocatière. En voici une partie :
  • 1 Buse pattue
  • 2 Gélinottes huppées
  • 3 Bécassines de Wilson – Elles étaient en bordure d’un étang dans une ancienne sablière où l’espèce ne niche assurément pas. Il s’agit bien sûr d’oiseaux ayant fait une halte durant leur migration.
  • 35 Tourterelles tristes – La majorité se trouvait dans un champ de maïs fauché la semaine dernière. Ces champs expliquent probablement pourquoi les tourterelles sont présentement plutôt rares dans la ville.
  • 2 Pics mineurs
  • 6 Pics chevelus
  • 2 Grands Pics
  • 19 Geais bleus
  • 75 Corneilles d’Amérique
  • 41 Mésanges à tête noire
  • 3 Sittelles à poitrine rousse
  • 2 Sittelles à poitrine blanche
  • 12 Merles d’Amérique
  • 140 Étourneaux sansonnets
  • 1 Pipit d’Amérique
  • 3 Jaseurs boréaux
  • 1 Plectrophane des neiges
  • 1 Paruline à croupion jaune
  • 1 Bruant hudsonien
  • 3 Bruants à gorge blanche
  • 16 Juncos ardoisés
  • 20 Carouges à épaulettes – Leur nombre diminue toujours rapidement après la coupe du maïs. Il y a 25 ans, à l’époque où la culture du maïs était rare dans la région (et où le maïs se retrouvait dans les bols de céréales plutôt que dans les voitures), les carouges et les quiscales disparaissaient dès le mois d’août!
  • 8 Durbecs des sapins
  • 1 Roselin pourpré
  • 6 Sizerins flammés
  • 3 Tarins des pins
  • 1 Chardonneret jaune
  • 1 Gros-bec errant
  • 20 Moineaux domestiques
Nous avions décidé de réserver la journée de samedi pour notre excursion à Rivière-Ouelle. Les prévisions météorologiques annonçaient des conditions frôlant la perfection, avec un ciel variable et des vents du nord-est avoisinant les 15 km/h. Comme la semaine dernière, la visibilité au large était excellente au niveau de l’eau malgré le fait que les montagnes de Charlevoix ne se découpaient pas nettement à l’horizon (il me reste encore des choses à apprendre pour bien saisir ce qui favorise ou non une bonne visibilité…!). Les conditions s’annonçaient donc idéales pour chercher des espèces arrivant de l’estuaire, dont les visites jusqu’ici cet automne ont été plutôt rares.
Peut-être est-ce parce que les vents ne faisaient que commencer à souffler du nord-est, mais relativement peu des oiseaux souhaités semblent avoir été poussés jusqu’à nous. Les Eiders à duvet, pour ne nommer qu’eux, se sont laissé désirer avec « seulement » 205 individus. Les vents du nord-est ont toujours été les préférés des eiders, mais ce sont toujours ces canards qui ont le dernier mot! Le nombre de macreuses a aussi été modeste, suivant la tendance notée depuis le début de l’automne.
 
Notre randonnée à Rivière-Ouelle de samedi le 27 octobre nous aura fourni 50 espèces, surtout aquatiques, comme par exemple :
  • 600 Oies des neiges
  • 52 Bernaches du Canada
  • 19 Canards noirs
  • 3 Canards colverts – Une grosse baisse depuis la semaine dernière!
  • 3 Fuligules milouinans
  • 1 Petit Fuligule
  • 205 Eiders à duvet
  • 20 Macreuses à front blanc
  • 18 Macreuses brunes
  • 10 Macreuses à bec jaune
  • 4 Hareldes kakawis
  • 9 Garrots à œil d’or
  • 3 Harles couronnés
  • 10 Grands Harles
  • 35 Harles huppés
  • 54 Plongeons catmarins
  • 3 Plongeons huards
  • 2 Grèbes jougris
  • 3 Cormorans à aigrettes
  • 4 Grands Hérons
  • 1 Épervier brun
  • 2 Buses pattues
  • 8 Grands Chevaliers
  • 4 Mergules nains – Ils ont été la surprise de la journée, eux qui sont tout juste annuels dans la région, habituellement durant la deuxième moitié de novembre. Ces quatre oiseaux ont été vus séparément, se dirigeant tous vers le nord-est face au vent. Le quatrième oiseau est passé relativement près du quai en compagnie d’un Guillemot à miroir (ça prend vraiment un mergule pour qu’un guillemot nous semble gros!). En les suivant attentivement au télescope, nous avons remarqué que les couvertures sous-alaires du mergule ne semblaient pas vraiment noires comme les décrivent les guides d’identification, mais plutôt gris sombres. C’est probablement l’éclairage rasant du matin qui, en éclairant l’oiseau par-dessous, a créé cet effet. Les deux oiseaux se sont posés presque devant le quai, puis ont plongé ensemble. À noter que le 27 octobre est une date hâtive pour des mergules dans la région, battant notre record personnel établi l’an dernier (le 29 octobre). De plus, cette mention rejoint presque mon maximum d’oiseaux vus dans la région (cinq individus le 14 novembre 2010).
  • 8 Petits Pingouins – Ces gros alcidés aussi ont été bien présents samedi matin, peut-être poussés jusqu’ici par le même phénomène que les mergules.
  • 7 Guillemots à miroir
  • 1 Sittelle à poitrine rousse – Elle semblait vraiment en déplacement vers le sud-ouest le long du fleuve; un autre oiseau qui nous quitte!
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 220 Étourneaux sansonnets
  • 56 Jaseurs boréaux
  • 17 Plectrophanes des neiges
  • 1 Paruline à couronne rousse – Le 27 octobre représente pour moi une nouvelle date de présence tardive pour cette espèce. Mon record précédent avait été établi lors d’une sortie mémorable du club d’ornithologie du Cégep de La Pocatière au cap Tourmente le 26 octobre 1991 et égalé à Tadoussac en 1995.
  • 15 Durbecs des sapins
Durbec des sapins – Rivière-Ouelle – 27 octobre 2012 © Claude Auchu
  • 4 Becs-croisés bifasciés
  • 150 Sizerins flammés – En un seul groupe!!!
Bien qu’un peu déçus du nombre de canards présents à Rivière-Ouelle (et de l’absence totale de bruants!), nous avons décidé de poursuivre jusqu’à Kamouraska afin de voir quels limicoles s’y cachaient encore. Là-aussi, la variété a bien sûr diminué ces dernières semaines, mais il restait encore certains oiseaux peu frileux, comme par exemple :
  • 9 Pluviers argentés
  • 1 Bécasseau maubèche
  • 1 Bécasseau sanderling
  • 25 Bécasseaux à croupion blanc
  • 90 Bécasseaux variables
Dimanche, j’ai enfin pu faire ma petite tournée sur les battures du Saint-Laurent à La Pocatière, remise à au moins deux reprises ces dernières semaines. La quantité de Canards colverts croisée en chemin m’a surpris, sûrement autant que le petit nombre noté la veille à Rivière-Ouelle. Il y a eu sans aucun doute un transfert d’oiseaux entre les deux municipalités durant la semaine. Comme j’ai effectué ma visite tôt le matin, j’ai dû me contenter d’une marée baissant rapidement qui a laissé tout le rivage et les battures herbeuses aux limicoles. Avec pour résultat que je n’en ai pas vu un seul… comme je m’y attendais. Les rivages pocatois n’ont jamais été aussi riches en bécasseaux que ceux des villages situés plus à l’est et c’est maintenant encore plus évident depuis que les populations de ces petits coureurs de grèves sont à la baisse.
J’en ai aussi profité pour inspecter certaines zones buissonneuses délaissées ces dernières semaines, faute de temps (surtout de « beau » temps!). Rien de bien spécial à noter si ce n’est encore une fois de beaux groupes de Jaseurs boréaux et quelques fringillidés traversant rapidement la région. Je suis toujours surpris de voir à quel point les jaseurs survolant un endroit réussissent à repérer rapidement les quelques arbres fruitiers qui s’y trouvent!
 
Dimanche le 28 octobre, ma tournée des battures et de certains rangs de La Pocatière m’aura donné un petit 34 espèces. Voici les principales :
  • 2000 Oies des neiges
  • 48 Canards noirs
  • 250 Canards colverts
  • 5 Canards souchets
  • 2 Sarcelles d’hiver
  • 2 Fuligules milouinans
  • 3 Petits Fuligules
  • 2 Gélinottes huppées
  • 2 Grands Hérons
  • 1 Bécassine de Wilson – Levée d’un fossé en bordure d’un champ.
  • 300 Goélands à bec cerclé
  • 100 Goélands argentés
  • 25 Goélands marins
  • 27 Alouettes hausse-col
  • 23 Mésanges à tête noire
  • 1 Sittelle à poitrine blanche
  • 4 Merles d’Amérique
  • 7 Pipits d’Amérique
  • 200 Jaseurs boréaux – Il est plutôt inhabituel (mais non sans précédent) de voir 200 Jaseurs boréaux dans la région avant le mois de novembre! Certains oiseaux m’ont laissé admirer de près les détails de leur plumage…
Jaseur boréal – La Pocatière – 28 octobre 2012 © Claude Auchu
Jaseur boréal – La Pocatière – 28 octobre 2012 © Claude Auchu
Il est plutôt rare de voir un Jaseur boréal portant encore des traces de son plumage juvénile!
Jaseur boréal juvénile – La Pocatière – 28 octobre 2012 © Claude Auchu
Durant leur première année, les jeunes Jaseurs boréaux se distinguent des adultes
 par le bout de leurs rémiges primaires ne portant qu’une bordure jaune.
Jaseur boréal, première année – La Pocatière – 28 octobre 2012 © Claude Auchu
Chez les adultes, un croissant blanc au bout des primaires s’ajoute à la bordure jaune. 
Jaseur boréal adulte – La Pocatière – 28 octobre 2012 © Claude Auchu
  • 3 Plectrophanes des neiges
  • 11 Durbecs des sapins
  • 1 Roselin pourpré
  • 1 Bec-croisé des sapins – Un autre qui nous quitte! Ce bec-croisé survolait un petit verger en criant et se dirigeait vers le sud-ouest…
  • 1 Bec-croisé bifascié
  • 13 Sizerins flammés
La journée de dimanche m’a permis à tout le moins de confirmer que bien des espèces ont quitté la région depuis une semaine. L’idée première de mes sorties est toujours de savoir le plus précisément possible quelles sont les espèces présentes dans la région à ce moment précis. Cette fois, je sais aussi que nous nous dirigeons directement vers un hiver « plate »!!!

mardi 23 octobre 2012

Un Pic à ventre roux... enfin!

Nous savons bien que les oiseaux sont plus nombreux –  je devrais peut-être plutôt dire « plus visibles » – immédiatement après le passage d’un front froid. En effet, une fois le ciel dégagé après la pluie, les oiseaux profitent des vents frais du nord-ouest pour descendre vers le sud. Parfois, si nous sommes chanceux, ces conditions peuvent s’étirer sur deux jours… Par la suite, au fur et à mesure que le beau temps persiste, les oiseaux se dispersent pour se nourrir et deviennent beaucoup plus discrets. Justement, après la pluie de la fin de semaine dernière, la température a été plutôt agréable durant la semaine, permettant aux oiseaux de quitter la région alors que nous étions occupés ailleurs (au boulot, pour être précis!).  Avec l’automne qui avance rapidement, allait-il encore y avoir des oiseaux à voir durant la fin de semaine prochaine??? Surtout qu’encore une fois, les prévisions météorologiques n’annonçaient rien de bon pour samedi et dimanche!

Heureusement, nous avons pu encore allonger notre fin de semaine en profitant d’un vendredi avec des conditions plutôt favorables pour l’observation des oiseaux. Nous en avons bien sûr profité pour nous rendre à Rivière-Ouelle. Au lever du jour, en regardant les côtes de Charlevoix qui se découpaient plus ou moins nettement à l’horizon, nous redoutions déjà une visibilité laissant à désirer pour notre session au quai. Quelle ne fut pas notre surprise de constater, une fois sur place, que la visibilité au large du quai était tout simplement excellente!!! Nous étions même en mesure d’identifier les oiseaux circulant au large jusqu’à la limite que nous imposait la courbure de la Terre! Sans blague!
Vendredi matin, nous avons aussi profité de conditions de vent très favorables, avec une petite brise passant de l’est au nord durant la matinée. Ces vents sont particulièrement recherchés par les Eiders à duvet et plusieurs en ont bien sûr profité pour migrer vers l’amont en venant frôler le quai. Même si les quantités pour les autres espèces nous ont paru plutôt faibles (particulièrement chez les passereaux), nous avons été agréablement surpris lorsque nous avons fait le décompte en fin de journée.
 
Ainsi, vendredi le 19 octobre, nous sommes demeurés à Rivière-Ouelle de 6 h 55 à 13 h 05, ce qui nous a permis de trouver 52 espèces. Voici les plus marquantes :
  • 10400 Oies des neiges
  • 2 Bernaches de Hutchins
  • 270 Bernaches du Canada
  • 117 Canards noirs
  • 160 Canards colverts
  • 1 Canard pilet
  • 7 Sarcelles d’hiver
  • 19 Fuligules milouinans
  • 1050 Eiders à duvet – C’est toujours un plaisir de voir arriver silencieusement des bandes de ces gros canards qui doivent parfois jouer du coude pour éviter le quai.
Eiders à duvet – Rivière-Ouelle – 19 octobre 2012 © Claude Auchu
  • 41 Macreuses à front blanc
  • 28 Macreuses brunes
  • 4 Macreuses à bec jaune
  • 8 Hareldes kakawis
  • 15 Garrots à œil d’or
  • 3 Grands Harles – Nos premiers Grands Harles au fleuve cet automne. Ces canards d’eau douce attendent habituellement que les rivières où ils ont niché commencent à geler avant de rejoindre le fleuve (et encore, c’est souvent à l’embouchure des rivières qu’ils sont alors trouvés).
  • 74 Harles huppés
  • 69 Plongeons catmarins
  • 17 Plongeons huards
  • 1 Grèbe jougris
  • 105 Cormorans à aigrettes
  • 9 Grands Hérons
  • 2 Busards Saint-Martin
  • 1 Buse pattue – Notre première de l’automne, légèrement tardive comparativement à la moyenne des 30 dernières années.
  • 6 Grands Chevaliers
  • 1 Mouette tridactyle – Cet oiseau se déplaçant loin au large m’a fait sourire. En repérant ce minuscule point blanc sur fond de montagnes charlevoisiennes, j’ai levé le bras gauche jusqu’à l’oculaire de mon télescope pour pousser le grossissement jusqu’à 60X. Du coin de l’œil, j’ai vu Christiane faire exactement la même chose au même moment! J’ai simplement dit « tridac? », auquel elle a répondu un petit « oui! ». Pourquoi avons-nous allumé tous les deux sur cet oiseau en particulier, qui était tout de même à plusieurs kilomètres au large?!?
  • 15 Guillemots à miroir – Ils deviennent de plus en plus communs à l’approche de novembre, le mois où ils atteignent toujours leur maximum d’abondance dans la région.
  • 3 Pics mineurs
  • 3 Pics chevelus
  • 9 Geais bleus
  • 240 Corneilles d’Amérique
  • 110 Alouettes hausse-col
  • 8 Jaseurs boréaux
  • 3 Plectrophanes des neiges – Nos premiers de l’automne.
  • 1 Bruant hudsonien
  • 7 Juncos ardoisés
  • 10 Carouges à épaulettes
  • 1 Vacher à tête brune – Un oiseau accompagnait les carouges dans un champ de maïs fraîchement fauché. Les vachers sont toujours incroyablement rares ici en automne.
  • 2 Durbecs des sapins
  • 2 Sizerins flammés
  • 17 Tarins des pins
  • 1 Chardonneret jaune
  • 2 Gros-becs errants
  • 23 Moineaux domestiques
Ce fut une autre belle matinée, mais notre crainte que les bruants aient déjà quitté la région semblait se confirmer.
 
Avec toute la pluie qui est tombée sur la région, la journée de samedi ne nous aura pas fourni grand-chose chez les oiseaux. Mais, même en faisant le ménage, Christiane a les oiseaux à l’œil. En passant le balai, elle a remarqué par la fenêtre de la cuisine que des plumes tombaient du ciel en provenance d’un grand frêne derrière la maison. Aux jumelles, elle a tôt fait d’en trouver la source : bien caché dans l’arbre, un Faucon émerillon dévorait un Junco ardoisé!
 
Pour dimanche, nous avions au programme une visite sur les battures du fleuve à La Pocatière et, ensuite, d’étirer cette promenade à travers champs et zones buissonneuses. Des vents forts du sud-ouest annoncés pour toute la journée nous ont obligé à modifier nos plans. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous avons plutôt décidé de refaire à peu près le même trajet que dimanche dernier, en espérant secrètement autant de bruants.
Moins de 40 minutes après notre départ, nous avons eu une très agréable surprise! Arrêtés pour permettre à Christiane d’inscrire dans son calepin les premiers oiseaux rencontrés, nous avons vu un pic arriver de nulle part. Heureusement, il s’est posé dans un thuya sec près de nous et… paf! un Pic à ventre roux!!! Ce beau mâle semblait reprendre son souffle et, me laissant à peine le temps de prendre quelques mauvaises photos, il est reparti vers le sud-ouest au-dessus des champs. Tout s’est passé très rapidement, en moins de 30 secondes! La rencontre avec ce pic dans ma région natale était due depuis longtemps. L’automne dernier, des oiseaux ont été vus à Sept-Îles, à Mingan et pas moins de neuf en Gaspésie; c’était presque gênant de ne jamais en avoir trouvé un chez moi…!
Peut-être serez-vous surpris, mais il ne s’agit que de ma deuxième mention à vie de cette espèce! Cette mention me permet aussi de faire un heureux changement à ma liste d’oiseaux. C’est que ma liste est divisée en deux sections depuis plusieurs années. Il y a d’abord ma liste dite « honorable », qui contient les espèces que j’ai trouvées moi-même ou qui ont été trouvées par une personne qui m’accompagnait sur le terrain. J’ai aussi une liste dite « honteuse » qui comprend les espèces trouvées par d’autres et pour lesquelles mon mérite se limite au seul fait de m’être simplement déplacé pour les voir. Un des plaisirs de cette double liste est qu’il est possible de transférer une espèce honteuse vers la liste honorable. C’est maintenant fait pour le Pic à ventre roux qui se trouvait sur ma liste honteuse depuis le 24 février 1987, lorsque des amis m’avaient amené voir un mâle qui hivernait au lac Saint-Joseph, près de Québec. Tout à fait par hasard, c’est aussi cet hiver-là que Christiane a vu son seul autre Pic à ventre roux au Québec, le premier à s’être présenté au Saguenay.
Mis à part l’oiseau-vedette, nous avons été surpris de trouver encore une belle quantité de juncos, dont un groupe de près de 75 individus! Il faut donc croire que tous les petits granivores n’avaient pas quitté la région comme nous le craignions.
 
Dimanche le 21 octobre, notre promenade nous aura donné 35 espèces à La Pocatière entre 7 h 15 à 12 h 15, un résultat tout de même respectable puisque aucun milieu aquatique n’a été visité. Voici certaines des espèces rencontrées :
  • 1 Bernache de Hutchins
  • 148 Bernaches du Canada
  • 1 Pic à ventre roux – Une première très attendue pour ma région!
Pic à ventre roux – La Pocatière – 21 octobre 2012 © Claude Auchu
  • 1 Pic mineur
  • 2 Grands Pics
  • 10 Geais bleus
  • 100 Corneilles d’Amérique
  • 26 Mésanges à tête noire
  • 2 Sittelles à poitrine rousse
  • 1 Roitelet à couronne dorée
  • 2 Roitelets à couronne rubis
  • 50 Merles d’Amérique
  • 17 Jaseurs boréaux
  • 1 Jaseur d’Amérique
  • 1 Paruline à croupion jaune – La seule paruline de la fin de semaine!
  • 4 Bruants hudsoniens
  • 3 Bruants familiers
  • 7 Bruants chanteurs
  • 15 Bruants à gorge blanche
  • 7 Bruants à couronne blanche
  • 180 Juncos ardoisés
  • 180 Carouges à épaulettes
  • 3 Becs-croisés bifasciés
  • 95 Tarins des pins – Comme noté la semaine dernière, plusieurs de ces oiseaux se nourrissaient dans les herbacées…
  • 5 Gros-becs errants
Une sortie autrement ordinaire peut parfois passer à l’histoire à cause d’un seul oiseau. Cette fois, dans mes souvenirs, le 21 octobre 2012 rimera avec Pic à ventre roux!
 
Dans mon message du 13 août dernier, je vous parlais d’un Chevalier errant trouvé en Illinois, une mention hors de l’ordinaire pour cet oiseau de la côte ouest. Mais voilà une surprise encore plus marquante : un Chevalier de Sibérie, l’équivalent asiatique du Chevalier errant, a été trouvé au Massachusetts jeudi dernier!!! En Amérique, il ne s’agit que de la troisième mention confirmée de ce limicole en dehors de l’Alaska (où il est régulier en bordure de la mer de Béring) et, bien sûr, de la première pour la côte atlantique!